‹ Dictionnaire des opérasChapitre 921 sur 928 · TERR · texte numérisé non relu

TERR

Graf, musique de M. Carlo Cordara, représenté à Turin, sur le théâtre Victor-Emmanuel, le 14 octobre 1902.

"TERESA. tableau lyrique en deux actes, paroles de M. Persichetti, musique de M. Luigi-Angelo Luzzi, représenté au théâtre National de Rome le 3 juin 1898.

* terre promise (la), oratorio en trois parties, d'après la Vulgate, musique de M. J. Massenet, exécuté en l'église Saint-Eustache le 15 mars 1900. Comme Hœndel l"avait fait pour le Messie, M. Massenet a pris son texts dans la Bible. Se faisant son propre librettiste, il a mis à contribution deux livres seuls, le Deutéronome pour la première partie, Josué pour les deux autres, supprimant certains passages , rapprochant ou intervertissant quelques versets, mais n'introduisant dans sa version pas un seul mot qui ne fût dans la Vulgate telle que la traduisit Sylvestre de Sacy.

L'ouvrage est divisé en trois parties, dont la première, intitulée Moab, rappelle la promesse faite par Dieu à Moïse sur le mont Horeb, de lui faire passer le Jourdain et de le faire pénétrer avec les siens dans une contrée fertile qui s'étendra jusqu'à l'Euphrate, avec sa malédiction contre ceux qui n'observeront pas ses volontés et la prospérité réservée à ceux qui obéiront àses lois. La seconde partie, Jéricho, raconte le siège de cette ville par les Israélites, l'écroulement de ses murailles au son des sept trompettes du Jubilé et l'anathème lancé contre l'impie qui voudrait la relever de ses ruines. La troisième, Chanaan, nous montre la joie du peuple d'Israël entrant dans la Terre promise, et chantant, dans un élan d'enthousiasme, son hymne de reconnaissance à l'Éternel et à son éternelle bonté. Avec le chœur, l'action musicale ne comprend qu'un seul personnage, « la Voix » , représenté tantôt par un baryton, tantôt par un ténor, tantôt par un soprano.

Sans vouloir analyser dans son ensemble et dans tous ses détails une œuvre de cette importance, on en peut du moins faire ressortir les grands épisodes et les lignes principales. Dès la première partie, la Voix nous fait entendre un motif charmant. : Écoute: Israël, que nous retrouvons au cours de tout l'ouvrage, dont l'allure, caressante" et très simple, prend un charme particulier par les ondulations successives dont il est l'objet sans qu'elles viennent en rien en altérer la couleur et la grâce. Plus loin nous trouvons uu chœur fugué à trois temps, Et lorsque

nous serons dans la Terre promise, puissant et d'un très bel effet; ce chœur, attaqué par les ténors, prend une grande force par les entrées successives de chaque partie, et acquiert, dans sa péroraison, une grandeur et une noblesse superbes. Puis, c'est un sentiment singulièrement dramatique quand les lévites lancent l'anathème sur ceux qui désobéissent au Seigneur, et qu'à chacune de leurs objurations la masse du peuple répond par un puissant Amen. C'est là encore une page d'une puissante et souveraine beauté.

Dans la seconde partie, après un beau prélude instrumental, après le chœur d'Israël : Cependant Jéricho était fermée, on entend la marche admirable qui suit ces paroles de la Voix : « Vous, prêtres, prenez l'arche d'alliance, et que sept autres prêtres, la précédant, sonnent les sept trompettes du Jubilé.

— Peuple, et vous, gens de guerre, faites le tour de la Ctié, marchant les armes à la main devant l'arche du Seigneur. — Ainsi pendant six jours. — Ne jetez aucun cri et que de votre bouche il ne sorte aucune parole. — Mais le septième jour, sept fois résonneront les trompettes du Jubilé, et la septième fois elles retentiront d'un son plus long et plus coupé.

— L'instant étant venu, je dirai : — Faites grand bruit, criez ! et les murailles s'écrouleront. »

Après ce récit, d'un caractère à la fois véhément et majestueux, vient la marche, pendant laquelle les Israélites obéissent aux ordres qui leur sont donnés. C'est là qu'on entend les sept trompettes du Jubilé. Elle est superbe, cette marche, pleine de grandeur dans ses développements, avec le dessin solennel des trompettes qui la scande périodiquement et qui lui donne, sans fracas et sans excès, un éclat incomparable. Elleaboutit au chœur majestueux qui termine cette seconde partie.

La troisième s'ouvre par une pastorale symphonique et un chœur qui nous rendent le délicieux motif modulant que la Voix, parlant à Israël, nous a fait entendre dans la première. Il prend ici, naturellement, une nouvelle valeur par les imitations et les entrées successives des voix du chœur, se répondant les unes aux autres. Puis, la Voix

— ici, c'est un soprano — fait entendre une mélodie exquise : Peuple béni de Dieu, qui s'enroule et se développe d'une façon délicieuse, pour aboutir au chœur final que le peuple d'Israël entonne avec pompe à la gloire du Seigneur et qui clôt dignement cette œuvre maîtresse.

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