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§ 11. Causes et inconvénients de la négligence mise, pendant le dernier siècle, dans la découverte des anonymes et pseudonymes.
J'attribue cette négligence à ces mêmes ouvrages qui, vers le milieu du dernier siècle, ont mis les connaissances bibliographiques à la portée de tout le monde; je veux parler des catalogues de livres, rédigés par le célèbre libraire Martin, et surtout de la c Bibliographie instructive * par de Bure le jeune, ouvrage qui, malgré ses défauts, est encore consulté avec fmit.
Martin a fait connaître, en général avec beaucou p d*exacti tude, les noms des au teu rs qui ont publié des ouvrages anonymes ; mais les tables qui suivent ses catalogues ne contiennent aucune indication relativement aux ouvrages anonymes dont les auteurs ne lui étaient pas connus; ce qui est une imperfection r^lle, puisque 1 on peut avoir à chercher un ouvrage anonyme, comme celui d'un auteur connu(l).
Quant à Debure le jeune, non-seulement il a omis les ouvrages anonymes dans la table volumineuse qui termine sa < Bibliographie, * mais il a mis peu de soin, dans le corps de son ouvrage, à faire connaître les auteurs anonymes dont les productions lui ontpam dignes d'être citées Le même libraire a publié, dans le même état d'imperfection, son Supplément à la t Bibliographie instructive, » ou' le Catalogue des livres du cabinet de Gaignat, Paris, 1769. â voL in-8. Ce n'est qu'au bout de quinze ans que ces omissions et ces négligences ont été réparées par M. Née de La Rochelle, dans la « Table destinée à la recherche des livres anonymes qui ont été annoncés dans la Bibliographie instructive, etdans le Catalogue de M. Oaignat.» Parisy 178i, in-S. Ce volume, qui forme le dixième de la « Bibliographie instructive, » m'a été utile dans la composition de co Dictionnaire. J'indique plusieurs anonymes qui ont échappé aux recherches de l'auteur, et linéiques erreurs dans lesquelles il est tombé*
Je dois dire ici (|ue, dès i753, Jacques Barrois, père des libraires de ce nom, avait fait sentir, dans la table du Catalogue des livres de Giraud de Moucy, combien était utile l'indication des ou-
vrages anonymes. Il a rédigé dans les mômes principes, en 1763, la table de son excellent Catalogue de la Bibliothèque du médecin Falconet. Ce savant libraire a donc mis ses confrères dans la bonne voie. Aussi, dès 1766, M. Musier indiqua-t-il avec exactitude, les ouvrages anotiymes, dans la table du Catalogue de Sénicourt. Depuis cette époque à peu près, M. de Bure l'aîné s'est conformé à cet usage, à cette différence près, au'il a fait une table particulière pour les ouvrages anonymes.
Envisageons maintenant les inconvénients qui résultent de la négligence dont j'ai tâché d'assigner la cause.
Dans le temps où la littérature était cultivée avec soin dans toutes ses parties, les meilleurs écrivains ne dédaignaient pas d'indiçiuer les auteurs anonymes; le « Traité des Etudes » de Rollm, m'en a fait connaître plusieurs, entre autres J. Heuzet, auteur de l'excellent ouvrage intitulé : • Seiectœ è profanis scriptoribus historiœ » (1;. A mesure que les études ont dégénéré, Tignorance cle l'histoire littéraire s'est fait remarquer dans les ouvrages môme où cette connaissance est le plus nécessaire. C'est ainsi que, dans sort « Examen des observations sur la littérature, » etc.. 1779, in-8, l'abbé Lenoir- Duparc, ex -jésuite, et dernier professeur de rhétorique de cette société, au collège de Louis-le-Grand, conseille la lecture de sept ou huit ouvrages anonymes sur l'art militaire, sans en nommer les auteurs qu'il lui eût été facile de connaître en ouvrant « la France littéraire. »
Les ouvragesdu célèbre La Harpe ne sont pas exempts de ce défaut. Il a non-seulement omis le nom des auteurs anonymes, mais il a attribué plusieurs ouvrages à des écrivains qui n'en sont pas les auteurs. C'est ce que je crois avoir prouvé par mon c Examen * de plusieurs assertions hasardées par ce littérateur, dans la dernière partie de son Cours de littérature, qu'il appelle «Philosophie du dix-huitième
i 1 ) 4- Les tittw de« ovvrages nonyoeiool également tu «nis iJut Ici UMm de l'ancîeo caUloinw de la BiblioUièqiie da roi.
(i)Bayle a consacré le soixante- septième chapitre de son ouvrage inlilalé : « Réponse anx Questions d'an provincial », à la découverte des auteurs anonymes et pseudonymes dont la connaissance avait échappiî à Placcins. Op lui doit aussi une letlre supplémentaire & l'opuscule de Decker. « De scriplis adespolis ». na dévoilé beaucoup d'écrivains anonymes dans ses t Nouvelles de la République des lettres » et dans sa correspondanre particulière.
Charles-Elienne Jordan, dans son c Uisloire d*an voyage littéraire fait en < 7 33 ». La Haye, 1735. petit in-8, lait coanattro environ trente écrivains anonymes ou pseudonymes. N« N.
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DISCOURS PRËUMlNÂlllE.
siècle. » Voyez le « Magasin encyclopédique, mai 1805, et surlout mon a Nouveau Supplément au Cours do Littérature de La Harpe», Paris^ BarroisVatnè^ 1818, in-8. Un article (1) de ce Dictionnaire contient la réfutation d'une nouvelle erreur qui avait échappé à mes premières recherches.
La < Correspondance littéraire » du même auteur, renferme plusieurs fautes gravesde la môme espèce. Dans une courte notice sur l'abbé de La Porte (voy. le t. III, p. 4j), La Harpe présente ce fécond écrivain comme auteur de V < Esprit de Marivaux, » et de celui de « Fontenelle ». Uabbé de La Porte n'a publié ni l'un ni l'autre de ces deux ouvrages : le premier est de Lesbros, de Marseille ; le second de Prémontval, de l'académie de Berlin.
Le 22 brumaire an X, 13 novembre 1801, M. Buache a lu, à l'Institut national, d'excellentes observations sur « l'Anonyme » de Ravenne (2), dont la géogra- Phie a été publié en 1688, in-8, par le P. orcheron, bénédictin. Mais depuis plus de 60 ans, cette géographie ne peut plus être considérée comme anonyme. Une dissertation que Muratori a insérée dans le tome dixième de ses « Historiens d'Italie, » et qui a pour auteur le P. Beretta, bénédictin, tend à prouver que l'anonyme de Ravenne était un prêtre de ce lieu, nommé Guido, qui vivait dans le neuvième siècle, et non pas dans le septième, comme le prétend le P. Percheron. Les conjectures de Beretta ont passé pour des preuves sans réplique aux yeux de J.Albert Fabricius, qui donne un article à Guido, dans sa « Bibliothèque latine du moyen Age, » et à ceux du savant père Audiffredi, qui, dans l'excellent catalogue de la Bibliothèque Casanate (3), indique sous le nom de Guido, la Géographie anonyme publiée par le P. Porcheron.
Les auteurs de la « Statistique générale et particulière de la France; » PariSy Buisson, an XII, 1804, 7 vol. in-8, attribuent à Anauetil, auteur de r« Esprit de la ligue, » 1 ouvrage intitulé « Esprit de la Fronde, » qui est de Mailly, professeur à Diion. Les mêmes écrivains disent que M. ae Sainte-Croix a publié des « Disser-
(1) Voyex dans ceUe nonveUe édition, l'onvrage commençant par cet mots : c Relation de l'Ile de Bornéo....» - N. N.
(2) Voy. ■ Snpercberies », 1, 850, a.
(3) Bibliotbèqve léguée par le cardinal Casanate, anclw biblioUiécaire du Vatican, an convent de la Uinerve des Dominicains à Rome.
talions latines». lisse trompent ; à moins qu'ils n'entendent parler des notes ijue ce savant a fournies à Oberlin, pour l'édition de Vibius Sequester; Strasbourçy 1778, in-8.
J'attribue aussi à la négligence que l'on met trop généralement à découvrir les auteurs oui se cachent, la méprise que j'ai remarquée dans la a Table analytique et raisonnée des matières contenues dans les soixante-dix volumes des Œuvres de Voltaire (édition in-8, dite de Beaumarchais}, par M. Chantreau.Le moi portait f esi indiqué dans cette table comme le titre d*un libelle de Tabbé Destrées. A l'endroit où M. Chantreau renvoie, Voltaire s'exprime ainsi : « Un abbé Destrées, jadis confrère de Fréron, a donné un Portatif au procureur général *; ce qui signifie que Tabbé Destrées a remis ou dénoncé au procureur général le < Dictionnaire philosophique portatif » de Voltaire. jM. Chan* treau pouvait aiséments'assurerque Tabbé Destrées n'avait fait aucun ouvrage sur le frontispice duquel se trouvât le mot Portatif,
§ m, Principaux ouvrar/essur les anonymes et pseudonymes.
Jusqu'à ce jour, les étrangers ont mieux senti que nous la nécessité de faire connaître les noms des écrivains anonymes et pseudonymes (i).
Dès le moment où les savans de France eurent fait une science de la bibliographie, c'est-à-dire dans le temps que Naudé. déjà connu par la publication du catalogue systématique des livres de la bibliothèque
(i ) De nos jonrs encore ce sont les Allemands qai ont bien vonln nous donner le détail de nos ricb^&ses littéraires. M. Reinwald a publié tons les ans. defrais i858, le « Catalogne général de la librairie française » on se trouvent classés dans nne seule série alphabétique, sous les noms des auteurs on sons les litres, pour les anonymes, tous les ouvrages de quelque talenr publiés en français, tant en France qu'à l'étranger. Le Catalogue de chaque année est terminé par une table méthodique. — M. Otto Lorens, qui a été employé chez M. Reinwald, nous a donné le t^Catalogne général de la librairie française», 1840-i865, ouvrage utile et consciencieusement Taii dontrimpression fait infiniment d'honneur à la maison veuve Berger-Levrault de Strasbourg. — Plus récemment encore un libraire portant le nom français de Morin, mais qui, né à Berlin vers i8S8, est mort à Paris en 1862, avait entrepris de publier « la Littérature moderne >, i850 à 1860. ou Dictionnaire complot de tous les livres français. H n'a paru que trois livraisons qui s'arrêtent au mot CiuiuveL
DISCOURS PRÈLIMINAIBE.
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de l'abbé de Cordes, formail la bibliothèque Mazarine; que les frères Dupuy et Ismaël Boulliau /"BuUialdusJ rédigeaient le catalogue de la riche bibliothèque fondée ]vir Jacques-Auguste de Thou l'historien, Vincent Placcius, jurisconsulte et professeur à Hambourg, s'occupait avec zèle de la découverte des anonymes et des pseudonymes. Il publia en 1G74, son « fheatrum anonymorum et pseudonymorum. »
Ce n'était alors qu'un petit volume in-49 dans lequel Tauteur dévoilait quinze cents écri\ains tant anonymes que pseudonymes. Mais, dans la suite, soit par ses propres recherches, soit par le secours de plusieurs savans, il augmenta considérablement sa collection. On voit, en effet, près de six mille auteurs tant inconnus que déguisés, dans l'édition de son ouvrage, donnée après sa mort« j)ar Drever, avec une préface de J. -A. Fabncius, Hambourg^ 1708, in-fol. 11 ne se trouve dans ce nombre qu'environ mille écrivains français, les recherches de l'auteur s'étant étendues sur des ouvrages écrits en allemand, en hollandais, en anglais, en italien et en diverses autres langues.
hn 1690, notre savant Adrien Baillet publia ses < Auteurs déguisés. » Ce n'était qu'un traité préliminaire qui devait être suivi du « Recueil des auteurs déguisés. » 11 le termina par une liste purement historique de son recueil. Mais il mourut en 1700, sans avoir exécuté son grand projet et ne laissant qu'une préface .Elle contient, à la vérité, des recherches aussi curieuses que variées. Mon Dictionnaire indique plusieurs anonymes sur lesquels on n'avait que des notions vagues du temps de Baillet, entre autres le donatiste Tichonius, qui, depuis la savante dissertation de I abbé Morel sur « l'Ambrosiaster » , c'està-dire depuis i76!2. est regardé comme l'auteur des < Commentaires sur les Epitres de saint Paul, » faussement attribués à saint Ambroise. Baillet n'a pas mCme placé Tichonius parmi les cinq auteurs à qui, de son temps, l'on attribuait ces Commentaires.
Le savant LaMonnoye a relevé plusieurs fautes commises par Baillet, relativement aux pseudonymes ; mais il n'a rien dit de l'article concernant le président Claude Fauchet, que Baillet présente faussement comme s'étant déguisé sous le nom de Pyrame de Candole. 11 est probable que son erreur a été occasionnée par Tarticle de la t Bibliothèque françoiso » do Charles Sorel, où il est dit que la traduction de Tacite, par Claude Fauchet, parut sous le nom de Pyrame de Candole. Les exemplaires
T. IV
que j*ai vus, sont anonymes (1). D'ailleurs Sorel donne seulement a entendre que Pyrame de (ondoie avait publié une editi 6n de la version de Tacite, par Fauchet, ce qu'il avait déjà fait pour la traduction de Xénophon, par de Seyssel, En annonçant cette édition de la traduction française des a Œuvres de Xénophon, » je donne, sur l^rame de Candole, des détails qui sont peu connus.
Je crois avoir découvert un pseudonyme dont Baillet ne parle pas, et qui a donné lieu à de fréquentes méprises jusqu'à ce jour. C'est le traducteur de Xiphiiin, Antoine de Bandole, nom imaginaire que prit Jean Baudoin, en arrivant à Paris, et qu'il mit en tête do deux ouvrages. Les erreurs commises à ce sujet consistent en ce que l'on a dit et répelé
3u'il avait paru, en iOlO, deux traductions e Dion Cassius, l'une par Jean Baudoin, et l'autre par Antoine de Bandole. En comparant, à la bibliothèque de l'Arsenal, un exemplaire portant le nom d'Antoine do Bandole, avec un exemplaire anonyme « connu pour ôtre de Jean Baudoin, Je me suis assuré que c'était la même édition de la même traduction de Xiphilin, abréviateur de Dion Cassius. L article de mon Dictionnaire relatif à l'a Histoire de Dion Cassius, ».... présente d'autres détails sur ce sujet.
Je reviens à l'ouvrage de Placcius. Il se répandait dans la république des lettres, malgré les défauts qu'y remarquaient les savants. On reprochait a l'auteur de n'avoir pas suivi Torare alphabétique dans l'indication des ouvrages; d'avoir noyé, pour ainsi dire, ses anonymes et pseudonymes dans un déluge de citations; enfin, d'avoir ' traduit en latin les titres des ouvrages français» au lieu de les présenter dans leur propre langue. On avait aussi remarqué la multitude de fautes de tout genre qui défigurent cet ouvrage. Les omissions de l'auteur n'étaient pas moins nombreuses. En i740, Jean-Cnristophe Mylius, bibliothécaire d'iéna, publia un supplément à l'ouvrage de Placcius ; il s'est borné aux ouvrages allemands, latins et français. Ses découvertes s'élèvent à trois mille deux cents articles, dont mille sept cents français. L'ouvrage de Mylius étant rangé par
(1) Ce sont les édiiioos imprimées à Paris, i58â, în-fol. , 1583, in-4; 1584, in-8. Après avoir revu et amendé celte traduction en infinis passages. Pyrame de Candole en donna nno édition à Genève en 1594, in-8. Elle a l'ié reproduite i Anvers en 15'JG, cl à Dou f]/ en 1600, in-8. N. N.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
ordre alphabétique, il est pkis aisé à consulter que celui de son prédécesseur. 11 présente aussi moins d'incorrections et moins de citations (1) .
Vers le milieu du dernier siècle, l'abbé Bonardi, docteur et bibliothécaire de Sorbonne» qui a aidé le P. Desmolets, dans la c Continuation des mémoires de littérature, » se livrait avec ardeur à la composition d'un dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes.il est mort en 1756, à Tâge de 64 ans, sans l'avoir publié. Avant la révolution de 1789, son manuscrit était conservé au séminaire de Saint-lrénée de Lyon ; il est sans doute perdu depuis les troubles qui ont agité cette grande ville, et c'est inutilement que j'en ai demandé des nouvelles à des personnes qui eussent pu en avoir la communication.
Il parut à Paris, en 1758. une c France littéraire », rédigée en partie par l'abbé de La Porte, sur le plan qu'avait donné Duport-Dutertre, en 1751, dans son c Almanach des beaux-arts ». On y inséra la liste alphabétiaue des ouvrages connus des auteurs : elle était suivie d'une autre liste indiquant les ouvrages anonymes.
Cet ouvrage eut trois suppléments, jusqu'en 1763 inclusivement.
Le succès qu'obtint ce livre, détermina le libraire à en annoncer une nouvelle édition, très -augmentée, pour l'année 1767; elle ne parut qu'en 1769, mais c'était^ pour ainsi dire, un ouvrage nouveau, et l'on est redevable à l'abbé d'Hebrail, plus qu'à l'abbé de La Porte, des augmentations qu'il contient. Sur 6,000 ouvrages, environ, annoncés dans le catalogue alphabétique du tome deuxième, il s'en trouve au moins 3,000 tant anonymes que pseudonymes. Malheureusement aucun signe particulier ne distingue ceuxci d'avec les autres, et d'ailleurs, la comparaison que j'ai faite des titres avec les frontispices mêmes des ouvrages, m'a fait voir qu'un grand nombre de ces titres sont tronqués, c'est ainsi que !'« Instruction théologioue en forme de catéchisme», par Osmont du Sellier, est indiquée sous
(1) On retrouve dans son ouvrage, avec d'ntiles augmentations, l'exceUente dissertation d'Henman sor les « Livres anonymes et pseudonymes » , publiée pour la première fois en 1711. Les noms de ces auteurs sont toujours cités avec éloge; l'ex-jésuite de Valois a troublé maladroitement ce concert dans un discours sur les < Anonymes», où Ton rencontre d'ailleurs de justes réflexions. Voyez son < Recueil de dissertations littéraires». Nantes, 1766,in-8,p. 245. Il y a quatre foutes d'imprwiioa dans les cinq noms qu'il cite. N. N.
le titre de « Cathéchisme * ; de même c l'Amitié après la mort , contenant les Lettres des morts aux vivants *, ouvrage traduit de l'anglais, de M"« Rowe, figure sous le titre de < Lettres des morts aux vivans ». Beaucoup de titres ne sont suivis d'aucune date; ceux-là sont souvent imaginaires. Je considère comme tels les c Lettres littéraires sur divers sujets, » «. d., 2 vol. in-12, et les « Mémoires historiques et curieux », aussi «. d., 2 vol. iu-lz, indiqués sous le nom de l'abbé de La Roche, connu par l'édition qu'il a donnée des u Maximes » de La Rochefoucauld, avec des notes. L'auteur a peut-être voulu parler des < Lettres curieuses sur divers sujets », Paris, 1725, 2 vol. in-12, attribuées à un nommé Duval (1), dans le Catalogue de la Bibliothèc[ue du roi. J'ai indiqué dans mon Dictionnaire plusieurs autres fautes du même genre. L'on ne trouve pas dans ce volume le catalogue des ouvrages anonymes annoncé dans l'avertissement quipi*écède le tome premier.
Cette omission est à regretter, car les éditeurs des suppléments qui ont paru en 1778 et 1784, eussent sans doute trouvé dans ce catalogue beaucoup d'ouvrages dont les auteurs étaient connus depuis 1769, et celui qu'ils nous ont transmis en serait plus satisfaisant. En général, ces deux suppléments sont très-inférieurs au \ deux premiers volumes. J'ai remarqué dans le même avertissement une omission répréhensible, relativement aux savants qui ont communiqué des articles aux premiers éditeurs ; ceux-ci avaient proclamé avec reconnaissance les noms de l'abbé Saas, connu par ses critiques du Catalogue de la Bibliothèque du roi, du * Dictionnaire de Ladvocat et des sept premiers volumes de TEncyclopédie, etc.; de D. Gerou, bénédictin, qui a laissé une Bibliothèque des auteurs Orléanais; de l'abbé Sepher, bibliographe renommé ; du P. Roset, dominicain, qui avait envoyé la notice de tous les écrivains de la Franche- Comté : puisque les nouveaux éditeurs ont proQté aes recherches et des renseigne mentsdeces hommes laborieux, ils devaient en perpétuer le souvenir par une mention expresse.
M. Ersch, bibliothécaire de l'université d'Iéna, a copié dans « la France littéraire » , impnmée à Hambourg depuis 1 7^7 jusqu'en 1806, et composée aujourd'hui
(1) J'ai découvert plusieurs ouvrages anonymes ik cet auteur. Voyez son article dans mon f Eiauen rri- Uqne des DicUonnairM ^istoriqms », N. N.
DISCOURS PRËUMINÂIRE.
de 5 volumes, toutes les fautes de celle de Paris, et il y en a ajouté de bien plus ^'raves ; telle est la confusion des auteurs les uns avec les autres : par exemple, il prend Ribaud de La Chapelle pour Besset rio La Chapelle; le marquis de Guasco pour labbé de Guasco ; M. André, bibliothécaire de d'Asuesseau, pour Tabbé André, instituteur du comte Desfours à Prague, auteur d'une « Histoire de Bohême » ; Elio Bertrand, né en Suisse, pour M. Bertrand né à Besançon ; l'abbé Champion de Mlon pour l'abbé Champion de Pontalier ; le ministre Calonne pour M. de Calonne, cultivateur des environs de Paris ; Tavocat Dumont pour Dumont l'architecte; M.
labbé Jac(]uemont, ancien chef de division au ministère del'intérieur, pourrabl>é Jacquemont du Valdahon, etc., etc., etc. (jes fautes, qu'il était bien difliclle à un étranger d*éviter. ne m'empêchent pas de rendre justice au zèle et aux connaissances de ce savant, qui est aujourd'hui professeur de l'université de Halle.
C'est d'ailleurs cet estimable bibliographe oui a ranimé mon goût pour les rechercoes relatives aux anonymes et pseudonymes, par l'invitation qu'il a faite aux littérateurs français de lui communiquer des remarques sur son ouvrage ; il trouvera dans mon dictionuaire les articles que j'avais d'abord eu dessein de lui envoyer.
Je déclare encore que l'ouvrage de M. Erscb a souvent facilité mes recherches et mes vérifications. Des titres qu'il n'a indiqués qu'imparfaitement m'ont ce- [x^ndantmis à mêmede découvrir de véritables anonymes ; c'est ainsi que les mots : i Histoire de la barbe de l'homme », 177.., dans l'article de D. Fange, m'ont dési.u'né l'auteur des « Mémoires pour servir à l'histoire de la barbe de l'homme d. Lié^, Broncartj 4774, in-8.
On trouve dans le troisième volume du t Dictionnaire bibliographique », connu sous le nom de Cailleau, quoiqu'il ait été composé par Fabbé Duclos, amateur de livres, iport vers 1790, un petit « Dictionnaire de livres rares, dont les auteurs ne sont pas connus ». Le seul énoncé du titre prouve que l'auteur s'est attaché aux li- \KS rares ; aussi, ne parle-t-il point des livres utiles. Quant aux raretés, il n'a pas connu les auteurs de la plus grande partie de C4îlles dont il fait mention. Mon dictionlia ire indique beaucoup de noms qu'il i}nîorait.
(Quelque incomplet que soit le dictionnaire des anonymes de l'abbé Duclos, il a M)n utilité; et M. Fournier, qui s'est donné la peine de réduire en un volume
l'ouvrage entier, y compris le supplément de M.Brunet fils (1), devait bien ne pas omettre la partie des anonymes, d'autant moins qu'il a reproduit toutes les fautes de ses modèles. • v
Tels sont les principaux ouvrages qui ont été composés ex professa sur la matière que j'ai traitée*
§ IV. Nécessité (f ma nouvel ouvrage pour faciliter la découverte des anonymes et des pseudonymes,
La nécessité d'un nouvel ouvrage destiné à faciliter la recherche des écrivains anonvmes et pseudonymes, est sentie depuis longtemps ; la plupart des bibliothécaires de Pans se sont aonné la peine d'écrire de leur main sur le frontispice des ouvrages anonymes contenus dans les bibliothèques confiées à leurs so/ns, les noms d'auteurs qu'ils ont pu découvrir ; j'ai vu nombre d'ouvrages enrichis de notes de cette nature, dans les dépôts littéraires nationaux où ont été transportés^ à l'époque de la révolution, les bibliothèques des ^établissements supprimés. Les savans les'plus distingués de nos derniers temps ont pris les mêmes soins pour leurs bibliothèques particulières. Je m'en suis également convaincu, en jetant les yeux sur des ouvrages anonymes qui leur avaient appartenu •; tels étaient les livres provenant des bibliothèques de MM. Sepher, Beaucousin, Mercier-Saint-Léger, Godescard, Anquetil-Duperron ctVllloison (2). ^
"La dispersion [des anciennes bibliothèques et la vente des cabinets particuliers ont fait évanouir ces recnerches précieuses. Elles sont entièrement l)erdues pour nous. D'un autre côté, on ne remarque plus dans les catalogues de livres qui se publient aujourd'hui, la connaissance des auteurs anonymes et pseudonymes qui distinguait les Martin, les Barrois, les Née de la Rochelle, etc. Cela vient en partie de ce que, depuis environ 30 ans, on a préféré les livres rares et curieux aux ouvrages véritablement utiles.
(1) Voyez le i Dictionnaire porUlif de bibliogm- ]ihie«, par F.-I. Fouknier, Paris, chn FoumUr frère*, 1805, in-8 ; — nouvelle édîlioo. 1809, in-8. Cet ouvrage n'est remarquable que |iar une exi^cutioa ty]H>gia|ihique assez élégante.
(2) Je puis joindre i ces noms plus on moins célèbres celui de l'abbé llorellet, dont la nombreuse bibliothèque a été vendue en 1819.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
D'après tous ces détails, j'ai dû penser que le dictionnaire que je publie aujourd'hui, était devenu d'une indispensable nécessité.
Un ouvrage de cette nature peut seul empêcher de confondre les masques qu'un auteur a pris pour se déguiser, avec les personnes cachées sous ce déguisement, ou avec celles qui n'y ont jamais pensé.
Nous avons deux exemples assez récens de méprises de cette espèce. M. Thorillon, ancien procureur, ayant envie de publier des vues nouvelles sur les fînances, crut devoir se déguiser, en ilSl, sous les noms de Th. Minau de la Mis- TRiNGUB. La tournure singulière de ces noms pouvait donner lieu à quelques réflexions plaisantes : aussi les auteurs du « Petit almanach de.nos grands hommes » ne manquèrent-ils pas de s*amuser aux dépens du nouveau financier. Ce qu'il y a de risible, c'est qu'ils ont pris uirnom masqué pour un nom réel ; il n'est point du tout étonnant que M. Ersch ait partagé leur erreur ; mais notre compatriote Descssarts a su se garantir de ce piège.
Si en 1786, époque à laquelle Jean Se« nebier écrivait son a Histoire littéraire de Genève », il eût existé un Dictionnaire des pseudonymes, le savant bibliothécaire n'eût pas placé, dans son article « Bourdillon », 1 ouvrage intitulé : « Essai historiaue et critique sur les dissentions des églises de Pologne », publié par Voltaire, en 1767, sous le nom de ce pasteur.
Les bibliothécaires en général sont intéressés à la publication d un dictionnaire tel (]ue celui-ci ; car je sais, par mon expérience, qu'ils doivent quelquefois se trouver embarrassés lorsqu'on leur demande des ouvrages sous le nom d'un auteur qu'ils ne connaissent pas.
§ V. Travaux auxquels je me suis livré avant la composilton de mon dictionnairej et motifs qui m'ont déterminé à le faire imprimer.
La bibliographie et l'histoire littéraire ont toujours été l'objet plus ou moins direct de mes études. Ayant été chargé pendant six ans, soit en qualité de mem- Dre de la commission temporaire des arts, adjointe au comité d'instruction publique de la Convention nationale, soit comme membre du conseil de conservation des objets de sciences et d'arts dans le ministère de l'intérieur, de diriger les travaux qui s'exécutaient dans des dépôts littéraires nationaux, j'ai pu facilement con-
sulter» vérifier et comparer entre eux le:» ouvrages les plus divers et ies plus curieux.
Obligé de livrer à l'impression le catalogue de la bibliothèque au Conseil-d'Ëtat, j'ai eu le soin de nommer la plupart des auteurs des ouvrages anonymes et pseudonymes qui en faisaient partie. Ce caU lo^ue, sorti en 1803 des presses de Timpnmerie du gouvernement, parait avoir obtenu, malgré ses imperfections, le suffrage des amateurs tant nationaux qu'étrangers.
Je puis dire ici qu'outre l'indication de beaucoup d'anonymes et de pseudonymes, il lenferme un bon choix d'ouvrages précieux et surtout utiles dans tous les genres de connaissances.
Le plan conçu en 180o, pour l'embellissement intérieur du château des Tuileries, nécessita la démolition du local où était placée la bibliothèque du Conseil-d'Etat. J'ai profité du loisir forcé que me donnait cet événement, pour réunir et mettre en ordre les notes et renseignements que j'avais recueillis depuis longtemps; c'était une occasion de compléter, autant qu'il était en moi, les découvertes consignées dans le catalogue de la bibliothèque du Conseil-d'Ëtat; j'étais aussi encouragé par l'idée que ce travail me serait utile pour le c Nouveau dictionnaire historique » qi^ j'ai entrepris de publier, car, il faut l'avouer, celui que nous connaissons, souvent augthenté, jamais corrigé, roule depuis une quarantaine d'années sur le même fonds d'erreurs et de méprises (1). J'ai parlé, dans la préface du catalogue de la bibliothèque du Conseil-d'Etat, d'un ouvrage du même genre que celui que je publie aujourd'hui, et dont s'occupe depuis plusieurs années M. Van Thol, hollanclais, ancien conservateur du dépôt littéraire de Saint-Louis-la-Culture. Les retards qu il a mis à sa publication ont aussi contribué à la détermination que j'ai prise de livrer à l'impression mes recherches particu-
(1) L'impossibilité de rédiger ce DicUonoaire arec les soins qa'il exige el rindépeadance de caradère qoe mes lecteurs ont droit d'aUendre de moi, m'a réduit i faire seulemeoi la revue des ouvrages de ce genre pobtiés dans le xviu" siècle et dans ces derniers tempj». Voyez le tome 1*^ de mon « Examen critique des Dictionnaires historiques les plus répandus », Paris, Rey et Gravier, ISiO. In<8. Je m'occupe avec xèle de la composition du second et dernier volume de ret ouvrage, qui paraîtra trois mois après la publialion de la dernière livraison de la f Biographie nniverselle. B N. N.
-f- Ce second volume n'a pas été publié.
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Jières; lorsque M. Van Thol a su que mon ouvrage était sous presse, il a cru devoir prévenir le public, par la voie des journaux, qu'il s occupait de la recherche des noms des auteurs français qui ont publié des livres anonymes ou pseudoymes en français, et cela' pour conserver son droit de priorité, M. Amoreux, médecin do Montpellier, (]ue je n'ai pas Thonneur do connaître, lui a très-bien répondu dans la « Revue philosophique » du V novembre i806, qu!on.ne sait trop en quoi peut consister ce droit de priorité, uailieurs, M. Vao Thol, d'après son propre aveu, ne s'est occupé que d'ouvrages composés en français ifAT des Français, Ainsi il ne doit parler ni des étrangers qui ont écrit en français, ni des traducteurs, ni des éditeurs. Son ouvrage aura donc seulement, suivant ses expressions, en qttelaue partie, quelque analogie avec le mien (i).
)i VI. Méthode que j'ai suivie dans la rédac* tion de ce Dictionnaire.
J'ai eu à choisir entre les deux principales méthodes employées jusqu'à ce jour pour rindication des ouvrages anonymes.
La première consiste à suivre scrupuleusement les premiers mots de chaque titre ; la seconde à choisir le mot principal du titre, c'est-à-dire celui qui fait le mieux connaître le sujet de l'ouvrage,
La première est la plus simple et la plus sûre; elle n'expose a aucune erreur ni le n^acteur d'un catalogue, ni les personnes qui le consultent. Pour en faire sentir le mérite, il me suffira de dire qu'elle a été adoptée par le P. AudifTredi, dans le ma- ^'niûque catalogue de la bibliothèque Casanate. Il est à regretter quece chef-d'œuvre de bibliographie n'ait pas été achevé, et finisse avec la lettre 1 au quatrième volume qui parut en 1788. Le premier fut piblié en i7(i8 ; si MM. les conservateurs actuels de cette bibliothèque ont le courage de le terminer, ils rendront à la ré-
el) La maairaise santé de H. Van Thol, qui (onrlie à Àa qnatre-nnglièDie année. l'empéchaU ilepais longtemps de compléler tes recherches sur les écrivains sooaTBWs et pseudonymes ; je l'ai fait prier par M.Barrois. son ancien ami, de m'abandonner ses matériaux, i rondiiioo que je ferais saivre des lettres initiales de MO nom les articles qne j'y puiserais. 11. Van Tbol ajant accepté cette proposition, on trouvera dans la noavelle édition de ce Dictionnaire, nn nombre assez considérable d'articles saÎTis des lettres V. T. H y en a de fbrt carien. N. N.
publique des lettres un service inappréciable.
Les bibliographes qui ont suivi la seconde méthode ne sont point d'accord avec eux-mêmes ; ilss'attachent tantôt aux premiers mots des titres et tantôt au mot principal.
J'ai donc dû préférer la première méthode, et j'ai tâché de la suivre dans toute son exactitude et dans toute son étendue (1). Cependant, pour ne pas entrer dans des détails suggérés orainairement par des raisons particulières aux auteurs ou aux libraires, je me suis contenté d'ajouter aux cinq ou six premiers mots de chaque titre ceux qui donnent une idée suffisante de l'ouvrage ; mais j'ai presque toujours cité le lieu où il a été imprimé, le nom du libraire, la date de l'impression, le nombre des volumes et leur format (2). La réunion de ces éléments est nécessaire pour faire connaître un ouvrage, surtout lorsqu'il est anonyme. Les bibliographes qui en omettent plusieurs, ressemblent aux mathématiciens qui, dans les traités d'algèbre, donnent l'énoncé de plusieurs problèmes sans y ajouter le résultat des Solutions. Un titre vaguement indiqué est en effet un vrai problème à résoudre.
Je me suis un peu écarté de Tordre alphabétique des titres, lorsqu'il s'est agi d'annoncer les éloges des personnes distinguées par leurs vertus ou par leurs lumières, parce qu'il m'a semblé que, dans ce cas, l'ordre essentiellement alphabétiaue était celui des personnes louées, et cela pour éviter la désagréable bigarrure qu[eût mise dans cette liste la diversité
3ui règne sur les titres de plusieurs éloges 'une même personne.
Ma méthode rendra l'usage de ce Dictionnaire aussi simple que facile. En effet, quand désirons-nous savoir le nom de 1 auteur d'un ouvrage anonyme? c'est
(i)-l~^OB<>vons cm devoir faire Ici nnemodiflcation an classement adopté dans la S* édition. L'auteur avait classé d'après l'orthographe do Utre, de sorte qne le même ouvrage, selon l'exactitude de la transcription on la date de l'édition, pooTait se trouver placé par exemple i adventures on à aventurée. Nous avons, dans ce cas, tout en transcrivant les titret avec toute l'exactitude possible, classé les ouvrages d'après l'orthographe usuelle.
(2) -|- Beaucoup de titres ont été trop abrégés. Nous les STons complotés, et pour les ouvrages que nous n'avons pu Toir nous-mêmes, nous devons de nombreuses indications i M. le Dr Hoffmann, de Hambourg, et à M. A. Ladrague, le consciencieux bibliothécaire dn comte Onvaroir.
XXXVIIÏ
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
lorsque cet ouvrage est sous nos yeux : il ne s'agira donc, pour satisfaire cette curiosité, que de comparer le titre de l'ouvrage avec celui du Dictionnaire, qui lui ressemblera parfaitement. Si Ion trou\e cet objet de comparaison, la curiosité sera satisfaite, puisque j'ai mis entre deux parenthèses l'anonyme que l'on cherche. S'il ne se trouve, parmi les titres du Dictionnaire, aucun article semblable au titre qu'on a sous les yeux, ce sera une preuve que l'ouvrage ne m'aura pas Hé connu, ou plutôt cju'il m*aura été impossible de découvrir le nom de son auteur.
On trouvera dans ce Dictionnaire quelques articles oui ne sont pas anonymes ; ils ont échappe à mon attention ; il en est d'autres qui le sont réellement, et qui ne paraîtront pas tels à tous les lecteurs, parce que quelques exemplaires portent le nom de l'auteur ; j'en ai fait quelquefois la remarque : mais je n'ai rien dit pour les « Contes et proverbes » de M. (^mbry qui sont dans ce cas (1).
D'autres ouvrages sont anonvmes d'une édition étrangère, sans l'être de l'édition originale faite en France. De c^ nombre sont l'a £ssai ou les Essais historic^ues et critiques sur le goût », par l'abbe Cartaud de La ViUate ; « le Traité de l'obéissance des chrétiens aux puissances temporelles » , par l'abbé Brueys, etc.
Mon attention à décrire exactement les titres, iustiûera le parti que j'ai pris dans ces différents cas.
C'est par les mêmes principes que j'expliquerai l'insertion dans mon Dictionnaire de plusieurs articles qui ont cessé d'être anonymes à la troisième ou quatrième édition. En effet, dès qu'il existe une édition anonyme d'un ouvrage, c'est une raison suffisante pour faire connaître le nom de l'auteur à ceux qui la possèdent, et il arrive trop souvent que les éditions postérieures d'un ouvragesont moins connues que les premières.
On ne devra point regarder comme des répétitions plusieurs articles donnés à un ouvrage qui a paru sous différents titres; il était impossible de satisfaire les personnes qui possèdent ces différentes espèces d'exemplaires ou d'éditions d'un même ouvrage, sans en insérer les titres à leurs places respectives.
Parmi les faux frontispices dont certains
ouvrages sont décorés, il en est qui se font remarquer par la maladresse de leurs inventeurs. Par exemple, celui qui fil annoncer en 17oJ, sous le titre de « Berlin, le Portefeuille de M"* deT***», publiépar M. de V**', crut probablement que ce \cvlume aurait un grand débit, à l'aide du voile léger dont l'auteur et l'éditeur sembleraient couverts. Mais il fallait ne paf: l'ouvrir pour être dupe de son litre.
C'est sans doute ce qui est arrivé au libraire Nyon l'aîné, qui l'aivnoQce ainsi dans la seconde partie du catalogue des livres du duc de la Vallièro, n» 43,H85 : « le Portefeuille de M-« de T*S (de Tencin), publié par M. de V'*' (de Voltaire ). J'ai parcouru ce volume: ce n'est autre chose qu'un recueil de poésies ou de pièces mêlées de prose et de vers, par diftérents auteurs, publié à Paris, en 1715. sous ce titre ; « Portefeuille de M"* ***». Presque tous les morceaux qu'il renferme ont été réimprimés dans les «r Amusements du cœur et de l'esprit », ar Etienne-Ândré Philippe. Il y en a de jmw d'Ussé et de Simiane, du chevalier de Laubepin, de M. de Bainville, de Sainl- Didicr, etc., etc.
Si Ton me reprochait d'avoir cité un trop grand nombre de brochures, je répondrais qu'un ouvrage destiné à toutes les classes de lecteurs devait présenior jusqu'aux moindres opuscules. C'est souvent dans ces ouvrages que l'on trouve des détails précieux pour l'histoire des sciences, ou des anecaotes bonnes à conserver. Cependant, je n'ai pas voulu imiter les auteurs de t la France littéraire » de 1769, oui ont fait un article du « Musicien prédicateur », poëme, par Tabhé Goujet. C'est un conte de trente-neuf vers, dont l'objet était réel, et qui ne se trouve que dans quelques exemplaires du 10* volume de la «Continuation des Mémoires de littérature », par le P. Desmolets, et à la suite de quelques hvmnes de M. Hémard de Danjouan, imprimée en feuilles volantes.
J'ai mis beaucoup de notes dans mon Dictionnaire (â), parce qu'elles m'ont paru nécessaires pour soutenir rattention de ceux qui voudront le lire de suite. Elles auront en général le mérite de la nouveauté; puissent-elles y joindre celui de l'exactitude! elles seraient beaucoup plus nombreuses, si j'eusse voulu répéter ce
(i) CeUe omission a été réparée dans la seconde édition. N. N.
(2) Ces notes se trouvent pins que donblées dans la nooTclle édition.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
que l'on trouve dans beaucoup d'ouvrages, discuter de nouveau ce qui l'a ét<^ cent fois, et rectifier toutes les méprises que j'ai remarquées dans lescatalof]:ues de livres même les plus renommés. Mais je n'ai pas cru devoir reproduire des détails trop connus, ou des discussions éclaircies depuis longtemps. D'un autre côté, la célérité avec laquelle se rédigent et s'impriment les catalogues, m'a paru mériter de l'indulgence ; je me suis contenté d'indiquer des méprises qui ont été assez souvent répétées pour induire en erreur.
L'on peut croire d'ailleurs qu'en général j'ai eu de bonnes raisons pour ne pas partai;er l'opinion de tel ou tel bibliographe.
Si mes vœux étaient remplis, mon ouvrage pourrait être regarde comme la faible des « Dictionnaires historiques », en ce qui concerne les anonymes. Souvent, en effet, on possède un de'ccs livres dont l'auteur a son article dans nos dictionnaires. Je fournirai le moyen de consulter cet article, auquel on n'eût jamais pensé sans moi. Supposons, par exemple, qu'on ait sous les yeux l'c Histoire universelle de Trogue Pompée, réduite en abrégé par Justin, traduction nouvelle avec des remarques par l'abbé A de Port-royal»,
Paris, 1698 et 1708, 2 vol, in-I2. On lit dans le privilège que l'auteur se nommait D.L.M. Ces lettres sont les initiales du fief de la Martinière que possédait Louis Ferrier. Nous trouvons aes détails curieux sur cet auteur, dans les dictionnaires de Morery et de Chaudon.
C'est lui qui fit, en 1702, représenter la tragédie do « Montézume », dont parle Vol* taire dans son Discours sur la tragédie, entête de«Brutus)>. La scène ouvrait par un spectacle nouveau : c'était un palais d'un goût magnifique et barbare; Montézume disait à ses courtisans, prosternés le visage contre terre :
Leves-Toas ; votre roi tous permet anjoard'bni El de reoTtsager et de parler i lai.
Ce spectacle charma, dit Voltaire, mais voilà tout ce qu'il y eut de beau dans cette tragédie-
Pourrait- on. sans un dictionnaire des ouvrages anonymes, trouver facilement le nom de l'auteur de cette traduction estimable de Justin, nom qui est demeuré inconnu à Tabbé Paul, son dernier traducteur? Je pourrais citer mille exemples de celte nature ; si je me fusse jeté dans tous les détails dont mes articles étaient susceptibles, j'aurais reproduit les dictionnaires historiques sous une forme nou-
velle. Je ne devais donc justifier l'attribution de certains ouvrages à tels ou tels auteurs, que dans les cas où je n'étais pas d'accord avec les dictionnaires ; c'est ce que j ai fait assez généralement.
§ VII. Principaux ouvrages consultés pour la composition de ce dictionnaire.
Je n'ai presque consulté les ouvrages do Placcius et de Mylius, que pour rectifier leurs erreurs; si je reproduis des articles qui se trouvent chez eux, c'est pour leur donner plus d'exactitude et de concision ; quant à ceux de leurs articles qui sont sans intérêt aujourd'hui, parce qu'ils n'ont rapport qu'à des disputes particulières et plongées dans le plus profond oubli, je n'ai pas cru devoir leur donner une nouvelle existence.
« La France littéraire » de 1769, m'a été bien plus utile que les deux auteurs que je viens de nommer : mais j'ai eu besoin de voir les ouvrages qui y sont indiqués, pour m'assurer s'ils sont véritablement anonvmes. Lorsque ces ouvrages m'ont manque, je ne m'en suis rapporté
3u'à des titres de livres consignés dans es catalogues dont les auteurs sont renommés pour leur exactitude. J'ai soumis à ces deux modes de vérification la plus grande partie des articles contenus dans le tome deuxième de l'ouvrage dont il est ici question. Sans cela, les pénibles et utiles recherches des abbés de La Porte et d'Hébrail eussent été perdues pour les bibliographes, comme elles le sont pour la plupart des gens du monde, qui ne voient dans cette longue série d'articles qu'un catalogue ordinaire.
J'ai dit plus haut ce que je pensais de « la France littéraire n de Hambourg (\\, Au défaut d'autres ouvrages spécialement consacrés à la découverte des anonymes et des pseudonymes, j'ai consulté les catalogues délivres les plus renommés. J'ai donc eu sans cesse sous les yeux les catalogues rédigés par MM. Martin. Barrois, de Bure, Musier, Née de La Rochelle, Le Clerc, Nyon l'aîné et les frères Bleuet
(i) An lien de cette pnbllcttion arriérée, qoi da reste a été mise à profit par Qaérard dans sa • France littéraire », Parit, 4897-4864, nous avons consulté l'onvrage de ce dernier, ainsi qne la snite qvi en a été donnée sous le titre de • la Littérature française contemporaine, k
Le • Catalopie général de la librairie française • , 4840-4805, par Otto Loreni, bods a donné un certain nombre d'arUcles modernes.
DISCOURS PRÉLBIINAraE.
fils. Plusieurs de ces catalogues sont dans toutes les bibliothèques bien composées (i).
Des hommes do lettres, des sa vans même, n'ont pas dédaigné de présider à la rédaction de ces sortes d'ouvrages qui ont acquis par là un nouveau degré d'utilité. Malgré les justes reproches "adressés aux rédacteurs du catalogue de la Bibliothèque du roi, leur travail n'est pas moins recommandable par sa belle distribution et les renseignements bibliographiques que Ton y trouve.
On peut louer sans réserve le « Catalogue de la bibliothèque de M. le comte de Bunau (Bibliotheca Bunaviana) » (2), rédigé par Vranckius; celui do la « Bibliothèque publique d'Orléans », dont l'auteur est le P. Fabre, bénédictin ; le « Catalogue systématique et raisonné, fait sur un plan nouveau », qui est le catalogue des livres de M. VanGoens (3), dressé par lui-même, et enrichi d'une multitude de remarques bibliographiques; le « Catalogue de la bibliothèque Casanate », que je ne me lasse pas de CI ter par estime pour feu le P. Audiffredi, son principal auteur ; enfin le « Catalogue do la bibliothèque » de M. de La Serna-Santander (4).
(i) Depuis l'impression de ce discoars, M. Brnoet, aateur de rexcellcQt ouvrage intilnlé « Manuel du libraire et de l'amateur de livres *, a publié plusieurs catalogues aussi estimables que les précédents. Je dois les mêmes éloges à quelques catalogues rédigés par MM. de Bure frères, Renouard, etc. N. N.
-f- Pour la 3« édition, un grand nombre de catalogues rédigés par MM. Potier, Techener, A. Labille et Claudiu ont été souvent utilement consultés.
(S) -h M. A. Ladrague, bibliothécaire da comte Alexis Onvjroff, se propose de marcher sur les traces de J.-M. Frank dans la rédaction du catalogue de la bibliothèque de ce riche et savant étranger, catalogue dont il vient de publier un excellent spécimen sous ce titre: «Bibliothèque Ouvaroiï. Catalogue spécimen. Sciences secrètes. » Uotcou, imp. de W, Gautier, 4870, pet. in-4 de xii et 217 pages, 1883 numéros.
Ce conciencieux travail est terminé par 2 tables : lo Table alphabétique des noms des auteurs, traducteurs, commentateurs, etc. 2" Table alphabétique des titres des ouvrages anonymes, avec renvoi au nom des aalenrs lorsqn'ils sont connus.
(3) Connu par la savante édition de l'ouvrage de Porphyre, « De antro nympharum ». Ultrajecti, 1765, in-4. Il parait que des revers poliliqnes ont éloigné pour toujours M. Van Goens de sa patrie et de la culture des lettres. Voyez « Saxii onomasticon lillerarium. »
(4) Depuis la publication de mon ouvrage, j'ai In avec soin le « Dictionnaire universel eoropt^en de livres *, par le libraire Georgi, en trois langues, latine, allemande et française, imp, A Leiptick de 1743 à 1753, 5 vol. in-fol.
11 me reste à juger bien différemment les deux catalogues où j'ai trouvé le plus de renseignements, relativement aux anonymes et aux pseudonymes, je veux parler du « Catalogue de la bibliothèque de feu M. Matheus Lestevenon v publié en 179H. in-8, par Detune, libraire à La Haye, et du a Catalogue manuscrit des livres de l'abbé Goiijet » en 6 vol in-fol., que j'ai acç}uis en iSOi, ù la vente de la bibliothèque de M. fiéthune-Charost; plus je relis le premier, plus j'y trouve de fautes, et au contraire, plus J'étudie le second, plus j'y remarque la vaste érudition de son auteur. Je n'ai pas dit assez de bien de cet important ouvrage, dans la notice que j'en ai publiée dans le a Magasin encyclopédique », 8" année, 1803, t. V, p. 182 et suiv.; ce catalogue est un précieux monument d'histoire littéraire et oe bibliographie. Des sa vans à qui je l'ai communiqué, en portent le même jugement que moi. Aucun ouvrage ne me présentait une aussi abondante moisson d*anonymes; mais comme un grand nombre ont rapport aux troubles qui ont agi té l'Eglise de France dans la dernière moitié du xvii* siècle et au commencementduxviii*,jeme suis borné aux ouvrages qui ont survécu à ces trop fameuses querelles.
Certains catalogues m'ont présenté, dans la description fidèle des ouvrages anon^'mes, un autre genre d'utilité qui m'a epargé nombre de fausses démarches ; je l'ai trouvé à un éminent degré dans la seconde partie du s Catalogue des livres de la bibliothèque du duc de La Vallière », dressé par Nyon l'aîné. Que de richesses décrites dans ce catalogue composé de 26,537 articles! combien de fois il a rappelé à ma mémoire des anonymes dont les ouvrages m'étaient connus, mais n'étaient pas sous ma main 1
Le second catalogue, où j'ai trouvé des secours du môme genre, est connu sous
Ce dictionnaire coulient plus de vins^t mille articles français, rangés d'après un ordre alphabétique trës-défeaueux. Les titres en général fourmillent de fautes, soit pour la matière qui y est traitée, soit pour les dates, soit pour les nom« d'auteurs. Un tel onvrage doit donc être consulté avec de grandes précaations; et, quoiqu'il me fiil assez connu avant l'impression de mon dictionnaire, j'ai peui>èlre à me féliciter de ne pas l'avoir lu alors. Depuis 1806, les erreurs multipliées qu'il présente, n'avaient plus les mêmes dangers pour moi. et je l'ai consulté avec fruit pour découvrir plusieurs anonymes que l'auteur a indiqurs d'après la notoriété publique pour le temps où il écrivait. Cet ouvrage m'a servi anssi pour constater l'existence de certains livres devenus fort rares. N. N.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
le titre de « Catalogue hebdomadaire des livres nouveaux », publié successivement par les libraires Despilly et Pierre ; il en a paru un volume par année, depuis 1763 jusqu'en 1789 inclusivement; les tablas en sont très-bien faites ; j'ai su, depuis l'impression de mon dictionnaire, que l'estimable Moutonnet de Clairfonds en avait rédigé sept ou huit.
M^deLheppe, ancien instituteur, traducteur des Eglogues de Virgile, Paris^ Desenne, an X, 180â, in-8, possède une nombreuse bibliothèque : le catalogue qu'il en a dressé avec beaucoup de soin, par ordre alphabétique, m'a été extrêmement utile.
Parmi les bibliographies particulières, j'ai consulté utilement la « Méthode pour étudier Thistoire » de l'abbé Lenglet-Dufresnoy, la « Bibliothèque des romans » du môme auteur, la nouvelle édition de la « Bibliothèque historique de la France «(1) à laquelle il n'a manqué pour être un vrai chef-d'œuvre, que d'avoir été revue et dirigée par un bibliographe doué des connaissances de l'abbé de Saint-Léger; la nouvelle édition des « Lettres sur la profession d'avocat », par Camus; enfin rexcellente « Bibliographie astronomique » de M. de La Lande.
Les dictionnaires liistoriques de Bayle, Moréry. Ladvocat, Feller, Chaudon, Delandine et autres, m'ont fait aussi connaître un grand nombre d'anonymes et de pseudonymes ; mais ces ouvrages sont en général msufilsants pour cet objet, parce que les articles anonymes n'y sont pas distingués d'avec ceux qui portent le nom des auteurs; le^P. Audiffredi me paraît avoir fait le premier cette distinction dans le catalogue de la bibliothèque Casa na te nVdigépar ordre alphabétique des auteurs et des ouvrages anonymes. II a été imité par Jean-Christophe Adelung, qui a publié, en 17Hi et en 1785, deux volumes de supplément au « Dictionnaire universel des hommes célèbres, do Jôcher ».
Les « Siècles littéraires de la France » par M» Desessarts, 'pourraient encourir les mêmes reproches que les « Frances lilté-
(I ) Je pottède on eienpUire de cet ouvni^e, chargé d'noe molUiode de remarqnes de la main de Beaucou- $iD, avoeau Elles sont en général relatives anx vies et éloges des bonmes ilinstres, genre d'ouvrages qui fornati la partie principale de la nombreuse biblioihèc|De que ce safaat jurisconsulte s'était formée pendant une longue saite d'années. Voyes la • Notice des livres et mannsTrils composant sa bibliothèque * . I*arii, Mer» Un, 1799^ iihS de Cépages.
raires » de Paris et de Hambourg ; on y trouve cependant beaucoup d'articles trèsbien faits; la plupart ont été fournis par les auteurs eux-mêmes.
J'indiquerai ici quelques-unes des fautes que l'on peut justement reprocher à plusieurs des auteurs dont je viei\3 déparier, dans la seule crainte qu'elles n'induisent en erreur les étrangers.
M. Ersch cite comme deux ouvrages anonymes de Legouz de Grerland, la « Re- ^ lation d'un voyage en Italie», et des a Lettres sur les Anglais >. Ces ouvrages n'ont pas vu le jour ; on en a la preuve dans l'Eloge de M. Legouz par Maret, secrétaire perpétuel de l'Académie de Dijon, édition in-4. M. Dessessart a reproduit cette méprise. On trouve dans son ouvrage, comme dans celui de M. Ersch, « l'Histoire de Laïs a, par le môme Legouz, métamorphosée en une « Histoire des lois, a
L'habitude de confondre ainsi des manuscrits avec des imprimés n'est que trop commune.
§ VIU. Personnes vivantes, ou maries depuis peu, qui m'ont aidé dans la composition de ce Dictionnaire (1).
Il est des connaissances que l'on trouve ailleurs que dans les livres; c'est ce que Quintilien appelle une teinture d'érudition acauisedans le commerce des savans.
Elle m'était indispensable dans une science semblable à celte des anonymes et des pseudonymes, qui est plus traditionnelle aue positive, au moins pour le siècle où 1 on écrit. J'ai eu l'inestimable avantage de converser avec les hommes de Paris les plus versés dans l'histoire littéraire ; jamais je n'oublierai les moments que j'ai passés avec le célèbre bibliographe Mercier, si connu sous le nom d'abbé de Saint-I^ger; il était alors attaqué de la maladie de langueur qui l'enleva à la république des lettres, le 24 floréal an VUl, mai 1800; elle ne Tempéchait pas de parler sur la bibliographie et l'histoire littéraire, comme s'il eût joui de la plus brillante santé. Avec quel plaisir je t'ai souvent entendu déployer toutes les richesses de sa prodigieuse mémoire ! aucun de ses récits n'est sorti de la mienne ; les ouvrages enrichis
(1) -|- C'est à tort que Qaérard a reproché à Barbier de ne pas avoir cité différentes personnes. J'ai fait observer l'injuslice de ces critiques dans plusieurs articles des c Supercheries m. 01. B — r.
DISCOURS PRÉLIMTNAIRB.
de ses notes, et la portion de ses manuscrits que j'ai acquis à la vente des livres de sa bibliothèque, ne m*ont pasété moins utiles ; on le verra par plusieurs articles do mon dictionnaire.
Je reiîarde aussi comme un bonheur d'avoir été admis dans la société d'un ancien bibliothécaire de l'Oratoire, M.Adry, aussi distingué par l'étendue et la variété de ses connaissances que par Taménité de son caractère.
Ma liaison avec le savant Chardon de La Rochette, et M. Parison, son élève et son ami, ne m'a pas été moins avantageuse.
J'ai pu entretenir les personnes que je viens cle citer, d'ouvrages relatifs à la religion, aux belles-lettres, à l'histoire, aux antiquités, etc.. mais aucune d'elles n'avait été à môme de puiser à la source les renseignements qui m'étaient nécessaires sur les ouvrages dits philosophiques ^ publiés en si grand nombre dans la dernière moitié du siècle qui vient de s'écouler. J'ai obtenu ces renseignements de l'homme de lettres distingué qui était le plus en état de me les fournir. Que M. Naigeon reçoive donc ici mes remeroîments pour la complaisance avec laquelle il m'a donné tous les détails que je pouvais désirer, concernant des productions qui feront époque dans l'histoire littéraire du genre humain (1). Je le cite souvent dans mon
(i) M. Naigeon est mort le 98 février 1810 ; ii a emporté dam la tombe la lépotation de l'amateur de livres le plus délicat et le plus exercé de ces derniers temps. Les relations que j'ai eues avec lui m'ont fait faire la connaissance de son frère, dit le jeune, qui lui a survécu quelques années. Celui-ci m'a avoué qu'il avait copié presque tous les ouvrages philosophiques du baron d'Holbach, pour les envoyer à l'imprimeur d'Amsterdam. Marc-Michel Rey. Dans ane longue noie écrite de sa main, en tète de son exemplaire du « Système de la nature i , il raconte de la manière suivante comment cette mission lut a été confiée. Je n'ai pas besoin de dire que je n'approuve ni le fond ni la forme de son récit.
« Quoique son écriture (da baron d'Holbach) fftt bonne, très-nette et très-lisible, qu'il fit peu de ratures, et que ses renvois fusent très-exacts, ne voulant point la faire connaître, il s'est confié 4 un de ses pins intimes amis, celui de tous peut-être dont les opinions étaient les plus confoimes aux siennes, celui de tous aussi qui avait le plus de caractère, le plus de courage, le plus de zèle et le plus de talent pour l'aider dans ses projets, lui corriger même le style, et le relever de ses fausses idées, parce que sa tête, quelque froide et bien organisée qu'elle f&t, était parfois si fatiguée, qu'il ne s'apercevait pas on de ses conlre-sens, on de ses contradictions, on même de certaines bévues parfois dignes d'un enfant.
M II s'est confié, dis-je, à cet ani, et l'a prié de
dictionnaire, ainsi que son ami le baron d'Holbach, très-connu par sa bienfaisance, ses lumières en minéralogie et son goût pour les arts. On sera étonné de la multi> tude d'ouvrages philosophiques composés par ce dernier.
J'ai également profité de mes relations avec M. Grégoire, ancien évoque deBlois;
lui chercher un homme qui VA aussi stt qn'êox de qui ne fût pas nn ignorant, qai fftt même athée, qui eût une écriture nette, correcte et extrêmement lisible, et qui eût le temps de copier ses manuscrits sans interruption et sans en faire copier une seule ligne i personne.
« Or cet ami est H. Naigeon, mon frère, dont le nom est fort connu dans la république des lettres, auteur des articles • Richesse b et c Unitaires » dans la première « Encyclopédie », auteur presque en totalité, tant il y a fait de corrections, de la belle traduction de « Lucrèce » publiée par M. La Grange son ami, auteur aussi de presque toutes les remarques; auteur de la préface qui est en tète de la tndaction des « Œuvres de Sénèqne le philosophe » , pabliéc aussi sous le nom de M. La Grange; antear de la « Morale d'Epictèie », de Sénèqoe, publiée pour ré> ducation de M. le Dauphin; enfin auteor du « Dictionnaire de la philosophie ancienne et moderne » , faisant partie de Ttf Encyclopédie méUiodique ». dont il paraît nn demi-volume depuis trois mois (en 1791).
• Et cet homme tant désifé, demandé par l*a«teiir du • Système de la Nature » à non frère, est moi- MÊMB ; ce qae cet auteur n'a jamais su. J'éUis alors cantréleur des vivres à Sedan. Coifime j'avais la permission d'aller tous les ans passer six mois, soit rété, soit l'hiver, è Paris, où je suis né et où demeurait toute ma famille, lorsque j'y étais, je copiais les nunnscrits qui étaient ou achevés ou en tnin ; quand je n'y étais pas, mon frère me les faisait passer è Sedan par la poste, au moyen de son ami Bron, qi! était taxateur et en même temps inspecteur général da bureau du départ.
» Mon emploi ae me donnait rien à Dure : étant aé travailleur, aimant et cultivant anssi, ea raison de mon intelligence, les belles-lettres et la philosophie, attachant un prix infini h la confiance de mon frère, et extrêmement curieux de lire, de copier ces sortes d'oavragea, j'y travaillais avec nn xèle et une exaciitsde incroyables. Quand j'avais le manuscrit entier. J'en faisais nn paquet couvert en double loile cirée; je l'adressais i Liège, à madame Loncin, corresimodanle de Marc-Michel Rey, auquel elle le Ciiuit passer ; quand le manuscrit n'était pas complet, ba que mon frère le croyait susceptible d'être relu et corrigé encore par lui. je lui faisais passer et minute et copie sons le couvert de l'intendant général des postes ou d'un administrateur, pour le remettre à Bron, et ttlui-ci à mon frère, qui rénnisuit tout le masojcrit corrigé, et l'envoyait à madame Loncin, oa à R^y même, par la diligence on par des voyageurs. »
Cette note est suivie d'une liste d'ouvrages philosophiques, parmi lesquels on distîngne eeax da baron d'Holbach. H. Naigeon le jeane y a joiat des observations qui s'accordent parikiteneat avec les r«nseignemens que son frère n'a doaaés witeleMeai quinze ans après. H. N.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
XLm
M. Bria), Tun des auteurs et )e continuateur du « Recueil des historiens de France» ; M. Marron, président du Consistoire de l'Efîlise réformée de Paris ; M. Sautreau de Marsy, l'un de nos plus estimables litt^Taleurs; M. Auger, auteur de l'éloge couronné de fioileau; M. Després, secrétaire des commandements de S. M- le roi de Hollande ; le général deGrimoard, qui m'a communiqué plusieurs articles importants sur l'histoire et sur l'art militaire; M. Grouvelle, ex ambassadeur ; M. Démange, l'un des habiles correcteurs attacht's à Fimprimerie du gouvernement, etc., etc.
Je n ai pas de moindres obligations à M. By, officier de santé très- versé dans l'histoire littéraire de la médecine, à M. Boulliot, ancien professeur de l'ordre de Prémonlré, qui est sur le point de livrer à l'impression une < Histoire littéraire du département des Ardennes » (1) ; enfin à M. Boulard, notaire, dont le nom se trouve lié à toutes les entreprises utiles aux lettres, à l'humanité et aux mœurs, qui peuvent avoir lieu dans la capitale.
Depuis longtemps les gens de lettres ont à se louer de leurs liaisons intimes avec des libraires de Paris renommés par leur habileté dans cette profession. Je jouis de cet avantage, et je puis citer ici M. Barrois laine, dans la société duquel j'ai beaucoup profité depuis vingt ans ; son amitié me sera toujours chère (2) .
Je connais aussi depuis longtemps M. Bleuet fils aine (3) Les Catalogues qu'il a publiés m'ont Deaucoup aidé dans mes recherches. M. Solvet, Horaire, m'a communiqué beaucoup d'articles, surtout pour les trente dernières années. J'ai des obligations du même genre à MM. Colnet et Brunet fils.
Je prie MM. Lot tin le jeune, Costard et Musier, anciens libraires, connus parleurs
(1 ) ^-Cet onTTUf e a para soas ce titre : « Biographie anleDoaife, on Histoire des Ardennais qoi se soot fait renarqpMr par leurs écrits, leurs actions, leurs lertns et leurs erreurs » . PaHâ, Ledoyen, 18Si , 2 vol. io-8.
(S) J'ai «vioard'hal la satisfaction de le voir chargé de l'inapressioa et de la veote de la nouvelle édition de cet onvrage. H. Darrois a pris la peine de lire mon maooscrit avec une attention qni m'a vain de sa part de nombreuses améliorations. Les épreuves de l'ouvrage sont corrigées pas lui et par messieurs ses fils avec tant de soin, que Je puis affirmer qne la seconde édition sorpassera de beaucoup ta premitee pour l'exactitode. N. N.
(3) « Supercheries lilléraifes «, I, 63. Note. Quérard alBraie que mon père ne eile pas Bleuel. Voy. ma note. Jbid. Pr£i!ue, page viu. 01. B — r.
lumières, d'accepter mes remercimenls pour les notes qu'ils ont bien voulu me procurer.
Ma correspondance avec plusieurs savants de nos départements m'a élé également utile. Je citerai entre autres M. Leschevin, commissaire des poudres et salpêtres, à Dijon; M. Midi de Bosgueroult, amateur de livres, à Rouen; M. J.-B. Dubois, receveur des droits réunis, à Moulins ; M. Huvier des Fontenelles, ex-oratorien, domicilié à Coulommiers.
Je n'ajouterai rien à la réputation dont jouissent mes confrères de Paris, surtout MM. Van Praet et Capperonnier, en citant la complaisance avec laquelle ils m'ont
I)rocure les renseignements que.j'ai eu à eur demander.
Plusieurs de mes confrères dans les départements m'ont fait part de leurs lumières; tels sont M. Âchard, bibliothécaire de la ville de Marseille, principal au* leur du « Dictionnaire des hommes illustres de la Provence », Marseille, 1787, â vol. in-4 ; M. Peignot, bibliothécaire à Vesoul, avantageusement connu par son « Dictionnaire raisonné de la bibliologie » ; M. Moysant, bibliothécaire de la ville de Cacn, auteur de plusieurs ouvrages estimés, entre autres d'une < Bibliothèque portative des écrivains français, ou Choix des meilleurs morceaux extraits de leurs ouvrages >, Londres , 1800, 3 vol, in-8. Enfin, j'ai mis à profit, pour l'accroissement de mes connaissances bibliographiques, jusqu'à mes promenades (1).
(i) La mort a moissonné seiae des personnes mentionnées dans ce paragraphe, savoir MM. Achard, Adry, By.Capperonnier, Chardon de La Rochette, Costard, Dubois, de Grimoard, Grouvelle, Leschevin, Lottin le jeune, Midi de Bosgueroult, Moysant, Musier, Naif^eon, Sautreau de Marsy.
La publication des deux premiers volumes de ce Dictionnaire, faite en 4806, augmenta le nombre des personnes qui me communiquaient d'utiles renseignemens. Je me suis fait un devoir de leur témoigner ma reconnaissance en 1809. lorsque je mis au jour les tomes m et IV de mon ouvrage.
On distinguait parmi ces personnes MM. Amanton, ancien avocat, maire de la ville d'Auxonne, aujourd'hui membre du conseil général du département de la Céte-d'Or, et rédacteur de l'intéressant « Journal de Dijon ot de la Céte-d'Or » ; Beuchot, homme de lettres très-xélé pour l«s recherches bibliographiques, et qni depuis s'est mis au rang de nos meilleurs bibliographes par les soins qu'il donne au c Journal général de la librairie *. par les articles qu'il fournit à la « Biographie universelle » , par l'édition des c Œuvres de Voltaire » que de malheureuses circonstances l'ont forcé d'interrompre, et >ar celle du « Dictionnaire historique et critique de Bayle •, qui Joint à Tavan-
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
§ IX. Amélioralions dont ce Dictionnaire est susceptible.
Malgré retendue de mes recherches et Tabondance des secours que j'ai reçus, jo craÎDS encore que cet ouvrage ne paraisse
tàgt d'oD format pi os commode à manier eeini de renfermer d'ntiles additions ; Boissonade, helléniste distingné. membre de l'Institut de France, an des savants les plus laborieux de l'époque actuelle ; Bourpeat. étudiant en droit, qu'une mort prémalorée a enlevé aux lettres ; Hagues-Félicilé Boirette, professeur au collège de Sainte-Menehonld ; Le Brun jeune, de Caen; Coquebert de Taisy, amateur de livres, à Heims. depuis collaborateur de la c Biographie universelle ». mort en 4815; PayoUe, hommes de lettres; de Foucault, aujourd'hui chambellan de S. II. Tempereur d'Autriche ; Baudouin de Guémadeuc, ancien maître des requêtes, mort dans ces derniers temps ; Haillet de Couronne, ancien secrétaire perpétuel de l'académie de Caen, murt à Paris en 1810 ; Hammer, professeur d'histoire naturelle à Strasbourg ; Louis-Théodore Hérissant, ancien chargé d'affaires à la diète générale de l'empire d'Allemagne, mort en 1811 ; Hérisson, avocat à Chartres; Langlès, membre de l'Institut; Leblond, conservateur honoraire de la BiblioUiique Uazarine, mort en 1809 ; milin, membre de rinslitut, mort en 1818 ; Horelli, garde de la BiblioUtëqoe de Saint-llarc, k Venise, mort en 1819; Renaud, libraire i Montpellier; Bouvière, employé au cabinet des estampes de la Bibliothèque du roi, mort en 1812; J.-B. Say, ancien collaborateur à la « Décade philosophique a ; Septier. bibliothécaire à Orléans -, Tarbé, imprimeur-libraire à Sens ; Charles Weiss, bibliothécaire de Besancon, l'on des plus féconds et des plus habiles collaborateors de la I Bibliographie universelle • ; Yiilars, professeur de botanique ù Strasbourg, mort en 18H.
Je conserve à peu près les mêmes relations depuis treiie ans ; mais j'ai ac4|uis de nouveaux correspondans, dont je dois consigner ici les noms pour les mêmes motifs d'estime et de reconnaissance.
he plus remarquable est M. Ghaudon, auteur du c Nouveau dictionnaire historique », dit de Caen ou de Lyon, mort en 1817. Ses lettres renferment une multitude de détails aussi neufs que curieux ; j'en ai cité beaucoup de passages dans ma nouvelle édition. Si l'on trouve encore dans son « Dictionnaire historique ■ tant de méprises et tant d'erreurs, cela prouve : 1» que M. Ghaudon n'a pas commencé d'assex bonne heure i étudier l'histoire littéraire ; 2<> qu'un homme seul ne peut avoir l'universalité des connaissances nécessaires pour la composition d'un semblable ouvrage. II faut néanmoins convenir qu'avec des corrections et des additions, le Dictionnaire de M. Chandon tiendra toujours nn rang distingué parmi les ouvrages de ce genre. On trouvera difAcilement plus de justesse, de modération et d'impartialité dans les récits et dans les opinions.
M. Le Bailly, un de nos plus ingénieux fabulistes, m'a communiqué plusieurs articles fort piqnans.
Mon neveu continue à me seconder dans mes recherches littéraires; l'étude particulière de la littérature anglaise, k laquelle il se livre, l'a mis à même de me communiquer des articles remarquables. Je reçois anssi de temps en temps les agréables tributs de mon fils
rempli d'imperfections et d'omissions. Los personnes qui s'intéressent au perfection -
aîné, que les bontés du gouvernement ont associé à mes travaux depuis plusieurs années.
M. Boulliot, en continuant ses recherches sur l'histoire littéraire du département des Ardennes, s'est ^pt*cialement occupé de tout ce qui pouvait compléter mon Dictionnaire. J'ai choisi dans les nombreux matériaux qu'il m'a remis, et il sera souvent cité dans ma nouvelle édition.
M. Deville, mon camarade d'études, ci-devant secrétaire du général Armstrong. ambassadeur des Etals-Unis d'Amérique, à Paris, M. Deville, dis-je, possède un cabinet de livres très-bien composé. Il m'a procuré la satisfaction de vérifier beaucoup d'articles sur les ouvrages même et de comparer entre elles plosieors éditions.
Un jeune ofOcier. M. Doisy, capitaine an régiment d'artillerie i pied de la garde ro)^le, s'occupe depuis plusieurs années d'une bibliographie de l'artillerie et du génie. Je lui dois des observations utiles sur d'anciens articles de mon Dictionnaire, et qoelqoM articles nouveaux.
M. Louis Dubois, ancien bibliothécaire de rOme. a fait preuve de connaissances très- variées par les ouvrages dont il est auteur ou éditeur, et par les nombreux articles qu'il a fournis an c Magasin encyclofW^dique ». J'ai reçu de Ini nue asses longue liste d'ouvrages anonymes, et j'y ai choisi nne quarantaine d'articles.
J'ai reçu plusieurs notices littéraires fort cnrienses de M. Huband, membre des académies de Marseille et de Dijon, connu par 1'* Essai d'un complément ao Nouveau dictionnaire portatif de bibliographie * d** M. F.-I. Fournier (1810), in-8 de 330 pages, et par des « Observations bibliographiques » snr la première et la seconde édition du « Manuei » de M. Brunet. II a dû trouver de grandes améliorations dans la troisième édition de ce dernier ouvrage.
MU. Abel et Victor Hugo, jeunes littératenrs distingués par leurs talens, me font de fréquentes visites à la bibliothèque des galeries du Louvre; ils m'ont donné sur les ouvrages anonymes plusieurs renseignemens dont j'ai profité avec plaisir.
M. Justin Lamoureux. avocat à Nancy, a pris nn intérêt si vif à mes recherches, qu'il m'a envoyé de nombreuses remarques sur la première édition de mon ouvrage, et des additions plus considérables encore pour la nouvelle édition dont je m'occupais depuis si longtemps. J'ai distingué dans ce travail tout ce qai concerne la Lorraine, que M. Justin Lamoureux connaît très-bien, ainsi qu'on peut en juger par son «&li^. moire pour servir à l'histoire littéraire du département de la Meurlhe, on Tableau statistique du progrès des sciences, des lettres et des arts dans ce département, depuis 1789 jusqu'en 1803. a Sancy, YigueuUe, 1803. in-8 de 1 «4 pages.
M. Miger, homme de lettres fort laborieux, m'a communiqué plusieurs articles remarquables.
J'ai reçu plusieurs articles de M. Pillet, clief du bureau de la «Biographie universelle «. Je dois à ce même bibliographe la communication des recherches de l'abbé Saas et de M. Haillet do Couronne sur les écrivains anonymes el pseudonymes: ces manuscrits de deux hommes connus par leur érudition m'ont été de quelque utilité.
DISCOURS PRÉLIMINAIRE
nement de Hiisloire littéraire, m'obligeront beaucoup si elles veulent bien me faire connaître les unes et les* autres ; ie profilerai de leurs observations et leur témoignerai la même reconnaissance dont ceux qui m'ont aidé de leurs lumières trouvent ici le témoignage.
Quelque commode que soit Tordre alphabétique suivi dans ce Dictionnaire, les savants pourraient regretter de ne pas voir d'un coup d'œil les principaux ou- \ rages anonymes relatifs à telle ou telle science, et les gens du monde, de ne pas avoir la facilité de connaître les ouvrages anonymes à l'aide du nom de leurs auteurs : c'est pour satisfaire les uns et les autres que je publierai un troisième et dernier volume (1), contenant io le catalogue des ouvrages anonymes et pseudonymes rangés par ordre ae matières (2) ; i» la table des faux noms, mis en regard des vrais noms, avec le premier mot du litre de chaque ouvrage pseudonyme, et le renvoi au numéro du Dictionnaire où ce litre sera, détaillé ; 3<» la table des auteurs anonymes mentionnés dans le Dictionnaire, avec un renvoi à celle des pseudonymes, lorsqu'il y aura lieu.
11. Pluqvet, cinlevant pharmacien i Bayeux, depuU libraire i Paris, et disposé anûonnl'bDi à reprendre son ancien état, a acquis la connaissance de beaucoup lie lifres rares et curieux. Les amateurs doivent regretter qu'il quitte le commerce de la librairie; mais on peut croire qu'il continuera les recherches qu'il a commencées sur les hommes célèbres de la Normandie, NeTcn de Testimable abbé Pluquet, il doit avoir à cœur de uMulrer qu'il ne porte pas ce nom en vain. Je lui dois beaucoup d'articles, dont plusieurs méritent de fixer l'attention.
II. Psanme, ancien avocat À Nancy, connu par plusieurs ouvrages, est Tort au courant de l'histoire littéraire du pays qu'il habite. Je dois à ce jurisconsuUe iulmitdes notes étendues, dont je ferai usage soit dam la nouvelle édition de ce Dictionnaire, soit dans le secood volume de mon f Examen critique des dictiranaires historiques. »
If. Le Ronge, amateur de livres, à Paris, se donne lieucoup de peine pour recueillir des ouvrages curieux dans tous les genres; il m'a communiqué plusieurs wAti d'un intérêt réel. N. N.
(1) -f- Ce projet qui s'appliquait à la 1 ^'édition de co Dictionnaire n'a pas été réalisé.
^â) Ce catalogue formerait nn ouvrage utile, mais si Tolomineux que son exécution ne pourrait avoir lieu qae par la voie d'une souscriptioiit- J'offrirai peut-être les mêmes résultats aux amateurs, mais d'une manière plus éconmnique. N. N.
Ces tables seront bien plus utiles que la liste de Baillet, qui ne fait connaître ni le titre des ouvrages, ni Tannée de leur impression, ni leur format.
Je placerai en tête de ce volume mille à douze cents anonymes et pseudonymes latins; il sera mis incessamment sous presse (1).
Les personnes qui possèdent le « Catalogue des livres de la bibliothèque du Conseil-d'Etat », en 2 vol. in-fol., et celui des < livres de la bibliothèque de S. E. M. le/ comte de Boutourlin >, Paru, Pougens, an XIlI-1805, in-8, ouvrages dans lesquels j*ai indiqué beaucoup d'anonymes et de pseudonymes, sont invitées à préférer aux indications qui y sont contenues, celles qui se trouveront' dans mon Dictionnaire, toutes les fois qu'il y aura de la différence entre elles, les dernières ayant été données d'après les renseignements qui m'ont semblé les plus certains.
J'ai placé à la fin du premier volume des corrections et additions; j'invite les lecteurs à les consulter avant de prononcer sur les articles du Dictionnaire qui leur paraîtraient inexacts. Ces fautes paraîtront peu importantes et peu nombreuses, si on veut bien penser aux difficultés que présentaient un ouvrage do cette nature. Les soins donnés à son exécution par les propriétaires de Tlmprimerio bibliograpnique (â) méritent ma reconnaissance autant que le désintéressement dont ils ont fait preuve, en se chargeant, dans des circonstances difficiles, de l'imprebsion d'un ouvrage dont rien ne leur garantissait le succès.
La longueur dos deux suppléments contenus dans la première édition de ce Dictionnaire, occasionnait aux amateurs des recherches pénibles et fastidieuses ; je les ai réunis au corps de l'ouvrage dans ma nouvelle édition : cependant je n'ai pu éviter de donner encore quelques articles additionnels à la fin de chaque volume (3),
(1) Ce volume a paru en 1800, mais accompagné d'un quatrième contenant la lable des pseudonymes et la table générale des auteurs. N. N.
(S) EUbiic rue Gltrle-Cœur, par MM. Uugotet Donblet.
(3) Ces suppléments particuliers avaient été refondus en un seul, publié en lùle dn tome IV de la 2« édition.