‹ Dictionnaire des ouvrages anonymesChapitre 181 sur 333 · PRIX · texte numérisé non relu

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Le Conservateur,

Baron de Reiffenderg.

M. le ministre Gerlache approuva la demande et accorda les fonds demandés, mats non sans restrictions. Certains livres lui paraissaient trop libres pour entrer dans une bibliothèque publique ; il effaça les numéros 12, 35, 48, 55, 83, 109, 167. D'autres aroaleurs s'acharnaient particulièrement sur ces numéros mêmes. Madame la princesse de Ligne voulait à toute force et à tout prix acquérir le numéro 48, ce monument des fredaines de son polisson de grand-père. Tout alla bien jusqu'au jour indiqué pour la vente. Alors seulement on reconnut que M. de Fortsas, pas plus que sa bibliothèque, n'avait jamais existé que dans l'imagination de M. René Chalon, bibliophile éradit, autant que mystiâcateur ingénieux.

Un ami des arts, bien connu par d'importants travaux sur l'histoire de Paris, M. A. Bonnardot, s'est amusé à indiquer quelques vieils livres d'une rareté extrême dans son Mirouer du bibliophile parisien (Paris, 1848, in-16, à 160 exemplaires). Nous n'avons jamais rencontré (et nous doutons que d'autres aient été plus heureux que nous) le Parangon des femmes astucieuses, Paris, Vérard, 1512, la Fleur des calamités du mariage, la Doulce consolation des maris navres? Quoi est l'heureux mortel qui possède le Machiavel des mesnages % YArt de conduire les femmes à la baguette et YEschole de royaulté maritale? Dans quel cabinet se cache V Apologie des cornards ? Nous l'ignorons, mais ce dont nous sommes bien certain, c'est qu'il faudrait bien des billets de banque pour rester possesseurs de deux des ouvrages dont M. Bonnardot nous révèle l'existence, s'ils venaient un jour à se montrer dans quelque vente publique. Ces deux livres, réellement introuvables, sont : la Danse macabrée des cocus, et la Chronique piteuse des cocus célèbres es pays de France et aultres lieux.

BIBLIOTHÈQUES IMAGINAIRES

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