‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 132 sur 335 · LEU · texte numérisé non relu

LEU

LENTEMENT. {Hâtez-vous)

Ce proverbe, né en Grèce, est un des plus beaux mots de l'antiquité «Remarquable par sa brièveté, dit Tabbé Tuet dans les Matinées sénonoises , il devient plus piquant par l'opposition des termes qui le composent. Quant au sens qui résulte de la réunion de ces termes , il est également beau , profond , utile , dans quelque état que l'on soit. »

Boileau en a fait un précepte pour les écrivains :

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage. Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage.

Voici la traduction littérale du proverbe italien : Qui va doucement, va sainement ; qui va sainement^ va bien; qui va bien, va loin.

LESSIVE. {A laver la tête d'un Maure on perd sa )

S'entend des peines que l'on se donne pour réformer un mauvais caractère, ou pour instruire une personne stupide.

Une fable d'Ésope peut avoir donné lieu à ce proverbe.

Lucien en a fait un distique , qui a été ainsi traduit par Alciat :

Abluis JEthiopem quid frustra ? Desine , noctis Ulustrare nigrœ nemo potest tenebras.

Leucade.

Le saut de Leucade.

Désespoir amoureux. Dans l'ancienne Grèce, pour éteindre les flammes amoureuses, les amans se précipitaient du liaut du rocher de Leucade dans la mer. Sapho périt ainsi.

L'île de Leucade, aujourd'hui Sainte-Maure, est une des îles Ioniennes.

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En Perse, la violence de Tamour se manifeste d'une façon moins tragique. L'offre d'une tulipe veut dire qu'on a le visage en feu et le cœur en charbon.

Lever. ( se )

. Se lever des le potron jacquet , ou des le potroti minet.

C'est-à-dire , à la pointe du jour.

Potron est le diminutif de yyo//e, qui, en vieux français, veut (^\ve petit des animaux ^ et la signification de Jacquet (voyez la page 63 1 , première colonne du Parallèle des langues française et latine, par le père Monet, jésuite, in-l\° , Genève, i636), en vieux français aussi , qiX flatteur mercenaire.

Il s'agit donc des chats qui, comme chacun sait, s'éveillent de bonne heure, et sont flatteurs.

Lie II A RDS.

C'était le nom que nos pères donnaient aux gourmands, aux amateurs de toute espèce de bons morceaux , luxuriosis. Contre eux principalement est dirigée une satire qui parut à la fin du quinzième siècle , sous ce titre : La nef des fols du monde {^nef , de navis y vaisseau).

L'auteur considère le monde comme un grand vaisseau sur lequel des gens de tout sexe, de tous états, et de toutes conditions, s'embarquent. Presque tous ces gens-là sont fous, mais chacun a sa folie particulière; de façon qu'il y en a quelques uns qui ne nuisent point à la manœuvre du vaisseau, mais qui, au contraire, aident à le gouverner, quoique eux-mêmes, à beaucoup d'égards, fie se conduisent pas trop bien. D'ailleurs ce vaisseau est si grand, qu'il se soutient toujours sur l'eau. Si plusieurs se précipitentdans la mer et se noient, s'il y

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en a qui tombent du haut du mât dans le fond de cale , pour avoir voulu trop s'élever et y périssent, il y en a d'autres qui nagent et qui grimpent avec beaucoup plus de bonheur que leur adresse ne semblait le mériter. Enfin, tout considéré en gros, le monde va toujours bien, quoi qu'il arrive aux individus particuliers.

Cet ouvrage est accompagné de figures dont le fameux peintre Holbein a profité pour enrichir ÏEloge de la folie d'Erasme.

Lièvre.

Quand on a mangé du lie<^re , on est beau sept jours de suite.

Pline cite ce proverbe, qui est en usage encore aujourd'hui; il provient de l'équivoque des mots lepus ^ lièvre , et lepor , grâce , agrément, ou plutôt le rapport de lepor à lepus vient de cette antique croyance. Martial en parle aussi. (Liv. v, ép. 29.)

Voici une épigramme de Marot sur ce sujet :

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