‹ Dictionnaire des proverbes françaisChapitre 136 sur 335 · LIVRE. ( Gardez-vous de disputer avec rhommc d'un seul · texte numérisé non relu

LIVRE. ( Gardez-vous de disputer avec rhommc d'un seul

Cave ab homine unius libri.

Cet homme s'est si bien nourri de la matière qui en fait l'objet, il se l'est tellement appropriée, qu'il est devenu redoutable à tous ceux qui voudraient argumenter sur le même sujet.

Non rejert quam muJtos ^ sed quam bonos habeas libros. (Senec. epist. 45.)

Un gros livre est un grand mal. Magnus liber magnum malum. (Trad. de Callimaq.)

Pour sentir la justesse de ce proverbe, il suffit de jeter les yeux sur ces vastes dépôts des productions de l'esprit, qui désespèrent les gens les plus désireux de s'instruire.

Quantité d'hommes célèbres ont composé leur bibliothèque de quatre ou cinq ouvrages tout au plus. Alexandre ne quittait jamais Homère; César étudiait continuellement Xénophon ; Co mines Vi été l'auteur favori de quelques uns de nos grands capitaines; Machiavel le guide exclusif de quelques uns de nos hommes d'état. Henri iv avait un goût particulier pour les Hommes illustres de Plutarque; Turenne pour Quinte- Curce ; Pierre Corneille pour Tacite, Tite-Live et Lucain ; Ménage pour Plutarque ; Antoine Arnauld pour Cicéron; La Fontaine pour Rabelais, VArioste, Boccace et le Tasse; Jean Racine pour Platon et Plutarque. Chevreau disait (ju'on pouvait se passer de tous les écrivains de tous les temps avec maître Michel , maître François et maure Benoit ; c'est-à-dire, Montaigne, Rabelais et Spinosa; Sainl-Evremond, qu'on pouvait lire toute sa vie Don Quichotte sans en être dégoûté. Bossuet, consulté sur celui de tous les

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ouvrages qu'il voiulrail avoir fait, répondit, les Z^/^ré^A provinciales. Boileau disait au P. Bouhours : « Mon père, lisez les Provinciales ; et, croyez-moi, ne lisez pas d'autres livres. » On connaît la prédilection de J. J. Rousseau pour P lut arque ^ Charron et Robinson Crusoé; celle de Voltaire pour les Provinciales de Pascal et \e Petit Carême de Massillon. Les auteurs chéris de Montesquieu étaient Phitarque, Blontaigfie , Molebranche et Rollin. «Cet honnête homme, disait-il en parlant de Rollin, a, par ses ouvrages d'histoire, enchanté le public. On sent, en les lisant, une secrète satisfaction d'entendre parler la vertu.» Grosley faisait ses délices d'Érasme, de Rabelais , de Montaigne , et de la Satire Mé nippée.

Napoléon Bonaparte eut toujours une grande prédilection pour Corneille. Dans sa captivité à Sainte- Hélène, la promenade qu'il avait coutume de faire après son dîner était suivie d'une lecture à haute voix. Corneille et Racine obtenaient la préférence sur Voltaire. La France y dit-il un jour, doit a Corneille une partie de ses belles actions.

LIVRES, ( fy briderai mes)

Ce proverbe est une allusion à la folie d'un alchimiste, qui, cherchant la pierre philosophale , après s'être ruiné en charbon, et n'ayant plus que le dernier coup de feu à donner pour obtenir le grand-œuvre, emploie à chauffer son fourneau jusqu'.à ses livres.

Bernard de Palissy, cherchant la composition de la faïence , se trouva dans une situation à peu près pareille. Sans argent, sans crédit, au bout de seize ans de travaux , il brûla un meuble essentiel pour achever la cuite dun fourneau.

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