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sied bien, manipuleur ignorant , de ravaler ainsi le premier, le plus grand et le plus utile des arts! — Utile tout-à-fait pour ceux qui l'exercent. — Un art dont le soleil s'honore d'éclairer les succès. — Et dont la terre s'empresse de couvrir les bévues. »
MEDIANOCHE. {Faire)
Expression empruntée de la langue espagnole.
C'était, sous Louis xiv, faire un repas en viande, à minuit, lorsqu'un jour gras succédait à un jour maigre.
Madame de Sévigné , dans une lettre adressée à sa fille en 1671, raconte qu'une femme de Rennes, qui avait ouï parler des medianoches y dit , à quatre heures du soir, qu'elle venait de faire medianoche. «Cela, dit madame de Sévigné , est d'une sotte bête qui veut être a la mode. »
Cette mode avait déjà quelques années, car on voit beaucoup d'exemples de medianoches dans les Mémoires de madame de Motteville.
Pourvu que minuit fût sonné , les personnes qui s'étaient crues dans l'obligation de jeûner, se faisaient servir sans scrupule des viandes exquises.
MELLUSINE. [Pousser des cris de)
L'habitude d'invoquer Lucine dans les accouchemens s'est conservée après l'abolition du paganisme : de mater Lucina ^ mère Lucine, que les femmes en couche invoquaient, on a fait mere-Lusine y et par adoucissement, Mellusine.
Melun.
Apres Melun, Paris.
Ce proverbe caracitérise les petites prétentions. Parce que la Seine partage Melun en trois parties, et qu'une de ces parties s'appelle la Cité, les habitans de Melun
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croient que leui' petite ville a sefvi de modèle à la capitale.
Qui n'a pas vu Sèville , n'a pas vu de ville.
Proverbe espagnol à l'éloge d'une cité qui n'est cependant que la quatrième du royaume.
Il fait comme V anguille de Melun , il crie avant qu'on Vécorche.
On représentait à Melun le mystère de saint Barthélemi , qui , suivant la tradition de l'Église, fut écorché. Un écolier, nommé Languille, qui avait le personnage du saint, fut intimidé dès le moment oii l'on vint pour l'attacher à la croix, et il poussa un cri; ce qui fit dire aux assistans : Languille crie avant qu on Vécorche.
Aux grandes fêtes, nos pères représentaient les miracles des saints et des sujets de la Bible; ils donnaient à ces pièces les noms de miracles et de mystères.
D'abord les représentations avaient eu lieu dans les églises. On avait commencé durant la semaine sainte à exécuter la Passion en parties. Un personnage couronné d'épines était au milieu de l'autel, et chantait tout ce que devait dire Jésus; d'autres représentaient les disciples. On choisissait au sort entre les serfs un homme roux qui , sous le nom de Judas , donnait à son maître le baiser de trahison; on y voyait Malchus; un homme fort laid, habillé en femme, faisait le rôle de servante du gouverneur : le grand-prêtre Caiphe , Pilate, Hérode, y jouaient leurs personnages; un chœur de Juifs chantait le cruci/ige; on y plaçait Barrabas, Simon le Cyrénéen , les saintes femmes , le bon et le mauvais larron, les bourreaux armés de fouets. Le peuple fondait en larmes.
Des particuliers témoins de l'effet surprenant que ce spectacle produisait, y virent un moyen de lucre,
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et résolurent de donner plus d'action et de développement à leurs personnages qu'il n'avait été possible de le faire dans les temples; et les comédies de la Passion furent des espèces d'opéras à machines : ils y joignirent de la musique. Des pèlerins, de retour de la Croisade où ils s'étaient ruinés, employèrent ce moyen pour subsister, et se joignirent à ceux qui avalent commencé ces représentations.
Dans le quinzième siècle, la troupe du Prince des sotSj ou des Enfans sans souci, se réunit aux Confrères de la Passion; le peuple, qui pleurait auparavant, vint aux mystères pour rire.
Dans le même temps, les clercs de la basoche imitèrent Aristophane; leurs pièces, qu'ils appelaient //20ralités, dégénérèrent en satires personnelles; le parlement fut obligé de les réprimer. D'un autre côté , l'Eglise , qui s'était d'abord montrée si complaisante pour cette espèce de tragédie , qu'on avait avancé l'heure des vêpres les dimanches et fétcs , afin que les fidèles pussent assister à la représentation des mystères , changea bientôt cette bonne volonté en de très sévères censures.
La permission de jouer les mjsteres publiquement avait été donnée par Gharles-le-Sage, le [\ décembre i4o2; elle fut révoquée le 19 novembre i548, par le parlement.
Non seulement les mjsteres avaient eu leur utilité , parce qu'ils avaient appris des traits de la Bible y à des gens qui les auraient ignorés , ne sachant pas lire ; mais ils avaient fait perdre l'habitude de ces exercices où 11 n'y avait de considération que pour la force corporelle.
René d'Anjou , roi de Naples et de Sicile, et comte de Provence, faisait représenter les mjsteres dis ec grande
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pompe. Étant en Provence, et ayant reçu des lettres de son fils le prince de Calabre , qui lui demandait un secours immédiat de troupes, il lui répondit qu'il avait bien d'autres choses en tête; qu'il était occupé à régler le plan et les scènes d'un mj stère en l'honneur de Dieu. Peu de temps après la défense de jouer des mjstères , Jodelle et La Péruse , à l'imitation des Italiens, donnèrent des comédies et des tragédies dans le goût de celles des Latins et des Grecs. Elles eurent le plus grand succès , et il n'y eut ni cardinaux ni prélats français qui ne s'empressassent d'y assister , comme ceux d'Italie faisaient aux représentations qui étalent déjà en usage dans leur pays.