PIE
siècle , à élever la chaussure sous le talon ; les femmes même adoptèrent des mules a la vénilienne , que l'on appela aussi pianeUes , d'un mot italien qui veut dire plates, quoitjue le talon eût une certaine épaisseur. Ces pianelles étaient fort à la mode sous Loui»xiii.
On éleva davantage le talon sous Louis xiv ; les souliers de femme sous Louis xv avaient des talons de quatre, cinq et jusqu'à six pouces de hauteur. Cette mode durait encore en i78(j.
« Rien n'est plus ridicule, disait le docteur Alphonse Leroi {Recherches sur les habillemens des femmes et des en/ans , in- 12, Paris, j'y -y -2), que la contenance que donnent aux femmes les hauts talons; elles ne marchent pas, mais elles sautillent, et ressemhlent aux oiseaux qui n'avancent que par sauts. »
Etre sur un grand pied dans le monde.
Y jouer un grand rôle.
Ce proverbe vient d'une chaussure qui parut, pour la première fois, dans le treizième siècle. Un comte d'Anjou avait au bout du pied une excroissance considérable ; pour cacher ce défaut , il imagina des souliers à pointe recourbée; et comme c'était d'ailleurs un fort bel homme, on copia sa chaussure. Quant au nom, ce fut celui de la partie antérieure d'un vaisseau, qu'on appelle encore aujourd'hui la poulaine. Cette poulaine tirait sans doute son origine de la Pologne; car anciennement la Pologne se nommait Polaine , Poulaine.
Quelquefois on ornait les souliers a la poulaine , de cornes ou de griffes; les évêques trouvèrent là un sujet de fulminer. Charles v, pour complaire au clergé, déclara cette chaussure contraire aux bonnes mœurs, inventée par la vanité , et condamna à dix florins d'amende ceux qui s'obstineraient à la porter.