SEN
de journal ; ce fut une rapsodle. En tête de l'exemplaire que nous avons sous les yeux, et qui contient huit cahiers de i[\ pages in-\i chacun, se trouve manuscrit ce couplet du chansonnier Gallet :
Dans ton grenier Est-il un grain de sel attique ?
Dans ton grenier Tu passes pour un faux saunier.
Quelque jour, faute de pratique, Tu pourras bien mourir étique
Dans ton grenier.
Le mot grenier avait plusieurs acceptions qui sont tombées en désuétude , et que le bon goût ne revendique pas :
Grenier a puces, grenier a coups de poing.
Sentir.
Sentir plus fort , mais non pas mieux que rose.
Tout le monde sait que le mot y;«f/' donne le sens de ce proverbe; mais sentir Vescajîgiion ?
— L'escafignon était une espèce de sandale dont on faisait usage au commencement du quinzième siècle; son nom vient de scapha y esquif: cette chaussure ressemblait en effet à un esquif.
Sentir le gousset, donne Tidée d'une autre mauvaise odeur, celle de la sueur des aisselles.
Quelques odeurs animales, peu flatteuses pour le commun des hommes, peuvent exciter les passions au lieu de les éteindre. L'histoire en fournit un exemple dans la personne du duc d'Anjou, depuis Henri m. Ce prince s'étant, par mégarde, essuyé avec la chemise que venait de quitter une danseuse , Marie de Clèves , s'éprit, en rentrant dans le bal , pour cette jeune per sonne, qui jusqu'alors lui avait été indifférente.
SÉR 595
SÉRÉES. (^Joyeuses)
Bouchet, sieur de Brocourt, écrivain du seizième siècle, qui nous a laissé trois volumes de Sérées , leur a donné pour épigraphe : FA nugœ séria ducunt. Ces contes, en effet, offrent, parmi beaucoup de facéties, des réflexions morales. Ce livre est dédié aux marchands delà ville de Poitiers; l'auteur y occupait une des places déjuge-consul; il fait à sa compagnie présent de son livre d'autant plus volontiers, dit-il, « que les discours libres et gaillards contenus en iceluy, se ressentent encore de l'ancienne preudhommie du bon vieux temps. »
Nos pères appelaient sérées, les veillées.
Comme maintenant, dans nos villages , les veillées se tenaient à la lueur d'une lampe; les mères et les filles se rassemblaient pour filer, disserter sur la filasse, et conter des histoires de sorciers et de loups-garoux ; les garçons, pour voir leurs maîtresses. La jeune bergère laissait tomber son fuseau pour connaître ses amans; ceux-ci s'empressaient de le ramasser; la veillée se terminait par un régal de noix , de châtaignes , ou de fruits cuits.
On trouve dans les Mémoires de l'Académie des sciences , inscriptions et belles-lettres de Trojes en Champagne {^in-\i^ Paris, 1756), une dissertation fort plaisante, que l'avocat Grosley est censé avoir lue, dans ç,Q.Wz prétendue Académie, le i5 novembre 1743. «Comme on volt, dit-il, dans les écreignes (veillées villageoises, de scrinium, hutte), une villageoise bonne ouvrière, après avoir filé sa fusée, représenter son ouvrage pour être applaudi ou censuré; de même on voit dans nos séances un académicien laborieux , après avoir rassemblé ses idées et dirigé ses réflexions sur un point de gazette ou sur une difficulté de logogriphe, sou-