DET
«et pour le vôtre, c'est-à-dire, ne dépensez rien mal « à propos. Quatre llards épargnés sont un sou que l'on « gagne. Une épingle par jour coûte cinq sous par an. ce Pour cela il ne faut pas croire que l'économie ne se « trouve que dans la privation ; c'est l'économie des « imbécilles; il n'est si sot avare qui n'y excelle; il n'est « si bavarde commère qui ne puisse en tenir école. »
Jpres la fête et le jeu ,
Les pois au Jeu.
Quand on a beaucoup joué et beaucoup dépensé , il faut se restreindre.
Ce que Ton prodigue , on Vote à son héritier: ce que Von épargne sordidement j on se Vote a soimême.
En tenant le milieu, il y a justice pour soi et pour les autres.
Un avare souffrait beaucoup d'un mal de dent. On lui conseillait de la faire arraclier. Ab! dit-il, je vois bien qu'il faudra que j'en fasse la dépense.
DESSERRE. (Être dur à la )
C'est-à-dire avare.
Métaphore empruntée des armes à feu , qu'on appelle dures a la desserre , quand le ressort qui fait mouvoir le chien de la platine ne se débande pas facilement.
DETTES. (Z,e chagrin ne paie pas les)
Ou Cent heures de chagrin ne paient pas un sou de dettes.
Au Heu de se livrer à une vaine douleur, il faut, par l'économie ou le travail, penser à satisfaire ses créanciers.
La raison veut qu'on supporte patiemment l'adver-
site, et qu'on n'épuise pas à pleurer ses maux, les forces qui restent pour les adoucir.
Faire un trou pour en boucher un autre.
C'est créer de nouvelles dettes pour payer les anciennes.
DEUX. {Un homme assorti en vaut)
Un homme est bien plus fort quand il a pris ses précautions.
Le Roux a copié une faute qui se trouvait dans Backer; l'un et l'autre ont mis ; Un bon averti en vaut deux.
Le moyen d'attraper un oiseau n'est pas de secouer sonjilet. (Proverbe écossais.)
Devignottes.
Nos pères appelaient ainsi les énigmes qu'on se proposait dans les veillées. Ce mot vient de deviner. Dans quelques départeraens les paysans disent devinailles.
Devise.
La devise de M. de Guise.
Pour dire : A chacun son tour.
Pendant la ligue, la famille des Guise portait pour devise des A dans des O ; par là elle entendait : A chacun son tour, c'est-à-dire, qu'en écartant le duc de Lorraine, elle, qui était aussi de la famille de Lorraine, excluerait les maisons de Valois et de Bourbon qui sortaient de la race de Hugues Gapet, et régnerait. Diable.
De jeune angelot , vieux diable.
Ce proverbe, tiré de Rabelais, est ainsi expliqué par Le Ducliat, son commentateur: «Si un caffard est malin, pour jeune qu'il soit, il empire encore avec l'âge. »
Avocat du diable.
Se dit de celui qui parle en faveur des vices ou du mal.
Ce proverbe vient d'une formalité qui précédait autrefois les canonisations. Un avocat parlait contre le futur saint , et vulgairement on l'appelait l'avocat du diable.
Du diable vint , au diable retourna. Nos pères disaient aussi : Ce qui est venu de pille pille ^ s'en rêva de tire tire; autrement , bien mal acquis ne profite point.
On trouve dans l'ancien poète Névius, maie parla ^ maie dilabuntur^ et dans Ovide,
Non kabet et>entus sordida prœda bonos.
DIABLE VERT. ( Aller au )
Originairement on a dit : Aller au diable de Vauvert.
Le château de Vauvert, situé à Paris, à peu près dans l'endroit où se trouve l'entrée de la grande avenue qui conduit du jardin du Luxembourg à l'Observatoire, était un vieux bâtiment où des diables , dit-on , apparaissaient , faisant un bruit épouvantable , avant que Saint-Louis (année laSS) le donnât aux chartreux.
Guillaume Coquillart, dans sa pièce des Droits nouveaux, pour donner une idée du caquetage de plusieurs femmes réunies chez une femme accouchée , dit
Que le grand diable de Vauvert A peine se peut demesler.
D'Assoucy, dans des vers adressés au duc de Savoie, s'exprime ainsi :
Bref tant en este qu'en liyver On fait le diable de Vauvert.
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DIABLE. {Un bt-uit de)
Cette façon de pnrlcr proverbiale donna l'idée d'appeler diable y en 1812, un hochet oxtrnordinairement bruyant, qui venait d'être importé de Londres. Ce hochet y était connu depuis 1794? époque du retour de l'ambassade de lord Macartncy en Chine. Un des membres de l'ambassade l'avait dessiné à Pékin.
Comme les marchands ambulans sont très nombreux en Cliine, et que !a police ne permet pas qu'ils crient leur ^marchandise, le hochet que nous avons nommé diable est un des moyens qu'ils emploient pour attirer les chalands.
A , têtes du diable. B , cou du diable. C , nez du diable. D, baguettes. E, ficelle.
Pour mettre le diable en mouvement, on prend une baguette de chnque main, et l'on passe au cou du diable la ficelle qui tient à ces baguettes, puis on baisse et on lève les bras alternativement; peu à peu le mou- Tenient de rotation s'établit, et le diable siffle, ronfle,
mugit.
Pendant tout un été les premières sociétés de Paris ont fait leurs délices de ce hochet.
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On le fît d'abord en bois, puis en tôle peinte; et pour les riches, en argent ou en cristal.
Diable.
Moucher' la chandelle , comme le diable m,oucha sa mère, c'est lui arracher le nez.
Nous regardons comme apocryphe le fait que l'on dit avoir donné lieu à cette façon de parler : « Un criminel qui s'appelait le Diable , ou plutôt qui avait été surnommé le Diable y ayant demandé, au pied 'de la potence , h donner un baiser à sa mère , lui arracha le nez. »
Le diable , c'est le soleil ; sa mère , c'est la lune à qui il arrache le nez quand elle est en décours.
Dans plus de cinquante proverbes anciens, le diable est en jeu : on faisait à nos pères tant de peur du diable , qu'ils l'avaient sans cesse présent à l'esprit.
DIABLE A QUATRE. {Faii-e le)
Pour intimider les pécheurs endurcis , et leur donner une idée des tourmens qu'ils avaient à redouter après leur mort , on faisait d'ordinaire paraître des diables dans des pièces de dévotion, qui se jouaient dans le quinzième siècle et au commencement du seizième. On distinguait deux sortes de diableries. Les petites étaient représentées seulement par deux diables; il y en avait quatre dans les grandes. Comme il était naturel que le bruit fût proportionné au nombre des diables, on disait en proverbe : Faire le diable a quatre , pour donner l'idée d'un grand vacarme.
En 1607, P^i'ut un volume in-folio de diableries^ par Eloy Damerval, maître des enfans de chœur de Béthune.
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DIABLE. [Crever Vœil au)
Façon de parler proverbiale, qui signifie s'avancer malgré les envieux.
Avoir le diable au corps.
Voltaire disait « qu'on ne peut être bon poète, bon acteur, bon musicien, si l'on n'a le diable au corps. »
Une réponse que fit J. J. Rousseau à Grétry confirme cette assertion. Grétry lui demandait s'il était occupé de quelque ouvrage; voici sa réponse : « Je deviens vieux , je n'ai plus le courage de me donner la fièvre. »
C'est dans une sorte de délire que les artistes produisent des chefs-d'œuvre.
Tirer le diable par la queue.
Pour dire, avoir de la peine à vivre.
Le diable n'est pas toujours a la porte d'un pauvre homme.
En ce monde 11 n'est pas d'opiniâtre malheur Qui ne soit tôt ou tard compensé de bonheur.
Ne meurs pas y 6 mon âne! le printemps viendra ^ et avec lui croîtra le trèfle.
(Proverbe turc.*)
Le diable pourrait mourir que je n'hériterais pas de ses cornes.
Pour dire, personne ne me donne rien.
Le diable était beau quand il était jeune.
C'est-à-dire, la jeunesse a toujours quelque chose d'agréable, même dans les personnes laides.
Cette Jemme n'a que la beauté du diable.
Quand le Français dori, le diable le berce.
( Proverbe allemand. )
Ce proverbe rappelle un mot ingénieux d'une dame qui allait souvent à la cour de Bonaparte. Comme il paraissait l'écouter avec plaisir, quelqu'un disait à celle
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dame , dans un moment où Tempereur remuait l'Europe entière, et où Ton était étonne que vingt-quatre heures pussent suffire aux occupations de toute espèce qu'il se donnait chaque jour : « Il ne dort donc pas? mais si quelquefois il s'endort, ne pourrait-on donc prolonger son sommeil ? — A quoi cela servirait-il? lorsqu'il dort, le diable le berce. »
Dieu.
yi qui Dieu aide^ nul ne peut nuire. — Contre Dieu nul ne peut. — Lci ou Dieu veut il pleut. — Cil est bien gardé qui de Dieu est gardé. — // ne perd rien qui ne perd Dieu. — Qui sert Dieu , // est roi. — Qui du sien donne. Dieu lui redonne. — Dieu rendra tout a juste prix.
Ces proverbes et beaucoup d'autres sont des témoignages de la croyance de nos ancêtres.
DIEUX. [Promettre ses grands)
Proverbe tiré de La Fontaine ;
Crut la chose , et promit ses grands dieux de se taire.
(Fab. eduLiv. 8.)
Les anciens partageaient leur Olympe en deux classes de dieux.
DINDONS. {Pères)
Sobriquet donné aux pères de comédie , à ces pères dont la surveillance est toujours en défaut.
Dire.
Bien dire /ait rire y bien Jaire fait taire.
Ce proverbe s'adresse à ceux dont la conduite dément les beaux discours. «Je sais, dit Montaigne, un grand diseur et très excellent peintre de toute sorte de mesnage, qui a laissé bien piteusement couler par ses mains cent mille livres de rente. »