‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 140 sur 176 · ROS · texte numérisé non relu

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lui à Windsor, à laquelle se rendaient tous les chevaliers de l'Europe, fut le modèle sur lequel les romanciers imaginèrent toutes les histoires des chevaliers de la table ronde, dont ils attribuèrent l'institution fabuleuse au roi Arthur. »

Vers le milieu du dix-huitième siècle, madame la marquise de Turpin fonda , à Paris , une société littéraire , sous le nom de Société de la table ronde. Favart , l'abbé de Voisenon , Guillard et le chevalier de Boufîlers en étaient membres.

On doit à cette espèce d'académie un petit recueil intitulé , la Journée de Vainour^ qui fut imprimé avec beaucoup de luxe , et dont les exemplaires sont très rares.

RONSARD. ( Donner un soufflet a)

C'est faire une faute grossière contre la langue fran*çaise. Avant Malherbe, Ronsard était, pour la langue française, une autorité.

Rosée.

La rosée du cietj la rosée tombe.

Vieilles expressions qui manquent d'exactitude. La rosée monte au lieu de descendre; et, pour s'en convaincre, il n'y a qu'à couvrir quelques végétaux d'un récipient ; on les trouvera le matin aussi mouillés que ^ s'ils avaient été exposés en plein air. Le berger qui passe les nuits entières dans les champs, n'aperçoit jamais cette prétendue pluie.

ROSES. {^Chapeau ou chapelde)

C'est un petit mariage.

Jadis, quand on demandait ce qu'un père donnait à sa fille en mariage , et que la dot était fort modique , on disait qu'il lui donnait un chapeau de roses:

36o RUE

Rou]É.

Homme sans principes, qui donne à ses écarts des dehors séduisans. ^

Voici , d'après Mercier, auteur du Tccbleau de Paris ^ année 1783, l'origine de ce mot: <tUn ivrogne sort' d'un cabaret, place de Grève. On avait fait une exécution: la douleur arrachait au criminel, dont les membres venaient d'être brisés, des imprécations et des juremens. L'ivrogne , levant la tête vers l'échafaud , . prpnd pour lui ces injures , et dit tout haut : « Ce n'est pas touf que d'être rouéy il faut encore être poli. » Paris s'amouracha de ce mot insensé; il fît fortune dans tous les cercles! »

Quoi qu'en ait dit Mercier , le surnom de roué est d'une date plus ancienne; il fut appliqué au cardinal Dubois, homme de mœurs dissolues, par le duc d'Or-, léans, régent.

Rubrique.

Dans les anciens livres d'église, les règles pour bien célébrer l'office divin étaient écrite* en lettres rouges ; de là, rubrique.

Au figuré, ce mot se prend pour intelligence dans les affaires; il est même quelquefois synonyme de ruse. Connaître les rubriques , se servir d'une bonne rubrique.

« Il y a dans les affaires , dit Grosley , la connaissance des affaires , la science des affaires , et la malice des affaires. »

RUE. {^Avoir pignon sur)

C'est avojr une maison en évidence , ou autre bien que l'on peut hypothéquer. Pendant long-temps, les façades des maisons de ville ont été bâties sur des cours.

Pour trouver l'origine de cet usage, il faut remonter

SAB 36i

à une époque fort reculée. Non seulement on faisait les ouvertures des habitations très étroites avant l'invention de la poudre, mais en bâtissant on suivait un système d'isolement.

Sabbat.

Par allusion aux bruyantes cérémonies des Juifs , le peuple nomme sabbat ce qu'il croit être des assemblées de sorciers.

Dans le seizième siècle , on jouait sur le théâtre beaucoup de pièces où figuraient des diables. Le peuple qui ne pouvait y assister, s'en dédommageait en se rassemblant dans la capipagne, dans les bois; on appela ces assemblées sabbat; les séances commençaient à la nuit, et finissaient au chant du coq. L'été on se rendait dans un bois, l'hiver dans une ferme écartée. Les chambres destinées au sabbat étaient éclairées par une seule lampe, dont la faible lueur ne dissipait qu'une partie des ténèbres; elle était placée dans un coin de la cheminée. Ces sabbats avaient ordinairement lieu pendant les nuits qui précédaient les fêtes , afîii que les assistans, ouvriers pour la plupart, et gens du commun, eussent le temps de goûter le lendemain quelque repos pour se préparer à un nouveau travail.

SABLE. (^Les injures s'écrwent sur V airain y et les bienfaits sur le)

Pour dire que l'on oublie aisément le bien , et qu'on se souvient long-temps du mal.

SABOT. {^Dormir comme un)

C'est-à-dire , avoir un sommeil calme. Cette compa-

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raison est prise des sabots ou toupies , qui , aprçs avoir ronflé , ont un mouvement de rotation à peine sensible.

Sabots.

Par extension du proverbe , chaque pays chaque mode , on pourrait , dans le midi de la France , dire : Chaque pays ses sabots.

Les sabots de l'Aveyron sont à talon triangulaire et à nez pointu. Dans la Lozère, le talon est carré et le nez à bec de corbin. Dans le Cantal , le nez est encore plus recourbé. Dans l'Hérault, le Lot et le Tarn, ils ont aussi une forme particulière. Ajoutez qu'il y en a de noirs, de jaunes, de rouges , de verts, et que quelquefois les sabotiers gravent sur les côtés et sur le dessus , des dessins appelés épis , dentelle , rayette y treflcy etc. Quand les sabots sont commandés pour une maltresse , ils y représentent des oiseaux , des papillons, des cœurs.

SAC. {^Mettre quelqu^un au^

C'est , en terme de chicane , le mettre dans l'impossibilité de répondre, l'obliger à remettre ses pièces dans le sac.

SAC. (^ Juger une affaire sur V étiquette du)

C'est la juger sans examiner les pièces qui la concernent.

Les pièces d'un procès sont ordinairement renfermées dans un sac , auquel tient une petite bande de parchemin , portant les noms des parties , des rapporteurs, etc.

Les procédures se rédigeaient autrefois en latin, et les premiers mots qui s'écrivaient sur la bande étaient ceux-ci :

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