‹ Dictionnaire des proverbes français (volume 2)Chapitre 163 sur 176 · TOI · texte numérisé non relu

TOI

TÊTE. {Laç^rla)

Lasser la tête a quelqu*un ^ c'est lui faire une sévère réprimande. Métaphore tirée du métier de barbier.

« Geluy qui lave \^ teste à un autre, dit Nicot {Trésor deia Langue française y année 1606), la hay frote, tournent retourne, et rebourse les cheveux, comme s'il le pelaudoit. Par ainsi laver la teste à quelqu'un , est aussi le traiter à 1*^ rigueur. » '

TISON.' {A Noël au perron y a Pâques au^ C'est-à-dire, lorsque le temps est assez doux pour qu'on se tienne à Noël sur un perron , il est à craindre que le froid trop tardif ne se fasse encore sentir à Pâques.

TOILE. (^Fous parlez trop, vous n'aurez pas irui) Proverbe que Ton applique à un babillard qui cherche à séduire par ses beaux discours. En voici l'origine : Une paysanne avait chargé son fils d'aller vendre au marché une pièce de toile, et comme il n'était pas bien fin, elle lui défendit de la vendre à un grand parleur, qui l'enjôlerait par ses beaux discours pour avoir la toile à vil prix. Ce benêt retint si bien la leçon , qu'il ne trouva point de marchand qui ne parlât trop à son gré; car dès qu'on lui avait demandé combien la toile, et qu'il en avait dit le prix, si on répondait c*est trop , il répliquait à l'instant : vous parlez trop , vous n'aurez pas ma toile , et renvoyait ainsi son monde.

Toile de Pénélope. ♦ C'est une affaire qui n'avance point : Pénélope défaisait la nuit ce qu'elle avait fait le jour.

TOITS. {Publier sur les )

Façon de parler empruntée de la Bible.

TOQ 395

En Judée, les toits étant plats et servant de terrasse, le Ghristcomnianda qu'on prêchât sur les toits.

Tondu.

Je veux être tondu si,..,.

Cette espèce d'imprécation vient de l'usage oîi l'on était autrefois de tondre ceux qu'on voulait dégrader. « Et moy-mesmes , dit Estîenne Pasquiér (Recherches de la France^ , ai veu ce proverbe fort familièrement tomber en noz bouches : maintenant que nous ne nourrissons plus les longs cheveux, on se mocqueroit de celuy qui en useroit. »

Estienne Pasquiér vivait sous Henri iv. Les cheveux courts cessèrent d'être à la mode au commencement du f-ègne de Louis xiii, et on les a portés longs jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. Ainsi le proverbe a été, pour la seconde fois, applicable pendant près de deux cents ans.

' TONDUS. ( Il ne craint ni les rez ni les ) Que deux hommes se querellent, ils se prendront d'abord au collet, puis aux cheveux; ainsi celui des deux champions qui serait rasé ou tondu aurait sur son adversaire un grand avantage.

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