TURLUPINADE
Plaisanterie basse, jeu de mots grossier, comme s'en permettait un farceur surnommé Turlupin (Henri Legrand, garçon boulanger), qui monta sur le théâtre en i583, et joua pendant plus de cinquante ans.
Vachis a Colas.
C'était le nom d'une chanson très satirique sur le clergé de France , qui fut faite vers la fin du règne de Henri iv, et brûlée par le bourreau ^ avec défense expresse d'en faire aucune mention.
Comme cette chanson était attribuée aux huguenots,
quand on voulait désigner quelqu'un qu'on soupçonnait
d'hérésie, on disait vulgairement v Cet homme sent la
vache à Colas.
Valentin.
Les marchands qu'on appelait autrefois valentins,
étaient les vendeurs de rubans et autres agrémens. On les appelait aussi marchands de galanteries. Falentin^ sous Louis XIII , fut synonyme de galant ; cette locution avait passé du Piémont à la cour de France , et était venue d'un bal donné le jour de la fête de Saint- Valentin.
VALET. ( Tel maître^ tel)
Proverbe pris des Grecs , et traduit ainsi en latin : Qualis hera , taies pedissequœ.
Nos ancêtres ont dit aussi : Tel seigneur^' telle mes* ni^ (tel ménage).
4o4 • VÀN
Valet.
C« titre , dans le moyen âge , n'avait rien d'avilissant; il désignait tout jeune homme en âge' de puberté, qui n'était pas marié , qui était sous la domination de son père ou d'autres personnes chargées de sa conduite et de son éducation.
Dans le fabliau SAucassin et Nicolette , Aucassin , fils du comte de Beaucaire, est appelé le gentil valet.
On désignait sous le titre de valet, les fils mêmes des rois. Dans un compte de la maison de Philippe-le-Bel, les trois enfans de ce monarque, ainsi que plusieurs autres princes , sont qualifiés de valets.
VANITÉ, (La vanité n*a point de plus grand ennemi que la)
On la hait dans les autres à proportion de ce qu'on est vain soi-même : c'est jalousie de métier.
Les hommes hauts et vains sont semblables aux épis de blé : ceux qui lèvent le plus la tête sont les plus vides.
ce Beaucoup de gens confondent la vanité , l'amour- ( propre et l'orgueil. »
(c L'amour-propre est nécessaire ; c'est» de l'amourpropre éclairé que naît l'honneur, la décence et l'honnêteté. La vanité ne produit rien de bon , et de l'orgueil n'attendez que des vices. »
(J. J. Rousseau.)
w La vanité est l'amour-propre qui se montre ; la modestie est l'amour-propre qui se cache, »
(FOITTENELLE.')
« Les passions les plus violentes nous laissent quelquefois du relâche ; mais la vanité nous agite toujours. »
(La Rochefoucaui*©.)
VEA 4p5
Tout bourgeois yeut bâtir comme. ton& grands seigneurs y ' Tout petit prince a des ambassadeurs.
Tout marquis yeut ayoijr des pages.
(La. FonxAiirBy Fakie 3, Liv. i.)
Antoine feint d'être malade , Pour montrer comme il est chez soi; Couché dans un lit de parade Plus riche cpie celui du roi ; Et que sa chambre est embellie
De tableaux Tenus d'Italie, '
. Et de chandeliers de cristal.
Si l'on yeut trouver le remède De la fièvre qui le possède, Qu'on le couche dans l'hôpital.
. (MAxajLKDy Épigiwnmes.)
VATINIENNE. (Haine)
Sorte de proverbe qui se trouve dans une lettre de Corbinelli (année 1688) : Corbinelli l'avait emprunté de Cicéron. Cet orateur, dans sa harangue contre Vatinius, exprime le profond mépris qu'il porte au tribun Vatinius par une série d'invectives, qui se pressent et se succèdent avec une étonnante rapidité, (Fojrez \l^ trente^troisième oraison de Cicéron.)
Yaugirard.
C'est le greffier de Faugirard ^ il ne peut écrire quand on le regarde.
Cet homme tenaif son greffe dans un endroit qui n'était éclairé que par une lucarne : s'arrêter devant la lucarne , c'était lui oter le jour,
VEAU. (Faire le pied de)
C'est faire servilement, de gré ou de force, U cour à quelqu'un.
Pannard a dit :
Vous qu'un état fâcheux, pour trouver le bien-être. Forée à solliciter, je plains votre malheur.
4o6 VEN
Fftire le pîêd de grne «a Éttetidant ihonsmot. Faire le pied de Teàti qttahd oh le yoit paraître ,
Et puis ayee un pied de nez
S*en retonmer tout constellés ; Cliens , à cette image on peut tous reconnaître.
VEAU. ( Prendre la "vache et le) Épouser une fille qui est enceinte.
Veillée.
A la Saint'^Leu, lampe au deu {au clou).
C'est-à-dire, on suspend la kmpe à Un clou à la Saint-Lèu (i*"' septembre), parce qu alors les ouvriers commencent à travailler à la luïnière.
VELOURS. {^Faire patte de)
Pour dire , cacher le dessin de nuire par des dehors caressans»
Les vers suivans renferment IWigine et l'application de ce proverbe :
Un chat «droit qui veut voler Quel<{ae morceau sur yotre assiette ^ Commencé par yous cajoler.
Semblant né point yoir ce qU*il guette 9 U tourne autour d*un air discret ; Puis , quand il yoit que l*on caquette, Et que Ton est nn peu distrait , La griffe part, adieu minet :
L'assiette par ses soins est nette.
Cette leçon pour yous est Unité, Mamans , retenea-ia toujours.
Pour yous et pour yotre fillette , Craignez la patte de Velours.
VENDANGES. {Pâle comme une écuelle de) Piroverbe de vigneron ^ appliqué à celui dont la face est rubiconde.
Nos aïeux disaient aussi :
Rouge yi^age et gri^isse pance Ne sont signe de pénitance.