DOI
DOIGT. i^Se faire montrer au)
C'est se rendre ridicule ou blâmable par sa conduite. Chez les anciens cette façon de parler avait un autre sens. Être montré au doig^t signifiait jouir d'une grande estime.
Démosthène ne put se défendre d'un sentiment de \anité à la vue d'une marchande d'herbe qui le montrait au doigt , en disant à ses voisines : TeneZy voila Demosthène. C'était aussi le faible d'Horace, qui dit à un de ses protecteurs ; Si les passans me montrent au doigt, c'eèt à vous que j'en suis redevable :
Totum muneris hoc tui est Quod monstror digito prœtereuntium*
Au reste , le choix du doigt n'était pas indifférent. Vindex était pris en bonne part ; mais un geste fait avec le second doigt était regardé comme uiie marque de mépris.
Doigt.
Mon petit doigt me Va dit.
Propos qu'on tient à un enfant pour en tirer un aveu qu'il refuse de faire.
Dans le Malade imaginaire, Argan questionne la petite Louison sur une chose qu'il veut savoir, et lui dit : «Prenez-y bien garde, au moins; car voilà un petit doigt qui sait tout , et qui me dira si vous mentez. » Louison dît tout ce qu'elle sait. Argan , qui craint qu'elle ne lui cache quelque chose , lui dit : « Il n'y a point autre chose ? — Non , mon papa. — Voilà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque chose. Attendez. (Il met son doigt dans son oreille.) Hé ! ah, ah! Oui ! Oh, oh ! voilà mon petit doigt qui me dit quelque chose que vous avez vu , et que vous ne m'avez pas dit. — Ah !