‹ Dictionnaire des pseudonymes (volume 2)Chapitre 132 sur 242 · LACOUR. I7J · texte numérisé non relu

LACOUR. I7J

de sa famille, il est mort le ii juin 1868. Sa femme lui a fait de splendides funérailles, et seule, dans une sombre voiture de deuil, elle a suivi, — marque de respect un peu tardive, — le convoi déserté de son mari jusqu'à la dernière demeure...

Lacenaire. Voir Refay de Lusignan,

Lacombe (Louis), pianiste et compositeur, né Trouillon (Louis) en 181 8. Il a presque toujours écrit pour le piano ; le Théâtre-Lyrique a joué sans grapd succès un pçtit opéra de lui : la Madone (1861).

Laconr (Paul de). Sous ce nom, un Strasbourgeois d'un vif et délicat esprit, M. Paul Ristelhûb^ry a donné en 1856 une excellente traduction de lieder allemands avec ce titre : Bouquet de lieder. Depuis, sous les noms de David et de d^Est, le même écrivain a collaboré au journal r Europe. Citons encore un dernier pseudonyme moins connu et non moins curieux ^ connaître. Il a paru à Strasbourg, sous la signature Éléonor Pommadin^ une petite chanson satirique et locale intitulée la Bonbonnière inodore , qui était simplement autographiée et tirée à un très- petit nombre d'exemplaires. M. Ristelhùber en était l'auteur.

Né en 1834, ^^s d'un médecin distingué de Strasbourg, M. Ristelhùber a publié récemment, chez l'éditeur A. Lemerre, une excellente traduction de quelques contes florentins, qui ont eu un succès rapide et mérité. On les connaît sous ce titre : Contes de Pogge,

J'ai vu souvent écrit et j'ai souvent écrit moi-même le nom de M. Ristelhùber, Ristelhueber. L'aimable auteur des ouvrages précités m'a fait l'honneur de m'écrire qu'il avait adopté la première orthographe Ristelhùber, « parce que je prétends, me dit-il, que c'est le tréma allemand descendu dans le corps du mot. »

Ne le chicanons pas pour si peu.

tj6 LACOUR.

LacoTir (Pierre de), publiciste, historien et journaliste, rté baron Du Casse (Albert) en i8i 5 . Ancien officier supérieur, puis aide de camp du prince Jérôme, il a publié de nombreux écrits et mémoires historiques. (Voir Anonymes,)

Lacressonnière , acteur de mélodrame, célèbre au Boulevard, né en 1819 Le Sot de la Pehneterie (Adrien).

Il avait épousé en 1 847 Marguerite Gérimer , mariée en premières noces à un M. Perrier, et qui a été elle-même très-connue au théâtre sous le pseudonyme de son deuxième mari. — Morte en 1859.

Lacretie (Arnold). Étant encore sur les bancs du collège, M. Claretie (Arnaud-Arsène dit Jules), qui, de bonne heure, avait été pris d'une grande passion pour la littérature, écrivait déjà des drames et des romans ; il rédigeait même, à lui seul, un journal manuscrit, qui circulait de pupitre à pupitre, et qui était lu en cachette par ses camarades, sur lesquels il exerçait un grand ascendant. Un jour, il n'avait pas encore dix-huit ans, il s'enhardit et envoya aux Cinq centimes illustrés une nouvelle : le Rocher des fiancés^ qui parut dans ce journal avec la signature précitée.

Quelques années plus tard, en 1862, et bien qu'il eût déjà collaboré à la Silhouette ^ à l'Écho du Peuple ^ au Gaulois y à la Revue fantaisiste^ Claretie , peu sûr encore de luimême et se défiant de ses propres forces, fit parvenir par la poste au Diogène (i) un article intitulé : L'Amphithéâtre^ qui lui ouvrit à deux battants les portes du journal. On retrouvera cet article, qui était signé Jules de Lussan, dans le recueil : Les Histoires cousues de fil blanc, Claretie écrivit longtemps au Diogène; il y donna des chroniques, des nouvelles, des articles de critique, et même une revue de Salon

(i) Voir à la suite de Tartide Cousin Jacques, page 67 y quelques détails relatifs aux débuts de Claretie au Diogène,

LACRETIE. 177

(186^). Quelques-unes de ces productions furent signées Georges Duclos.

Peu de temps après, lors de la création du journal la France, M. de La Guéronnière, compatriote de Claretie, confia au jeune écrivain une chronique, que celui-ci rédigea pendant quelque temps sous le nom d^OUvier de Jalin.

Vers la même époque, Claretie entra au Figaroy où il fit, en collaboration avec Monselet, des Échos de Paris, sous la raison sociale Monsieur de Cupidon* Mais cette collaboration dura peu, et bientôt les Échos de Paris furent rédigés une fois par semaine, de 1863 à 1866, par Claretie seul^ et^ dès lors, sous son vrai nom. Il n'en continua pas moins sa collaboration au Diogène^ devenu politique (1864), et il y donna, dans le premier semestre de Tannée même de sa transformation, une série de portraits littéraires et d'études critiques sur les livres et les hommes du moment, articles qui furent signés Charles Geoffroy, La Vie Parisienne de cette même année contient quelques portraits parisiens et des notes de voyages signés William et J. C. , qui sont également de Jules Claretie.

En 1865, lorsque M. Marc prit la direction de P Illustration , Claretie y signa Ahnot un courrier théâtral hebdomadaire. A la fin de la même année, devenu titulaire du Courrier de Paris du même journal, il le donna longtemps sous le pseudonyme de Calihan.

En 1866, il emprunta à son roman V Assassin le nom de son héros , Robert Burat , pour le mettre au bas des chroniques qu'il publia au Figaro.

Enfin, en 1868, il donna au même journal une chro^ nique hebdomadaire, signée Candide, Ce pseudonyme a été révélé au public par un procès intenté au journal et à l'auteur par M. Pastoureau, préfet d'Indre-et-Loire, relativement à une accusation portée contre lui par Tun des articles

178 LACRETIE.

dudit Candide. Un anêt de la 6« chambre condamna à ce sujet Jules Claretie et M. de Villemessant, chacun à 1,000 fr. d'amende (août 1868).

Il est indispensable de compléter cette petite notice biographique et bibliographique par la liste des livres de Claretie , composés , soit tout à fait en dehors du journal , soit de la réunion d'articles déjà publiés par lui. On verra, par l'examen de cette liste, déjà bien longue si l'on considère l'âge de l'auteur, — il est né en 1 840, — et la prodigieuse multiplicité de ses productions dans les feuilles les plus importantes de la presse parisienne; on verra, dis-je, que le jeune et fécond écrivain a abordé avec un égal succès les sujets les plus divers^ les plus futiles comme les plus élevés, la philosophie et les beaux-arts, le Courrier de Paris et l'histoire , les conférences, le roman et le théâtre :

1861, Une Drôlesse (roman); 186?, Pierrille (roman), le dernier Baiser (nouvelle); 1864, les Ornières de la vie (nouvelles), les Victimes de Paris (r\ouye\\es)\ les Contenir porains oubliés (Élisa Mercœur, Charles Dovalle, etc.), l'Incendie de la B/r^gue (nouvelle); 1865, les Voyages d'un Parisien , Petrus Borel (étude) ; 1 866 , V Assassin (roman) , Histoires cousues de fil blanc (nouvelles et articles) , les Femmes de proie ^ M"* Cachemire (roman), les derniers Montagnards; 1 868, la libre Parole (recueil d'articles et de conférences), Madeleine Bertin (roman), et en préparation la Poudre au vent (notes et cro([ms) j le Journal de Candide et le li Brumaire. Enfin , au moment où j'écris ces lignes, M. Claretie se prépare à aborder le théâtre. L'Ambigu aura joué de lui, quand ce livre sera terminé, sa première pièce : la Famille des Gueux^ en collaboration avec M. Petruccelli délia Gattina.

J'ai entendu prononcer le nom de Claretie de bien des

LACARDE. 179

manières^ dont aucune n'était la bonne. Il a lui-même appris au public comment son nom doit être dit :

« On me demande, écrivait-il dans le Fiaaro, de vouloir bien me prononcer moi-même et d'apprendre enfin au public s'il faut dire mon nom Clariyy Clarecy ou Clarécy, Je n'en sais absolument rien , mais moi je dis Clarty , comme on dit Ville-messant et non Villem-essant, Aurélien Chol et non Squolle^ Laurencie et non Laurentie. Je légalise donc aujourd'hui cette prononciation, et je signe, afin que personne n'en ignore : Jules Clarty. »

Laferme. Le célèbre fabricant de cigarettes si connu sous ce nom se nomme en réalité Hupmann. Il est baron allemand.

Lafon. Célèbre acteur tragique né en 1773 Râpenouille (Pierre). Il a débuté au Théâtre-Français efl 1800, et il a pris sa retraite en 1829. Il a joué aussi quelquefois le grand répertoire comique, où il a été également remarquable. — Mort en 1846.

Lafont (Achille)^ pseudonyme de M. Achille Eyraud, journaliste et romancier.

Lafontaine, pseudonyme du sociétaire de la Comédie-Française né en 1826 Thomas (Louis-Marie). Il a longtemps appartenu au Vaudeville et surtout au Gymnase. Il a débuté en province, où il était commis en nouveautés, dans la Tour de Nesle, sous le nom fabriqué de Charles Rooch, Lafontaine a épousé, il y a quelques années, une artiste du Gymnase, M"® Victoria, devenue, en même temps que lui, sociétaire de la Comédie-Française.

Lafronde (Pierre de). Voir Raymond (Michel).

Lagarde (Paul), pseudonyme de M. Judicis de Mi^ randol (Louis) , chef de bureau à la préfecture de la Seine,

i8o lacardie.

auteur des fameux Cosaques y faits en collaboration avec. Alph. Arnault, etc.. Au théâtre, il signe généralement Louis Judicis, — Né en 1819.

Lagardie (Horace de). Les chroniques parisiennes signées de ce nom au Temps , à la Revue nationale^ puis aux Débats^ sont d'une dame du grand monde parisien, M"" de Peyronnet.

La Genevais (F. de). Pseudonyme qui sert de masque, à la Revue des Deux Mondes y à tous ceux qui ne veulent pas signer les articles qu'ils y publient.

Ont surtout écrit sous ce pseudonyme, à diverses époques, et encore aujourd'hui : Marmier, de Bury, H. Beyle (Stendhal), Saint-René Taillandier, de Mercey, Pelletan, Cb. Labitte, Ph. Chasies, P, de Molènes, etc.

Liagreville. Voir Padilla (Luis de).

Laj ariette, ancien acteur, puis directeur du théâtre des Délassements-Comiques sous Louis-Philippe, né Letorzec. — ^ Il est mort il y a seulement quelques années.

Ijalanne (Léon-Louis), célèbre ingénieur, né Chritien- Lalanne en 181 1.

Ltamartine. Je n'ai point sous les yeux l'état civil officiel de l'illustre poëte, mais je trouve dans Borel (d'Hauterive) l'explication du nom qu'il porte. Elle est ingénieuse, sinon vraie :

Un des oncles du poëte se nommait Martin; à sa mort, cet oncle lègue à sa femme un champ connu, dès lors, sous la désignation de « Champ à la Martine » (la femme à Martin), d'où Alphonse-Marie-Louis Prat, né en 1790, tira son nom, lorsqu'il hérita de sa tante.

Liamber (Juliette), nom de jeune fille de M"^' La Messine^ et sous lequel elle a publié des romans et des nou-

LAMPSOpiUS. l8l

velles : Dans les Alpes; le Mandarin; Récits d'une Paysanne... etc.. (In-i8, Lévy.)

Liambert (Francis). Le poëte fantaisiste, Faullain de Banville (Théodore), a signé autrefois de ce nom des articles au Tintamarre. Il a donné, sous le nom de François Villon^ d'autres articles à divers journaux. — Né en 1823.

liambert-Thiboust, auteur dramatique, né en 1 827 Thiboust (Pierre-Antoine- Auguste).

« J'ai pris le pseudonyme de Lambert, — m'écrivait Thiboust, précisément quelques jours avant sa fin foudroyante et prématurée, et en réponse à une lettre que je lui avais adressée à propos de la première édition de ce volume même, — en commençant la carrière du théâtre, et plus tard j'ai joint ce pseudonyme à mon véritable nom, auquel il est si bien resté soudé, que le public, qui veut bien s'occuper de moi,ne les a plus jamais séparés l'un de l'autre...» — (4 juillet 1867). Il est mort le 9 du même moisi

liamennais (L'abbé de), célèbre prêtre, écrivain et philosophe, né Robert (Félicité) à la terre de Lamennais, d'où sa famille a tiré son nom. Chez lui, on ne l^appelait jamais que Féli par abréviation et comme petit nom d'enfance que les siens lui ont toujours conservé, — Mort en 1854. — Il faut lire, dans la collection du Bibliophile français de Bachelin Deflorenne, une petite notice de M. J .-Marie Peigne sur la vie intime de Lamennais à la Chênaie. C'est un travail bien fait et qui nous fait voir de très-près, et dans ce le deshabillé de la vie » un Lamennais de famille que le public ne connaît guère.

La Meulière. L'un des rédacteurs de l'Avenir national, de son vrai nom Pélissier (Victor-Benjamin).

Liainpsoiiiiis(E.), pseudonyme du dessinateur Eustache Lorsay. Il a encore signé George Davidson des articles

l82 LANCELOT.

de théâtre donnés au Figaro en collaboration avec G. ^Bourdin.

Lancelot (Capitaine). Voir ArtevelU.

Lancri (Edouard). Pseudonyme d^Ëdouard Lafargue, auteur dramatique. Il a encore signé Camille.

Landremoiit, auteur d'une Histoire chronologique de la République et de VEmpire et aussi d'une Histoire de la République de 1848, et qui est sous son vrai nom: Wouters (Félix), libraire-éditeur à Bruxelles.

Liandsvriend (H..E.), publiciste, né Bruneel (Henri). On lui doit d'intéressantes études historiques sur la Flandre française (2 vol. in-i8, 1841.) (i).

Liangel. Les études sur les Ëtats-Unis, signées de ce nom à la Revue des Deux Mondes (1865), sont attribuées à M. le Comte de Paris.

Langlé (Ferdinand), auteur dramatique, né en 1798 Langlois (Joseph-Adolphe), et mort le 20 novembre 1867.

Il a quelquefois pris le pseudonyme d'Eusèbe^ et il a encore signé de son seul prénom Ferdinand et aussi Charles Odry.

"Langlé (Aylic), fils du précédent, également auteurdramatique et aujourd'hui chef de la division de la presse au ministère de l'intérieur (i 869), né Langlois (Marie-Ange- Ferdinand).

Langlois (Théodore). Le vaudevilliste Furpille a signé quelques pièces de ce pseudonyme.

Langlois (Justin). La série d'articles biographiques signés de ce nom dans la Lune puis continuée d^s l'Eclipsé

(i) En voici le titre exact : Scènes historiques flamandes, en coUtboration avec Edw. Le Glay.

LA ROUNAT. l8}

SOUS le titre de : les Vaudevillistes chez eux, indiscrétion d'un frotteur, a pour auteur M . Flan (Alexandre), vaudevilliste lui-même. Il a donné ses vaudevilles, pièces d'à-propos et revues à tous les petits théâtres de Paris, dont il est Pun des plus féconds , des plus habiles et des plus heureux fournisseurs. Membre de la Société du Caveau, M. Flan en a été aussi le président annuel. Il a réuni en volumes quelques-unes des spirituelles chansons dites par lui aux réunions'de cette société aimable, dernier refuge de la vieille et véritable gaité française.

Lianglois (Th.). Voir Desmurres.

Langlois (Feu), Voir Noriac.

LaBSfeldt (Comtesse de). Voir Lola- Montés.

La Palférine. Voir Marcy (Georges).

LarochellG,ancien directeur des théâtres de la banlieue et aujourd'hui du théâtre Cluny, qui tend, grâce à son intelgente audace, à devenir l'une des scènes les plus littéraires de Paris. On y a joué les Sceptiques^ Antony, avec deux artistes hors ligne Laferrière et M"® Duverger, les Inutiles^ etc., — Né Boullanger (Henri-Julien).

La Roque, vaudevilliste plus connu sous son nom véritable, Boyer, comme directeur du théâtre du Vaudeville (1854 à 1856), où, chose inouïe ! il a fait fortune.

Laroque (Louis). Voir Rubempré (Lucien de),

Laroudé (Charies), auteur d'un roman. M"® d'Èspalbire, qui a fait sensation à l'Opinion Nationale, où il a paru en feuilleton. Le vrai nom de son auteur est Charles Chapelle.

La Rounat (Charies de), homme de lettres, né en 18 18, ancien directeur de l'Odéon, Son nom est Rouvenat (Aimé-Nicolas-Charles) .

184 LASPRE.

On pourrait encore mettre à son avoir, comme pseudonyme^ le nom même de Montaigne. Il a donné, en 1846 je crois, à PArtistCy deux chapitres inédits du célèbre écrivain, chapitres retrouvés par hasard, disait- il, et qui eurent un grand succès de lecture. Ils étaient en effet fort remarquables comme pastiches, car ils n'étaient que cela, leur auteur étant M. de La Rounat lui-même.

On aimait jadis ces petites mystifications où se laissaient parfois prendre naïvement les plus lettrés et les plus experts eux-mêmes. Houssaye n'a-t-il pas été lui aussi une fois Voltaire ? — Voyez Esîoile (Pierre de /'.)

Laspre (Sylvain), pseudonyme employé parfois par Louis Veailloty ce fils de tonnelier devenu à force de volonté, de travail et d'études l'un des premiers journalistes de son temps —avec réserves. — Né en 181 5.

Lassène (Edouard). Voir Jumièges.

Latouche (Henri de) qui nous a fait connaître André Chénier et à qui l'on doit encore ^quelques comédies, romans et publications diverses, était né, en 1785, Thabaud de Latouche (Hyacinthe). Comme son prénom lui était désagréable et que, disait-il, «il ne l'avait pas choisi, » il l'avait remplacé dans sa signature par celui de Henri, — Mort en

Liatour (Louis). Un joli roman, le Capitaine Rotjueberty a paru sous ce nom il y a quelques années. Mais pourquoi M. Albert Brun, l'un des rédacteurs du Nain Jaune, qui en est l'auteur, a-t-il cru devoir le signer d'un pseudonyme ?

Latour (Chariotte de). Sous ce pseudonyme M"® Louise Cortambert, femme du géographe de ce nom, a donné un livre bien connu, le Langage des fleurs (1844), qui a été très-souvent réimprimé.

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