‹ Dictionnaire des pseudonymes (volume 2)Chapitre 121 sur 232 · JONCHÈRE · texte numérisé non relu

JONCHÈRE

Jonchère (Ernesi). Il a paru au printemps de 1868, à la librairie Lacroix et Werbœckhoven, un vol. in- 18 intitulé Clovis Bourbon, par Ernest Jonchère, pompier honoraire de Bougival. Ce livre, dédié à Edouard Laboulaye, a pour auteur M. Ernest Brelay, négociant de la rue d'Hauteville, qui a aussi publié diflférents travaux sur l'économie politique. Jonchère est le nom d'un petit pays situé auprès de Bougival, et où M. Brelay possède une maison de campagne.

Jouanni. Voir Franck-Marie,

Jouot (E.). Les articles signés de ce nom au journal le Théâtre avaient pour auteur l'imprimeur Damase Jouaust, un arrière-neveu des Estienne, un peu parent des Aide et des Elzevir. Ses belles impressions sur papier vergé, en caractères anciens, avec fleurons dans le texte, sont très-goûtées des amateurs. Parmi ses publications, dont il fait parfois lui-même les notes et les préfaces, les plus importantes sont les Classiques français, les Romans classiques, et le Cabinet du Bibliophile, Sur l'ancre qu'il a prise pour marque d'imprimeur, il a écrit : Occupa portum, et, fidèle à sa devise, il est entré à pleines voiles dans le port de la célébrité.

Ce journal le Théâtre^ où Jouaust fit ses premières armes, florissait surtout vers l'année 1860. Il avait alors pour rédacteur en chef un singulier garçon, qui ne manquait ni d'esprit ni d'originalité, mais qui gâtait tout cela par la paresse la plus incroyable et la plus incorrigible. Il se nommait Louis Herlem, Son journal vivait assez bien, faisait à peu près ses affaires, et les eût même faites tout à fait, si ledit Herlem avait voulu s'en donner la peine. Le Théâtre était hebdomadaire ; la rédaction n'en coûtait rien à son propriétaire, qui payait ses rédacteurs en billets de spectacle. J'y signai souvent, pour ma part, des articles de mon nom ou

JOZON D^ERQUAK. 165

du pseudonyme de Peîers Hermanny pour avoir mes entrées dans deux ou trois théâtres.

Ce journal a vécu ainsi une quinzaine d'années, et il est mort, un beau matin, à la suite d'une éclosion considérable de feuilles nouvelles qui, paraissant tous les jours, annonçaient bien avant lui les nouveautés théâtrales. Il avait passé par beaucoup de mains pendant ces trois lustres, et il avait usé bon nombre de rédacteurs en chef. Le plus connu a été Edouard Foumier, à qui avait succédé Jaiabert ; puis était venu Herlem. Le dernier fut M. Anatole Cerfbeer, qui n'est pas, je crois, autrement connu, et qui a conduit le deuil du pauvre journal, à qui je devais ce petit souvenir rétrospectif et cette larme de regret.

Jourdain (Éliacin), écrivain excentrique, auteur de poésies bizarres, de drames impossibles, de ballades, récits et poèmes plus singuliers les uns que les autres. Son écrit le plus baroque , la Comédie normande , mystère en trente actes, fut imprimé à ses frais et par ses soins ; mais aucun exemplaire ne fut mis en vente du vivant de Tauteur, qui conserva chez lui l'édition tout entière, ne permettant qu'à de rares intervalles et seulement à quelques amis privilégiés, de lire sur place et en sa présence des fragments de son œuvre préférée, qu'il déclarait naïvement «colossale». Le vrai nom de ce poëte étrange était Séraphin Pélican ; il est mort en mars 1865, étant secrétaire de la mairie.de Dieppe,

Joyeuse (Léon). Voir Fortuné. *

Jozon d'Erqùar (Marie). Le célèbre Quérard a signé de ce pseudonyme l'article de vingt-deux colonnes qu'il a consacré à sa glorification et à sa justification dans le XI® volume de sa France littéraire. Homme fort instruit, chercheur infatigable^ voulant passer pour tout savoir et

l66 JUDBX.

inventant au besoin ce qu'il ne savait pas, il s'est montré bien souvent inexact et plus souvent encore injuste. Il n'aimait pas ses confrères et ne les tenait qu'en médiocre estime. (Voyez Forgues.) — Né en 1797 Quérard (Joseph- Marie), il est mort en i86j.

Judex (Frédéric). Le peintre Galimard^ qu'on a tant caricaturé, et qui est en somme un artiste de talent, a signé de ce pseudonyme, et encore de celui de Dicasîès, des articles critiques des salons de peinture des années 1849, ^^J^ et 1852, à la Patrie^ au Voleur et à la Revue des Beaux-Arts. Il a même donné, en 1 860, un petit poème historique : Une Semaine à Bellebrune (in-8''), qui était signé du premier de ces pseudonymes.

Judith. (M^^«), sociétaire de la Comédie-Française, dont le nom est Bernât (Julie). Elle a épousé M. Bernard Derosne, écrivain et traducteur; elle a elle-même donné à la librairie Hachette plusieurs traductions de romans anglais. — Née en 1827.

Jules. Le fécond auteur dramatique Vernoy de Saint- Georges (Henri-Marie-Louis) a signé de ce prénom , lors de ses débuts dans les lettres, quelques drames et vaudevilles dont nous retrouvions ces jours derniers la curieuse liste dans le IV^ volume du Catalogue de la Bibliothèque Soleinne. — Né en juillet 1799 ^ Paris, où son père était alors chef de la correspondance à la Trésorerie nationale.

Jules Robert. L'historien et romancier Augustin Challamely né en 1 818, a signé de ce nom quelques-uns de ses écrits.

Julien (Le bibliophile). Le libraire Bachelin-Deflorenne, qui a édité et réimprimé de si beaux ^et de si bons livres, a souvent signé des articles bibliographiques de ce

Page 1