LINEUIL
a aussi écrit sous le nom de Noll à l'ancien GauloiSy et sous ceux de Old Latries et de Paul Sic au Moniteur. Sous la rubrique Lettres d*un spectateur, il a rédigé beaucoup d'articles et de chroniques à l'Europe et au Moniteur du soir. Enfin Octave Lacroix a été l'un des principaux secrétaires de Sainte-Beuve. (Voyez Hirand.) — Né en 1827.
Vapereau, qui fait nattre Octave Lacroix en 1829, — rajeunissement aimable, mais inexact, — ajoute à son nom patronymique celui de Crespely que mes recherches et renseignements ne m'avaient point donné. J'en écrivis à Lacroix, qui me répondit ce qui suit :
c( Un mot sur cette qualification de Crespel. Elle n'a jamais, que je sache, été suivie d'un titre quelconque. Purement bourgeoise, et probablement octroyée ou conférée (je ne sais pas comment cela s'appelle) par le duchépairie voisin, elle ne prouve qu'une chose, à quoi je tiens beaucoup, c'est que je suis d'une très-ancienne bourgeoisie limousine. Que voulez-vous, mon cher ami ? C'est là mon orgueil et ma faiblesse. Les papiers que je vous envoie, et qui portent les dates de 1680 et de 1727, sont loin, à plus de deux siècles près, d'être les plus vieux que je possède. Les bourgeois dont je descends étaient armés, comme il appert du vieux cachet de famille qui se trouve encore sur l'argenterie surannée de ma mère et sur les meubles démodés de la maison. Mon grand'père, sans avoir l'air d'y prendre garde, tenait beaucoup à ces vétilles. Quant à mon père , qui datait de la Révolution, il signait Bernard Lacroix tout court, et, comme c'était le plus libéral des cœurs et le plus indépendant des esprits, il s'appliquait surtout à ce que son nom demeurât, comme le nom de son père, un synonyme d'honnête homme. Tous les deux y ont pleinement réussi, et leur mémoire est presque proverbiale dans mon village d'Egletons (Corrèze). Moi, j'y suis devenu un étranger, un Parisien ; mais les vieilles gens accolent encore, par tradition, le de Crespel au Lacroix patronymique, lequel a été, pour moi comme pour mon père, ma très-ordinaire signature.
Je parlais un jour de mon qualificatif à reprendre^ le cas échéant, et je demandais conseil à un parent, haut magistrat : « Cela n'en vaut pas la peine, me dit-il. Pour la régularisation par les voies ordinaires , il vous en coûterait 600 fr. Par un chemin plus court, signez hiawtmtTit de Crespel dans un acte public. On vous fera un procès : vous le gagnerez, et il ne vous en coûtera guère alors que 50 écus. »
On n'a pas 600 fr., ni même 50 écus à dépenser pour si peu, lorsqu'on ne pratique, comme moi, que la littérature et les journaux. J'ai préféré rester ce que je suis. Octave Lacroix^ et votre serviteur et ami bien sincère. »
196 LINNY BABAGOR.
Liiiuiy-Babagor. Voir VanSlopen.
Liioiiel. Voir Mogador.
Liisle (Femand de). Voir Bartevelle.
Liistener (Richard), auteur dramatique et journaliste né en 1 804 Charles Ménétrier. Il a écrit à la Tribune, à rEntr'acte, au Magasin Pittoresque^ à la Revue et Gazette des Théâtres, etc. Ses pièces, qui datent toutes du règne de Louis- Philippe, sont un peu oubliées.
En 1833, il a paru chez Denain, libraire, rue Vivienne, 2 volumes in-80 sous ce titre : Caliban, par deux Ermites de Ménilmonîant rentrés dans le monde, sans autre indication de nom d'auteurs. Les deux ermites en question étaieiit Edouard Pouyat, ancien Saint-Simonien et rédacteur du Globe, et Richard Listener.
Liivry (Emma). Qui ne se souvient de Pinfortunée et adorable sylphide qui dansa sous ce pseudonyme à POpéra ? Sa mémoire a-t-elle laissé plus de traces dans le souvenir de ses admirateurs, que ses pas aériens n'en ont imprimé, dans leur vol rapide, sur le sol de la scène qu'elle a un moment illustrée? Pauvre fille! la gloire, la fortune, le bonheur, l'avenir enfin ! elle avait tout pour elle ! Et l'on se rappelle certes encore qu'un soir, à une répétition de la Muette que Mario tentait de chanter à l'Opéra, sa robe de gaze prit feu, et qu'après un an de souffrances terribles, un an de véritable agonie, elle s'éteignit au château des Ternes, où on l'avait transportée. Elle était fille d'une autre danseuse de l'Opéra, M°»® Emarot^ et d'un personnage qu'il n'est pas besoin de nommer.
Lockroy, célèbre auteur dramatique né, en 1803, à Turin, Simon (Joseph-Philippe). Il a donné, en dehors des théâtres de drames et de vaudevilles, beaucoup de livrets d'opéras«comiques.
LONGRAIRE. I97
Lockroy (Edouard), fils du précédent, et naturellement né comme lui Simon (Edouard). Il a encore signé Jules Gambier et aussi Jules Guinot. Il a écrit dans beaucoup de petits journaux, et notamment au Figaro^ à P Indépendance belge, au Monde artistique^ à P Artiste ^ etc. Au journal la Franchise, il signait Léonidas Romagnol, et au Courrier artistique, Charles Brun, Balthazar Robin et Un peu tout le monde.
Locle (Camille du). Voir Daniel,
LolarMontès, danseuse, actrice et maltresse royale, née, d'après sa propre déclaration, faite dans un procès célèbre, au temps de sa plus haute fortune, Porris y Montez (Maria-D.olorès)en 1819.
En 1835, elle épouse un officier anglais du nom de James. En 1 846 , le roi Louis I*', de Bavière, la crée comtesse de Lansfeldt pour la remercier d'avoir bien voulu accep ter à sa cour le rôle Louisquatorzien de maîtresse en titre. En 1849, ^^^^ vivant même de son premier mari, elle épouse M. Héald, ^utre officier anglais. Poursuivie comme bigame, elle s'enfuit aux États-Unis, où elle donne des représentations dramatiques, jouant elle-même son propre rôle, dans sa propre histoire qu'elle a mise en scène. Enfin elle devient subitement extra bigote, et meurt d'une attaque de paralysie dans la misère et l'abandon, en janvier 1 86 1 . On lit sur sa tombe, en Amérique, un nom beaucoup plus simple que tous ceux qu'elle s'était elle-même improvisés ou fait attribuer : Elisa Gilbert. (Voyez à ce sujet, dans le Temps du 6 novembre- 1867, un article du chroniqueur Xavier Feyrnet.)
Les Mémoires publiés en 1849 sous le nom de cette aventurière (Genève, 2 vol. in-8«) avaient pour auteur un publiciste nommé Papon.
Longraire (E. de). Voir Lussan (Vicomte de).
198 LORBAC.
Lorbac (Charles), écrivain qui n'a eu que la peine de retourner son nom Cabroly pour se fsûre un pseudonyme.
Xiorma (A. de), pseudonyme de l'écrivain politique et religieux Antoine Madrolle, qui a tant combattu Lamennais dans une série d'articles de journaux, et surtout de brochures aussi peu modérées que peu concluantes. — Mort en 1861, à 69 ans.
Lorrain (Camille). Les articles signés de ce nom à la Revue de Paris^ au Charivari et ailleurs, sont du savant journaliste Hippolyte BaboUj né en 1824. Au mois de juin 1868, les lauriers moissonnés par Henri Rochefort, avec le succès de sa brochure hebdomadaire la Lanterne^ ayant sans doute empêché M. Babou de dormir, cet estimable écrivain a cru devoir profiter de sa veille prolongée pour tailler, de sa bonne plume de Tolède, une contrefaçon anonyme et pseudonyme à ladite Lanterne , sous ce titre : L'homme à la Lanterne, par Jean-sans-peur.
Notons en passant que cette fulgurante Lanterne a donné naissance à une série de brochures de tous genres, qui n'ont toutes vécu que quelques numéros: le Lampion; la Chandelle; la Veilleuse; la Mouchette; l^Eteignoir ; la petite Lanterne; le Lumignon j etc. (i); aussi ai-je regretté de voir M. Babou, qui est un écrivain sérieux, entrer dans la lice légère où il faut, pour triompher, beaucoup de choses spéciales qui lui manquent... peut-être heureusement pour lui.
LiOsLer, pseudonyme commun aux vaudevillistes Rosier ^
(i) Il a aussi paru, à ce même moment de fièvre « brochurière », une série de véritables contrefaçons de la Lanterne^ alors condamnée, et qui parodiaient surtout la couverture, les caractères du titre et leur disposition, la couleur du papier, etc., de manière à surprendre ou à peu près la confiance de ^acheteur. L'auteur de ces diverses contrefaçons, aujourd'hui oubliées et disparues, était un M. Sarrotte.