DASH. 7J
Danvin (Charles), vaudevilliste, né Eugène Foliguet.
Darbécé. Voir H ercendièr es {A. des).
Daremberg, savant bibliothécaire de TAcadémie de médecine, puis de la Bibliothèque Mazarine. Né Charles en 1817, et autorisé, en 186$, à substituer à ce nom celui de Daremberg, sous lequel il a toujours été connu.
Darlet. Voir Dachères.
Darmaîlly. Le Bulletinier toujours si bien informé du FigarOy M. Georges Maillard, a signé quelquefois de ce pseudonyme dans le même journal.
Dash (Comtesse). Féconde ^ame de lettres, née en 180;, et dont le vrai nom est Cisterne de CourtiraSy vicomtesse de Saint-Mars. Elle a donné au Figaro^ sous le nom de Jacques Reynaud, une série de portraits à la plume fort remarqués, depuis parus en volumes, et dont la paternité fut attribuée aux plus illustres écrivains, avant qu'on sût qu'ils étaient d'elle. Elle signait en même temps Henri Desrochesy au Constitutionnel, une causerie hebdomadaire qui passa tour à tour pour être de M^^ de Solms^ d'Henri de Pêne et même de ce fantastique Henri Delaage, qui a peut-être inspiré beaucoup de feuilletons, mais qui, à coup sûr, n'en a jamais écrit un seul.
Je ne parle que pour mémoire des innombrables romans de M"^' Dash ; ils ne lui survivront guère ; elle en vit, mais je doute qu'ils fassent vivre sa mémoire. C'est dans ses petits écrits d'occasion^ ses portraits, ses articles détachés, qu'il faut chercher la valeur littéraire véritable de celte femme distinguée, que les besoins de la vie ont jetée dans la difficile carrière où elle s'est si vite fait un nom.
Elle a encore orthographié son pseudonyme d'Ash ; elle a signé aussi Marquise de Vieuxbois,
74 DAUBARÈDE.
Daubarède , pseudonyme du trop célèbre baron Brisse, ce cordon bleu émérite, ce maître d'hôtel sans pareil, ce Valel de la petite presse, rédacteur spécial de la Libertés puis du Petit Journal, et qui publie chaque année, chez le libraire Donnaud, quelque traité culinaire ou quelque recueil de recettes merveilleuses à Tusage des cuisinières du monde entier.
Daumesnil. Voir PlateL
Daurignac (J. M. P.). Les brochures, livres de religion et études historiques à l'usage de la jeunesse, publiés sous ce pseudonyme, sont de M. Orliac.
Daussoigne-Méhul. Compositeur de musique, né en 1790 Daussoigne (Joseph) et autorisé, en 1845, à ajouter à son nom patronymique celui de son oncle, l'illustre musicien Méhul.
Dauvergne (E. G.). Rédacteur du Figaro, du Messager du Midi et de beaucoup d'autres feuilles plus ou moins connues; il est né Dardenne, Il signe encore Marcus et de la Orangerie.
Davesnes. Voir Dubois d'Avesnes,
David (Marie). Voir Navery (Raoul de).
David. Voir Lacour (Paul de).
David d'Angers, fameux sculpteur, né à Angers, et devenu David d'Angers pour se distinguer de tous les autres David. — Mort en 1856, à 67 ans.
Davidson (Georges). Voir Lampsonius et Malbert (G.).
Davy. Les deux premières pièces d'Alex, Dumas y la Chasse et l'Amour (1825), et la Noce et l' Enterrement ^ furent représentées sous ce nom, qui était celui du grandpère de l'auteur, le riche créole Davy de la Pailleterie, L'il-
Iistre romancier a souvent pris, surtout aux époques les plus dorées de sa prodigieuse fortune, ce double nom tout entier.
En 1829, le Vaudeville joua une parodie de son Henri III sous le titre de la Cour du Roi Pétaud, et à laquelle il a collaboré; elle était signée, pour sa part, de son prénom Alexandre.
On a prêté à Alexandre Dumas une quantité incommensurable de collaborateurs plus ou moins avoués, plus ou moins reconnus. On a été jusqu'à prétendre qu'il n'avait jamais rien produit seul, ce fameux et merveilleux producteur ! (Voir la rare et curieuse brochure d'E. de Mirecourt, Fabrique de romans Alex, Dumas et C, Paris, 1845.)
J'ai relevé la liste des divers écrivains accusés d'avoir ainsi prêté leur plume et leurs idées à cet ogre littéraire, et voici, sous toutes réserves, quelques-uns des romans et des pièces signés seulement du nom du maître, et pour lesquels il aurait eu des collaborateurs restés volontairement anonymes.
La plupart des romans et des drames historiques tirés de ces mêmes romans ont eu pour collaborateur bien connu M. Auguste Maquet.
Les romans Ascanio, les Deux Diane^ Amaury^ auraient été apportés par M. Paul Meurice.
Fiorentino aurait à revendiquer pour sa part Monte Cristo^ Maître Adam^ le Calabrais, Jeanne de Naples et les volumes d'impressions de voyage : le Corricolo et le Speronare.
Le roman de. Georges serait de M. Mallefille, et celui de Fernande, de M. Auger.
M. Paul Bocage aurait fourni les Mohicans de Paris et leur suite, Salvator le Commissionnaire,
A M. Couailhac reviendrait la Fille du Régent^ et à M™^ Dash les Mémoires d'une Aveugle,
Au théâtre, la jolie comédie de M^^ de Belle- Isle aurait été apportée par le comte Colonna Walewski,
Caligula serait de M. Anicet Bourgeois, ainsi que TérésUy le Mari de la Veuve et Angèle,
Napoléon aurait pour auteur principal Cordelier Delanoue.
Romulus aurait été écrit par MM. Octave Feuillet et Paul Bocage.
Ce dernier ne serait pas étranger non plus à la confection du Marbrier et de l Invitation à la valse.
Halifax serait en partie de Dennery.
On sait, par le célèbre et bruyant procès auquel il a donné lieu, que le drame de la Tour de Nesle a été apporté par M. Fréd. Gaillardet.
Antony aurait été inspiré par Emile Souvestre.
Le vaudevilliste Brunswick aurait donné Lorenzino, Un Mariage sous Louis XV, les Demoiselles de Saint-Cyr, le Laird de Dumbicky et le Mariage au tambour.
Don Juan de Marana serait emprunté à une nouvelle de Mérimée.
Le drame classique en vers POresîie serait en partie de M. Jules de Saint-Félix,
Enfin, la Conscience aurait pour principal arrangeur M. Lockroy, qui touche en effet une part assez grosse sur les droits d'auteur.
Mais, va-t-on dire, et M. Dumas, dans tout cela, qu'at-ilfait.?
En 1856, Maquet lui fit un procès. Il voulait que son nom fût mis à la suite de celui du maître sur toutes les œuvres qu'ils avaient faites en collaboration. Les avocats des deux parties se querellèrent merveilleusement (i) :
« Nous avons fait la moitié de vos romans et de vos
( I ) Mes Paillard de Villeneuve et Desmarest.
pièces, dit l'un, nous devons être pour moitié dans l'honneur et le profit !
« — Allons donc! réplique l'autre, qui vous croira? Vous, Maquet, seul^ qu'avez-vous fait? Des œuvres médiocres, à peu près inconnues! Nous convenons que vous nous avez fourni, — passez-nous le mot, — la maquette de nos romans et de nos pièces, mais rien de plus! C'est nous qui avons donné le mouvement, le style, l'esprit, la pensée , en un mot la vie au travail informe ou incomplet que vous nous aviez livré. Telle est votre part, telle est la nôtre ! Que le tribunal apprécie! »
Et le tribunal débouta M. Maquet des fins de sa demande et le condamna aux dépens.
Je crois que la situation des autres collaborateurs du grand romancier est identiquement la même. Eux aussi ils ont apporté « la maquette» d'oeuvres rajeunies et vivifiées par Dumas. Achevés et publiés par eux-mêmes, leurs ouvrages eussent-ils vécu ? Sortis des mains de cet homme, ils ont obtenu une vogue européenne : on les a lus et relus, joués et rejoués, traduits et retraduits, et, quoi qu'on puisse dire, ils sont devenus ses œuvres personnelles , puisqu'ils lui ont dû véritablement d'exister.
Les œuvres d'Alex. Dumas forment un nombre considérable de volumes, et elles ont été, sans compter la contrefaçon, plusieurs fois réimprimées en différents formats. Mais c'est surtout par l'édition des cabinets de lecture et par les deux éditions simultanées in-i8 et grand in-40 des frères Lévy, qu'elles ont été popularisées et répandues. La librairie Marescq a également donné, il y a une quinzaine d'années, une assez belle édition illustrée et à deux colonnes des principaux romans.
Dans l'édition Lévy in- 18, les œuvres de Dumas comptent actuellement (octobre 1868) 238 volumes de