INCONNU
Inconnu (L'). Divers écrivains ont donné des articles et même des livres sous ce pseudonyme :
i^ Eugène Pelletan, aujourd'hui député, débuta sous cette signature à la Presse, et voici dans quelle circonstance : L'amitié de Lamartine lui avait ouvert les portes du journal , mais ses allures n'étaient guère étudiées à l'é^cole du vicomte de Launay, et M»"* de Girardin ne pouvait se faire aux manières gauches et rudes du jeune critique. Elle exigea de son mari le renvoi de Pelletan. M. de Girardin, qui n'avait pas les mêmes motifs que sa femme pour détester son nouvel écrivain, dont les articles lui plaisaient, lui conseilla de prendre un pseudonyme, et, dès lors, les critiques littéraires de Pelletan furent signées Un Inconnu.
Cet inconnu eut un grand succès ; toute la presse s'en occupa pour le démasquer, et on attribua ses articles aux plus vaillantes plumes de l'époque. M™* de Girardin ellemême, qui s'était montrée pour les premiers articles signés du nom de Pelletan si sévère et si injuste, fut la première à exalter, dans ses Courriers du vendredi à la Presse, « la finesse , la justesse et la délicatesse » des appréciations du critique anonyme, qu'elle déclara ne pouvoir être que Charies Nodier lui-même !
C'est alors que Pelletan laissa tomber le masque qui dérobait son nom au public , et M"* de Girardin, pour être d'accord avec elle-même, dut se résigner à vivre désormais en paix avec lui.
Un choix des articles publiés alors par Pelletan a été depuis réuni en volumes , sous ce titre : Heures de travail (2 vol. in-8).
2° Ulbach (Louis) a publié dans le deuxième Événement (1866) une série de portraits littéraires sous ce même masque.
I$8 INGOLDSBY.
3^ Ernest Dréolley V\in des principaux rédacteurs de la Patrie^ y a donné des articles d'actualité qu'il signait également V Inconnu.
40 Les deux ou trois volumes parus chez Michel Lévy sous cette peu transparente indication d'auteur : Un Inconnu, tels que la Plage d^Êtretaty Monsieur X... et Madame Trois Étoiles, etc., sont de M™« Guyet Desfontaines ^ veuve d'un ancien notaire^ député sous Louis-Philippe.
j° Un article du Nain Jaune intitulé : La Comédie française jugée par un témoin de ses fautes^ par V Inconnu, et pani ensuite en brochure (1862, in- 12),. avait pour auteur M. Théodore de Banville,
Ing^oldsby (Thomas), joucnaliste et romancier anglais, né Barham (Richard-Harris) en 1788. Il a donné des légendes, des articles biographiques, etc. Son livre le. plus connu est le roman Mon Cousin Nicolas, — Mort en 1845.
Intimé (Alfred 1'). Sous ce nom, M. Alfred Busquet^ journaliste et romancier, né à Rouen en 1820, a rédigé le Courrier des tribunaux dans le journal la Semaine, Il a été rédacteur en chef de la Silhouette, de 1840 à 1850, et a collaboré en même temps à plusieurs journaux.
Ipse. Voir Max (Paul>
Irner. Le célèbre historien Henri Martin a publié, sous ce prénom renversé, en 1830, on roman : Wolfthurm, qui était son premier ouvrage, écrit avec la collaboration d'un de ses compatriotes, M. Félix Davin, Ce roman, qui fut suivi de quelques autres ne valant guère mieux et oubliés aujourd'hui, était signé : Félix et Irner.
Isabelle (M"«), célèbre bouquetière du Jockey-Club, née Briand (Isabelle). Son père était capitaine au long
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cours. Restée très-jeune orphgline, ayant de l'esprit à défaut de beauté^ elle a su se faire, dit-on, une trentaine de mille francs de rente en vendant des bouquets, sous le patronage de MM. les membres du célèbre Club.
Iskander^ pseudonyme du fameux romancier et aussi historien russe Alexandre Hertzen, né en 18 16, et actuellement rédacteur en chef du journal la Cloche,
Ses très-curieux mémoires, traduits par Delà veau, ont été publiés chez Dentu sous ce titre : U Monde russe et la révolution (3 vol. in- 18). Les titres des huit parties de cette remarquable étude autobiographique, aujourd'hui épuisée et à peu près introuvable en librairie, en feront connaître au lecteur Tintérét et l'esprit : I la Famille, II l'Université, III la Prison, IV l'Exil, V la Jeune Russie, VI après l'Exil, VII Moscou, VIII le Départ. Il faut consulter aussi, au sujet d'Hertzen, le Livre de la nation Polonaise d'Adam Mickiewicz, traduit par A. Lévy, et publié également par Dentu.
Ismaël, basse chantante du théâtre-Lyrique, de son vrai nom Jammes, *
Isole (Louise), pseudonyme de M"' Riomy auteur d'un volume de poésies publié chez Lemerre : Après l* Amour (1867, in-12). La préface, signée E, L,, est de M. Eug. Belleyguier dit Loudun.
Ivoy (Paul d'), Tun des premiers, je croîs même le premier qui ait mis à la mode les chroniques quotidiennes dans les journaux de Paris. Il avait de l'esprit, de la verve, et il a eu un grand succès dans le Courrier de Paris , de Félix Momand, qui florissait vers Tan de grâce 1857. M. Paul d'Ivoy, qui se nommait en réalité Deleuîre^ est mort, jeune encore, en *i 86 1 .
Il avait édité sous son vrai nom, en 1854, à Bruxelles, un Précis de r Histoire de l'Art Ç^ vol. in-12), qui n'était autre chose que la copie presque textuelle d'un travail sur ce même sujet , publié à la Revue des Deux Mondes par
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Th. Thoré (Burger). Les journaux donnèrent beaucoup de retentissement à ce plagiat^ dont l'auteur fut obligé de quitter d'abord la Belgique, et même ensuite son nom, pour se soustraire aux suites désagréables de cette affaire, déjà aujourd'hui oubliée.
J. J. Voir Éraste,
Jacob (Le bibliophile). Le fécond écrivain Paul Lacroix est beaucoup plus connu sous ce pseudonyme que sous son nom véritable. H a encore signé Antony Dubourg , et sous le nom de Pierre Dufour il a publié, avec Rabutaux, une Histoire de la prostitution chez tous les peuples (i8j2) dont la mise en vente a longtemps été interdite.
Le célèbre pseudonyme de M. Lacroix a une origine ; il ne l'a point pris au hasard. Il existait sous Louis XI II et sous Louis XIV un savant jésuite, Jacob de Saint-Charles, dit le Père Jacob , et qui devint bibliothécaire du cardinal de Retz. Il a donné une Histoire des Papes et surtout un Traité des plus belles bibliothèques {i6/[4)f qui lui a valu une trèsgrande réputation auprès des bibliophiles. C'est le nom même de cet érudit, âgé déjà de plus de deux siècles, que s'est approprié le docte bibliothécaire de l'Arsenal.
Jacobber, célèbre peintre de fleurs et fruits, né Ber (Jacob). Il a été attaché pendant quelques années à la manufacture de porcelaines, à Sèvres, où il a exécuté ses plus remarquables travaux.
Jacob-Lioy. Voir Reynaert.
Jacoby (André). Un ancien représentant du peuple, M. Vaudoré (Symphorien), a donné sous ce nom, en 1844
l62 JACQUES.
et 1 846, diverses publications relatives à la liberté de Penseignement (i).
Jacques (Frère). Dentu a publié un volume de chansons (grand in-80 superbe imprimé chez Claye) signé de ce pseudonyme, et qui avait pour auteur un Rouennais, M. Delarue.
Jacques. L'un des prénoms de M. Demogeot (Jacques- Claude), publiciste et professeur, et sous lequel il a donné chez Hachette, en 1862, un volume de petites nouvelles, avec ce titre : Contes et Causeries (in- 18).
Jalin (Olivier de). Voir Lacretie.
Jalin (Olivier de). Voir Bernard (Léo de).
James. Voir Raoul.
Jaue (Lady). Sous ce pseudonyme, et sous celui de A. de Camps, M"* Pitre-Chevalier, née Decan de Chatouville, a donné au Musée des Familles et à divers journaux et revues des articles et des nouvelles. — Morte en 1 8 j 9.
Jauet-Lange, dessinateur, né en 181 8 Janet (Ange- Louis).
Jeau Diable. Voir Sol (Daniel).
Jean-Jean. Voyez Villemessant et Major Koff.
Jean le Chercheur. Voir Pastour.
Jean-Paul. Le romancier et auteur dramatique Brot (Charles-Alphonse), né en 1807, a donné à r Artiste des articles sous ce pseudonyme, de 185} à 1855. l^ ^st chef de bureau au ministère de l'intérieur.
(i) Notamment /« Nouveaux Monta/listes au Collège de France (1844, in-80) ; de la Liberté de VÉglise à propos de la Liberté Renseignement (1846). -^