LABRUYÈRE
a donné sous ce nom un drame en trois actes, Mahomet (1847, m-8®). Il a signé encore quelques autres publications Laboverie.
La Boussardière. Voir Falaise (Jean de).
Labruyère (M™«). Surnom pris dans le monde de la galanterie, où elle a d'abord longtemps vécu, par M"« Catherine Schumacher, qui sut se faire épouser, en 1866, par un ancien beau du premier empire, dont le nom flétri devait, jusqu'à la fm de sa trop longue carrière, être compromis dans de honteux trafics. Connu sous le nom de Maubreuil, le seul que lui gardera l'histoire, il avait été chambellan de la reine de Westphalie pendant le règne de Jérôme Napoléon à Cassel. En 1 8 1 5 , chargé d'une mission secrète, mais dont le but, depuis avéré et reconnu, étaitd'assassiner Napoléon (i), Maubreuil rencontrant à Montereau la reine de Westphalie qui retournait dans le royaume de son père, la fait arrêter et, sous prétexte de la raison d'Ëtat, il s'empare de ses valeurs et de ses diamants. On l'avait vu l'année précédente, lors de l'entrée des alliés, traverser les rues de Paris avec une croix de la Légion d'honneur attachée à la queue de son cheval.
En 1 866, dans l'espoir de voir ses derniers jours se passer dans le luxe auquel il n'était plus depuis longtemps habitué, il avait consenti à s'accoupler avec cette demoiselle enrichie par mille dons de sources diverses^ et qui ne demandait pas mieux que d'acheter un grand nom, lequel devait d'ailleurs être acquis, par le mariage qu'elle contractait, au fils qu'elle apportait tout venu à ce digne Maubreuil, qui s'empressa de le reconnaître dans l'acte de son union avec elle.
(1} Lire à ce sujet une singulière et rarissime brochure, publiée chez Dentu il y a une dizaine d'années et tirée seulement à un très-petit nombre d'exemplaires : Histoire du soufflet donné à M, de Talleyrand.
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Mais, hélas ! à peine mariée. M"* La Bruyère relègue Maubreuii dans un cabinet noir , et elle reprend, à la face même de son mari, son train de vie d'autrefois, sans y associer, bien entendu, même de loin, celui qui venait de lui sacrifier son nom, à défaut de son honneur, sacrifié depuis longtemps déjà.
Maubreuil, volé et furieux, plaide alors en séparation, et le procès apprend au public que cette mademoiselle La Bruyère, qui se fait aujourd'hui nommer la marquise d'Orvault,est la fille d'un cocher de Montrouge, dont le fils a été condamné pour tentative de vol et d'assassinat sur la personne de sa propre sœur !
Elle se faisait appeler marquise d'Orvault. J'ai recherché à ce propos l'origine de ce Maubreuil, et son acte de naissance, dont j'ai un extrait sous les yeux, ne lui donne pas, à la rigueur, le nom sous lequel il est surtout connu :
« Le vingt-sixième jour du mois de mai 1783, dit cette pièce, a été baptisé dans la chapelle du château de Maubreuil Jacques- Armand-Marie, né ce matin audit château, fils de très-haut et très-puissant seigneur Jacques-Louis- Marie Guerry, chevalier seigneur de Beauregard, et de trèshaute et très -puissante dame Bonne-Marie- Félicité de Menardeau de Maubreuil^ son épouse, etc.. »
D'où il résulte que légalement les vrais noms de M. de Maubreuil devraient être Guerry de Beauregard. Quant au nom d'Orvault^ et au marquisat qui l'accompagne, on en trouve trace dans ledit acte, seulement au nom de la marraine du nouveau-né, M"*® Charlotte Dupé d'Orvault^ sa grand'mère.
Le héros de cette triste histoire a fini dans la misère et l'abandon peu de temps après le procès qui a si malencontreusement réveillé le souvenir de son nom. Retiré aux Batignolles, privé de tout, sans secours ni amis, loin