‹ Dictionnaire des pseudonymes (volume 3)Chapitre 202 sur 231 · SUZANNE · texte numérisé non relu

SUZANNE

Suzanne, personnage du Mariage de Figaro dont M"« Brohan (Augustine) avait pris le nom pour signer les courriers de Paris qu'elle a donnés, en 1857, au Figaro^ où elle remplaçait Edmond About en qualité de chroniqueur.

Ayant eu le courage de dire, dans ses deux premiers articles, un peu crûment peut-être, ce qu'elle pensait de Victor Hugo, — le Victor Hugo politique, — elle eut aussitôt contre elle le camp tout entier des séides du grand prêtre, et les attaques dont elle fut alors l'objet (i) la déterminèrent à renoncer, après quatre articles, à sa velléité de chronique parisienne.

Elle avait écrit dans le premier de ses feuilletons :

a Où retrouve-t-on M. Hugo ? serait-ce dans ces brochures clandestines où l'on voit sa plume oublieuse, ingrate, méconnaître ce qu'elle a aimé pour flatter bassement les nouveaux dieux à qui elle sacrifie? De la pitié pour M. Hugo 1 mais il a gâté lui-même ses merveilles ; son génie n'a plus que de tristes échos ; il a foulé aux pieds toutes les adorations, les respects, qui entouraient son nom ; il a anéanti jusqu'à cette mélancolique et tendre sympathie qu'on a toujours, à quelque parti qu'on appartienne, pour celui qui souffre ; il a tout détruit, vous dis-je, jusqu'au prisme de Texil! » {Figaro, 25 janvier.)

Et dans sa chronique suivante, alors qu'on lui avait reproché son manque de respect pour l'illustre (2) poète :

(i) Notamment delà part de MM. de La Pierre, Louis Ulbach, et surtout Alex. Dumas. Le grand Mousquetaire n'alla-t-ii pas jusqu'à écrire, à ce propos, au directeur du Théâtre-Français qu'il exigeait que M^^e Brohan ne jouât plus dans aucune de ses pièces ?

(2) Comme poète, M. Hugo restera toujours le plus grand et le plus illustre de ce siècle ; mais il y a deux hommes en M. Hugo, le poète et l'homme politique; le second, pour nous et pour beaucoup d'autres, est moins intéressant.

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