XXXII PREFACE
à ce qu'il cite. Le tort le plus grave de M. Joliet, — et ce n'est pas une mauvaise querelle que je lui cherche ici, qu'il en soit bien persuadé! — est d'avoir fait entrer dans son livre beaucoup de personnages qui ne sont pas plus connus sous leur pseudonyme que sous leur propre nom, sans nous avoir donné au moins une ligne de notice sur chacun d'eux. Le lecteur en consultant son volume^ peut se demander, pour peu qu'il n'ait pas l'habitude de la presse ou de la librairie, si le pseudonyme indiqué est bien le nom vrai de l'auteur qu'il veut connaître, ou si, au contraire, le nom vrai ne serait pas lui-même le pseudonyme.
M. Joliet a affiché aussi une singulière prétention^ dans la préface même de son travail :
a J'ignore, dit-il, si d'autres chercheurs auront € l'idée d'exploiter une mine que je n'ai pas épuisée; « je dois les prévenir que le fond et l'ensemble de « mes recherches ne sont pas des matériaux : un trèsce grand nombre des pseudonymes que j'ai publiés (( sont le fruit de mes investigations personnelles et «( de mes relations particulières avec les journaux et « les écrivains ; bon nombre m'ont été fournis, soit € directement, soit par intermédiaire, de source pure, « c'est-à-dire par les masques eux-mêmes, qui m'ont ce dit leur nom. Je considère donc cette galerie, sauf c ce qui peut être reconnu du domaine commun, « comme ma propriété littéraire, dont la reproduc-
PRÉFACE. - XXXIll
« tioriy totale ou partielle, ne peut avoir lieu iégale- < ment sans mon consentement.
a Charles Joliet. a
Voici, certes, de bien grands mots appliiqués à une bien petite chose ! J'avoue^ d'ailleurs, que je ne comprends guère de quelle façon M. Joliet parviendrait à prouver qu*il a été dépouillé t dans sa propriété littéraire », et surtout comment il pourrait établir qu'aucun autre que lui n a pu avoir les renseignements pseudonymiques qu'il s'est si bien et si facilement— de visu et auditu — procurés lui-même.
Je ne citerai pas tous les journaux et recueils anciens et nouveaux, tous les documents de toutes sortes, que j'ai consultés, pillés, fouillés et dépouillés : la nomenclature serait longue et n'offrirait pas un grand intérêt; mais je dois au moins de publics remercîments à ceux de mes confrères et amis qui ont bien voulu me faire d'aimables communications: Octave Lacroix, Jules Claretie, Alexandre Flan, Edouard Fournier, Henry Houssaye, Fernand de Marescot, Gabriel Dentu, etc. Je citerai tout particulièrement mon ami Georges Decaux, un jeune et intelligent chercheur en même temps qu'un érudit de premier ordre en matière bibliographique , et à qui ce livre doit beaucoup de ses meilleurs et plus sûrs renseignements.
Si, après tout cela, j'ai encore à me reprocher des erreurs^ et surtout des omissions, j'en demande hum-