MOREAU
épousé la mère de Pierre-Jacques, dit HégésippCy ni reconnu l'enfant qu'il avait eu d'elle. Il est mort en 1814. Sa mère, morte en 1823, est nommée sur les actes divers de l'état civil, où elle figure, tantôt ReulUoî, tantôt RoulHot et encore Rouillioî, et même avec d'autres prénoms, soit Jeanne, soit aussi seulement Marie. Ces différences furent cause que Moreau échappa à la conscription, n'ayant été inscrit sur les listes ni à Provins, ni à Paris, lieu de sa naissance.
Le nom et surtout le prénom du poète sont donc, légalement, des pseudonymes.
Moreau (M"® Élise), dame poëte qui publie, depuis 1857, son petit volume de vers tous les deux ou trois ans.
Elle a épousé, en 1855, M. Paulin Gagne^ l'excentrique auteur et créateur de la méthode de langage qu'il avait intitulée ; La Gagne-Monopanglotîe y ou la langue unique et universelle formée de la réunion radicale et substantielle de toutes les langues mortes et vivantes (1843); écrivain intarissable, produisant prose et vers sur toutes choses, à tout propos? au jour le jour et à tout moment, « pour l'amélioration, la réformation et le salut constant de l'humanité malheureuse. »
Voici les principaux ouvrages publiés depuis 1841 par M. Gagne :
Le Suicide, poëme de 3,000 vers;
Le Martyre des rois^ poëme-ode-élégie ;
L^ Océan des catastrophes et l^ Empire universel, poëmes;
Voyage de Napoléon en 1852, chants;
VUnitéide, poëme en 1 2 chants et 60 actes, qui a pour sujet la femme messie et unitrice sauvant le monde par l'unité napoléonienne;
L'Histoire des miracles^ renfermant l'histoire de ma mort, de ma vie miraculeuse, et le poëme du crucifiement ; c'est
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dans ce livre que l'auteur s'appelle Vavocat des fous et raconte son séjour dans une maison de santé ;
La Constitution universelle de Vavenir^ ou le Salut de l'Italie, de la France et du monde ;
La Monopanglottey ou langue universelle ;
L'Od'Esprit prouvant l'intervention des esprits dans Vod;
La Comète de l'Ante-Christ;
Les Bêtes de la liberté;
Les Vendeurs du temple ;
Tribut d'amour à M, le curé DesgeneîîeSy poëme;
Le Calvaire des rois^ régi-tragédie en 5 actes et en vers (sur Louis XVI et sa famille, qu'il appelle « les Christ de la royauté ») ;
Le Supplice du mari (allusion au Supplice d'une femme, d'E. de Girardin) ;
Le Congrès sauveur des peuples et des rois^ salutéide ou poëme-opéra de salut de l'avenir, historique national et universel, en 24 chants-actes dialogues, destinés au théâtre, et en vers.
Ce bizarre livre a environ 6,000 vers, où nous trouvons racontée, exposée et appréciée, toute l'histoire politique et littéraire contemporaine.
On y trouve des vers comme ceux-ci :
Sont enrégimentés, payés, les gens de lettres, Dont un triple abandon fait des fous ou des traîtres ! Supprimons les journaux et tous leurs lucifers... Le journal, c'est le crime infernal qui débonde.
S'il ne meurt aujourd'hui, demain mourra le monde !
Enfin, M. Gagne est encore, — c'est lui qui le dit sur la couverture de ce dernier volume, — rédacteur en chef de l'Espérance y du Théâtre du monde, du Journalophage , de IWniteur du monde visible et invisible^ journal surnaturel,