PERSAN
ce dont il eut absolument l'air de ne pas s'apercevoir, et il s'assit, de plus en plus silencieux et immuable.
Le contrôleur en chef du théâtre, l'excellent M. Morel, me racontait la petite scène qui avait lieu chaque fois entre lui et le Persan à l'occasion de la location de sa place à l'année. Il arrivait à l'ouverture de la saison , passait au contrôle sans dire un mot; il déposait un billet de 500 fr. sur le bureau ; et il allait, toujours sans demander aucune explication, à son fauteuil habituel, qu'on n'aurait eu garde de louera un autre qu'à lui. Quand il avait eu pour $00 fr. d'abonnement, le contrôleur le prévenait, à son arrivée, que le prix de sa location était épuisé. Le Persan, sans montrer ni par un signe ni par un mot qu'il avait entendu, se rendait à sa place. Le surlendemain, en venant à la représentation, il s'arrêtait devant le contrôle , déposait gravement un nouveau billet de 500 fr.^ toujours sans mot dire, et entrait dans la salle sans attendre qu'on lui eût dit merci et offert un récépissé. Ce manège durait ainsi jusqu'à l'expiration de la saison musicale , et recommençait de la même façon l'année suivante.
Méry et Ch. Yriarte ont donné quelques détails anecdotiques sur la vie de ce bizarre personnage, qui est mort subitement et sans avoir été malade, en août 1868, à 82 ans. Son vrai nom était Ismaïl'Khan-Aga'Mohammed,»l\ habitait Paris depuis plus de quarante ans et toujours dans le même appartement, au n° 204 de la rue de Rivoli, vis-à-vis des Tuileries. Quant à l'origine et aux motifs de sa retraite en Europe et en France, on les raconte de diverses manières. La version la plus vraisemblable est celle-ci : Le Persan, pendant la guerre des Anglais aux Indes, avait favorisé, à leur profit, la prise de la ville d'Hérat, dont la reddition avait hâté la fin de la guerre. Ses compatriotes avaient exilé le traître, qui était alors venu vivre en France avec une pension
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de 50,000 francs, servie par l'Angleterre en récompense de ce bon office.
D'après une autre version, Ismaïl serait le fils d'un ambassadeur du roi de Perse, tué par mégarde dans une querelle par des sujets anglais. En expiation de ce crime involontaire, le gouvernement de la Grande-Bretagne aurait fait à l'orphelin une pension annuelle assez forte, qu'il serait venu manger à Paris. Mais je préfère l'autre histoire. Rien ne forçait l'enfant à venir se fixer si mystérieusement et si secrètement en Europe dans le fait ainsi raconté. La première version , relative au siège d'Hérat , explique au contraire l'expatriation d'Ismaïl et la vie singulière qu'il a toujours menée.
Ismaïl était lettré. Il a paru dans la Revue des Deux Mondes des articles intitulés : Scènes de la Vie Persane^ et qu^on lui attribue. Il passe aussi pour être l'auteur d'une traduction en français du poëme persan les Oiseaux et les Fleurs,
Peters. Traiteur célèbre au Passage des Princes puis au Boulevard des Capucines, celui qu'on a comparé — de loin — à François I*""", en lui donnant le surnom de « restaurateur des lettres ^> à cause des nombreux écrivains de la grande et surtout de la petite presse qui viennent habituellement prendre leur repas chez lui. Né Fraise (Pierre), cet éminent maître d^hôtel avait un nom prédestiné.
PetrusNoelc. L'écrivain Galopped^Onquaire (Cléon), né en 1 8 1 o, a publié sous ce nom, en 1 844, un petit poëme burlesque , rare aujourd'hui : le Siège de la Sorbonne, ou le Triomphe de rUniversité, poëme héroï-comique en six chants par un bedeau de Saint-Sulpice, revu par Petrus Noelc (anagramme du prénom de l'auteur). Cette petite brochure, très-originale, eut deux éditions de suite; cinquante exemplaires seulement en furent tirés avec le nom de l'auteur. — Mort en 1865.
P. F. B. Voir Philippe (Le frère .
Pliàïitasus. Le duc de Bavière (Maximilien-Joseph)^ né en 1808, est auteur, sous ce nom, de plusieurs nouvelles, drames et comédies estimés en Allemagne. Il a le rang de général dans l'armée bavaroise.
Phares. Voir Souffrant.
Philadelphe. Voir Daponcharîrain.
Philalethes. Sous ce pseudonyme, le roi Jean^ de Saxe, né en 1801, apublié, de 1839 a 1849, une traduction allemande des œuvres de Dante, qu'il a rééditée, en 1868, en une édition populaire, « à la portée des petites bourses. »
Philippe. L'un des prénoms de l'auteur dramatique Dumanoir, né à la Guadeloupe, en 1806, Pinel-Dumanoir, et dont il a signé quelques-unes de ses pièces faites en collaboration. — Mort en 1863.
Philippe (Le frère). Ancien supérieur général des Frères de la doctrine chrétienne^ qui a fait surtout parler de lui en 1 847 à propos de l'affaire Combettes-Léotade.
Né Braussi (Mathieu) en 1 792, il a publié beaucoup d'ouvrages élémentaires à l'usage des écoles de son institut, signés des initiales P. F, B. La plupart de ces livres ont été condamnés, comme entachés d'exagérations coupables ou d'erreurs volontaires, par la commission d'instruction primaire : ce qui n'a pas empêché leur vogue considérable et leur débit universel.
Le portrait du père Philippe, peint par Horace Vemet, a obtenu un très-grand succès au salon de 1844, et c'est certainement l'un des meilleurs qu'ait produits son populaire pinceau.
F hiloradix (Aristophane). Quand on joua Lucrèce de Ponsard, à l'Odéon, en 1844, la parodie s'empara bien vile
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du succès obtenu par la pièce nouvelle. La première en date est celle qui parut signée du singulier pseudonyme précité, sous ce titre : L^ Anti-Lucrèce. Son auteur était un médecin nommé Mathieu Aubin. Une autre, moins sérieuse, signée Eyraud (est-ce un pseudonyme?), était intitulée : Lucrèce- Collatin ou la vertu mal récompensée.
La plupart des pièces de Ronsard ont eu Phonneur de la parodie; d'autres ont donné lieu à des études intéressantes. Après la représentation de la Bourse , en 1836, à l'Odéon, Jules Maret-Leriche publia chez Delahays une petite brochure très-amusante et assez réussie, oîi il démolissait vers par vers, au point de vue de la grammaire, Pœuvre nouvelle de Ponsard. Cette brochurette est rare aujourd'hui, et je la recommande aux curieux, pour la singularité et pour la justesse de ses appréciations. C'est une bonne étude comparative^ et qui a son prix.
Philotliée. M. Bouvet (Francisque), ancien représentant du peuple, et aussi poëte et journaliste, a signé de ce nom, en 186^, une brochure d'actualité : Du Pape (Dentu, in-8°). Il est aujourd'hui consul de France en Asie. — Né en 1799.
Phœbus (Gaston). Voir Fortuné.
Phyz. Pseudonyme du dessinateur anglais Knight Browney illustrateur des œuvres de W. Scott, Byron, Dickens, Ainsworth, etc. H est aussi à Londres le Cham des journaux illustrés
Picard (Léon). Le frère puîné du célèbre vaudevilliste Bayard, Antoine Bayard, né en 1807, et vaudevilliste comme lui, avait pris ce pseudonyme pour éviter une confusion de noms. Il a souvent collaboré aux -pièces de son frère sous ce nom d'emprunt.
Pickerwill. Voir Perriwig,