‹ Dictionnaire des pseudonymes (volume 4)Chapitre 188 sur 257 · POTEL · texte numérisé non relu

POTEL

dramatique et d'intérêt réel. On ne captive et on ne retient le public qu'au prix d'un mérite constaté, quel qu'il soit, et l'inventeur de Rocambole est loin d'être le premier venu dans le genre amusant où il s'est si rapidement fait un nom. Né en 1829 ^ePo/250/2 (Pierre-Alexis), il a joint à son nom patronymique , pour faire son nom littéraire , celui de sa mère, née Toscan du Terrait.

Je lis dans Quérard Supercheries Littéraires , nouvelle édition de Daffis, 1869, colonne 131 :

c( Ponson du Ttrrail (le vicomte), né'à Montmaur (Hautes-Alpes)... il paraît certain que son véritable nom est Deponson. Le général Toscan, oncle de ce littérateur, possédait une propriété appelée le Terrail d'où le neveu a tiré sa superfétation nominale. »

La chose était vraie, quant au nom du père du romancier, inscrit, lors de sa naissance, sur le registre de l'état civil- Mais c'était là une. irrégularité qui a été rectifiée par un jugement de juin 1 86 1 . Quant à sa mère , elle se nommait bien, ainsi que je l'ai dit, Toscan de Terrait.

Pontcroix (Alain de), pseudonyme de M. Armand Gouzien, auteur de jolies chansons et de nombreuses mélodies dont l'une est surtout connue : La Légende de Saint Nicolas. Il a également signé beaucoup de ses œuvres de son véritable nom, sous lequel il écrit aussi dans les journaux, notamment dans le Gaulois,

Populus (Jean). Le journaliste Jules Viard, qui, après avoir été l'un des plus féconds rédacteurs du Figaro^ a eu avec M. de Villemessant de si pénibles et bruyantes querelles, avait souvent signé ses articles de ce pseudonyme. — Mort en 1866.

Potel, ancien ténor de café chantant devenu, à force de bonne volonté et de travail, la très-utile doublure de Sainte-Foy à l'Opéra-Comique. Il se nomme Piau.

274 POUYER-QUERTIER.

Pouyer-Quertier, député et filateur important de la Seine-Inférieure, l'ennemi le plus acharné du libreéchange et du traité de commerce avec l'Angleterre. Né Pouyer (Augustin) en 1820, il a ajouté à son nom patronymique celui de sa mère, pour se distinguer des autres membres de sa famille.

Pradel (Kugène de), célèbre poëte improvisateur, né en 1787 Courîray (Pierre-Eugène), et mort en 1857.

Prémaray (Jules de), journaliste et auteur dramatique, né en 1818 Regnaalt (Jules- Martial). Son père signait Martial Regnault, et son grand père portait en plus le nom de Prémaray, auquel avait renoncé son fils à l'époque de la Révolution. Le ps'eudonyme de Prémaray est donc un ancien nom de famille, que le chroniqueur théâtral de la Patrie aurait facilement obtenu de Joindre au sien par décret s'il eût voulu s'en donner la peine. Il a quelquefois signé aussi de son nom légal Jules Regnault^ et donné plusieurs articles au Figaro sous le pseudonyme de Chardon,

Presles (Octave de). Voir Parisis (Octave de).

Presles (Raoul de), imprimeur Schiller a donné, sous ce nom, des articles dans V Événement Illustré et dans Plndé-pendance Parisienne.

Prévost (M"^« Anna), romancière et journaliste née en 182$ Bourgeo/5 ^Anna-Marie), et mariée en 1841 à un M. Martin, qui la laissa veuve deux ans après. Elle signait alors Anna Martin^ ce qui donnait lieu à un jeu de mois désagréable : Ane à Martin; aussi, depuis 1848 M"* Martin a-t-elle pris le pseudonyme précité, sous lequel elle a publié quelques ouvrages de morale et un recueil de nouvelles.

Procope (Georges), rédacteur du Tintamarre y né Tuffet (Salvador), et connu au théâtre sous son seul prénom. Il a

prud'homme. 275

donné quelques vaudevilles, collaboré à la collection les Théâtres de Paris (1854) entreprise par Martinon avec Eustache Lorsay, et rempli pendant quelque temps (1857) les fonctions de régisseur général à TOdéon.

Prudent (Emile), célèbre pianiste, né en 181 7 Gaultier (Racine). Un décret de 1853 Pa autorisé à substituer à son nom patronymique celui qu'il a illustré. — Mort en

Prosper. Voir Padilla (Luis de).

Prud'homme (Léonidas). Voix Desmarres,

Quenat. Sous ce pseudonyme, M. Gustave Naquet^ journaliste et même un peu auteur dramatique, a signé au journal le Pays le bulletin quotidien de la Bourse.

Quercy (Louis de), pseudonyme du journaliste Emile Villarsy rédacteur assidu de l'ancien Figaro, du Nain Jaune et autres feuilles de la petite presse. Il a publié un roman à P Opinion Nationale , donné une comédie, les Précieuses du jour, dont la censure n'a pas autorisé la représentation, et une brochure d'actualité, la Question des Biches (Dentu, in-32, 1865).

Quévilly (Valentin de). M. Edmond About a publié sous ce pseudonyme, au Figaro (18J6-57), une série d'articles dirigés en partie contre ceux de ses aimables confrères qui l'avaient récemment malmené au sujet de Tolla et de Guillery. La campagne fut courte, mais signalée de part et d'autre par de cruelles représailles. M. About alla ensuite porter ses causeries et son pseudonyme à l'Opinion Nationale (1859), où il écrivit sur tous les sujets de nombreux articles depuis réunis en volumes; il les signait encore quelquefois vicomte de Quévilly,

Né en 1 828, à Dieuze, où son père était épicier, M. About est entré en 1 849 à l'École normale, et il a su se faire, en quelques années seulement, l'un des noms les plus éclatants

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de la littérature contemporaine, aussi bien par la valeur même de ses écrits que par les polémiques nombreuses et bruyantes auxquelles ils ont à peu près tous donné lieu.

Il est curieux de relire, après un assez long temps écoulé, les critiques faites sur certains livres qui ont à leur apparition soulevé les passions les plus violentes et souvent les plus injustes. Chaque livre d'About a généralement subi quand même les « éreintements » de la critique. C'était jadis un parti pris. Il y a douze ou treize ans « tomber « About et le Figaro était le cri de guerre des petits et même des grands journaux. Personnellement, j'ai fait à ce sujet comme beaucoup d'autres, et j'ai alors démoli de mon mieux le Figaro et About, qui ne s'en portent pas plus mal. C'est surtout à l'occasion de la Question Romaine qu'il y eut contre lui déchaînement de furieuses inimitiés. J'ai un exemplaire de la i^® édition de ce volume spirituel, amusant, et, quoiqu'on ait pu dire, si juste et si exact, et j'y ai annexé à la reliure une partie des articles imprimés contre lui à l'époque de sa publication.

Je trouve en première ligne et avant ces articles une lettre inédite et qui a été écrite à un académicien par une femme célèbre qui est tout à fait le contraire d'une bigote. Elle avait reçu le livre alors qu'il n'avait encore paru qu'en Belgique, et elle supposait qu'il n'entrerait pas en France :

Avril i8j9.

« ... . J'avais mieux auguré des tendances littéraires de l'auteur. C'est un jeune homme tout au plus ; il fait encore ses dents, mais il les a terriblement longues à l'endroit du pape. Il me semble qu'on peut ne pas avoir de religion et cependant être beaucoup plus religieux que M. About, Pas plus que lui , je n'aime le gouvernement du pape ; mais il fallait au moins respecter ce vieillard trés-inoffensif, qui ne pense pas à mal d'une façon par trop exagérée.

Ce livre n'est ni un pamphlet, ni une satire ; il faut le langage acre et cru de Veuillot pour le bien qualifier. Si le gouvernement laissait entrer

278 QUÉVILLY.

un tel ouvrage en France, il pourrait tout aussi bien fermer les églises et chasser les prêtres. Il ne sera pas si maladroit. Ce n'est pas l'heure oti I*on peut sans danger laisser insulter le pape ; on peut au besoin vouloir en faire un drapeau et un prétexte ; le vilipender en France serait ruiner sa cause en Italie ; ce n'est surtout pas d'un homme aussi peu sérieux que M. About que devraient venir les premiers coups .... Cependant je lui pardonnerais presque tout cela en faveur de ses autres livres, qui m'ont

fort amusée mais il manque de sensibilité et de tact; je crois sa verve

un peu factice, et je trouve ses héros peu intéressants c'est un sceptique. »

C^est Veuillot maintenant, dont les coups sont plus rudes :

« Nous avons parcouru le livre de M. About très-vite comme on tra verse les rues occupées par certains ouvriers nocturnes. C'est pire encore; il y règne une odeur de bouc plus répugnante et plus odieuse. Le journal Belge et Russe qui s'en est le premier imprégné par faveur nous avait fidèlement apporté ce parfum. La Question Romaine de M. About est principalement une diffamation et une grimace. Quand l'auteur ne diffame pas, il tire la langue... Ne nous condamnons pas à barboter davantage dans le livre et dans l'odeur de M. About. »

[Univers, 13 mai 1859.)

« M. About est chef d'emploi. Le renard chasse derrière le lion : d'autres, encore suivent le renard. Ils se précipitent sur les pages de la Question Romaine; ils les découpent par petits morceaux et, les mains pleines, se retournant vers le chef de l'Église, ils lui jettent de l' About. »

[Univers y 14 mai.

Puis vient un long article du même où About est traité (( d'Almanzor de la nouveauté s'élançant des mains d^un coiffeur, luisant et parfumé, pour éblouir un bal de bourgeoises et tout ravager dans un souper du demi-monde. » « Quelquefois, dit-il encore , on entend comparer M. About à Voltaire ; il faut laisser dire cela, et Voltaire ne l'a pas volé. La vérité est que M. About descend de Voltaire par le compère Mathieu. »

QUÉVILLY. 279

Plus tard, un autre article encore , reproduit dans le Figaro sous ce titre : Une Volée de bois vert.

L'Évêque d'Orléans, le fameux Mgr Dupanloup, s'en mêle aussi :

« Puis-je vous rappeler sans rougir, dit-il à ses ouailles dans un mandement spécial, les lâches calomnies vomies, c'est le mot, contre le Saint- Père et contre son dévoué ministre par une plume française ?... »

Ce à quoi M . About répond :

« J'habite une petite maisoit isolée du Bas-Rhin; les journaux de scandale n'arrivent pas jusqu'à nous. C'est vous dire que nous ne recevons ni le Figaro j ni l'Univers, ni les mandements politiques des Évêques. »

Et il continue par cette phrase, alors ambitieuse, mais aujourd'hui plus justifiée par ses écrits depuis publiés :

« si le malheur voulait que dans quinze ou vingt ans je fusse votre voisin à l'Académie française, vous seriez forcé ou de quitter votre place ou de convenir avec moi que vous avez été trop vif. »

Et à propos de cette lettre d'About, viennent de curieux Échos de Paris du Figaro signés Jules Noriac, où Tauteur conclut « qu'About croyait , en écrivant sa lettre, répondre à un Évêque des Bouffes-Parisiens. »

(16 octobre 18^9. )

Autres Echos de Paris d'Alphonse Duchesne, à ce même Figaro y où il est dit qu'About « est un colosse d'orgueil servi par des facultés plus apparentes que réelles. »

(j novembre 1859.)

Puis viennent le récit des aventures de M. About au Figaro, où il est déclaré qu'en sa personne le malin journal « a réchauffé un serpent dans son sein », et un long article de M. Vaudin, publié dans l^Orphéoriy (5 janvier 1860), qui ne badine pas, mais qui insulte.

28o QUILLEMBOIS.

Il y a de cela dix ans déjà, et on a pour ainsi dire tout oublié ! Romancier exclusif de la Revue des Deux Mondes, officier de la Légion d'honneur, M. About a depuis longtemps jeté sa gourme ; on ne l'accusera plus aujourd'hui de ne pas être un homme « sérieux. »

Quillembois , dessinateur comique, de son vrai nom de Sarcus,

Quod (John), pseudonyme du romancier américain Irving (John), neveu du célèbre écrivain W. Irving.

S-^l a^..„ ^AAC ^/^ o^ou^élj^ /-

R. de B. Voir Beauvoir (Roger de).

R. de la R. (Le baron). Le Figaro a donné en 1868 quelques articles très-bien informés sur la première communion du prince impérial, sur des voyages de la Cour, sur des réceptions aux Tuileries, et avec des détails intimes sur les habitudes de l'entourage impérial, lesquels articles étaient signés de ce pseudonyme. Leur auteur, qui depuis a été brutalement évincé du Figaro (août 1868) pour un article d'opinion trop peu avancée pour les allures politiques qu'affichait alors le journal, à la suite des condamnations réitérées qu'il venait d'encourir (i), se nommait Bouscatel (Pierre- Edouard). Employé dans les bureaux de la préfecture de police, il a donné sa démission.

(ij Amendes et frais payés en août 1868 :

Procès Jules Richard.

Part de Jules Richard j,766fr.

Part de M. de Villemessant ï>ï76

Procès Pastoureau

Part de Jules Claretie i,ooo

Part de M. de Villemessant 1,000

Part de l'Imprimeur 690 J

9,632 fr.

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