VALNAY
Valnay, l'un des meilleurs acteurs de la Porte-Saint- Martin; je parle de la troupe sérieuse, de celle qui joue le drame et la comédie, et non le Pied de Mouton ou la Biche au bois. Né Desroches (Jacques-Ernest), en 1 817, il a débuté en 1836. Il a fait, comme tant d'autres, ses dix ans de Russie. En 1857, il a donné quelques représentations à POdéon.
Valory, ancien directeur des Folies- Dramatiques et auteur dramatique sous ce pseudonyme. Né Mourier (Charles), il est mort en 1844. Il a été l'un des plus heureux et des plus habiles directeurs de théâtre de Paris. Son fils, qui a repris le même théâtre après lui, et qui est mort il y a quelques années, a fait également sa fortune où son père avait trouvé la sienne. Il avait l'art d'attirer le public dans une salle affreuse, malpropre, sans air comme sans lumière, où il ne faisait aucuns frais ni d'acteurs, ni de décors, ni de costumes. Mais ses pièces étaient amusantes et son théâtre bon marché. Avait-il un insuccès? il trouvait encore le moyen de jouer quarante fois la pièce chutée , plus entêté que le public, qui avait si bien l'habitude de son théâtre qu'il y venait écouter quand même tout ce qu'il plaisait à cet unique et curieux directeur de lui servir.
Depuis les Mourier, la salle a été reconstruite, redorée et magnifique. On y trouve des fauteuils là où l'on n'avait jamais vu que des banquettes, et quelles banquettes ! On 7 dépense de grosses sommes en costumes et en décors; la foule est moins fidèle cependant, car les places sont plus chères; ce n'est qu'à coups d'Œil crevé et de Chilpiric qu'on parvient à remplir la salle ; mais le monde qu'on y rencontre est bien plus un public nouveau, attiré par les excentricités du moment, qu'un public d'habitués.
Valrey fMax), romancier, ou mieux romancière, car
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cet écrivain se nomme M"* Miller née Gaude (Eugénie- Marie). Lire d'elle un joli roman, les Filles sans dot. — Morte en 1865.
Valserres (Jacques), rédacteur agricole du Constitutionnel, né Jacques, à ValserreSy petite commune peu distante de Gap. Il a publié des études sur l'agriculture, sur le droit rural, et surtout un Manuel d'économie agricole (1846).
Van Blaghenberg. Le savant antiquaire, membre de l'Institut et sénateur, Caignart de Saulcy, né en 1807, a signé de ce nom quelques écrits lors de ses débuts dans les lettres.
Van-der-Vuylen (Léon). Pseudonyme du célèbre écrivain belge, membre de l'Académie royale de Belgique, Po/^i/i '(Mathieu), né en 1808 et qui a donné une série de très-importants récits historiques , généralement relatifs à l'histoire de son pays, ou de ses rapports avec les autres États.
Van Engelgom. Sous ce nom, M. Jules Lecomte a publié, en 1837, un P^^^^ volume médiocrement aimable, intitulé Lettres sur les écrivains français (Bruxelles, in- 12). Il s'y juge ainsi :
tt C'est un grand mince et pâle qui porte moustache et mazarines. On lui donne l'air hautain et quelque peu fat; c'est un de ces hommes qu'on aime complètement ou qu'on hait complètement. Comme écrivain, il a de l'imagination... il fait des vers ridicules, il a vingt-quatre ou vingt-cinq ans, et il porte à l'année un petit lorgnon d'écaiile incrusté dans l'œil... »
Ce petit livre est devenu très-rare ; son auteur, à qui il avait fait beaucoup d'ennemis, aurait bien voulu ne l'avoir jamais écrit, et chaque fois qu'il parvenait à en découvrir un exemplaire, il le jetait au feu.
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Jules Lecorate a encore pris les pseudonymes de Du Camp (nom de sa mère) et (V André (Chronique Parisienne du Monde illustre). Il a d'abord signé JV... ses courriers de l'Indépendance belge avant d'y mettre son nom.
Il est mort en 1864, à 50 ans. C'était un homme aimable, serviable, qui écrivait assez mal lefrançais, mais avec esprit, et qui s'était fait avec sa Chronique du samedi au Monde illustré une position très-autorisée dans la presse parisienne. Il a eu de désagréables procès, et il ne jouissait pas d'une merveilleuse réputation ; mais j'ai eu l'occasion de constater, en diverses rencontres et pour quelques affaires personnelles, qu'il valait vraiment mieux qu'elle (1).
Signe particulier : Ennemi juré de M"* Ristori, qui l'avait fait condamner à des dommages-intérêts pour avoir dit trop crûment ce qu'il pensait du talent de cette célèbre tragédienne.
Vannoy. L'un des meilleurs artistes de la Porte- Saint-Martin. Son véritable nom est Alanic, « Ayant eu peur, me dit Edouard Fournier, de son nom et de la nique qu'il lui aurait value de la part des titis, il le changea. Pour s'en faire un autre, il se souvint qu'il était de Vannes et il s'appela Vannoy. »
Van Ryck, correspondant soi-disant belge du journal la Patrie. La feuille semi-officielle insérait les lettres fort peu favorables à la Belgique que lui adressait ce Belge de pacotille, qui n'était en somme qu'un journaliste parisien du nom de Léon Estivant. L'Indépendance belge , dans son numéro du 6 août 1868, a jeté feu et flammes, et injures, et malédictions au sujet de cette découverte. « Nous
(i) AU moment de sa mort il conigeait les épreuves de son denier livre : le Perron de Tortoni. (In-]?.)
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savions bien, dit-elle, que nous avions affaire à un faux Belge ! )>
Van Slopen. Le lecteur n'a sans doute pas oublié tout à fait la singulière histoire du propriétaire de ce pseudonyme. Je la lui rappellerai en peu de mots :
Le comte Guillaume Libriy né en 1803 et fils du comte Georges Libri'BagnanoÇi)^ était un célèbre professeur italien qui se fit naturaliser Français en 1833, et devint successivement collaborateur des principaux journaux de Paris, professeur de Sorbonne et membre de l'Académie des sciences. Il avait le goût des livres r^res, des manuscrits précieux et surtout des autographes, et il était de notoriété publique que ses collections de ces diverses choses étaient des plus considérables comme aussi des plus authentiques. Cependant il arriva que les archives des Affaires étrangères, delà Bibliothèque royale et d'autres bibliothèques importantes de Paris et des départements, se plaignirent de vols nombreux faits et renouvelés à leurs dépôts, malgré la plus active surveillance. Quelques indices firent soupçonner le savant M. Libri d'être l'auteur de ces diverses soustractions. Sa haute position dans l'Université lui avait donné l'entrée particulière de toutes les bibliothèques, et il y venait et en sortait comme il voulait, emportant ce qu'il trouvait à sa convenance sous le prétexte de livres ou de manuscrits à consulter pour ses travaux. Il profita de la liberté qui lui était ainsi laissée pour distraire adroitement des collections et s'approprier des pièces inestimables. Une instruction fut
( I ) L'escroquerie semblerait avoir été de tradition dans cette famille ; le comte Georges Libri, qui était aussi un savant et qui avait publié beaucoup d'articles et de brochures sous son nom, et encore sous les pseudonymes de Linny-Babagor et de Misochlocrate , fut également condamné plusieurs fois pour escroqueries et récidives, sous la Restauration et au commencement du règne de Louis-Philippe. Il est mort en 1^34. .
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secrètement commencée contre lui au lendemain même de la révolution de 1848 (1); il en fut informé par ses amis, et il prit aussitôt la fuite. Réfugié à Londres, il ne cessa de protester de son innocence, avant comme après l'issue de son procès. Il n'en fut pas moins condamné, le 22 juin 1850, à dix années de réclusion par la Cour d'assises de la^ Seine.
Son affaire fit grand bruit; il y eut, pour et contre, beaucoup de passion et d'animosité répandues publiquement dans des brochures et des articles nombreux ; mais le fait du vol reste néanmoins certain. Une dernière tentative de réhabilitation faite au Sénat^ en juin 1861, sur le rapport de M. Mérimée, est restée également sans conclusion favorable. Bien plus, les détails du vol et du procès, reproduits alors devant la haute assemblée, rappelèrent une fois encore au public cette affaire, déjà vieille de plus de dix ans, et la culpabilité de M. Libri se trouva af^rmée de nouveau, d'une manière évidente, et, cette fois, définitive.
Le comte Libri, avant son procès, avait fait plusieurs ventes de manuscrits et d'autographes où figurèrent la plupart de ceux qu'il avait soustraits après suppression de toute trace de leur provenance. Il rédigeait lui-même, par surcroit de précaution, et avec le plus grand soin, les catalogues de ces diverses ventes, et il les signait tous de noms différents et supposés : Cannazary Riffet^ Van Slopen, W. oitlieby Thomas (W.). Il a donné de nombreux articles
(i] Sans une découverte inattendue « Taffaire Libri eût peut-être été étouàëe même avant d'avoir été entamée, grâce à la révolution de 1848, qui portait alors bien ailleurs les préoccupations et les esprits. Au pillage du Ministère des Affaires étrangères, au boulevard des Capucines, on trouva sur la table de M . Guizot une dénonciation catégorique des faits ci-dessns rapportés. Le ministre de la justice de la république s'en empara, et l'affûre suivit son cours.
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anonymes 4e littérature et de sciences à la Revue des Deux Mondes de 1832 à 1848, et au Journal des Savants de 1840 à 1846.
Vamer. Sous ce pseudonyme, un homme de talent et de conviction, M. Louveauy a fondé avec Delvsdiie (voyez Dell-Bricht) le journal le Gaulois^ premier du nom, qui a mangé, hélas 1 comme cela arrive trop souvent, plus dVgent qu'il n'en a rapporté.
Vaulabelle (Êléonore de). Voir Cordier (Jules),
Vauvert (Maxime). Voir Bernard (Léo de).
Vay (Edme), avocat à Paris, né Maurice Vautieret qui a publié quelques brochures relatives à l'ingérence de l'Église dans les affaires de l'État, et un recueil des divers arrêts, édits, etc., rendus contre les Jésuites (i).
Védel, ancien directeur-administrateur de la Comédie-Française, d'abord acteur en Russie, né Poulet. Il a publié > en 1859, ^^^ notice sur la tragédienne Rachel Félix, in-80.
Velnac. Un avocat, M. Lecarui^ a publié sous ce pseudonyme, chez l'éditeur Le Chevalier, un petit volume in-3 2 : Des Femmes {\i6j). On doit encore à M. Lecanu le texte d'un livre anonyme, illustré de jolies eaux-fortes de Maxime Lalanne, Chez Victor Hugo, par un passant (Cadart et Luquet, 1868, in-80).
Vémar. Voir Armentières.
Ventine (Pons de). Le célèbre M. Viennet, fabuliste, auteur dramatique, poète épique et didactique, académicien, ancien officier d'artillerie de marine, puis d'état-
(0 L'Église dans PÉtatti les Jésuites en justice (1845).
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major, etc. (i), a publié, sous ce pseudonyme , en 1808, un poëme en Thonneur de la victoire d'Austerlilz , poëme qu'il avait intitulé rAusîerlide.
M. Viennet, qui estmort en 1868, à 91 ans, a été l'un des derniers poètes vraiment convaincus de ce siècle ; il accomplissait sa mission. d'homme de lettres à l'égal de ce qu'on appelle parfois, en plaisantant, un sacerdoce. Il fut abreuvé de nombreux déboires et passa successivement par toutes les phases les plus variées de la popularité et de l'impopularité ; accusé par les uns, moqué par les autres, tour à tour dénigré ou exalté outre mesure, mais ayant toujours eu l'esprit de se maintenir ferme, solide et inaltérable au-dessus des petites guerres de parti qu'il eut à subir.
Un hasard heureux a fait tomber sous mes yeux le testament de cet homme d'esprit. C'est une pièce fort curieuse et restée, je crois, jusqu'à ce jour inédite. J'en reproduis ci-après la plus intéressante partie, celle qui a trait précisément aux opinions de l'auteur, à ses œuvres et aux luttes qu'elles lui suscitèrent :