‹ Dictionnaire des pseudonymes (volume 4)Chapitre 65 sur 257 · GASTON · texte numérisé non relu

GASTON

aux DébaîSy où il signait des articles X. X. X. Il profita de son incognito pour exalter outre mesure ceux de ses confrères ou des grands et petits compositeurs du temps qu'il préférait, et pour dénigrer, au contraire, d'une façon souvent brutale ceux qui n'avaient point eu le don de lui plaire. Directeur de l'Odéon sous la Restauration , il y a initié le public français aux principaux chefs-d'œuvre de la musique étrangère, en faisant représenter ceux des opéras de Weber, de Mozart, de Gluck, et même de Rossini, que la France ne connaissait pas encore. Qn'on se souvienne de la vogue immense de Robin des Bois, des débuts de Duprez, de la Pie Voleuse^ etc. — Mort en 1857.

Gaston (Alfred de), célèbre prestidigitateur, né en 1821 i4un/<?/i///^( Antoine). Ancien élève de l'École polytechnique, membre de la Société des gens de lettres. Dentu a publié de lui deux brochures relatives à sa science, les Tricheurs (1863, in- 12) et /^5 Marchands de miracles (1864, in- 12).

Catalogus (Dom), pseudonyme du bibliographe, publiciste et annotateur Gustave Brunet , né en 1 807 , et membre de l'Académie des belles-lettres de Bordeaux.

Ne pas le confondre avec Charles Brunet, l'auteur du Manuel du Libraire, et qjiii est mort en 1868, à 88 ans, laissant une bibliothèque dont la vente a été un événement.

Caucliois-Lieiiiaire , célèbre publiciste, directeur du premier Nain Jaune^ plusieurs fois supprimé sous sa direction, et que plusieurs fois aussi il eut l'habileté de faire renaître sous divers titres, qui permettaient toujours de le reconnaître.

Né Cauchois, il avait joint le nom de sa mère au sien. — Mort en 186 1, à 78 ans.

Caude (x;. Voir Reader.

CÉNAC. 5 I

Gazai. Voir Bussy (Charles de).

Cée, directeur et fondateur du journal spécial l* Illustration militaire, dont le vrai nom est Co/z// (Paul).

Célestin. Un ancien bafbiste, M. Lefeuve (Célestin), a publié sous son seul prénom, en 1863, une étude sur cette célèbre institution, sous ce titre : les Barbistes et Sainte- Barbe (in- 18).

Celnart (Elisabeth). Les vers, lés romans, les divers manuels d'économie domestique et autres publiés sous ce nom, ont pour auteur M"^ Canard (Elisabeth), née en 1798 et femme de M. Bayle-Mouillard, ancien conseiller à la Cour de cassation.

Cénac-Moncaut, écrivain, né en 18 14, et dont le nom est simplement Cénac (Justin-Mathieu), auquel il a ajouté celui de son grand-pèré. — Il a signé encore Edouard Gambo.

M. Cénac-Moncaut, qui est originaire du Midi (son père était procureur impérial à Mirande), a recueilli dans un curieux volume : Littérature populaire de la Gascogne, les contes, mystères, chansons historiques et satiriques, etc., de diverses contrées méridionales les plus fécondes et les plus riches sous ce rapport (Dentu, i vol. in- 18, avec texte patois, traduction et airs notés). Cet écrivain a concouru, en 1868, pour le prix Thiers, qui se décernait cette année pour la première fois. Il présentait aux suffrages de l'Académie un remarquable ouvrage : Histoire du caractère et de l'esprit français. L'illustre assemblée a préféré, tout en mentionnant honorablement le livre de M. Cénac-Moncaut, le consciencieux travail de M. Marins Topin : l'Europe et les Bourbons sous Louis XI Vj qui avait d'abord été publié

52 CÉNAR.

dans le Correspondant avant de paraître en volume chez Didier.

Le prix Thiers se distribue tous les trois ans ; il est de 3,000 francs. On en sait Torigine : M. Thiers ayant reçu de l'Académie le prix biennal de 20,000 fr. créé par l'Empereur , offrit cette somme à l'Institut, à la condition que tous les trois ans les 3 ,000 fr. que produirait son placement seraient donnés au meilleur ouvrage sur les arts, la littérature ou rhistoire, qui viendrait briguer ses suffrages. (1864.)

Cénar (Jules de). Journaliste et romancier, né Jules de Carné-Trécesson^ et parent de l'académicien, le comje Marcein de Carné.

Céran (Léon de). Sous ce pseudonyme, M. Vidal (Jérôme-Léon), inspecteur général des prisons, ancien journaliste et publiciste politique , a fait représenter jadis quelques vaudevilles, surtout au théâtre des Variétés. — Né en 1797.

Cerise. Célèbre médecin spécialiste, né en Italie en 1809. Il a francisé son nom, qui est Cerisi (Philibert). Il a publié divers écrits relatifs à la médecine.

Cerny (Pierre de). Pseudonyme du journaliste Pierre Delbarre.

Gerrito vFrancesca), née en 1821 à Naples, et plus connue sous le prénom de Fanny., qu'elle s'est improvisé pour les besoins de la scène et de l'affiche. Elle a épousé le danseur Saint-Léon (Arthur), dont elle est séparée depuis i8$o.

Cerzy (Gaston de), pseudonyme du journaliste et poëte Piedagnel (Alexandre). Il a collaboré au Constitutionnel, à la Revue française, au Figaro et à beaucoup d'autres journaux de Paris et de la province, où il donnait des correspondances parisiennes sous le pseudonyme précité, à

la Vigie de Cherbourg, au Phare delà Manche^ etc.. Il les signe encore aujourd'hui Henri Vernon, et il écrit aussi dans divers journaux de Paris des articles sous ce même nom. Il a publié à la Revue de poche des poésies sous les initiales P. P*, et il a encore collaboré au fameux Parnasse contem^ porain de PéditeurLemerre.

Ancien employé delà marine, M. Piedagnel a beaucoup voyagé, et le Moniteur et les journaux officiels et spéciaux de la marine ont cité ses services et son dévouement pendant une épidémie survenue dans les contrées où il se trouvait de passage. Un volume de poésies : Avril I doit paraître prochainement sous son nom. — Né en décembre i8ji.

Gey (Arsène de). Pseudonyme d'un romancier, chef de bureau au ministère des travaux publics sous son vrai nom Chaise de Cahagne (Arsène -François). — Né en 1806.

Chabot (Charles). Voir Pécher el.

Chacaton (De). Pseudonyme du peintre Henri (Jean- Nicolas). — Né en 1813.

Chaintré (Clément de). Voir Gentil.

Gham. Pseudonyme du célèbre dessinateur et caricaturiste, né en 181 9, et dont le nom est Amédée de Noé. — Il est le fils de l'ancien pair de France le comte de Noé, mort en 186$.

Ghampercier (Edouard). Voir Raymond (Michel).

Champfleury. Pseudonyme usuel de l'écrivain Husson-Fleury (Jules-François-Félix), né le 17 septembre 182 1 , à Laon, où son père était secrétaire de la mairie.

Il débuta dans les lettres, sous le nom de Cabrion, au journal le Ttim-r^m (1843), puis il mit au bas de quelques biographies publiées dans le Journal de l* Aisne (1844), et

d'un article de P Artiste (1844) intitulé Une Visite aa Louvre, son nom véritable de Jules Fleury, A partir de cette époque, il adopta le pseudonyme sous lequel il est généralement connu. Si l'on en croit M. Ch. Monselet (i), ce serait M. Arsène Houssaye qui, trouvant le nom de « Champfleury » plus élégant, plus fleuri, plus dix-huitième siècle enfin, aurait engagé son rédacteur à le substituer au sien propre.

En 1840, M. Champfleury publia, avec ses amis Baudelaire et Toubin, un journal politique, le Salut public, qui n'eut que deux numéros et dont tous les articles étaient anonymes. Dans la même année il collabora activement au journal hebdomadaire la Silhouette y et y inséra notamment un grand nombre d'articles sur les beaux-arts, signés Bixiou.

La Gazette des Beaux- Arts du i^"" juin 1861 contient une lettre sur l'Exposition de Rouen, signée C***, qui est de Champfleury.

Dans le numéro du 1 5 janvier 1 862 de la Chronique des Arts a été insérée une lettre au bas de laquelle est apposée la signature Bloomfield (Champfleuri en anglais), que nous avons également retrouvée dans la Nouvelle Revue de Paris (no du 15 septembre 1864), sous un article relatif à Choderlos de Laclos et M"® Riccoboni,

{i) Voici le passage de la Lorgnette littéraire auquel nous faisons allusion : (1 La manie dominante de M. Houssaye consistait à rebaptiser ses rédacteurs : de M. Jules Fleury, il a fait Champfleury ; de M. Hippolyte Castille, le Chevalier Castille; il a obligé M. Aubriet à s'appeler Aubryet avec un y. Nous-même nous n'avons pas été à l'abri de ses tentatives euphoniques. Lorsque nous allions corriger nos épreuves à l'imprimerie Gerdès, il nous arrivait de trouver notre nom orthographié, tantôt Moncelé (comme Franjolé), tantôt Charles de Monselay, et c'étaient de véritables combats pour obtenir la restitution du nom de nos pères. »

Un article du Moniteur (24 mai 1864) sur l'Exposition d'Évreux, signé Lhôîe, est du même écrivain.

Lorsque Marcellin fonda la Vie Parisienne, Champfleury prit une part active à sa rédaction, signant d'abord ses articles de son nom entier, puis simplement de ses initiales. Une nouvelle de lui, donnée à ce journal, le Comédien Racle (25 juin 1864), est signée Molincharî, nom emprunté à la ville imaginaire dans laquelle se passe le remarquable roman du même auteur : les Bourgeois de Molinchart. Toujours dans /a Vie Parisienne^ il faut mettre à l'actif de Champfleury les notes anonymes sur Proudhon (n® du 20 janvier 1865).

La liste des ouvrages de M. Husson-Fleury signés de son pseudonyme ordinaire Champfleury serait longue à dresser, et d'ailleurs presque tous sont très-connus et même populaires. On connaît moins ses Pantomimes^ imprimées à peu d'exemplaires et devenues rarissimes. Au moment de leur représentation, elles excitèrent vivement l'attention des délicats ; Théophile Gautier s'en occupa longuement dans ses feuilletons de la Presse, qu'on retrouvera en partie réimprimés dans les curieux Souvenirs des Funambules de Champfleury.

Au moment où l'on voit éclore tant de journaux personnels, il n'est pas inutile de rappeler que M. Champfleury publia, en 1858, une Gazette de Champfleury du format des Guêpes^ et dont deux numéros seulement parurent, ceux des i^"* novembre et 1" décembre.

Il faut signaler aussi une transformation récente dans le talent et la manière de M. Champfleury. Ce n'est plus au roman qu'il s'adonne spécialement aujourd'hui; il semble, au contraire renoncer peu à peu à ce genre, qui a fait d'abord sa célébrité. Certaines études, qui ont pour les bibliophiles et les lettrés plus d'attrait et plus de valeur que les

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histoires inventées à plaisir, donnent au talent de M. Champfleury une physionomie nouvelle, et le classent plus sérieusement dans l'estime des gens de goût et des connaisseurs. Il faut lire ses curieux et savants travaux : Histoire des faïences patriotiques sous la Révolution ; Histoire de la Caricature antique et moderne; l^ Hôtel des Commissaires- priseur s (4 vol. in- 18, illustrés, Dentu), et bientôt, chez le même éditeur, Histoire de V Imagerie populaire (i vol. in- 18), et, enfin, le ravissant livre /w C/ï^f5, presque aussitôt épuisé que paru (librairie Rothschild), etc., etc.

Encore une particularité à noter à l'endroit de M. Champfleury. Sur la couverture de ses premiers livres, on voit annoncés en préparation les titres de ceux qu'il a depuis publiés. Il est peu d'écrivains qui aient ainsi tenu, vis-à-vis du public et d'eux-mêmes, leurs promesses de jeunesse, engloutis qu'ils ont été dans le mouvenrent contemporain, détournés de leur vraie voie et obligés de produire sans relâche pour nourrir u le journal», ce minotaure littéraire qui a déjà absorbé, usé et anéanti tant de talents sincères et vigoureux. Pour un Capitaine fracasse qui voit le jour, que de Quiquengrogne ne sont jamais écrits 1...

Dernier renseignement biographique : Le 17 juillet 1867, M. Champfleury a épousé M"« Pierret.

Ghampin (Le docteur). Les articles publiés sous ce nom dans les journaux de médecine vers le milieu du règne de Louis-Philippe avaient pour auteur une célèbre sagefemme, M™® Jullemier (Geneviève), femme fort instruite, de beaucoup d'intelligence et d'esprit, et qui fut mêlée à bon nombre d'intrigues et d'histoires intimes dont le récit figure dans les mémoires apocryphes publiés sous son nom.

Elle était fort liée avec le fameux docteur Giraudeau (de Saint-Gervais),qui lui fournissait sa meilleure clientèle. On

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