‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 147 sur 195 · M 8 PAP · texte numérisé non relu

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de fer et de potassium un précipite jaune ; le cyanure de mercure un précipité lilanc; l'iodure de potassium un prépitc noir, soluble dans l'ammoniaque sans la colorer, enlin la solution de protosulfate de fer réduit le palladium et le précipite sous forme de poudre.

PAPIERS- RÉACTIFS. On donne ce nom à divers papiers colorés à leur surface par des matières colorantes qui, prenant sous l'influence des acides et des alcalis des couleurs différentes, servent ainsi à constater l'existeuce des uns et des autres.

Les plus employés sont : 1° le papicrde lournesol', 2° le poirier de curcuma •, 5" \c papier dejernamhouc

Le papier teint par la couliiur du tournesol s'emploie avec sa couleur naturelle, ou rou;;i par un acide vé^^élal-, dans le premier cas il devient rou;;e par l'action des acides, cl dans le second , il reprend sa couleur bleue en présence des alcalis ou des composés qui en remplissent les fonctions. Pour l'usa^jc on découpe ce papier en petites bandes ({u'on conserve dans des flacons secs et bien bouchés pour éviter que la couleur ne s'altère par les vapeurs acides qui sont répandues si souvent dans l'air des laboratoires.

Le papier coloré par la décoction de racine de curcuma est Jaune-, il devient brun rougeâtre par les alcalis, et reste jaune avec les acides.

Le papier colore par l'infusion de bois de fernambouc; est rouge, il devient jaune par les acides et bleu par les alcalis.

D'autres papiers diversement colorés peuvent être employés aux mêmes usages , mais on ne s'en sert pas aussi fréquemment que des premiers.

On applique quelquefois à la surface des feuilles du papier blanc diverses substances el préparations chimiques qui permettent de les employer comme réactifs dans certaines circonstances; tels sont les papiers teints par le sul-

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fate tVindigotine, qui sont décolores par le chlore, le brome et les solutions des chlorites; les papiers impréjjnés d'acétate de plomb, qui peuvent servir à reconnaître le [jazliydrosulfurique mêlé en petite quantité à divers (jaz; les papiers amidonnés à leur surface, qui se colorent en bleu par l'iode , ou en présence des iodures dissous et d'un peu de chlore, etc., etc.

PARATx\RTllATES. Genre de sels formés par l'union d? l'acide paratartrique avec les oxides métilliques. Ces sels se rapprochent sous quelques rapports des tarlrates auxquels ils correspondent par quelques unes de leurs propriétés et par leur composition. Un seul paratartrate se rencontre dans la nature, c'est le biparalarlrate de potasse (|ui se trouve mêlé au bilartrate de potasse dans certains échantillons de tartre brut provenant des raisins aif;res.

Caracllres dlsfincfi/s. 1" Les paralarlr^tes projetés sur les charbons ardents seboursoutleiit, noircissenten exhalant l'odeur du tarlrc brillé.

i2" Dissous dans l'eau, ils précipitent la solution des sels calcaires et même celle du sultate de chaux en flocons blancs peu solubles dans l'eau j ce précipité se redissout dans l'acide hydrochloriqiie très étendu et reparait aussitôt par la saturation avec l'ammoniaque, ce que ne produisent pas les tartrales.

Bii>AUA.TAUTUATE DE poTAssii. Cc scl sc rcncontrc à l'état de mélange avec le bilartrate de potasse dans certains échantillons do tartre. On le distiu}j,ue du bitartrale eu ce que la solution précipite les solutions de nitrate et de sulfate de chaux. Il est moins soluble que la crème de tartre, et se présente en petits prismes aciculaires.

PHOSPHATES. Genre de sels formés par l'union de l'acide phosphorique avec les bases. Ces sels se présentent sous cinq états de saturation, savoir, à l'état de phosphates

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neutres, de sesquiphospliates, de biphosphates, de phosphates sesquibasiques et de phosphates bibasiques.

Tous les phosphates neutres à base d'oxides métalliques sont insolubles dans l'eau, à Tesception de ceux à base de potasse et de soude. Ils se dissolvent tous dans un excès d'acide phosphorique ou de tout autre acide qui forme ^vec leur base un composé soluble, et se transforment en sesquiphosphatesoubiphosphates. Ilssont indécomposables par la chaleur, lorsqu'ils sont formés d'ailleurs par des oxides fixes.

Composition. Les phosphates neutres sont formés de deux atomes de base unis à un atome d'acide phosphoricjue.

Caractères distinctifs. 1" Calcinés au chalumeau sur Ir charbon avec de l'acide borique, ils fondent avec boursouflement, si on porte dans la masse en fusion un morceau de fil de fer fin, l'acide phosphorique est réduit à une haute température, et il en résulte du phosphure de tVr qui fond en un globule {jris, cassant.

â'' Chauffés avec du potassium dans un tube do verre bouché, ils sont décomposés et fournissent un phosphnrc qui, séparé de l'exct's de potassium par un peu de mercure, laisse exhaler parle contact de l'air humide, ou d'un puu d'eau, du gaz hydroj^ène protophosphoré aisément reconuaissable à son odeur alliacée. Un milligramme d'un phosphate peut être distingué par cette réaction d'après les expériences de MM. Vauquelin et Thénard.

3° Les phosphates solubles, dissous dans l'eau, précipitent en flocons blancs les solutions de chaux et de barite, et le précipité est dissoluble dans les acides nitrique et hydrochlorique, mais il reparaît par la saturation de ces acides.

4° Les sels de protoxide de plomb y produisent un précipité blanc, insoluble dans l'eau. Ce phosphate de plomi)

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fond au chalumeau en un {jlobule qui cristallise par le refroidissement, et présente à sa surface des facettes bien prononcées.

5° Le nitrate d'argent versé dans la solution des phospliates non calcinés produit un précipité jaune-serin, mais lorsque ces sels ont éprouvé l'action du feu, et qu'ils se sont changés en pyrophosphates, leur solution forme alors avec le nitrate d'argent un précipité blanc.

Phosphate d'amuomaqle et de soude. ( Phosphate ammonicosodique. Berz. ) Ce double sel qui existe dans l'urine humaine pulréliée, a été connu des anciens chimistes sous le nom de sel de phosphore, sel fusible de l'urine. On le prépare en faisant dissoudre 16 parties d'hydrochlorate d'ammoniaque dans une très petite quantité d'eau bouillante, y mêlant 100 parties de phosphate de soude cristallisé, et faisant fondre le tout sur le feu ; la liqueur filtrée bouillante laisse cristalliser la plus grande partie du sel par le refroidissement.

Propriétés. Le phosphate double d'ammoniaque et de soude cristallisé, exposé à l'air s'effleurit, perd son eau de cristallisation et une partie de sou ammoniaque en devenant acide 5 chauffé au chalumeau, il fond, se boursoufle un peu, dégage de l'ammoniaque, et se convertit en biphosphate de soude qui , en se refroidissant, forme un verre transparent et incolore.

Usayes. D'après M. Berzélius, ce sel s'applique avec plus d'avantage que le borax à la fusion et à la détermination des oxides métalliques dont il fait ressortir les couleurs caractéristiques beaucoup mieux que ce dernier fondant. Employé au chalumeau dans les essais pyrognosliques, il agit surlout par l'excès d'acide phosphorique qui devenant libre au feu, s'empare des bases qui existentdansles composés minéraux, et forme avec elles des sels doubles plus ou moins fusibles, dont on examine la transparence et la couleur. En réagissant

sur les ooniposés dans lesquels sont combinés des acides, il les en (k';;ane s'ils sont volatils, ou partage avec eux les bases qui} sont unies s'ils sont fixes. 11 fait reconnaître l'acide silicique qui, mis en liberté par son action, se montre dans la masse en fusion sous forme de masse gélatineuse.

Phosi'iia.te de chkvx. Sous phosphate de cliaux. {Sous phosphale cale ique, Berz.) Cest un des phosphates calcaires qu'on rencontre le plus abondamment dans le règne organique. Il est un des pnncipes constituants des os de tous les animaux.

Propriités. Le sous phosphale de chaux est blanc , insipide et inaltérable au feu. Exposé à une forte chaleur il devient plus cohérent en se frittant, et ressemble alors à de riijdrate d'alumine calciné.

Composition. Cette variété de sous phosphate est formée d'après M. Berzélius de :

Acide phosphorifjue 48,54 5 atomes.

Protoxide de calcium. ..... oI,6G 8 atomes.

100,00 ■ Sa formule ^ o Ph^ ()% 8 CaO.

Caractères distinclifs. \° Chauflé seul au chalumeau , ] reste inaltérable, mais il fond avec le borax et donne un - ?xre diaphane qui tourne au blanc de lait par le flandjer, et devient opaque en refroidissant.

2° Les acides nitrique et hydrochlorique le dissolvent même à froid sans effervescence, l'ammoniaque l'en sépare ensuite sous forme d'un précipité blanc gélatineux qui prend l'apparence de l'Iiydratc d'alumine en se desséchant et se raccornit au feu.

3° Traité par l'acide sulfurique concentré, il forme un magma épais, et se transforme en sulfate de chaux peu soluble et en biphosphate très soluble au contraire.

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4" Dissous dans la pins polite cjnanlité possible (Vacide nitrique, il forme une dissolution qui précipite en blanc parToxalale d'ammoniaque, et produit avec le nitrate de plombun précipité blanc, iloconueux, qui se comporte au chalumeau comme le phosphate de plomb. (Voyez caractères généraux des phosphates. )

Phosphate de cobalt et d'aluufine. ) Sous phosphate ahnninico cohaltique.) Ce sel qui fait la base delà couleur bleue connue dans les artssouslenom de bleu de Thénard, se prépare en calcinant à un feu violent un mélange de phosphate de cobalt et d'hydrate d'alumine.

Propriétés et caractères. Ce sous phosphate double se présente dans le conimerce sous forme d'une poudre d'un très beau bleu-, il est insoluble dans l'eau et indécomposable par la chaleur seule. Fondu avec le borax il donne un verre coloré en bleu foncé. Calciné avec la potasse caustique, il est décomposé, et donne une masse noire de laquelle l'eau dissout du phosphate de potasse, de l'aluminate de potasse en laissant pour résidu du peroxide de cobalt insoluble.

Phosphate de soude. [Phosphate sadique, Berz. ) Ce phosphate se trouve en solution dans quelques liqueurs animales. On le forme en grand en saturant par une solution de carbonate d(; soude, l'excès d'acide d'une solution de biphosphate de chaux, filtrant et faisant évaporer la liqueur jusqu'au point qu'elle cristallise.

J^ropriétés. Le phosphate de soude se présente eu cristaux transparents prismatiques, à bases rhomboïdales •, il a une saveur salée sans aucune amertume. Exposé à l'air sec, il s'efïleurit en moins de quelques minutes et tombe peu à peu en poussière. Chaude il se boursouile , perd son eau, se dessèche et fond ensuite. Il est très soluble dans l'eau.

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Composition. Ce sel cristallisé renferme 62 p. cent d'eau, ou anhydre il es composé de :

Acide phosphorique. 53,50 \ atome. Protoxide de sodium. 46,70 2 atomes.

Sa formule = NO + 2Ph^ 0^

Caractères distinctifs. 1° Projeté sur les charbons ardents , ce sel fond dans son eau de cristallisation , se l)oursoufle et se dessèche ensuite.

1^ Sa solution aqueuse verdit le sirop de violettes et ramène au bleu le papier de tournesol rouj>i. LVau de cliaux et l'eau de barite y produisent, ainsi que leurs sels, des précipités blancs, fjélatiueux, solubles enlièrenienl dans l'acide nitrique ou hydrochlorique. Le nitrate d'ar- >»ent détermine dans la solution de ce sel cristallisé un précipité jaune-serin dissoluble dans un excès d'acide nitrique pur.

3** Les solutions de bichlorure de platine et d'acide tartrique ne produisent aucun ell'et avec la solution concentrée de ce phosphate.

PIIOSPHIÏES. Genre de sels formés par l'union de l'acide phosphoreux avec les bases ou oxides inéialliques qui ont une assez forte affinité pour Toxijjène.

Tous les phosphites sont insolubles dans l'eau à l'exceplion de ceux à base de potasse , de soude et d'ammoniaque.

Caractères distinctifs. 1° Chauffés, ils se décon^^)oscnt et donnent suivant la température, [)ar la calcinalion, du phosphore et du gaz hydro<jène, ou du {jaz hydrofjène phosphore qui s'enflamme à l'air. Ils laissent pour résidu un phosphate mêlé d'un peu d"o\.ide rou{;e de phosphore.

2° Dissous dans l'eau les phosphites précipitent leau de

chaux et l'eau de bavile, mais les pr«'cipUi'.s sonl redisRou.'î par un excès d'acide nitrique ou hydroehlorique.

3° Les sels de mercure et d'argent ajoutés aux solutions des phosphates, et chaufles avec celles-ci, sont réduits et donnent un précipité gris ou noirâtre, dû au métal qui se précipite.

PHOSPHORE. Ce corps combustible, simple, rangé au nombre des métalloïdes, ne se rencontre jamais à l'étal de liberté, mais combiné à l'oxigèue et à d'autres corps, n est très répandu dans la nature à l'état de phosphate, et c'est de l'un de ceux-ci qu'on l'extrait dans les arts.

Propriétés. Le phosphore se présente dans les arts sous forme de petits cylindres de la grosseur d'un tuyau de plume à écrire, il est incolore, transparent, insoluble dans l'eau , assez mou et ductile pour pouvoir être courbé sur lui-même sans se rompre. Il répand au contact de l'air une légère fumée blanche, d'une odeur alliacée, et parait lumineux dans l'obscurité, en émettant une faible lumière jaune pale, due à sa combustion lente. Sa densité est de 1,770. Il fond à -}- 43° et se volatilise à -f 290°. Tenu en fusion à l'air il brûle rapidement avec une flamme intense, en dégageant d'abondantes vapeurs blanches d'acide phosphorique, et laissant une petite quantité d'oxide rouge de phosphore.

Caractères distlnctifs. i° Les propriétés physiques de ce corps ont si tranchées qu'il est facile de le reconnaître au simple aspect.

2° Chauffé avec l'acide nitrique faible, il est peu à peu transformé en acide phosphorique pur qui se dissout, et qu'on distingue facilement par ses caractères particuliers.

Usages. Le phosphore, en raison de son affinité pour l'oxigène qu'il absorbe directement, est employé avec avantage pour faire l'analyse de l'air et de tous les compo-

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ses <5azeux<lanf. lesquels roxiglne esl niélan^;é. (Voyez Air cl Gaz, leur analyse.) , , v ;

niOSPHURES. Nom donné aux combinaisons du phosphore avec les métaux. Ces composés ne se trouvent pas dans la nature. Ils sont tous plus ou moins fusibles. Ceux des métaux des deux premières sections ilécomposent subitement Teau avec dégafjement d'hydrogène protophosphoré ou perphosphoré. Quelques uns ont de l'action sur ce composé en présence de certains acides, les autres sont sans action sur l'eau dans ces mêmes circonstances, mais transformés eu phosphates métalliques par l'acide nitrique bouillant ou l'eau régale.

PIITORE. Mot dérivé du grec (de^pro/iof, qui ronge et détruit) proposé par M. Ampère pour désigner le radical de l'acide fluorique. Il est inusité.

PITTORURES. Mot correspondant aux fluorures, et proposé pour désigner les composés du phtore avec les autres corps simples.

PIERRE A CAUTÈRE. C'est le nom sous lequel on connaît, en médecine, l'hydrate de protoxide de potassium ou potasse caustique à la chaux.

PIERRE DE TOUCHE. On donne ce nom, dans l'art de l'essayeur, à une espèce de Irapp, noir et poli, sur la surface duquel on frotte les divers alliages d'or, pour déterminer, par comparaison de la couleur des taches qu'ils y produisent , et par l'action de l'eau forte sur ces taches, leur titre plus ou moins élevé. (Voyez AlHa(jes d'or et de cuivre.)

PIERRE INFERNALE. Nom donné en chirurgie au nitrate d'argent fondu et moulé en petits cylindres, qu'on emploie pour cautériser les tissus organiques dans un grand nombre de cas.

PLATINE. Ce métal existe dans la nature, allié à l'iridium, l'osmium , le rhodium et le palladium ; il constitue sous cet état certains minerais , qui se trouvent înélés à

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