‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 160 sur 195 · SIL · texte numérisé non relu

SIL

Caractères distincùfs. \'^ Les suiis-silicates solubles sont faciles à distinguer par le précipité gélatineux d'acide siiiciqiie hydraté que les acides y forment, précipité qui se convertit par la dessiccation en une poudre blanche insipide et insoluble alors dans tous les oxacides.

!2" La solution des sous-silicates alcalins forme des précipités blancs avec les solutions de chaux, de barite et de strontiane.

5° Les sursilicates insolubles se reconnaissent quelques • uns à l'aspect gélatineux qu'ils prennent en les mettant en contact avec les acides pendant quelque temps, ou eu les fondant avec deux ou trois fois leur poids de potasse caustique, délayant la masse fondue dans l'eau et saturant 1h liqueur par l'acide hydrochlorique.

4" Quelque soit l'état de saturation des silicates , lorsqu'on les mélange avec du fluorure de calcium et de l'acide sulfurique, ils donnent par la chaleur du gaz fluorure de silicium facile à reconnaître par ses propriétés, et l'action (ju'il exerce sur l'eau. (Voyez Fluorure de s'dicium. )

SILICE. Nom sous lequel on a désigné d'abord l'acide silicique.

SILICIUM. Corps simple , métalloïde, radical de l'acide silicique. C'est sous ce dernier état qu'il existe dans la nature.

Propriétés. Le silicium à l'état de pureté se présente en poudre d'une couleur brune noisette, sans aucun éclat, il est lixe, insipide, insolul)le dans l'eau et inaltérable à Tair même à chaud. Les acides sont sans action sur lui. Chaufte avec le nitre et le carbonate de potasse, il est oxidé et transformé en acide silicique.

SIROP DE VIOLETTES. {Saccharolé de violettes.) Ce sirop qu'on emploie dans les laboratoires de chimie comme réactif a la propriété de passer au vert sous l influence des bases alcalines et de prendre une teinte rouge-violet par

678 SOD

l'action des acides -, double eflet qui permet de reconnaître dans les divers composés cliimiques les deux états opposés d'alcalinité et d'acidité.

Le sirop de violettes se prépare en faisant dissoudre deux parties de sucre très blanc dans une partie d'infusion de fleurs de violettes fraîches et mondées de leurs calices. Cette addition de sucre a pour objet de conserver le principe colorant qui ne tarderait pas à se décomposer. Cette préparation, qu'on trouve dans la plupart des pharmacies, est d'une belle couleur bleue , d'une saveur douce et mucilaf^ineuse , d'une odeur aj^réable de violette. Pour s'en servir comme réactif on le délaye dans un peu d'eau distillée afin de détruire la viscosité du sirop , et on met la liqueur en contact avec la substance solide ou liquide qu'on veut essayer.

Dans le commerce, on livre quelquefois sous le nom de sirop de violettes un sirop aromatisé par l'odeur de l'iris de Florence, et coloré par une petite quantité d'infusion de tournesol. On distingue facilement cette falsification en ce que les acides font tourner au rouge coquelicot un tel sirop, tandis que le véritable sirop de violettes conserve, sous l'influence des acides, une teinte violacée-, d'un autre côté les alcalis ne changent pas la couleur bleue du tournesol, mais ils verdissent immédiatement le sirop de violettes.

SODIUM. Corps simple métallique, radical de la soude. II n'existe qu'en combinaison avec l'oxigène et le chlore.

Propriétés. Le sodium est blanc, éclatant comme l'argent, il est mou et très malléable, comme le potassium. Sa densité à -\- l'i est de 0, 072 ; il fond à -f- {)(). Exposé à l'air, il s'oxide peu à peu et se couvre d'une croule blanchâtre de protoxide de sodium. Chauflé à l'air, il s'oxide prompteincnt en brûlant. Mis en contact a.ec l'eau, il la décompose vivement, mais sans produire riuflamnialio

du {jaz hydrogène dégagé , à moins que la réaction n'ait lieu sur de l'eau gommée.

Caraclèrcs distinctifs. l"Le sodium se distingue du potassium à son action sur l'eau qu'il décompose sans que le gaz hydrogène s'enflamme à l'air.

2* En évaporant l'eau dans laquelle il s'est oxidé 0:1 obtient de la soude hydratée facile à reconnaître à sc^^ propriétés physiques et chimiques. (Voyez Soude.)

Usages. L'aftlnité du sodium pour l'oxigène peut le faire employer aux mêmes usages que le potassium dans la décomposition de certains corps oxidés.

SOLS. Les sols, dans lesquels croissent les divers végétaux, varient considérablement dans leur composition ou dans les proportions des substances qiii les constituent. Ces substances sont de certains mélanges de roches ou combinaisons de quelques unes des terres primitives, de matières animales ou végétales en décomposition , et de certains composés salins. Parmi les premières, l'on trouve la silice (^acide silicique). Calamine, la magnésie, la chaux, le peroxlde de fer hydraté , et quelquefois le peroxide de manganèse, et au nombre des dernières substances l'on compte le carbonate de chaux (craie), le sulfate de chaux (gypse), le phosphate de chaux , et dans quelques espèces de sols le sulfate de potasse et le nitrate de potasse.

Les substances que nous signalons ici se rencontrent le plus ordinairement dans la composition des terres arables : elles existent en proportions très variables dans les différents terrains à l'état de sable siliceux , d'argile et de terre calcaire j et c'est pour en déterminer les quantités et découvrir leur mode d'union qu'on soumet ces terres à une série d'expériences analytiques plus ou moins compliquées, mais assez simples toutefois pour être exécutées par les personnes le moins familiarisées avec les expériences chimiques.

Analyse des sois ou terres arables.

L'objet qu'on se propose en général dans iVxanieii analytique des sols, est de les améliorer en coniparanl leur composition à celle des sols exlrèmemeut fertiles, qui sunt voisins et dans une situation semblable à la leur-, la dilTérence que présentera alors l'analyse comparée de ces sols indiquera les procédés d'amélioration à apporter. En eflet, si le sol fertile contenait une grande quantité de sable ou de silice , en proportion de ce qui existe dans le sol stérile, le procédé consisterait simplement à en fournir à ce dernier une certaine quantité, ou bien à ajouter de l'argile ou de la terre calcaire si ces deux dernières terres étaient en quantité insuffisante.

Les bornes de ce Dictionnaire nous imposent de décrire très succinctement les procédés les plus sinq)k'S et les plus exacts qui peuvent être mis en pratique pour arriver à ce but.

Du choix des cchantillo?is. 11 impurte de prendre des écbantillons de la terre d'un champ qu'on veut examiner, en différents endroits, à six ou sept pouces de profondeur, et de les bien mêler ensemble, car il arrive quelquefois que, dans les plaines, tout le sol supérieur est de la même espèce, mais dans les vallées et le voisinage des rivières il y a de grandes différences.

Détermination de Chumidité. La proportion dliumidité ou d'eau contenue dans une terre peut être évaluée en en desséchant, dans une capsule de porcelaine, un poids connu, et en ayant soin de ne pas décomposer les substances organiques qui s'y trouvent. Après cette évaluation, on séparera les graviers, cailloux ou pierres , on les pèsera, et on s'assurera de quello nature ils sont, au moyen de l'acide hydrochlorique ou nitrique^ ils seront dissous avec effervescence s'ils sont formés de craie (cai bonale de chaux).

et resteront insolubles si c'est la silice qui en fait la base.

Les sols, outre les graviers et les pierres qui y sont mélange's eu quantité variable , contiennent une plus ou moins grande proporlioii de sable fin , dont on peut opérer la séparation en agitant la terre quelque temps dans l'eau distillée. Le sable , plus dense , se précipite en moins d'une minute : on le recueille dans un vase par décantation, et aprùs l'avoir séché on le pèse. Sa nature est aussi facile à reconnaître par un acide que celle des graviers.

Les parties terreuses et ténues , moins pesantes que le sable, restent plus longtemps en suspension dans l'eau, mêlées à la matière organique végétale ou animale, on passe la liqueur à travers un filtre de papier Joseph pour les séparer. Quant à l'eau qui a servi à cette opération elle peut contenir en solution les matières salines et organiques soinblcs s'il en existait dans la terre-, on l'évaporé à siceité dans un^ capsule pour peser le résidu et l'examiner à part.

La matière divisét du sol, séparée par la filtralion, est la plus importante à connaître^ elle renferme ordinairement des débris de matière organique, de la silice, de l'alumine, du peroxide de fer, du carbonate de chaux et parfois du carbonate de magnésie. On en calcine au rouge blanc une portion dans \m creuset de platine , pour connaître le poids de la matière organique par la perte de poids éprouvée -, mais comme une partie de cette perte est due aussi à l'acide carbonique qui provient du carbonate de chaux, on estime la quantité de celui-ci par la perte qu'éprouve un autre poids de terre en la dissolvant dans une quantité connue d'acide hydrochlorique faible. Si on soustrait alors ce dernier poids de celui qui exprime la perte par la calcination , on a celui de la matière organique mêlée à la terre.

Le résidu de la calcination est traité par l'acide hydrochluri(pie bouillant dans un petit baliou de verre; tous les

Page 1