‹ Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences faites dans les cours publics et particuliers, les recherches médico-légales, les expertises, les essais, les analyses qualitatives et quantitatives des corps simples et de leurs composés utiles, soit dans les arts, soit en médicine;Chapitre 183 sur 195 · RÈGLES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

RÈGLES GÉNÉRALES

Opcraliom priUinmaircs cl htécaniques , auxquelles doivenl cire sounds les divers corps solides sur lesquels on expériuieiile.

Dans ks rendions que l'on ilcsire produire sur les coi-ps solides qu'on examine, il est important de les diviser par quelque opération mécanique, afin d'augmenter les surfaces qui doivent être mises en contact avec les réactiff et réagir sur eux.

Les modes de division les j)îus employés sont la pulvérisation des coi-ps par les procédés ordinaires , dans des mortiers de verre, de j)orcelaine , d'agate ou de métal. Mais la nature de ces vases doit être prise en considération , suivant que les corps qu'on veut diviser présentent une cohésion plus ou moins grande. Eu effet , si l'on ne faisait pas attention à la dureté du corps comparativement à celle du mortier dans lequel on doit exécuter la j)ulvérisation, on courrait le risque de rayer et d'attaquer les parois de ce vase, et d'introduire dans la poudre à examiner une matière étrangère à sa composition. Cet inconvénient, si l'on soumettait ensuite la substance à une analyse quantitative , ferait commettre une erreur dans les produits et les proportions ([u'on déduirait des residtats (pTou obtiendrait.

Les métaux ductiles et malléables, ainsi que leurs alliages , sont oi\linairemeul divisés, soit ])ar l'action de la lime, soit après les avoir réduits eu lames minces, qu'on eoiqie ensuite par petits morceaux , avec des cisailles ou une ])airc de eiseiux.

Dans le premier cas, on place la lime sur une l'eiiille de; papier étendue sur une lalilc, et ou frotte dessus lu substance niélallique, ou bien, si l'on

a à sa disposition iiu clan, ou y fixe solidement le morceau de métal, et on frotte celui-ci avec la lime, en lui imprimant un mouvement de t'« et vient ; les pniticules métallitiues plus ou moins fines, détacliécs par la lime, suivant le degré de ténuité de ses dents, sont reçues sur une feuille de papier blanc ou de carton mince placée sous l'élau. Pour la division des lames mélalli({nes avec des instrumens tranchants, on prend les mêmes précautions, afin de ne pas mêler de corps étrangers à la substance divisée. Tous les autres corps dont la désagrégation peut être facilement faite, sont divisés ou pulvérisés par les moyens généralement usités dans une foide d'opérations pratiquées dans les arts et le commerce. A défaut de mortiers pour effectuer une pulvérisation grossière, on peut se servir d'un simple marteau de fer ou d'acier, avec lequel on casse ou écrase la substance en la frappant directement, et à petits coups répétés, après l'avoir enfermée dans un morceau de papier replié sur lui-même trois ou quatre fois. Ce moyen, à la portée de tous, lorsqu'on n'a pas besoin d'une pulvérisation exacte, peut être pratiqué en tous lieux pour les essais à entreprendre sur l'analyse qualitative des substances simples ou composées. On devra y avoir recours lorscpion n'aura pas à sa disposition les instruments propres .à la pulvérisation, (|ui se trouvent dans les laboratoires du chimiste, du pharmacien et du droguiste.

PARAGIlAPHi: DEUXIEME.

De l'action du calorique coitsidi'ré comme réactif dam un (jrand nombre de cas, et des moyens de faire l'application de cet agent dans plwiieitrs expériences.

Le calorique , en agissant sur un grand nombre de corps simples ou composés, produit certains phénomènes très apparents cpii doivent être pris en cmisidération dans la plupart des expériences qu'on enireprend. Les elTcls qui résultent de celte action sont d'une grande valeur dans les analyses qualilnlives au.xquelles on soumet les dillerents corps pour les rcfonnaîtrc et les distinguer entre eux.

l'iusieurs moyens sont employés pourexposer à l'action du calorique les diverses substances : 1° h: chalumeau, 2" /a jjrojer</on des substances pulvérisées sur un charbon incandescent; li" la calcinaticn des substances dans un tube de verre ouvert par les deux (îxtréntilés o>i fermé à l'une.

A. Le premier moyen qu'on met surtout en pratique dans l'essai des subslanees minérales et quelques substances organiques, consiste à diriger, nu moyen de l'iusulllatiou continue de l'air qui sort de la honehe , un i<t i)>; (lainiuc bui la substance (ju'oii désire éprouver. (Voyez poui la des-

Al'VESDIClî. 785

cripliou du cliiiliinicau el son emploi, l'article chalumeau, {wse :J76 tluDii;lionnairc.)

B. Le second moyen, qui est ordinairement applicable dans une foule de circonstances, peut cire facilement excculé par toutes les personnes qui font des essais, même par celles qui ne sont pas versées dans les manipulations chimiques les plus simples. Ce moyen consiste à prendre avec une carte plice en deux une petite quantité de la substance réduite en poudre, et à la projeter su: un morceau de charbon ardent , bien allumé, qu'on tient à l'aide d'une pince en fer, avec la main gauche. Cette manière simple de communiquer du calorique à la substance qu'on examine, permet de reconnaître sur-le-champ s! elle est volatile ou fixe; si elle est facilement fusible ou de nature a se décomposer seule ou par le contact du charbon rouge. Quand on expériraenlc, la portion du charbon touchée par la substance elant refroidie subitement, s'éteint d'abord , mais elle sç rallume bientôt en soufflant légèrement avec la bouche sur cet endroit, et la température pouvant alors s'élever par ce moyen , on peut mieux juger de l'cflet de la chaleur sur la substance qu'on éprouve. Dans tous les cas, il ne faut pas omettre en faisant celte expérience de s'assurer si la siib« stanee essayée par ce moyen ne répand pas d'odeur, et si elle ne change pas de couleur. L'observation de ces phénomènes , qui se manifestent en cliaufTant beaucoup de corps, ne doit pas être négligée dans toutes les ex])érienccs pyrognos tiques.

C. Laealcinatlon dans des tubes de verre se pratique ordinairement en chauffant dans ces tubes les substances qu'on expose alors à la flamme d'une lampe à alcool ou à huile (voyez ce mot dans le Dictionnaire , page 516), ou sur des charbons ardents , afin de recueillir quelques uns des produits gazeux ou vaporeux provenant de l'action du feu. On démontre quelquefois la présence de ces produits formés par le calorique, en plaçant dans la partie vide et supérieure du tube diverses petites bandes de papier réactif, colorées par le tournesol ou toute autre matière colorante. Les tubes de verre qui servent à cet usage, sont tantôt ouverts par lesdeux bouts, tantôt bouchés par un seul bout, afin d'y maintenir la substance qui doit être fortement ciiauffée. Les premiers tubes ont un diamètre de quatre à cinq lignes de hauteur sur deux à quatre pouces de largeur ; on les prépare facilement soi-même, en coupant avec une lime fine triangulaire (appelée trois quarts), un long tube de verre blanc. Pour arriver à ce but , on forme avec l'angle de la lime, de distance en distance, un trait un peu profond sur une partie de la cireonférenec du tube, et on essaye de rompre le tube à l'endroit marqué par le trait, après avoir place le tube sojis une serviette plice en double; celte précaution évilc d être blessé parles éclatsdu verre s'il n'est pas brise nettement .n l'endroit marqué. Lorsque le tube est ainsi coupé eu plusieurs jiior;:eaux , on eu arrondit lis bords anguleux , en les Iroltaiit légère nient avec la poulie plate de la liiuc. H e^t utile d'avoir une

786 APPENDICK.

petite provision de ces tubes de longueur et de diamètre diflérenls, pour les diverses expériences que l'on doit faire.

Les tubes bouchés par un bout se l'ont avec les premiers tubes en exposant à la flamme d'une lampe a émailleur l'une de leur extrémité et l'y maintenant en ayant la précaution de tourner continuellement le tube entre les doigts pendant tout le temps de l'opération. Les bords du tube qui ne tardent pas à rougir, se ramollissent, s'affaissent et Finissent par se souder ensemble et à former un tout homogène. On retire alors du feu et on souffle avec la bouche par l'autre extrémité qui est ouverte, non seulement pour s'assurer de l'oblitération complète delà partie chauffée, mais encore pour dilater en ce point le verre et produire un léger renflement qui égalise la matière et rend le fond du tube d'une épaisseur plus iinifornie.

Ces sortes de tubes sont très commodes pour opérer à l'abri de l'air une multitude de calcination sur de petites masses , ils permettent de recueillir les produits \olatils qui se sont formés ainsi que les résidus que laissent les diverses substances après l'action du feu.

Les différentes réactions que présentent les substances simples ou composées en les chauffant seules par l'un des moyens que nous avons rapportés dans ce paragraphe, se trouvent exposées en détail dans la description des caractères de chaque corps en particulier. Ces réactions tirées de la chaleur sont importantes, elles ne doivent pas être omises dans les analyses, car elles .ajoutent souvent un caractère essentiel .à ceux qui servent à rcconnailre et distinguer un grand nombre de corps entre eux.

PARAGR.\PIIE TROISIEME.

De l'action de certniiis réacli/s chiniitiucs 1res usités dans un <jraud nombre d'analyses qualitatives, et des moyens de tes employer.

Dans la description des caractères chimiques de beaucoup de corps, cl surtout dans l'exposé des caractères génériques des sels , nous avons rapporté en première ligne, l'effet que j)ouvail produire l'.acidc sulfurique concentré mis en contact avec ces composés à la température ordinaire.

Ces réactions il'ou résidtent le plus souvent des phénomènes très apparents, caractéristiques et très faciles à saisir par plusieurs de nos sens permettent de dé<luire a /^c/oc/ la présence de certains eorjis. On détermine toujours ces pi-aclions en mettant une petite quantité de la substance pulvérisée au fond d'un verre à pied cnnif|ue ( verre «à expérience) et versant dessus un peu d'acide sulfurique qu'on y mélange avec une pclile li.-iguelle de verre arrondie à ses deux bouts. On doit observer de ne jtis vcisur de

suite une trop grande quanlitc d'aeidc siilfiirique, qui rceoùvrirait alors la substanee , la surnagerait et empêcherait par son poids le dégagement de certains gaz ou vapeurs. C'est pour obvier à cet inconvénient que nous engageons tous ceux qui , n'ayant pas l'habitude des expériences , opéreront avec cet acide, à ne le verser que goutte à goutte sur la substance jusqu'à ce qu'elle soit entièrement humectée ; inic légère agitation avec la baguette de verre achèvera de bien mêler les deux substances.

Lorsque l'action de l'acide sulfurique doit être aidée d'une douce chaleur l'expérience ne peut plus être faite dans un verre à pied , il fautalors mettre la substanee pulvérisée dans une petite fiole, ou dans un petit ballon de verre, y verser de l'acide sulfurique peu à peu, comme nous l'avons indiqué plus haut, et faire chaufler en approchant le vase soit des charbons allumés , soit de la flamme d'une lampe .i esprit de vin ou d'une lampe ordinaire alimentée par l'huile.

Les verres à pied dont nous avons parlé plus haut pour ces sortes de réactions, et en général pour toutes celles qui ont lieu par le mélange des solutions des réactifs, avec les solutions ou dissolutions des corps qu'on essaye , peuvent être remplacés par de gros tubes de verre de quatre à cinq pouces de longueur , bouchés par un bout , et qu'on peut préparer soimême à la lampe d'émaillcur. On peut aussi à la rigueur se servir de toute espèce de verre à pied qu'on rencontre dans les ménages pour boire divers vins; mais ceux qui sont adoptés parles chimistes et sont désignés dans les laboratires sous le nom de verres à expérience ont l'avantage, par leur forme conique plus ou moins évasée , de laisser déposer facilement à leur fond toutes les matières solides qui se séparent des liquides sous forme de prccipilés insolubles ou peu solubles dans les liqueurs ou solutions où elles se sont formées.

La réaction de quelques autres acides sur certaines substances solides , peut être aussi pratiquée de la même manière. Dans l'emploi de ces acides pour l'analyse qualitative on a souvent pour but de dissoudre les substances, afin de soumettre à l'action des j'<'ac?//5 la dissolution qui en résulte. On forme cette dernière en traitant à chaud dans un petit ballon , la matière divisée par l'acide pur, ou étendu d'une certaine quantité d'eau distillée pour modérer refl'crvescencc tumidtueusc qui accompagne le plus souvent cette opération. Celte dissolution se fait ordinairement en plaçant le petit ballon ou la fiole contenant la substance en réaction sur un triangle en fd de fer disposé sur un fourneau en terre, et éloigné des charbons ardents de trois à quatre pouces; à défaut de triangle en fer on peut encore mettre la fiole ou le ballon sur un bain de sable qu'on échauffe peu n peu. Cette dernière méthode, facile à appliquer pour exposer les corps .i l'action graduée du calorique, se pratique en niellant d grès pidverisé et tamise, ou du sablou bien sec dans un poêlon île fer ou de terre cuite, et y enfouissant en partie la fiole ou le ballon. L'échaullémenl de «es vases »e

78H Al'PF.KDICE.

fait lenleinciil cl dune luaiiièrc graduelle par lapplicaliuu directe du calorique dégage dans le foyer au vase qui renferme le sahle.

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