‹ Dictionnaire des réactifs chimiquesChapitre 20 sur 107 · G AGI · texte numérisé non relu

G AGI

L^acide hy(>onitrique est employé pour reconnaître aussi les plus petites quantités diacide hydrosulfuriquc en solution dans les eaux minérales sulfureuses ou autres; il les trouble et les rend laiteuses par le souffre qu^il précipite, en décomposant cet acide.

Acide iodique. Cet acide qui se produit dans Taclion de certains composés oxigénés sur Tiode, est blanc, cristallin, d^mc odeur particulière suivant Sérullas, qui tient beaucoup de celle de Tiode, et ne se manifeste que lorsqu^on ouvre les flacons où il est resté enfermé. Chau£Pé jusqu^au rouge dans un tube, il se décompose et disparait entièrement en se résolvant en oxigène et en belles vapeurs violettes d^iode. Exposé à Tair, il n^éprouve pas d'altération sensible ; Teau le dissout facilement, mais Falcool extrêmement peu ; ce dernier liquide le précipite au contraire de sa solution aqueuse.

Composition. L^acide iodique résulte de la combinaison de deux volumes de vapeurs d'iode et de cinq volumes d^oxigène, ou en poids de :

Iode 75,90 ou 2 atomes.

Oxigène 24,04 5 atomes.

lÔÔ^ÔO

Sa formule est P -4- 0* =i.

Caractères diatinctifs, 1» Projeté sur les charbons ardents, Tacide iodique cristallisé fond, bouillonne et se transforme en petits globules qui s'évaporent en vapeurs violettes en se décomposant.

2'> Calciné dans un tube, il donne de l'oxigène et des vapeurs violettes d'iode qui se condensent non loin de la partie chauffée.

o» Dissous dans l'eau, il fournit une solution incolore qui rougit d'abord le papier de tournesol, puis le décolore peu à peu.

4o Cette solution d'acide iodique est décomposée par les acides sulfureux et hyponilrique qui en séparent l'iode sons forme de poudre brunAtre; la morphine et ses sels se comportent de la même manière.

5o L'eau de barite versée dans la solution d'acide iodique pur, y

Eroduit un précipité blanc, pulvérulent, solubie dans l'air nitrique ou ydrochloriquc.

Co Les nitrates d'argent et de protoxide de mercure y occasionnent des précipités blancs floconneux, solubles dans l'acide nitrique en excès.

7" Mêlée à la solution d'amidine , elle manifeste une couleur bleue aussitôt qu'on y ajoute quelques gouttes d'acide sulfureux.

Usages de Vacido iodique. D'après les expériences de Sérullas, la solution d'acide iodique peut être employée avec le plus grand avantage pour caractériser la morphine ainsi que ses composés salins, et la distinguer des autres alcaloïdes ou alcalis végétaux connus et de leurs composés. En mettant en contact, à la température ordinaire, une solution d'acide iodique avec un seul grain de morphine ou d'acétate de cette base, la liqueur se colore fortement en rouge-brun, et il s'exhale une odeur très-vive d'iode. Lorsque la dissolution est concentrée, l'iode apparaît avec ses caractères, sous la forme d'une poudre noire que la chaleur réduit bientôt en belles vapeurs violettes. La

centième partie d*un grain d^acétate de morphine suffit pour produire cet effet d'une manière encore très-sensible. L'action est très-prompte, si la liqueur est un peu concentrée^ «lie est plus lente quand elle est étendue ; mais elle n'est pas moins appréciable^ au bout de quelques instants, même dans sept mille parties d'eau. {Journal de chimie médicale, tome VI, page 257.)

Le même chimiste ayant constaté que Tacide iodique dissons, versé dans nne solution aqueuse un peu concentrée des iodates neutres à bases d'alcalis végétaux, ou d'autres sels de ces mêmes bases, donnait lieu aussitôt à un précipité abondant d'un iodalc très-acide, peu sohibic dans Peau et insoluble dans l'alcool, a eu l'idée de faire une application de cette propriété , pour reconnaître et précipiter ces mêmes alcalis de leur solution surtout dans l'alcool.

Le degré de sensibilité de l'acide iodique, comme réactif des alcaloïdes, est très-grand, d'après SéruUas, et cet acide peut être classé, pour cet objet, comme l'un des moyens les plus exacts que possèife la chimie; il est susceptible- de donner des précipités par la centième partie d'un grain de quelques-uns (exemple quinine et cinchonine ), d'une manière telle qu'on peut recueillir, en peu de temps, le précipité formé dans une quantité d'alcool égalant plusieurs milliers de fois le poids de l'alcaloïde (Journal de chimie médicale, tome VI, page 714). Dans le mémoire dont nous venons de donner un extrait, l'auteur pense que l'acide iodique peut fournir aux chimistes qui s'occupent d'analyses organiques, un moyen d'exploration propre à révéler dans certains végétaux non encore analysés l'existence de quelques alcaloïdes nouveaux que pourraient contenir leurs parties solubles dans l'alcool. Acide marin. (Voyez décide hydrochlorique.) Acide moriatiqde. (Voyez ^cfV/e hydrochlorique. ) Acide nitrique ou azotique. (Esprit de nitre des anciens — eau forte dn commerce. )

L'acide nitrique, purifié par les moyens usités dans les laboratoires et le plus concentré possible, contient 19,84 pour cent d'eau; il est ineolore ou légèrement coloré en jaune s'il a été exposé à l'action de la lumière ; son odeur est forte et un peu analogue à celle de l'acide kyponitrique. Mis en contact avec l'air, il répand une fumée blanche ■eide due h la condensation de l'humidité atmosphérique. Sa densité est de 1,5035. D'après Phillips, il bout à -4- 80, mais son point d'ébuUition est retardé jusqu'à -f- 120 quand la proportion d'eau qu'on lui a ijoQtée Ta amené à une densité de 1,420.

Cet acide concentré, exposé à la lumière solaire, se colore bientôt en jaane ou en rouge, en dégageant du gazoxigène et passant en partie à l'éfat d'acide hyponitrique qui reste dissous dans la partie d'acide nitriqnenon décomposée. II agit avec une grande énergie sur les substances oi^niques, les corrode et les décompose en teignant d'abord en jaune les matières animales azotées. On se sert de cette propriété dans les «rts pour imprimer des dessins jaunes sur des étoffes de laine colorée, etr lucide nitrique détruit la couleur de l'étoffe et la remplace par une teinte jaune.

ComposiHon. L'acide nitrigno anhydre est formé de deux -^oVwia^ d'azote et de cinq volumes d'oxigène, ou en poids de :

Oxigène 73,85 ou 5 atomes.

Azote S6,15 3 atomes.

Sa formule = Az« -4- 0^ ou Az.

Uacide hydraté est composé d*un atome d*eau uni à un atome d'acide nitrique, ou de 85,75 d'acide nitrique et 14,25 d'eau. Sa for-

mule = Az -+- S. •

La densité de Tacide nitrique hydraté, décroissant à mesure qu'oQ rétend d'eau, nous présentons ici, d'après les expériences de M. Thenard, un tableau indiquant le rapport entre la densité et la proportion de l'acide pour une température de -+- lO».

DENSITÉ

ACIDE ANHYDRE pour 100 d'acide.

DEGRÉS àl'aréom. de Baume.

Quoique ce tableau ne fasse pas connaître la force réelle de l'acide nitrique pour les densités auxquelles on le trouve dans le commerce, c'est-à-dire marquant 34o à 36», on peut employer le moyen que nous avons exposé pour évaluer la quantité d'acide hydrochlorique, c'est-à-dire estimer quelle est la quantité de marbre que peut dissoudre un poids connu d'acide nitrique pour être saturé. L'expérience indique qu'un atome d'acide nitrique pur pesant = 677,03 décompose, pour se saturer complètement, 632,45 de carbonate de chaux sec ; donc la proportion de carbonate de chaux que sature une quantité de l'acide à examiner étant déterminée, on a les trois premiers termes d'une proportion dont il est alors facile de calculer le quatrième terme.

Caractères diatinctifa de V acide nitrique pur. lo Liquide, incolore, répandant, au contact de l'air, une fumée blanche d'une odeur piquante nauséeuse.

2° ChaufiFé, il s'évapore entièrement en produisant d'abondantes Tapeurs très-acides.

^ 3o Biis en contact avec la limaille de cuivre, cet acide réagit immédiatement en dissolvant ce métal avec dégagement abondant de deutoxide d'azote qui, au contact de l'air, se transforme en vapeurs rutilantes d'acide jbjpoiiitrique.

40 Étendu d*eau, il ne précipite point les solutions de nitrate de barite, ni de nitrate d*argent.

50 Cette solution saturée par la potasse fournit par Tévaporation un sel blanc piquant, qui active la combustion des charbons ardents, et dégage des vapeurs blanches piquantes par son contact avec Tacide sulfurique concentré.

Divers moyens ont été proposés pour découvrir de très-petites quantités d'acide nitrique, tels sont !<> le procédé de M. Just. Liebig; d» le moyen indiqué par M. Desbassins de Richemont.

Le premier procédé consiste à mêler le liquide à examiner avec autant d*indigo qu'il est nécessaire pour le colorer en bleu distinct : on ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique et on chauffe jusqu^à Tébullition. Le liquide se décolore ou passe au jaune, s'il contient de Tacide nitrique libre ou combiné. M. Liebig annonce qu'il est permis de reconnaître par ce moyen 1/400 d'acide nitrique. (Annales dechimiey tome XXXY, p. 80.)

M. Orfila, qui a répété l'expérience de M. Liebig, a reconnu qu'à Faide de la solution de sulfate d'indigoHne on arrive au même résultat; mais il fait observer avec raison que ce caractère n'est point particulier à l'acide nitrique, et que les acides chlorique et iodique, libres ou combinés, agissent de la même manière dans les mêmes circonstances sur la solution de sulfate d'indigotine. (Journal de chimie médicale, tome IV, p. 409.)

Le procédé de M. Desbassins de Richemont est fondé sur la coloration que prend Tacide sulfurique concentre, tenant en dissolution du protoxide de fer ou du deutoxide de cuivre, lorsqu'il est en présence d'une quantité quelconque de deutoxide d'azote libre ou naissant. L*acide sulfurique chargé de protoxide de fer, prend une magnifique couleur qui varie depuis \e pourpre foncé jusqu'au rose lopins tendre j tandis que celui qui contient du deutoxide de cuivre devient d'une belle couleur violette ou bleue violacée susceptible de tous les degrés d'intensité. L'addition de l'eau fait disparaître successivement ces couleurs. L^acide nitrique mis en contact avec l'acide sulfurique , toiant en solution une petite quantité soit de protosulfate de fer, soit de deutosulPate de cuivre, produit immédiatement les colorations indiquées ci-dessus.

Ce moyen d'une excessive délicatesse et d'une extrême fidélité, permet de signaler la présence des plus petites quantités d'acide nitrique ou de nitrates , dont on a mis le deutoxide d'azote en liberté.

Pour opérer, il suffit d'ajouter à quelques grammes d'acide sulfurique pur et concentré (1,840 de densité), une quantité convenable du liquide à examiner et qui peut varier depuis une goutte jusqu'au quart du volume de l'acide employé; on agile le mélange et lorsqu*il est refroidi, on y verse goutte à goutte une solution aqueuse concentrée de protosulfate de fer, jusqu'à ce ^ue la couleur rose ou pourpre apparaisse. Avec un peu d'habitude et au moyen d'essais comparatif, on peut reconnaître ainsi dans Teau 1 /24000e d'acide nitrique fibre ou combiné.

Ce moyen est d'autant plus précieux que les acides m\.t\c]^« «\ nitrenx sont les seuls qui parmi les acides présenteal ce c^t^cX^t^

particulier. La réaction de Tacide Ditreux est immédiate à Taide d*une seule goutte de protosulfate de fer, ce qui permet de distinguer cet acide du premier.

D*après M. Desbassins, Tacide sulfurique chargé de protosulfate de fer est un réactif beaucoup plus sensible que Pacide tenant en solution du dcutosulfate de cuivre, aussi accorde-t-ii la préférence au premier pour ces sortes dressais. (Journal de chimie médicale^ tom. I, 2« série, p. 505. )

Acide nitrique du commerce. Cet acide étendu d^ine certaine quantité d'eau, porte le nom d'eau forte; sa densité varie de 1^2^' à 1,230. Il n'est jamais pur et contient le plus ordinairement du chlore et de Tacide sulfurique; quelquefois on y rencontre du nitrate de potasse qu'on y a fait dissoudre pour augmenter sa densité.

La présence du chlore dans cet acide se reconnaît en y versant quelques gouttes de solution de nitrate d'argent, qui y déterminent soit un trouble laiteux, soit un précipité abondant, caillebotté, soluble dans l'ammoniaque. On déuioutre la présence de l'acide sulfurique en étendant l'acide qu'on examine de 5 à fois son volume d'eau distillée et y ajoutant de l'eau de barite ou une solution de nitrate de barite ; il se produit aussitôt un précipité blanc pulvéru-. lent de sulfate de barite insoluble dans l'eau et les acides.

Quant à l'existence du nitrate de potasse ou d'un sel fixe en solution dans l'acide nitrique du commerce, on peut toujours la démontrer eu évaporant à siccité une portion de ce liquide dans une capsule ou dans une cornue. Il laissera un résidu blanc sur lequel un examen ultérieur devra faire prononcer.

De l'acide nitrique considéré sous le rapport médico-légaL

L'acide nitrique placé au nombre des poisons irritants, est un caustique qui , en détruisant la vie, produit des lésions d'une nature particulière, propres à le faire reconnaître surtout par la couleur jaune qu'il communique aux tissus et membranes avec lesquels il a été en contact.

lo Lorsque cet acide est pur, et non mélangé aux matières animales, on peut toujours le reconnaître aux phénomènes qu'il présente avec les réactifs que nous avons rapportés plus haut.

âo S'il est mélangé avec les matières alimentaires ou les tissus décomposés, on exprimera d'abord ces matières dans un linge blanc et on soumettra le liquide qui en sera extrait à l'action de la teinture de tournesol et à celle des réactifs précités.

5° Si cet examen ne fournit aucun résultat satisfaisant, on traitera toutes les parties solides par une solution de bicarbonate de potasse qui saturera l'acide nitrique combiné à ces matières solides et le transformera en nitrate de potasse soluble. La solution filtrée au bout d'un quart d'heure, devra être évaporée jusqu'à siccité; il restera une masse saline dans laquelle on pourra démontrer la présence du nitrate de potasse : !<> en projetant une partie du sel sur les charbons il y aura fusion et scintillation ; 2» en traitant à chaud une partie du sel par ia limaille de cuivre et l'acide sulfurique on dégagera du deutoxide d'azote; 5^ enGa en mettant en contact une portion dn même sel avec

de Tacide sulfurique concentré tenant en solution du protosulfote de fer, il se manifestera bientôt une coloration rose ou pourpre, particulière à Tacide nitrique.

C'est à Taide de procédés plus ou moins analogues à ceux que nous a?ons rapportés ici que MM. Orfila et Lesueur ont établi d'une ma-

mère incontestable : ï® que Ton pouvait démontrer encore la présence de Tacide nitrique, concentré plusieurs mois après qu'il avait été

disps

formait en nitrate d*ammoniâque par Tammoniaque résultant de la putréfaction des matières animales.

Usages de l'acide nitrique. Cet acide a des usages très-multipliés non-seulement dans les laboratoires de chimie où il est fréquemment employé comme dissolvant de la plupart des métaux, mais aussi dans les arts et les manufactures. LMnsolubilité et rinaltcrabilité de Por et du platine par cet acide le font employer dans les essais docimastiqaes pour séparer ces métaux de leurs alliages ; c'est sur ce même pnncipe qu'est fondé l'usage qu'en font les essayeurs et les orfèvres pour déterminer le titre des bijoux d'or (Voyez Alliages d'or et de cvtvyv), et faire le départ de l'or des alliages de ce métal avec l'argent.

La propriété qu'il possède d'oxider et d'acidifier l'étain et l'antimoine en les transformant en composés insolubles, tandis qu'il dissout les autres métaux en formant avec eux des nitrates solubles, le rend précieux pour analyser les alliages d'étain ou d'antimoine avec le plomb, le cuivre, le zinc, le fer, etc., etc.

La solubilité de certains oxides et sels insolubles dans cet acide le fait^ souvent mettre en usage dans l'analyse minérale. 11 n'est pas moins utile dans l'analyse organique pour distinguer certains principes immédiats végétaux et animaux, tels que la gomme qu'il convertit en partie en acide mucique, le sucre en acide oxalique, la cholestérinc en acide ckolestérique , l'urée qu'il précipite de sa solution à l'état de nitrate, l'acide urique qu'il fait distinguer et reconnaître par sa transformation en acide purpurique, etc. C'est même en décomposant, au moyen de l'acide nitrique concentré , pur et bouillant, la cérébrine et les autres matières grasses du cerveau, qu'il a été possible d'évaluer la proportion de phosphore qu^clles contiennent par la quantité d'acide phosphorique qui se produit dans cette circonstance. (Couerbe.)

AaoE OXALIQUE. Cct acide qui tire son nom du mot latin oxalis , oseille y où il a été d'abord rencontré à l'état de combinaison avec la potasse et constituant alors le sel d'oseille, existe aussi dans plusieurs plantes acidulés du même gçnre ou de genre différent; on le trouve libre ou combiné à la potasse ou à la chaux.

Tacide nitrique, et faisant cristalliser à plusieurs reprises l'acide oxalique obtenu, pour le purifier de l'acide nitrique qu'il peut retenir. Propriétés. L'acide oxalique se présente en petites a\Qu\\\e% VtMi^n

6â AGI

parentes et incolores qui sont des petits prismes quadrilatères , terminés par des sommets dièdres. Il est inodore, d*une saveur acide très-prononcée qui agace les dents. Exposé à Tair sec il s^effleurit en

Eerdant une partie de son eau de cristallisation. ChaufFé, il fond âî'aord, bouillonne ensuite en se décomposant , et se sublime en partie sans avoir éprouvé d^altération. Mis en contact avec Teau, ses cristaux se brisent en faisant entendre un léger bruit à mesure quMIs se dissolvent; 100 parties de ce liquide à + 15 peuvent dissoudre 11 1/2 de cet acide. L^alcool en dissout une plus grande quantité.

Composition. Cet acide cristallisé contient 42,70 d*eau pour cent on 5 atomes dVau, dont 2 atomes se dégagent par son effleurissement à Fair sec; anbydre il est composé de :

Carbone 35,77 ou 2 atomes.

Oxigène 66,25 3 atomes.

"ÏÔÔ,ÔÔ

Sa formule est € ou C 0\

Caractères distinctifs, 1» Projeté sur les charbons ardents Tacide oxalique fond aussitôt, et s*exbale en fumée blanche, acide, qui provoque la toux; il ne laisse aucun résidu charbonneux;

2o Sa solution aqueuse concentrée forme avec les solutions de potasse et d^ammoniaque mises en quantité insuffisante pour la saturer, un précipité blanc, cristallin, d!oxalates acides de ces bases. Le même efiFet se produit avec les solutions salines à base de potasse et d^ammoniaque;

5o L*eau de chaux versée dans cette solution y produit un précipité blanc pulvérulent, si peu soluble dans Teau que 1 /40000 de cet acide est indiqué par ce réactif. Les solutions de barite et de strontiane fournissent un précipité blanc, floconneux, soluble dans un excès diacide oxalique;

'4o Ces solutions de sulfate de chaux et de nitrate de chaux sont précipitées par cet acide , il en est de même des solutions d^acétate de plomb, de nitrate d'argent , de protonitrate de mercure et de deutosulfate de cuivre; le précipité par ce dernier sel est bleuâtre et pulvérulent.

Usages de Vacide oxalique. L'affinité de Toxide oxalique pour b chaux est si grande et le composé qu*il produit avec celte base est si peu soluble qu'on emploie toujours cet acide, soit comme réactif pour reconnaître la présence de la chaux libre ou combinée, soit pour Fextraire dans une analyse, et en déterminer la quantité par le poids d0 Toxalate qui est obtenu.

Les combinaisons neutres solubles qu'il forme avec la potasse et, Tammoniaque sont également employées aux mêmes usages.

La propriété dont jouit Tacide oxalique de former avec quelques oxides métalliques des sels solubles, et avec d'autres des sels insolubles dans Teau Ta fait employer pour séparer le peroxide de fer des oxides de cobalt et de nickel ; il forme avec le premier un oxalate soluble, et avec les seconds deux oxalates insolubles. C'est sur ce même principe çu^s été proposé l'emploi de la solution d'acide oxalique pour isoler

Foxide de fer des hydrates d^oxide de zirconium et de titane, ainsi que pour séparer Toxide de fer du protoxide de manganèse.

L'acide oxalique a aussi des usages plus ou moins étendus dans les arts, il est employé dans la fabrication des toiles peintes ; on 8*en sert

Soor enlever les taches d'encre et de rouille sur le linge et les tissus e laine blanche.

AciSE oxiCHLORiQUE. (Yoycz Acide perchlorique,)

Agu>e paratartbiqde. On a donné ce nom à un acide organique particulier qui est isomérî<|[ue avec Tacidc tartrique, et qui a été rencontré dans le tartre des vins de certains cantons des Vosges.

Propriété», L'acide paratartrique se présente en prismes parfaitement diaphanes, ou en grands rhombes obliques. 11 est fortement acide comme l'acide tartrique, inodore et très-fusible ; chauffé il donne à la distillation un liquide épais, très^acide, peu d^huile erapyreumatique et un faible résidu charbonneux. L'eau à + 15o en dissout les 100/575 de son poids.

Composition, Cet acide cristallisé renferme 2 atomes d'eau combinée, ou 21,506 pour cent de son poids; anhydre, il est composé comme l'acide tartrique de :

Carbone 36,81 ou 4 atomes.

Hydrogène. . . . 3,00 4 atomes.

Oxigène 60,19 5 atomes.

100,00 Sa formule est par conséquent C^ H^ 0^.

La capacité de saturation de cet acide est exactement la même que eeDe de l'acide tartrique dont il diffère cependant par ses propriétés physiques et par ses caractères chimiques.

Caractères distinctifs, jo L'acide paratartrique projeté sur les charbons ardents fond, se boursoufle en laissant évaporer son eau, noircit ensuite en répandant une vapeur acide très-piquante, et laisse un résida charbonneux qui brûle entièrement;

9» Dissous dans l'eau cette solution concentrée produit un précipité bhmc cristallin, très-peu soluble en y versant quelques gouttes d'une solntion de potasse, et ce précipité se redissout lorsque l'acide est entièrement saturé par cet alcali ;

S» L^ammoniaque liquide versée avec précaution dans cette solution se comporte comme la solution de potasse en produisant un sel acide peu soluble et un sel neutre très-soluble dans Teau ;

4» La solution d'acide paratartrique précipite l'eau de chaux en flocons blancs, comme le fait celle diacide tartrique, mais ce précipité en diffère en ce qu'après avoir été. redissous par l'acide hydrochlorique, il reparait par Tammoniaque, tandis que le précipité formé par l'acide tartrique, mis dans les mêmes circonstances, reste dissous.

5o L^affinité de cet acide pour le protoxide de calcium est si grande qD*il Tenlève aux solutions neutres de nitrate de chaux et de chlorure de calcium, comme cela a lieu avec Tacide oxalique; mais on ne peut le confondre avec ce dernier parce qu'il ne précipite pas la solution de folfote de chaux.

Acide PEacuLoaiQUE. Cet acide désigné d^abord sous le nom ^ acide chlorique oxigéné et ensuite diacide oxichlorique , a été découvert en 1814, à Tienne, par le comte Stadion. 11 se produit dans Paction de Tacide sulfurique sur le chlorate de potasse, et diaprés Sérullas, pendant la distillation de Tacide chlorique pur dont un tiers environ se convertit en cet acide.

L\'icidc perchlorique le plus concentré possible est solide, blanc, en masse ou en longs prismes quadrangulaires ; diaprés Sérullas, il fond à -4- 45o. Exposé à l'air, il en attire promptement Thumidité, en donnant lieu à des vapeurs blanches très-épaisses. A Tétat d^hydrate c'est un liquide incolore d'une saveur acide franche, et qui rougit le papier de tournesol sans le décolorer.

Sous cet état, d'après Sérullas, il n'enflamme pas le papier comme l'acide chlorique, mais il donne à ce papier la propriété, lorsqu'on le met en contact avec un charbon incandescent, de lancer de vives étin< celles avec un violent pétillement et souvent détonation.

Composition. Cet acide est formé de 2 volumes de chlore et de 7 volumes d'oxigène, ou en poids de :

Oxigènc 01,20 OH 7 atomes.

Chlore 58,74 2 atomes.

TÔOjÔO"

Sa formule = Ch. ou Ch» 07.

Caractères distinctifs. Cet acide, indépendamment des caractères physiques que nous avons rapportés ci-dessus et de la propriété qu'il présente de faire brûler avec scintillation un papier qui en est imprégné, peut être distingué de l'acide chlorique par la propriété qu*il a de former avec la potasse un sel très-peu solublc dans l'eau à la température ordinaire.

£n effet, en divisant en deux parties égales une solution étendue de potasse, l'acide perchlorique versé dans une partie donne lieu antsitôl à uiî précipité blanc cristallin de perchlorate de potasse loraqpe l'autre partie de la solution n'est nullement troublée par l'acide cblorique.

^o Chauffé avec l'acide hydrochlorique et l'alcool , cet acide n*ett pas altéré, tandis que l'acide chlorique est décomposé dans les mémee circonstances, en donnant avec le premier du deutoxide de chlore et avec le second de Vacide acétique et du cfUore.

So La solution d'acide perchlorique n'est point précipitée par lee solutions de soude, de chaux, de barite, ainsi que par aucune dissolution métallique.

Usages. La propriété dont jouit l'acide perchlorique de former «veo la potasse un sel qui exige 05 fois son poids d'eau à -4- 15<> pour se dissoudre, tandis que la soude produit avec cet acide un composé déliquescent, très-soluble non-seulement dans l'eau, mais dans l'alcool à 40'> , offre un moyen avantageux pour distinguer et même séparer l'un de l'autre ces deux alcalis.

Si l'on verse, par gouttes, dans une solution mêlée de soude et de potasse y de l'acide perchlorique en excès, à l'instant (les liqueurs

éltnt eoncenirées ) il se forme un précipité de perchloratc de potasse^ ie perchlorate de sonde reste dans la liqueur ; on peut alors séparer ces deux sels l'un de Tautre par l'alcool concentre , qui précipite en même temps de la liqueur la petite quantité de perchloratc de potasse qni peut s y trouver.

L'acide perchlorique agit de la même manière sur les sels de potasse ensolmion concentrée, il en précipite la base à l'état de perchloratc, « mettant en liberté les acides avec lesquels elle était combinée. Cette double action fournit une nouvelle application dans les analyses minérales, en procurant un moyen d'examiner l'acide qui était primitivement combiné à cette base, acide dont l'isolement peut toujoars s^effèctuer par Talcool.

Les perchlorates de barite et d'argent, en raison de leur solubilité, peuvent être employés avec avantage dans l'analyse, pour déterminer dans des mélanges : le premier les rapports du sulfate de potasse âo sulfate de soude, et le second ceux du chlorure de sodium au chlorure de potassium.

On conçoit, en effet, que le perchlorate de barite, en agissant sur on mélange de sulfate de potasse et de sulfate de soude dissous dans Tean, donnera naissance, par l'intermède de l'alcool, d'un côté à du perchlorate de soude, soluble dans ce liquide, et de l'autre à un précipité insoluble de perchloratc de potasse et de sulfate de barite, duquel on enlèvera facilement le perchloratc par les lavages à l'eau chaude.

Le poids du sulfate de barite fera connaître la proportion exacte d'acide sulfurique renfermée dans les deux sulfates, et la proportion de chacune des bases sera déduite , savoir : la potasse du poids de perchlorate de potasse, et la soude du poids du chlorure de sodium, obtenu de la calcination du perchlorate de soude dans un petit creuset de platine.

Dans l'analyse des chlorures de sodium et de potassium, on verse, dans la solution de ce mélange, du perchlorate d'argent jusqu^à cessation de précipité ; il se produit du chlorure d'argent et du perchlorate de potasse qui se séparent. On lave à l'eau chaude, sur un filtre, le précipité pour redissoudre le perchlorate de potasse. Les eaux de lavage sont réunies à la liqueur qui a été précipitée et on les fait évaporer à siccité ; en traitant alors par l'alcool concentré, on sépare, au moyen d*un filtre , tout le perchlorate de potasse à l'état solide , tandis que le perchlorate de soude reste dissous dans l'alcool, mêlé à la petite quantité de perchlorate d'argent , qui a été employée en excès. La solution alcoolique évaporée fournit le perchlorate de soude. On calcine séparément les deux sels dans un petit creuset pour les décomposer; en dissolvant ensuite le résidu, en filtrant et évaporant, on a, par la dessiccation, les chlorures de sodium et de potassium ûolés; Sémllas, qui a mis en pratique ce procédé en 1831, annonce qu'il est parvenu à séparer, à une très-grande approximation , des lôélanges pesés de quelques grains (Journal de chimie médicale j tome VII, page 328).

AciBB PBOSPHORiQnE.Xet oxacide, le plus oxigéné des composés que forme le phosphore avec Toxigène^ n'existe point à Vélai de \\Y)«,tv%

dans la nature, mais toujours uni à certains oxides métalliques, aYe< lesquels il produit des sels, qu^on rencontre plus ou moins abondam* ment dans les trois règnes.

Ii''acide phosphorique libre et pur se présente en flocons blancs incolores,, tellement avides d^eau qu'ils s'humectent promptement i Pair et tombent en déliquescence en moins de quelques minutes ; mh en contact avec Teau, il s'y dissout avec sifflement en produisant de h chaleur ; cette solution est très-acide, évaporée elle fournit un liquid sirupeux, transparent, qui fond à une température rouge et prem Taspect d'un verre transparent, par le refroidissement; sous cet éta il est hydraté et peut contenir de à 20 pour cent d'eau, suivant h température à laquelle il a été exposé; ainsi fondu et vitrifié, Tacid phosphorique hydraté attire aussi l'humidité atmosphérique, mai avec lenteur ; l'eau le redissout peu à peu. Sous Tinfluence de la cha

il ne précipite plus Taibumine et produit un précipite ./aiine avec! nitrate d'argent. Ce changement, qu'on ne peut encore bien expliquer se manifeste après la calcination de certains phosphates solubles; o qui doit mettre en garde dans l'examen de ces sels par les réactife. Composition. Cet acide anhydre est formé de :

Oxigène 50,04 ou 5 atomes.

Phosphore 43,06 2 atomes.

Sa formule est Ph* 0" ou Ph.

Caractères distinctifs, l» L'acide phosphorique est fixe au feu, fiMÎ ble et indécomposable. Projeté sur les charbons ardents, il n'exhal aucune odeur, se ramollit et fond ensuite si la chaleur est élevée.

2o Sa solution aqueuse, traitée par Peau de chaux ou l'eau de barit en excès, produit des précipités blancs floconneux qui se redissolven dans un excès de cet acide, ou de tout autre capable de former ave ces bases des composés solubles, tels sont les acides nitrique, kydn chlorique ou hydrohrômique.

5o Saturée par l'ammoniaque ou la potasse, la solution d'acide plMM phorique se comporte différemment avec le nitrate d'argent si l'acid a été ou non récemment dissous ; dans le premier cas, elle produit u précipité blanc de phosphate neutre d'argent ; dans le second cas, u précipité jaune.

4o Les soluûons de proto-nitrate de mercure et d'acétate de plom forment dans la solution d'acide phosphorique saturée par un alca des précipités blancs floconneux, solubles dans un excès d'acide nitri

plomb) calciné au chalumeau sur un support de charbon, se fond aûi ment en un globule blanc nacré, qui, par le refroidissement, se ad difie en un bouton de forme polyèdre; mais en continuant de le cbau

ÂCI VI

aent , Tacide pbosphorîque se décompose peu à peo par le a charbon et le phosphore qui en provient brûle en donnant me une teinte jaunâtre particulière.

3nt les réactifs que Ton met en usage pour reconnaître et :r Facide phosphorique libre ou combiné ; mais lorsque les ; sur lesquelles il est permis d^opérer sont très -petites et peut varier les essais, il faut recourir au procédé qui a été ratique en 1825, par MM. Vauquelin et Thenard. Ce procédé rès-exact est fondé sur la décomposition des phosphates par iiim à une température rouge et leur conversion en phosphulels on dégage par Faction de Teau acidulée du gaz hydro- »to -phosphore, rcconnaissable à son odeur alliacée et à ses ractères. La sensibilité de ce moyen est telle qu^il est facile 'ucer sur un demi-milligramme de phosphate de chaux, opérer, on se sert d*un tube de verre, fermé par un bout, millimètres de diamètre et long de 4 à 5 centimètres enviis lequel on introduit 1 centigramme de jpotassium ou de [u^il faut avoir le soin de bien tasser au rond du tube; on dessus le phosphate en poudre et bien calciné qu*on presse ossible sur le potassium. Les choses étant ainsi disposées on ibe dans une position verticale avec une pince et on le chau£Fè 'incandescence. La réaction a lieu tranquillement, et lorsque st refroidi on y ''erse du mercure pour dissoudre par Fagixccs de potassium qui s'est sublimé ; si alors on souffle dans air qui sort de la bouche, et qu^on retire avec une petite ba- ; bois un peu de la matière fondue, elle répand une odeur rès-forte dMi\ drogène proto-phosphoré.

xi obtenir et recueillir une portion de ce gaz en faisant pasle tube rempli de mercure un peu d*eau acidulée par de ydrochlorique et chauffant la partie du tube où se trouve la avec un charbon rouge (Journal de chimie médicale^ etc.^ 3. 17).

ff. Quoique Facide phosphorique ne soit pas employé comme ans la plupart des expériences chimiques, il importe souvent taines analyses inorganiques et organiques de calculer la proexacte qui s'en est formée pour déterminer ensuite celle du re qui existait dans les matières sur lesquelles on a opéré. ' ce principe qu'est fondée la détermination de la quantité de re contenue dans les fontes, fers et aciers du commerce, ainsi s certains principes immédiats organiques. L'acide phosphooduit, précipité à Fétat de phosphate de barite ou ue chaux, sent calculé d'après le poids de Fun ou de Fautre de ces deux forte affinité qu'a le phosphore pour Foxigène dans cet acide, Femployer celui-ci à la séparation de certains acides orgaqui pourraient être décomposés par les autres acides miné-

PRUSSiQUE. (Voyez Acide hydrocyanique»)

sucGiNiQUE. (Sel volatil de succin.)

ide, qui existe tout formé dans la résine fossile désignée sous

; de succin, ambre jaune oa àarabé, se retire «oit ^atX^ èà*>3X-

lation sèche, soit en traitant le succin pulvérisé par une solution do carbonate de potasse ou de soude.

Purifié par voie de cristallisation, il se présente en prismes droits, incolores, terminés par quatre facettes; sa saveur est faiblement acide et un peu acre; chaufiFé il fond d^abord et se sublime ensuite en abandonnant Teau qu^il contient et une petite quantité d^buile cmpyreumatique qui s^ trouve. Il est soluble dans 1 eau et dans Talcool; Tean en dissout 1/25 à + 15o et 1/5 à -f- 100; Talcool à froid le dissout difficilement , mais à chaud une partie de cet acide se dissout dans une partie et demie de ce liquide bouillant.

Composition, L^acide succinique cristallisé renferme 1 atome d*eita ou 15,13 pour cent; anhydre il contient :

Oxigène 47,56 ou 3 atomes.

Carbone 48,48 4 atomes.

Hydrogène 3,96 4 atomes.

100,00 Sa formule = 0' C^ H^ et son signe = S.

Caractères distinctifs. 1» Mis en contact avec les charbons ardents, Tacide succinique fond et s^exhale aussitôt en vapeurs blanches acres et irritantes sans laisser de résidu charbonneux.

2o Sa solution aqueuse ne précipite point par les solutions de chaux, de barite et de strontiane; mais elle forme avec Tacétate de plomb neutre et celui tribasii^ue un précipité blanc insoluble dans Teau, soluble dans Tacide nitrique.

3o Saturé par Tammoniaque ou la potasse, Tacide succinique pro-, duit avec ces bases des sels très-solubles dont la solution précipite les sels neutres de peroxide de fer en flocons rouges brunâtres, et est sans action sur les sels de protoxide de manganèse , d^argent et de cuivre avec les oxides desquels Tacide succinique forme des combinaisons solubles.

Usages, L^acide succinique est quel(}uefois employé en médecine, mais très-rarement ; dans les laboratoires de chimie , il sert dans les analyses des substances où il existe de Toxide de fer mêlé à de Toxide de manganèse pour séparer ces deux oxides. On remploie à Tétat de succinate soluble qu^on ajoute à la dissolution qui contient ces deux oxides. Le succinate de peroxide de fer est entièrement précipité si la dissolution est neutre.

Cet acide tel qu^on le trouve dans le commerce est souvent falsifié en raison de son prix élevé. On y mélange de Tacide tartrique^ du bisulfate de potasse ou du sel ammoniac coloré par un peu d^huile empyreuma tique de succin. On reconnaît ces fraudes non-seulement aux caractères que présente alors Tacidc, et qui sont différents de ceux que nous avons indiqués ci-dessus, mais par le résidu qu^il laisse lorsqu'on le chauffe sur une lame métallique ou qu'on le met sur un charbon ardent. La fraude avec Tacide tartrique se reconnaît au résidu charbonneux, celle avec le bisulfate de potasse au sel blanc fixe qui reste pour résidu ; quant à la présence du sel ammoniac, on la constate soit en triturant Tacide avec un peu c|e chaux qui en dégage

une odeur ammoniacale, soit par la solution do nitrate d*argent qui OGCSsioiuie dans la solution de cet acide un précipite blanc, caillebottc de chlorure d^'argent.

Aa»E suLFUEEux. Cct oxacide qui résulte toujours de la combustion du soufre, soit à Tair, soit dans le gaz oxigènc, et qu^on peut former dans une foule de réactions chimiques, se présente à Tétat de liberté tous forme gazeuse.

Gat acide sulfureux, Ceal un gaz permanent h la température ordinaire, mais susceptible de se liquéfier à une basse température (~ 20). Il est incolore, d^'une odeur forte et sufltu'nnle qui irrite les feux et excite la toux ; sa densité est de 2,â47; il éteint les corps eu combustion. Le calorique n^a aucune action sur lui; Tcau à+ 15<>eu dissout trente-trois fois son volume.

Composition. On admet qu^il est formé d^un volume de gaz oxigène et d^un demi-volume de vapeur de soufre condensés en un volume, ou en poids de :

Oxigène 49,85C ou 2 atomes.

Sounre 50,li4 1 atome.

100,000 Sa formule = S 0* ou S.

Caractères distinctifs, \o L^odeur de ce gaz est piquante et analogue à celle du soufre qui brûle à Pair ;

9o II rougit d'abord la teinture de tournesol et lui communique cnsoite une couleur de vin paillei;

S» L'eau Pabsorbe entièrement et acquiert Todeur et la saveur du gtz ainsi que Impropriété d'agir sur le tournesol;

4<> Les solutions de potasse et de soude Tabsorbcnt aussi, mais en formant avec lui des composés solubles, inodores, d'où les acides le téptrent avec toutes ses propriétés caractéristiques; Peau de chaux sgit de la même manière, mais Feau de barite eu l'absorbant su trouble et produit un précipité blanc de sulfite de barite, soluble dans no excès de gaz acide sulfureux.

Solution de go* acide sulfureux. Cette solution est incolore et possède Todeur et la saveur du gaz quoique moins prononcée ; lorsqu elle eiCsatnrée sa densité est de 1,045. Chauffée, clic laisse dégager peu à peu et entièrement le gaz qu'elle contient. Exposée à l'air dans un vase mal bouché, elle absorbe lentement l'oxigène et se convertit en partie en acide sulfurique.

Caractères distinctifs. 1° La solution d'acide sulfureux pur est facilement distinguée par son odeur et sa saveur ;

^ La teinture de tournesol agit sur elle comme sur le gaz lui-même;

8* L'eau de chaux n'y produit pas de précipité, mais l'(;au de barite U précipite, et le sulfite qui s'y forme peut se dissoudre dans uu excès d'acide.

4o Les solutions de chlore y (Viode et de hrome la convertissent en acide sulfurique en décomposant l'eau et s'acidiBani cllcs-mcincs.

5» Les acides hydrosulfurique et iodique sont décomposés par cette >ohtion qni produit avec le premier un précipité b\auc oyaVwk «i^

soufre provenant des deux acides décomposés, et avec le second un précipité brun d^iode que la chaleur en réduisant en vapeurs violettes fait aisément reconnaître.

Usages, L^acide sulfureux sous les deux étals que nous avons mentionnés ci-dessus est très-employé dans les arts , Faction destructive quUI exerce sur plusieurs couleurs organiques le fait particulièrement employer dans le blanchiment des étoffes de soie et de laine , ainsi que dans celui des tissus de paille. On s^en sert aussi pour muter les vins faibles qui s'aigriraient bientôt dans les tonneaux si le ferment n^était pas soustrait à Taction de Pair qu'ils contiennent. Dans les laboratoires, la solution d'acide sulfureux est usitée comme réactif, et quelquefois dans certaines opérations comme moyen d'obtenir et d'isoler plusieurs corps de leur combinaison.

Acide sulfurique. (Acide du soufre y acide vitrioKquCj huile de vitriol,) Tels étaient les noms sous lesquels on désignait autrefois cet acide; dans le commerce on lui donne encore les deux derniers noms.

L'acide sulfurique est connu sous trois formes distinctes ou modifications particulières : !<> anhydre et pur; 2» mélangé à une petite quantité d'acide hydraté, il constitue sous cet état l'acide dit fumant ou glacial de Nordhausen; du nom de la localité où on le fabrique en jgrande quantité; 5» combiné à une proportion déterminée d'eau, c'est l'acide ordinaire du commerce qu'on connaît aussi sous le nom d'acide sulfurique d'Angleterre; ce dernier nom lui a été donné parce que c'est dans ce pays qu'on a d'abord imaginé le procédé à l'aide duquel on le prépare aujourd'hui dans les arts. Ce dernier acide est le plus répanda dans le commerce pour les différents usages.

Propriétés de V acide sulfurique anhydre. Cet acide se présente sous forme d'aiguilles blanches , soyeuses et flexibles , qui se liquéfient à -4- 25 degré C, et se volatilisent presque immédiatement. Sa densité est de 1,070 lorsqu'il a été liquéfié. Une chaleur rouge le décompose en gaz acide sulfureux et en gaz oxigène dans le rapport de 2 à 1. Exposé à l'air il en attire l'humidité en répandant d'épaisses

liquide visqueux très-acide.

Compositian, L'acide sulfurique anhydre, est formé de trois volumes d'oxigène contre un volume de vapeur de soufre, ou en poids de :

Oxigène 50,86 ou 5 atomes.

Soufre 40,14 1 atome.

Sa formule est = SO^ ou S. Sa capacité de saturation est de 19,06, d'après les expériences de M. Berzélius.

L'acide sulfurique sous cet état n'est employé que dans les laboratoires.

^cide sulfurique fumant ou glacial de Nordhausen ou de Saxe. Cet acide obtenu de la distillation du proto-sulfate de fer desséché a une couleur brunâtre foncée; sa densité est de 1,89 à 1,90. Mis en contact

a?ee Tair il répand aussitôt une fumée blanche due à la volatilisation de Pacide anhydre qu*il contient et qui agit sur la vapeur d^eau répandue dans Tatmosphère. Son odeur est forte et suffocante par Tacide tidfiireux quUI contient accidentellement. Chauffé, il abandonne Tacide anhydre et Tacide sulfureux quMl contient et reste à Tétat diacide

dépendent du mélange tne plus ou moins grande quantité diacide hydraté.

Usages. L*acide fumant de Nordhausen est employé dans les laboratoires pour obtenir Tacide sulfurique anhydre. Dans les arts on s*en sert en teinture pour dissoudre l'indigo, de préférence à Tacide bydralé du commerce.

Propriétés de l'acide sulfurique hydralé ordinaire ou acide

sulfurique du commerce.

Cet acide qu^on prépare aujourd'hui en très-grande quantité, et à bas prix pour les besoins des arts , s^obtieht de la combustion d*un Bélange de nitre et de soufre dans des chambres particulières en plomb. Il se présente sous forme d*un liquide incolore, inodore, de eoosistance oléagineuse, d^une si grande causticité qu^il désorganise et noircit promptement toutes les matières organiques avec lesquelles on le met en contact. Sa densité est de 1,85S à -h 15° C. Il appartient à la classe des liquides les moins volatils, car il n'entre en ébuUition qu'à -4- 526<» C. et distille ensuite sans éprouver d'altération.

Exposé à Pair il attire puissamment Phumidité et s'affaiblit de plus en plus. Versé lentement dans Peau il coule comme du sirop, tombe an rond de ce liquide, et s'y combine aisément par l'agitation en dé-

Sigeant beaucoup de chaleur. La proportion d'eau ajoutée à cet acide minue sa densité et abaisse son point d'ébullition qui se rapproche â'sDtantplus de lOO» qu'il contient davantage d'eau. La densité d'un Bélange d'acide sulfurique hydraté et d'eau étant variable et nulle- Bent soumise à des règles générales , nous présentons le tableau ciiprès qui est dû aux expériences directes de Yauquelin et MM. D'Arcet et Parkes, et qui peut être souvent consulté dans la pratique de certaines opérations chimiques.

Table de la ricfiesse de l'acide sulfurique à divers degrés pt

la température Je + 15o cent.

PSGBÉS DE l'acide

DENSITÉ

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