COSMÉTIQUES
la propriété de faire disparaître les boutons et certaines taches de la peau, mais ce n’est souvent qu’en refoulant l’humeur qui les a produites et en déterminant des métastases funestes. On a vu des personnes affectées de ptyalisme , d’ophthalmie et même de phthisie pulmonaire, après avoir fait usage de cosmétiques de mauvaise nature. Il faut donc s’assurer d’avance de la nature des ingrédients qui entrent dans la composition des cosmétiques que l’on emploie, et pour mettre nos lecteurs plus à même de distinguer les bonnes des mauvaises, nous allons dire quelques mots des préparations cosmétiques qui sont le plus en usage. Le plus parfait de tous les cosmétiques est l’eau pure d’une fontaine limpide ; elle suffit pour enlever à l’épiderme les excrétions habituelles de là peau et pour nettoyer sa surface. Si cependant quelques circonstances particulières , telles qu’un air vicié , le défaut d’exercice , les veilles , où l’usage des fards ont altéré le teint, il faut avoir recours à quelques moyens plus efficaces que l’eau. Voici une composition cosmétique que l’on peut employer en toute sûreté et qui convient surtout quand il y a échauffement de la peau. — Mettez dans un mortier, un jaune d’œuf, 4 grammes de sucre et dix gouttes de baume de la Mecque; triturez-les ensemble jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement homogène , puis ajoutez, peu-à-peu, 150 grammes d’eau distillée. On se frottele visage avec cette composition et on la laisse sécher sur la peau. Le lendemain , en se levant , on se lave avec de l’eau pure. — Voici une autre composition due aux expériences du docteur Geoffroy, et dont les effets sont analogues à ceux du cosmétique précédent. Prenez, dit le docteur, parties égales d’huile d’amandes douces et de baume de la Mecque, mêlez-les avec soin dans un mortier de cristal et versez sur le mélange une petite quantité d’alcool ; après un certain temps de digestion on en extrait une teinture suffisante.
La célèbre préparation cosmétique connue sdus lé nom de
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lait virginal, n’est qu’une leinlurc de quelques baumes dans laquelle on verse une quantité suffisante d’eau, pour pro- . duire la précipitation de l’acide benzoïque et de la résine; précipitation qui donne à la liqueur la couleur blanche qui lui a valu le nom de lait. Il ne faut pas prendre pour ce dernier mélange une autre préparation qui a porté le même nom, et qui n’est autre que le sous-acétate de plomb, liquide qui se blanchit égaleihent par son mélange avec de l’eau, mais dont l’action sur là peau, est très délétère. Les cosmétiques dont nous venons de parler, sont le plus souvent employés pour entretenir la beauté et la souplesse naturelle d’une peâü jeune et vive. Les deux suivantes, au contraire, ne font que masquer les rides et la sécheresse dont l’enveloppe cutanée est toujours atteinte par lés progrès de l’àge ou bien par des excès. Ce sont les deux fards. Le fard blanc résulte d’un mélange de craie de Briançon, qui est une sorte de talc avec l’oxyde ou le sous-nitrate de bismuth. Mais, malheureusement, cette composition ne fait qu’augmenter le mal que l’on cherche à déguiser, et souvent elle prend un teint noir peu de temps après son contact avec la peau. Le fard rouge n’est autre chose que la poudre du cinabre ou sulfure de mercure, connu sous le nom de vermillon. Il est inutile de dire qu’un pareil cosmétique doit être condamné comme dangereux, car il produit le plus souvent une salivation abondante en même temps qu’il empoisonne l’haleine et fait vaciller les dents dans leurs alvéoles. Le roi Henri III, qui alliait à la bravoure du soldat français la Coquetterie d’une petite maîtresse, n’employait pour cosmétique que de la farine battue dans un jaune d’œuf, et celui qu’emploient les dames du Danemarck d’aujourd’hui, n’est guère moins simple. Ce dernier est formé d’uné certaine quantité de farine de fèvés et de farine des quatre semences froides, dé ayées dans de la crème. Parmi les préparations cosmétiques les plus dangereuses, nous signalerons les pâtes et les pommades dépilatoires qui renferment toujours de l’arsenic, delà chaux