‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 263 sur 403 · LOTION · texte numérisé non relu

LOTION

LIS. Vhiiile de lis faite en infusant les pétales de lis blanc ou Ulicim condidum^ dans de l’huile d’olives, est quelquefois employée en frictions contre les névralgies dentaires.

LITRE. Mesure qui contient 1 décimètre cube d’eau distillée à 4® du thermomètre, point où ce liquide est à son maximum de densité.

LOCALITÉS. On peut appliquer aux organes dentaires ce que les savants ont écrit sur l’influence des localités, sur la santé générale, depuis, le temps d’Hippocrate jusqu’à nos jours. Les localités basses et humides sont nuisibles aux dents. Dans les pays secs et élevés, l’homme conserve ses dents sans beaucoup de précautions; mais le voisinage des marais est pestilentiel pour la bouche.

LOTION. En hygiène, ce mot exprime l’action de laver le corps en partie ou en totalité. On doit se garder de mouiller la tête des enfants qui font leurs premières dents; on doit se borner à la frotter avec des brosses de chiendent, etc., ou à la nettoyer avec un morceau d’éponge ou de laine. En lotionant les autres parties du corps il faut avoir soin que l’eau ne se réfroidisse pas, car les jeunes nourrissons pourraient en éprouver des. souffrances vives.

LOTION. On emploie également le mot lotion pour désigner quelques médicaments liquides au moyen desquels on lave, on nettoie, on déterge certaines parties du corps qui sont devenues le siège de souffrances. Les lotions peuvent être émollientes, détersives, toniques astringentes, anti-psoriques, anti-odontalgiques, anti-rhumatismales, etc. Elles se pratiquent avec la main seule, ou avec des éponges, du linge ou de la charpie. L’art dentaire emploie les lotions simples et composées; les premières, quand il s’agit seulement d’entretenir la fraîcheur et la santé des organes, et les secondes, lorsqu’il faut prévenir une lésion ou y couper court. Les lotions dentaires composées sont connues sous les noms de collutoires, d’opiats, d’élixirs, d’eaux balsamiques, etc.

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Les lotions simples ou d’eau pure et fraîche, sont très favorables à l’entretien des dents.

LOUPE. On nomme ainsi un instrument d’optique formé d’un verre bi-convexe, dont les dentistes se servent pour examiner les objets qui sont trop petits pour pouvoir être appréciés par l’œil nu. Pour que la loupe soit bonne, il faut que le verre ait au moins 30 millimètres de diamètre, et un foyer d’environ 39. Un verre plus grand ne grossirait pas assez ; plus petit il grossirait trop les objets que l’on règarde.

LUETTE. On nomme ainsi l’appendice ou prolongement charnu suspendu au milieu du bord libre du voile du palais. Elle est de forme conique, et plus ou moins volumineuse, selon les individus. Elle donne au bord libre du voile du palais l’apparence d’une arcade à double cintre, qui se termine de chaque côté par deux piliers qui se continuent avec la langue et avec le pharynx. La luette est formée par un dédoublement de la membrane muqueuse palato-pharyngienne qui renferme dans son épaisseur des folliculles mucipares , et un faisceau défibrés musculaires qui constitue le petit muscle palato-staphylin, ou releveur de la luette.

LUXATION. On donne ce nom à une maladie dans laquelle les surfaces articulaires des os ou des dents ont perdu en totalité ou en partie leurs rapports naturels, soit par l’effet d’une violence extérieure accidentelle, soit à la suite des efforts faits pour détruire momentanément ces rapports, et cela dans un dessein curatif. S’il s’agissait ici de la luxation des os, en général, il nous faudrait entrer dans quelques détails sur les genres d’articulation qui sont le plus exposés à ces accidents, sur la direction du déplacement de l’os luxé, et sur l’étendue de ce même déplacement ; car, dans la généralité des cas, ce déplacement se fait à divers degrés, ou, en d’autres mots, la luxation peut être complète ou incomplète. Ces détails, dans un livre spécialement en rapport avec l’art du dentiste, seraient au moins superflus, et nous

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n’aurons à nous occuper que des luxations suivantes ;

luxation de l’os maxillaire inférieur. Cette luxation a toujours lieu en avant’, la luxation en arrière est impossible, en ce que la rencontre des dents de cette mâchoire avec les dents supérieures empêche le menton de s’élever assez pour que le condyle puisse passer au-dessous de la crête vaginale du temporal. L’opposition que met l’apophyse épineuse du sphénoïde aux mouvements latéraux trop étendus de cet os, empêche la mâchoire de se luxer de côté. Chez Tes enfants, cet os ne peut se luxer, même en avant, à cause du parallélisme presque complet qui existe entre la branche et le corps de cet os, disposition qui fàif que les mouvements d’élévation et d’abaissement de cet os sé font autour d’un axe qui passe par ieS condylés, et que dans la plus, grande ouverture de la bouche, ces éminences ne tendent guère à sortir de la cavité glénoïde qui les loge. Chez rhomme fait, au contraire, les branches de la mâchoire font un angle considérable avéc le corps de cet os, et les mouvements d’élévation et d’abaissement se font autour d’un axe fictif qui passerait par le milieu des branches; aussi, quand le menton s’abaisse, les condÿles se portent en avant et en bas, au-dessous de l’apophyse zygomatique du temporal, en décrivant ainsi un arc de cercle en sens inverse de célui que décrit le menton.

Les causes immédiates de cette luxation sont toutes celles qui sont susceptibles d’abaisser trop fortement le menton. Aussi, elle a lieu quelquefois dans les vomissements, dans les bâillements, et dans les efforts exagérés que font quelques individus pour ouvrir largement la bouche, pour faciliter l’extraction des dents, et autres opérations què l’on est quelquefois obligé de faire aux organes contenus dans cette cavité.

Le mécanisme de cette luxation est facile à comprendre : une fois que, par l’abaissement exagéré du menton, par l’action des muscles sus-hyoïdiens, le condyle se trouve porté au-dessous de la racine transverse, la contraction subite des

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muscles ptérygoMieiis lui imprMé un' mouvèment qui le porte'en même temps en avant et en haut|dé nianière à l’appliquer contre la fàcë antérieurè de cette ràciné, et rendre la fermeturè de la bouche impossible^ C’est par un mécanisme semblable qu’a lièu la luxation d’uii^ sèiil dès condyles; mais, dans ce cas, cêliii qui se dêplaèè se porté' à la fois en bas, en avant et en dédans, de manière' à décrire un arc de cercle autour du cbndyle qui conserve ses rapports naturels.

Les sÿniptômëS àë cette luxation sont rècartémént prononcé des deux mâèbôires; mais ^ bientôt l’inférieur, relevé par la contraction’ du niuscle crotaphyte oii 'temporal, se rapprôebe de la supriéure, jusqu’à ce ' qùé son apophyse cpronoïdè se‘ trouve arrêtée par l’éminenèé molaire de l’os maxillairé supérieur, par la dent de 'sagesse Supérieure, ou par ces deux obStaclés 'a là fois. Dans cette positidn, là bouche est euveffèl lés 'mâchoîrës écartées d’au moins quatre centimètres^ les dents inférieures' dépassent en avant les süpêrîeuïcs^ le méntenest alioiî^,'leslévres ne peuvent se rapprocher,' et rarticulàtion' dés 'sons “ef ' dès vdyélles labiales est impossiblé. En portant le'dÔigf dunotè du conduit aüditif| on neSënt'plus Soûnla pêaü'ïà^âiiliefdrniée pàr la présence du cdndÿle , mais une* dépréssion coasidèrâbîé qui m'arque son absence r et, en douchant par le côte intérieur de' la bouché, oh sént dans l’épaisseur des Joués Und sàiriie remarquable formée pâr l’apophyse coronoïde de la mâchoire. La salive^' dans cé mdmentdcoiilé èn abondance et échappe à la bouche- tandis que le tiraillement auquel sont soumis les muselés crdtaphife et 'màssetér' aplatit d’une maniéré très marquée la fosse tempdràle ét' Ia joue.

Cônséqitemes. Cette maladie , quând elle est négligée , se termine de' deux manières ; dans la première, l’os d’abord comme enclavé dans sa nouvelle position, reprend peu4-peü ses mouvements qui cessent d’être doiildUreUx, les lèvres ' s’allongent par leürs efforts répétés de s’approcher l’une dé *

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l’autre, et finissent par se mettre en contact; les dents incisives inférieures fortement portées en avant, ne peu vent rencontrer les supérieures, mais les molaires qui sont plus ou moins en contact opèrent, mal il est vrai, la mastication qui, comme l’articulation des sons, est pour le reste de la vie très imparfaite. Dans l’autre cas, qui est le plus grave, les mouvements de l’os maxillaire ne se rétablissent pas, et il se forme un ankylosé, par la soudure du condyle avec las parties osseuses voisines.

Traitement. Les indications à remplir sont d’abaisser les condyles au-dessous de la racine transverse de l’apophyse zygomatique, et les pousser en arrière d’elle. Aussitôt qu’un pareil accident arrive, et que le dentiste a reconnu la maladie, il fait asseoir le malade sur une chaise basse et solide, en faisant assujettir, par un aide, la tête que ce dernier appuie sur sa poitrine en croisant les mains sur le front. Le dentiste, alors placé devant le malade, et ayant les deux pouces garnis de linges, les porte aussi loin que possible entre les arcades dentaires, et appuie leur face palmaire sur la couronne des dernières molaires. Embrassant alors tout le corps de l’os maxillaire avec les autres doigts portés sous le menton, il presse fortement avec ses pouces sur l’arcade dentaire inférieure, de manière à abaisser fortement la mâchoire, sans faire éprouver au menton aucun mouvement de bascule; et lorsqu’il a dégagé les condyles et les a ramenés au-dessous du niveau de la racine transverse de l’apophyse zygomatique, il les porte en arrière en' appuyant avec ses pouces sur les dents molaires inférieures, en même temps qu’avec ses doigts croisés sous le menton il relève doucement cette partie. Cette dernière partie de la réduction exécutée, l’opérateur jette rapidement ses pouces en dehors entre les arcades dentaires, et les joues, d’abord pour n’être pas mordu par le brusque rapprochement des mâchoires, et pour ne pas s’opposer au retour complet des condyles dans la cavité glénoide. On doit ensuite soutenir le men-

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ton avec une fronde pendant un mois après l’accident.

LUXATION dès dents. Nous devons ici considérer la luxatiO'n de ces organes comme une maladie, et non pas comme un moyen thérapeutique ou d’orthopédie dentaire qui aurait pour effet de faire cesser des douleurs ou pour corriger la difformité naturelle, la position anormale des dents. Nous traiterons dans un article à part la luxation des dents considérée sous ce dernier point de vue, et nous n’en parlerons ici que comme un accident, un état morhide de ces organes auquel il faut se hâter de porter remède. La maladie, dont il s’agit, consiste dans le déplacement d’une ou plusieurs dents, qui leur fait perdre leurs rapports avec les parois des alvéoles dans lesquels elles sont implantées. La luxation d^ dents présente plusieurs degrés ; dans le premier, la dent peut être simplement ébranlée ; mais de manière que les fibriles de tissu serré qui l’assujettissent au périoste alvéolaire soient en grande partie déchirées, et que la solidité naturelle de leur réunion avec l’alvéole soit détruite; dans le second, la dent est soulevée hors de sa place, et fortement inclinée en avant ou en arrière de Tarcade dentaire, sans cependant que les, parties molles qui constituent les moyens d’union entre la racine et l’alvéole soit complètement rompues; dans le troisième, ces derniers cessent de la retenir, et la dent est jetée par la violence de la cause complètement hors de la bouche. La luxation peut arriver à une dent fracturée, cariée, ou à une dent saine; elle peut être simple ou conàpliquée des contusions, des plaies, des gencives de rupture de bords alvéolaires et d’hémorragie. Toutes ces considérations font varier à l’inflni la gravité de l’accident et les moyens de traitement auxquels il faut avoir recours. Les causes de la luxation des dents sont en général les violences extérieures, telles que les chutes, les corps et les missiles qui peuvent rencontrer ces organes; mais elle est aussi due dans l’opération de l’extraction à la maladresse, à la négligence, ou à la coupable préoccupation de l’opéra-

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teiir qui fait agir son instrument sur une dent saine, au lieu de la dent malade, et qui la fait sauter de son alvéole seule, ou en même temps qqe la dent malade. Dans le cas où la luxation n’est qu’au premier degré, il suffît d’exercer une légère pression continue sur la couronne de la dent, et de s’abstenir de la mastication d’aliments de nature dure, pendant un ou deux jours après l’accident. Dans les luxations au deuxième degré, il faut se bâter de redresser la dent que la violence a déviée de sa position verticale, et la faire descendre dans l’alvéole d’où elle était à demi avulsée. Le malade doit se nourrir pendant quelques jours d’aliments mous, et pour s’assurer qu’une adhésion parfaite se forme entré les parois de l’alvéole et la racine, il devrait porter pour un temps assez considérable, une petite gouttière en or, dont la concavité embrasse toute la couronne de la dent luxée, et d^ont les ligatures qui doivent être également en or se fixent en forme de croclmts sur les deux' dents entre lesquelles la dent luxée se trouve. La possibilité d’obtenir une guérison dans les luxations du troisième degré, a longtemps été, pour les dentistes, un sujet de controverse. En effet, on ne se représente pas facilement comment une dent complètement arrachée de l’arcade dentaire, et dont toutes les attaches fibrillaires, vasculaires et nerveuses, avec l’alvéole, ont été rqmpues, puissent conlracter de nouvelles adhérences avec cette cavité. Cependant, une. foule d’observations recueillies depuis longtemps, et cela, par des observateurs consciencieux, ne laissent aucun doute sur la possibilité de ce résultat désiré. La dent arrachée par mégarde, ou forcée par une cause accidentelle de quitter son alvéole, doit y être replacée sur-le-champ. Nous avons, dans notre Encyclopédie du dentiste^ donné le conseil de raccourcir légèrement le sommet de la racine avec ubc Intie, avaiit de la remettre dans sa cavité, et le témoignage de quelques-uns de nos confrères qui ont expérimenté notre procédé, et qui Tapprouvent, nous fait ici un devoir de réitérer le conseil que nous avons.

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