‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 291 sur 403 · NÉCROSE · texte numérisé non relu

NÉCROSE

cives, d’alvéoles et de tartre qui peuvent y adhérer. On les macère ensuite pendant une semaine, en ayant soin de renouveler l’eau toutes les vingt-quatre heures. Quelques personnes conseillent de les faire bouillir; c’est une mauvaise inanière de les purifier, car l’eau, à 100®, tend toujours à les Jaunir. Il vaut mieux, après les avoir macérées dans l’eau froide, comme nous avons dit, les faire frotter avec de la ponce très finement pulvérisée, et les mettre encore, pendant quelques jours, dans une eau légèrement savonneuse. On les passe alors à l’eau fraîche, on les essuie, et^, après les avoir appareillées par séries de six, c’est-à-dire quatre incisives et deux canines, on les conserve dans du son ou on les couvre d’un enduit formé d’une matière grasse et de craie. A ces manières de les conserver nous en avons substitué , depuis quelques années, une autre, qui est d’enfoncer les racines de chaque série jusqu’au collet, dans un petit gâteau de cire ; cette manière, qui est aujourd’hui adoptée par plusieurs de nos confrères, conserve à ces dents leur fraîcheur, et permet de les comparer facilement aux dents qui sont dans la bouche du malade.

NÉCROSE. C’est la mortification ou mort d’un os en totalité ou en partie. Elle est, aux parties dures, ce que la gangrène est aux parties molles. L’os frappé de nécrose est sec, privé de sucs, et forme un corps étranger dont les tissus vivants qui l’entourent cherchent à se débarrasser. C’est la portion compacte des os qui est le plus souvent affectée de nécrose; la portion spongieuse se détruit ordinairement par la suppuration ou la carie. Quand la surface de l’os seule est atteinte de nécrose, les lamelles mortes se détachent, et forment une exfoliation qui est entraînée par la suppuration des parties sous-jacentes. Quand la partie nécrosée occupe la profondeur de l’os, la partie vivante qui l’entoure, irritée par son contact, s’enflamme, se gonfle, et sécrète du pus qui la sépare du séquestre^ ou partie frappée de mort. Le pus, en. s’accumulant, presse contre les couches extérieures de l’os.

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en perfore les parois en formant des fistules osseuses qui laissent échapper le pus et les débris du séquestre, ou qui en facilite l’extraction au moyen des instruments. Les deux os maxillaires peuvent être atteints de nécrose, produite, soit par des coups ou autres violences extérieures qui auraient fortement ébranlé le tissu osseux, ou par sa séparation du périoste, ou par la suppuration prolongée de la membrane alvéo-dentaire, ou par l’inflammation chronique des parties molles qui entourent l’os. Les dents elles-mêmes sont quelquefois atteintes de nécrose ; elles s’ébranlent, perdent leur couleur naturelle, tombent par fragments, ou restent quelquefois dans l’alvéole en occasionant un écoulement fétide entre le collet et la gencive. Quelle que soit la partie qui soit frappée de nécrose, il faut se hâter d’en opérer l’extraction ; car, tant qu’elle reste dans la bouche ou dans ses parois , elle entretient l’irritation inflammatoire et suppurante des tissus qui l’environnent.

NÉFRONDES. Mot par lequel on désignait autrefois, selon Castelli, les personnes qui sont privées des dents, tels que les enfants en bas-âges et les vieillards qui les ont perdues.

NÈGRE. Nom des individus de la race noire, qui habitent la Guinée, la Nigritie, et autres points du continent africain. Quelques peuplades de nègres ont pour habitude d’user les angles des dents incisives pour leur donner l’apparepce des dents canines.

NÉNUPHAR. Plante de la famille des renonculacées. Les fleurs des nénuphars blanc et jaune sontanodynes et hypnotiques. On s’en servait beaucoup autrefois dans la confection des collutoires calmants.

NERFS. On nomme ainsi des cordons blancs et cylindriques qui naissent du cerveau et de la moelle épinière, et qui sont les organes conducteurs du sentiment et du mouvement. En s’éloignant du lieu de leur origine, les nerfs se divisent en branches et en rameaux. Ces derniers se terminent par des

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filets qui se subdivisent en formant des fibrilles nerveuses déplus en plus fines. Les nerfs se répandent dans toutes les parties du corps, et, après s’être divisés, après avoir communiqué entre eux au moyen d’anastomoses simples, d’anastomoses multiples, nommés plexus, et des ganglions, c’està-dire dés renflements composés de filets nerveux et une substance qui leur est étrangère, ils se perdent dans les organes d’après un mode qui n’est pas encore bien connn. Quelquesuns pensent qu’ils se fondent dans les organes, en s’identifiant à leur substance ; et d’autres, que les filets nerveux répandent autour d’eux, et au-delà de leur terminaison apparente, une atmosphère nerveuse.

Tout ce que nous venons de dire se rapporte aux nerfs qui proviennent de l’axe cérébro-spinal; car, quant aux nerfs du système trisplancbnique, ce n’est pas ici le lieu d’en parler. Les nerfs sont partagés en classes, selon l’endroit de la tige nerveuse cérébro-spinale qui les fournit. Ainsi , it y a douze paires de nerfs encéphaliques., huit paires cervicales, douze paires dorsales, cinq paires lombaires, et six paires sacrées.

Les nerfs encéphaliques sont les olfactifs, les optiques, les moteurs oculaires communs, les pathétiques, les tri-jumeaux, les moteurs oculaires externes, le facial, l’auditif,^ le glossopharyngien, le pneumo-gastrique, le spinal, et l’hypo-glosse. C’est dans ce groupe que se trouvent les quatre nerfs qui se distinguent dans • les organes de la bouche et du pharynx, et qui doivent, par conséquent, fixer spécialement l’attention du dentiste. Nous allons indiquer, aussi sommairement que possible^ leur origine, leur trajet, et leur terminaison.

4® Nerf tri^jumeau. On le nomme aussi nerf tri-facial, petit sympathique et cinquième paire. Ce nerf naît par des filets nombreux à la partie antéro-latérale de la protubérance annulaire , passe par-dessus le bout supérieur du rocher dans un canal qui lui est formé par la dure-mère ; après

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être arrivé dans la fosse temporale moyenne il se jette dans le ganglion semi-lunaire ou ganglion de Cassérius du bord convexe duquel il sort en formant trois branches qui sont connues sous les noms de nerf ophthalmique y nerf mawillaire supérieur et nerf maxillaire inférieur.

2" Le nerf ophthalmique se distribue dans l’orbite aux paupières, au front et au nez et ne nous offre pas un grand intérêt.

3® Le nerf maxillaire supérieur, après avoir quitté le ganglion de Cassérius traverse le trou, grand rond du sphénoïde, et pénètre dans la fosse sphéno-maxillaire, d’où il passe dans le canal sous-orbitaire qu’il traverse pour se distribuer dans les muscles et dans les téguments de la joue. Dans ce trajet le nerf maxillaire supérieürfournit les branches collatérales suivantes. Rameau orbitaire qui donne un rameau lacrymal pour la glande de ce nom et un rameau temporo-molaire, qui se subdivise en filet molaire qui traverse l’épaisseur de l’os molaire pour se perdre dans la peau de la pommette, et ‘en filet temporal qui traverse le même os pour se perdre dans le muscle temporal. Les trois nerfs palatins : ils naissent d’un renflement du nerf maxillaire supérieur connu sous le* nom de ganglion de Meckel et se distribuent de la manière suivante; le grand nerf palatin ou palatin antérieur parcourt le canal palatin postérieur et se termine en se bifurquant à lu voûte palatine; mais avant sa terminaison il donne un rameau nasal inférieur destiné aux cornets moyen et inférieur des fosses nasales, des filets molaires qui traversent la paroi interne du sinus maxillaire pour se rendre aux dernières dents molaires, et un rameau staphylin qui se divise en filets nombreux pour les faces nasale et buccale du voile du palais. Les deux branches de terminaison du grand nerf palatin se divisent dans les couches glanduleuse et muqueuse du palais et dans la face interne des gencives. Les deux autres nerfs paiatins sê divisent dans la muqueuse nasale du voile du palais. Les nerfs sphéno-palatins ou nasàüX posté-

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rieurs qui se partagent entre la cloison et la paroi externe des fosses nasales.

Le nerfvidian ou ptérygoïdien qui ne nous intéresse pas. Les nerfs postérieurs qui se détachent du

tronc du nerf maxillaire supérieur, tantôt unis, tantôt isolés au moment où ce tronc va pénétrer dans le canal sous-orbitaire. Ils s’appliquent d’abord contre la tubérosité maxillaire, donnent des filets au muscle buccinateur et aux gencives et pénètrent ensuite dans les petits canaux dont est criblée la tubérosité de l’os maxillaire. Deux filets qui émanent de ces nerfs s’anastomosent dans la fosse canine après avoir, l’un d’eux , traversé la base de la tubérosité molaire, et l’autre passé au-dessous de cette tubérosité. Dans l’os, les nerfs dentaires postérieurs émettent un très grand nombre de filets, quL par anastomose, constituent un réseau nerveux des plus remarquables, qui est entièrement contenu dans son épaisseur, mais qui se trouve beaucoup plus rapproché de la surface interne du sinus maxillaire que de la surface externe de la tubérosité. C’est des mailles de ce réseau que naissent les filets déliés qui pénètrent dans les alvéoles et de là dans les racines multiples des trois grandes dents molaires et de la deuxième petite. Le nerf dentaire antérieur. Ce nerf qui est très gros à son origine naît du nerf maxillaire supérieur dans le canal sous-orbitaire et près de l’ouverture antérieure de ce dernier. Il s’engage de suite dans le canal particulier que lui fournit l’os maxillaire supérieur et dont la direction est d’abord horizontale, puis verticale. En parcourant ce canal le nerf contourne l’ouverture antérieure des fosses nasales, se réfléchit sur leur plancher et s’épanouit en un grand nombre de filets qui sont pour la plupart descendants et qui fournissent les nerfs dentaires des dents incisives, des canines et de la première petite molaire : quelquesuns de ces filets se perdent dans l’épaisseur de l’os maxillaire supérieur. Après avoir fourni toutes ces branches le nerf maxillaire supérieur sort de son canal par le trou sous-

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orbitaire et se divise en un grand nombre de filets qui sont divisés en ascendants pour le tissu musculaire et la peau des paupières, internes pour les téguments du nez et en descendants ou labiaux pour la lèvre supérieure. Ces derniers sont très nombreux et se partagent entre la peau et la muqueuse de cet organe en s’entrelaçant et s’anastomosant avec les filets nombreux du nerf facial dont nous parlerons bientôt.

Iæ nerf maxillaire inférieur , qui est la plus volumineuse des trois branches fournies par la cinquième paire, sort du crâne par le trou ovale qui le conduit dans la fosse zygomatique, où il s’épanouit de suite en sept rameaux, divisés en collatéraux et en terminaux. Les premiers sont : le rameau massetérin, qui donne des filets à l’articulation temporomaxillaire, et après avoir gagné l’échancrure sygmoïde, repasse derrière le tendon du muscle temporal, pour gagner les couches les plus profondes du muscle masseter au milieu desquelles il se termine; le rameau temporal profond externe^ qui se divise dans les fibres du muscle crotapby te ou temporal ; le rameau temporal profond interne^ destiné au même muscle, le rameau buccal ou bucco-labial, qui est très volumineux et très étendu dans sa distribution, naît par deux ou trois racines qui traversent isolément le muscle ptérygdidien externe. Le rameau qui résulte deieur réunion donne des filets au ptérygoïdien externe et au temporal , et parvient au bord postérieur du muscle buccinateur^ où il s’épanouit en filets ascendants qui se perdent dans la peau de la joue et de la région molaire ; en filets moyens^ qui se portent horizontalement en avant pour se perdre à la peau de la commissure et pour former une sorte de plexus autour de la coronaire inférieure, et en filets descendants destinés au muscle buccinateur, à la peau et à la muqueuse buccale. Le rameau ptérygoïdien interne se perd entièrement dans le muscle de ce nom.

Le rameau^ dit nerf dentaire inférieur, plus volu-

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