‹ Dictionnaire des sciences dentaires ou répertoire général de toutes les sciences nécessaires au dentiste. 2e édChapitre 307 sur 403 · ORPIMENT · texte numérisé non relu

ORPIMENT

de la bouche et des amygdales, est une cause fréquente de surdité.

OREILLONS. Nom populaire donné au gonflement inflammatoire de la glande parotide elle-même, ou au tissu cellulaire et aux ganglions lymphatiques qui entourent cette glande. Cette maladie attaque le plus souvent les enfants et les adolescents Elle peut être produite par le froid ou par l’irritation fui occupe les arcades dentaires pendant le progrès des deux dentitions. Elle est rarement grave. On la combat par des révulsifs sur le canal intestinal et sur les extrémités inférieures par des embrocations huileuses sur la tumeur, et en tenant celle-ci constamment couverte avec de la flanelle ou de la ouate.

ORGANE. On donne ce nom aux parties d’un être organisé qui sont destinées à concourir à l’exercice d’une fonction. Ainsi, les yeux sont les organes de la vision, l’estomac celui de la digestion, et les dents, avec les mâchoires dans lesquelles elles sont implantées, sont les organes de la mastication.

ORGANISATION. Ce mot est souvent employé dans le sens de structure, et veut dire l’ensemble des parties différentes dont un organe ou un être vivant est composé. On sait que dans l’organisation de la dent, il se trouve une partie centrale nommée pulpe, et une coque dure composée d’ivoire et d’émail.

ORIFIER. Ce mot, qui sêrait plus correctement écrit am- ^er, est employé pour désigner l’opération qui consiste à tamponner la cavité d’une dent cariée avec de l’or. (Voyez, pour cette opération, le moi Plombage.)

OROSRET. Mot employé par Guy de Chauliac, pour désigner le col qui se forme dans les fractures de l’os maxillaire comme dans celles des autres os du corps.

ORPIMENT. On donne ce nom au sulfure jaune d’arsenic, que l’on trouve assez abondamment dans la nature. Il est solide, insipide, inodore, et d’une couleur jaune citron. 11

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se volatilise comme l’arsenic, et n’est guère moins vénéneux que l’oxyde blanc de ce métal. Cette substance, qui fait partie du rusma dont se servent les Orientaux, entre chez nous dans les pâtes épilatoires dont on se sert pour détruire le duvet et les poils qui poussent à la figure. On ne saurait trop condamner l’emploi de cette substance et les préparations cosmétiques qu’on en fait, car elles ont une action très délétère sur la santé, en général, et sur les dents particulièrement, dont elles hâtent la désorganisation et la chute.

ORSEILLE. On nomme ainsi une plante de la famille des lichens et de la cryptogamie, de Linnée, qui croît abondam- ■ ment aux îles Canaries. On fait, avec cette plante, une pâte molle, d’un rouge violet, qui est très employée dans la teinture des soies, et dont les dentistes se servent pour donner un beau reflet rouge aux liquides dentifrices dont leur cabinet est muni.

ORTHOPÉDIE. Quelques traités écrits sur notre art don-, nent le nom d’orthopédie dentaire à la partie de l’odontotechnie qui s’occupe de prévenir et de corriger la disposition vicieuse des arcades dentaires et des dents. (Voyez les mots Disposition et Redressement.')

ORVIÉTAN. Électuaire qu’on regardait autrefois comme un antidote précieux contre tous les accidents du corps et contre tous ses maux. Parmi les ingrédients nombreux qu’on y faisait entrer, était la queue de vipère désséchée. Il n’est plus employé.

OS. Les os sont des corps durs et résistants qui forment, par leur coaptation les uns avec les autres, le squelette du corps animal. Ils sont inextensibles, et se brisent en éclat par l’effet des violences extérieures. Quand les os sont frais,, ils sont blancs, rougeâtres au dehors, et plus ou moins rouges en dedans. Ces organes sont entourés d’une membrane fibreuse, nommée périoste, et abreuvés, dans tous leurs points,, d’un suc de nature huileuse. Les os, en dernière analyse, ne

OSSIFJCATION.

sont que des tissus cellulaires, dont les aréoles sont encroûtées d’une matière calcaire, composée de phosphate de chaux et quelques autres sels. Les os qui entrent dans la formation de la bouche sont les os maxillaires supérieurs et inférieurs, et les os palatins, auxquels on peut ajouter l’os temporal, qui s’articule avec l’os maxillaire inférieur. Ces os sont décrits ailleurs. (Voyez les mots Maxillaire^ Palatin, Temporal.)

Les maladies auxquelles les os sont exposés sont les suivantes ; fracture, nécrose, carie, exostose, ostéo-malavia, et ostéo-sarcame. (Voyez chaeun de ces mots.)

OS dentaires. Nom donné à tort à la portion dure des dents.

OS guttural. Nom donné quelquefois à l’os hyoïde.

OS de bœuf. Les os de bœufs et autres animaux furent longtemps employés dans la fabrication des dents artificielles. Il faudrait qu’il y eût disette de toute autre substance pour qu’on employât aujourd’hui ces os pour cet objet. Ils n’ont pas d’émail, ce qui les rend absolument impropres , cemme matière' de prothèse dentaire; et cette substance, qui est très poreuse et remplie de matière animalfe, éprouve: promptement dans la bouche la décomposition putride.

OSMIUM. Nom d’un métal rangé dans la cinquième classe de M. Thénard. On ne le trouve que dans le minerai de platine; il est solide, bleu, noirâtre, et facile à transformer en oxyde qui se sublime en formant de beaux cristaux blancs, doués d’une odeur très forte.

OSSEUSE. On dit quelquefois la portion osseuse desdents pour indiquer la coque calcaire de ces organes qui n’offre nullement la structure cellulaire des os.

OSSIFICATION des os. On indique par ce mot, le passage des os qui sont d’abord muqueux, et puis cartilagineux à leur état dur définitif. La matière cartilagineuse dont nous parlons est remplacée dans l’os fait par un parenchyme gélatineux. Le point d’ossification d’un os est le point où la ealcarisation commence, pour s’étendre aux autres parties de

0STAGR4.

l’organe. Presque tous les os présentent deux et même plusieurs points d’ossification.

OSSIFICATION des dents. Par un vice de langage, ou désigne encore par cette phrase le développement de l’ivoire et de l’émail des dents de l’homme. L’os ou la partie éhurnée de la dent, dit Richard, se forme le premier; et on le voit paraître au sommet de la papille dentaire, sous la forme d’une petite calotte, unique pour les dents incisives et canines, et multiple pour les molaires. Cette petite calotte qui a déjà la forme de l’extrémité libre de la dent, est la lame d’ivoire qui sera immédiatement recouverte par l’émail ; elle augmente suecessivement de largeur, et finit par couvrir entièrement la papille. Dans les dents à papilles, divisées comme les molaires, les petites calottes éburnées, en augmentant de largeur, se rencontrent par leurs bords, et finissent par n’en fournir plus qu’une seule, composée d’éminences égales en nombre à celle de la pulpe. Elle augmente aussi successivement, mais du côté inférieur, c’est-à-dire du côté de la papille, qui en conséquence doit la réduire ou la diminuer proportionnelliment de volume; phénomène qui a dû faire penser que l’éburniflcation résultait de la transformation de la papille en ivoire, par une déposition calcaire dans son tissu, ce qui est tout-à-fait contraire à l’opinion généralement adoptée par les anatomistes modernes; savoir ; que l’éburnification est une production qui a lieu à la surface de la pulpe, et non pas une transformation de son tissu.

OSSIFICATION de la pulpe dentaire. Ce phénomène curieux a quelquefois lieu "dans les dents usées. L’ossification commence dans le voisinage de la table qui renferme encore le canal de la dent ; cette ossification est ordinairement un bienfait de la nature, parce qu’elle retarde le moment où la cavité dentaire sera exposée au contact de l’air et des aliments.

OSTAGRA. Sorte de tenailles incisives ou pinces coupantes employées selon Castelli, dans la chirurgie des anciens, pour opérer la résection des os.

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OSTÉOGÉNIE. C’est l’ossification ou développement des os.

OSTÉOLOGIE. C’est la branche de l’anatomie qui traite des os du corps humain. La structure, la forme, le développement et les rapports des os du corps surtout ceux du crâne et de la face doivent être bien connus du dentiste qui désire exercer sa profession avec conscience.

OSTÉOMALAXIE. C’est une affection morbide caractérisée par le ramollissement des os du corps. C’est une maladie rare qui n’atteint jamais isolément les os d’une partie quelconque, telles que les mâchoires ; le ramollissement affecte en même temps tous les os de l’économie, mais il se fait sentir surtout, dans les os longs des membres auxquels on peut donner toutes les courbures. Les causes de cette maladie sont inconnues, comme le sont aussi les moyens propres à la combattre. ,

OSTÉOSARCOME. Voyez le mot Spina-Ventosa.

OXYDATION. Transformation d’un métal en oxyde. Les métaux susceptibles de s’oxyder dans la bouche doivent -être exclus des appareils de prothèse et de redressement destinés à cette cavité.

OXYDES. Corps qui résultent de la combinaison de l’oxigène de l’air avec les autres corps simples, tels que les métaux. Un certain nombre d’entre eux sont employés par -les dentistes, pour colorer et nuancer les dents minérales qu’ils fabriquent. (Voyez le mot Coloration.)

OZÈNE. Nom donné à une ulcération de la membrane pituitaire dont un des symptômes est une odeur très fétide qui échappe des narines. Cette ulcération peut se propager au voile du palais, et jusque dans la bouche.

PACHYDERMES. On donne ce nom à l’ordre des animaux mammifères qui renferme l’éléphant et l’hippopotame.

PALAIS. Ce mot désigne la paroi supérieure de la bouche, dont la forme est celle d’une voûte parabolique, et qui est

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bornée, en avant et sur les côtés, par les dents dé l’arcade dentaire supérieure, et, en arrière, par le voile du palais. Le palais est plus long que large, horizontal, légèrement concave, immobile, et parcouru, à sa partie moyenne et d’avant en arrière, d’une ligne blanchâtre et déprimée. On trouve à l’extrémité antérieure de cette ligne un tubercule qui répond à l’orifice inférieur du canal palatin antérieur. En arrière, la voûte palatine est parfaitement lisse ; mais , en avant et de chaque côté de la ligne médiane, elle présente des rugosités en forme de crêtes transversales. Il entre dans la structure du palais :

1" Une charpente osseuse, formée par l’arcade alvéolaire supérieure , par la face inférieure des apophyses palatines de l’os maxillaire supérieur, et par les portions horizontales des os du palais;

2** Une membrane palatine, qui est de nature fibro -muqueuse, de couleur blanchâtre, très dense et très épaisse, surtout en avant, où elle adhère fortement aux aspérités de la voûte osseuse, auxquelles son chorion envoie des prolongements fibreux très prononcés ;

3® Une couche glanduleuse, formée d’un grand nombre de glandules salivaires, disposées par séries à la partie postérieure de la voûte, et logées entre le périoste de la voûte osseuse et les trois quarts postérieurs de la meinbrane palatine, et qui s’ouvrent dans la bouche par une infinité de canaux dont les orifices sont visibles à la face libre de la membrane.

Les artères du palais, comme celles des gencives correspondantes, viennent des branches palatines, alvéolaires, sous-orbitaires et buccales. Les veines leur correspondent. Les nerfs sont fournis par les palatins faciaux et sous-orbitaires. Le palais, ou voûte palatine, sert à séparer la bouche des fosses nasales, et prête un point d’appui à la langue dans la gustation, dans la mastication, dans la déglutition, et dans l’articulation des sons.

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PALAIS. Les imperfections du palais, ou voûte palatine, que nous venons de décrire sont, pour la plupart, dues à un défaut de développement des pièces qui la forment, ou à des affections scrofuleuses, cancéreuses et syphilitiques. Nous avons, au mot Bec-de-lièvre, dit que, selon les recherches de Tiedman, Fox et autres, les portions osseuses . et membraneuses de la voûte se développent par deux points latéraux qui, dans la marche normale des choses, se réunissent sur la ligne médiane, en séparant complètement la cavité de la bouche de celles des fosses nasales. Quand il survient, pendant la vie intra-utérine, un arrêt de développement dans ces parties latérales, leur réunion sur la ligne médiane n’a pas lieu, et une ouverture, qui est le plus souvent longitudinale, laisse communiquer les cavités dont nous venons de parler. Ce vice de conformation, quand il est congénial, est toujours accompagné d’un bec-de-lièvre simple ou double (Voyez ce mot), et souvent sa guérison spontanée se fait peu de temps après que le bec- de-lièvre a été opéré. Quand ce vice de conformation persiste, malgré les moyens médicaux et chirurgicaux employés pour le faire disparaître, il faut avoir recours à la prothèse, et établir dans la bouche du malade une des variétés des palais artificiels, dont nous avons fait l’histoire et la description au mot Obturateurs. Il en est de mêrde des perforations de la voûte palatine, provenant de toute autré cause. Nous dirons cependant que, quand ces perforations sont dues à des ulcères syphilitiques ou scorbutiques, il faut chercher à détruire d’avance le vice constitutionnel, qui est l’origine du mal; il faut, déplus, hâter la cicatrisation des bords de l’ouverture, et, quand cette dernière, est complète, il faut se garder d’employer les obturateurs à tampon et à ailes, conseillés par Ambroise Paré et par Fauchard, car ils irritent les bords de l’ouverture et s’opposent à la tendance naturelle qu’ont tou tes les ouvertures anormales d’opérer leur propre guérison, et de se fermer avec le temps.

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