BEC
régulièrement enclavé entre les apophyses palatines de l’os maxillaire supérieur. Mais le bec de lièvre latéral double , où ni l’une ni l’autre des parties latérales ne se réunit au tubercule moyen , est toujours accompagné d’une déformation de la voûte palatine , dont les deux moitiés restent écartées, tantôt en avant seulement, et tantôt dans toute leur étendue. Dans ce dernier cas, le vomerest toujours fixé à l’une des -moitiés de l’os maxillaire; et l’os incisif, par un engrenage de sa face supérieure , est attaché au bord inférieur du vomer, tandis que la voûte du palais est divisée dans toute son étendue et la luette est bifide. — Dans tous les cas de bec de lièvre congénial , les bords de la division sont parfaitement réguliers et unis , et la pellicule qui les recouvre est rouge ou vermeille, comme celle des lèvres. Cette maladie, pour être guérie, exige toujours une opération , qui consiste dans la réunion des bords de l’incision , au moyen de la soudure entortillée que nous décrirons. L’opinion générale est^, que l’on ne devrait procéder à cette opération avant que l’enfant ne soit âgé de quatre ou cinq ans ; parce que, dit-on, les tissus résistent mieux à l’action déchirante des aiguilles , et l’enfant a alors assez de- bon sens pour observer le calme et le silence qui sont nécessaires pour le succès de l’opération. — L’expérience cependant prouve l’inutilité d’un pareil retard , et nous partageons pleinement l’opinion du célèbre professeur d’accouchement , M. le baron Paul Dubois, qui fait toujours cette opération dans les premiers jours qui suivent la naissance. Les tissus sont alors plus vasculaires, et la cicatrisation se fait plus vite. Ils sont plus extensibles et se prêtent mieux à l’alongement que l’opération demande , et le déchirement de ce tissu, par les aiguilles, n’est qu’une chimère; car les cris les plus forts de l’enfant ne le produisent pas. Au reste, l’on est toujours à même de parer à cette difficulté, en empêchant l’enfant de dormir pendant quelque temps avant l’opération ou en lui faisant avaler quelques petites cuillerées d’une potion narcotisée. Voici l’opération :