EXCROISSANCE
scrlion, c’est que, sur mille cas, on en rencontre neuf cent quatre-vingt dix-neuf dans lesquels la maladie a son siège, non pas à la racine de la dent, mais bien à sa couronne , de manière qu’il suffit d’enlever cette partie malade pour faire cesser à l’instant les douleurs, chose que l’expérience journalière confirme. Il se forme, à la suite de cette opération, une nouvelle matière osseuse qui protège la racine contre toute impression extérieure; les joues ne se creusent pas comme après l’extraction complète de la dent, et il reste encore des racines qui, au besoin, peuvent servir de base aux pièces artificielles. Le procédé opératoire de M. Fay consiste seulement à enlever, avec des pinces coupantes, la couronne de la dent malade ; il ne peut en résulter des conséquences fâcheuses, tandis que si l’on vient à la limer, comme le font beaucoup de dentistes, on détermine presque toujours une inflammation très vive, et d’autres accidents non moins graves... » Il y a peu de dentistes qui adoptent l’opération de l’excision des dents recommandée par M. Fay. Cependant on nepeut’nier que quand la racine est saine, elle doit être préférée à l’extraction, et cela par les raisons que le journal cité vient d’exprimer; quant aux accidents qu’il attribue, à l’emploi de la lime en pareil cas, il est évident que ce journal exagère, car il est rare que le malade en souffre quand on manie l’instrument avec soin. En résumé donc, nous dirons que l’excision des dents, sans être applicable dans tous les cas, est un moyen utile à ajouter aux ressources de l’art du dentiste, et c’est à la sagacité de l’opérateur à choisir dans quelques cas particuliers, entre les pinces coupantes de M. Fay, l’extraction de la dent, ou la destruction de sa couronne par la lime.
EXCRÉTEURS. On donne ce nom aux vaisseaux qui transmettent les liquides sécrétés parles glandes, soit au dehors, soit dans les cavités où ils doivent être déposés. Pour les vaisseaux qui portent la salive dans la bouche, voyez les mots Canaux, Conduits .
EXCROISSANCE. Ce nom est donné à des tumeurs plus
KXOSTOSE.
OU moins volumineuses des parties molles qui peuvent se développer dans les divers endroits du corps. Nous avons traité de celles qui se forment aux gencives, etc., sous le nom {\’Épulies.
EXÉRÈSE. C’est un des modes opératoires généraux de la chirurgie dentaire, qui consiste à tirer, extraire, enlever ou retrancher du corps humain tout ce qui lui est inutile, nuisible ou étranger. Aussi l’extraction, l’évulsion, l’évacuation, l’ablution, l’amputation, l’excision des dents, des tumeurs, des esquilles et des collections purulentes, font partie de l’exérèse.
EXFOLIATION. On désigne par ce mot la séparation des parties frappées de mort qui se détachent d’un os, d’un cartilage d’une dent, etc,, sous la forme de lamelles ou de petites écailles. L’exfoliation s’accomplit par la nature seule; elle a pour but de détacher une partie frappée de nécrose de la partie vivante qui est en-dessous. Souvent, pour que cela ait lieu , cette dernière pousse des végétations charnues et fournit une suppuration plus ou moins abondante, qui tend à entraîner la partie exfoliée, qui est devenue corps étranger, ou divise l’exfoliation en sensible et en insensible^ suivant que les parties nécrosées d’un os, etc., se détachaient en fragments plus ou moins considérables ou qu’elles disparaissaient par parcelles très ténues et d’une manière insensible. Cette division , bien qu’elle ne soit plus généralement admise par les auteurs modernes, est néanmoins bonne, et le dentiste a quelquefois occasion d’observer ces deux sortes d’exfoliation dans certains états maladifs des os maxillaires et dans le dépérissement de la substance dentaire, connue sous le nom d’atrophie ou d’érosion.
EXOSTOSE. On donne ce nom cà une tumeur osseuse qui se forme à la surface externe des os, ou qui proémine dans les cavités qu’il forme. Quand le périoste qui recouvre l’os participe à la tuméfaction, la maladie est désignée sous le nom de périostose. Les os qui sont les plus sujets rà être af-
EXOSTOSE.
feclés de cotte maladie, sont les os du crâne , le sternum et les os longs des membi*es , surtout le tibia et riiumérus. Les os des mâchoires peuvent en être aftêctés, mais cela se voit rarement. Les causes des exostoses peuvent être extérieures, telles que les coups, les chutes, les contusions, etc.; mais elles doivent leur existence plus fréquemment aux vices scrofuleux, scorbutid|ue et syphilitique dont la constitution peut être atteinte. Les exostoses sont éburnées, spongieuses ou laminées. Colles qui sont dues à la syphilis, cèdent facilement à un traitement mercuriel interne et à l’application sur les tumeurs d’un emplâtre de vigo cum mercurio. Celles qui dépendent d’une constitution détériorée par les scrofules ou le scorbut, se terminent souvent par la carie; aussi doiton chercher à combattre de bonne heure ces derniers états par les amers, les ferrugineux, les aliments azotés, le grand air et l’insolation. Les moyens locaux sont les seuls qui conviennent aux exostoses produites par des causes externes, et quand on ne peut en obtenir l’absorption par les frictions indurées , mercurielles , etc. , on enlève l’éminence osseuse avec le gouge et le maillet, ou bien avec la scie.
EXOSTOSE des dents. Cet état anormal des dents, selon M. le professeur Cruveilhier, n’a aucune analogie avec les exostoses des os ; car, dans ce dernier cas, le tissu osseux est le siège d’un travail vital , quoique morbide, et l’exostose des dents n’est, selon lui, qu’une sécrétion irrégulière de l’émail et de l’ivoire. Quoi qu’il en soit , la bosse formée surles dents, n’affecte que la racine tantôt existante sur toute sa circonférence; d’autres fois ne se montrant que sur un des côtés de la racine, et affeclant une forme arrondie ou anguleuse. vSelon plusieurs auteurs, l’exostose est presque toujours le résultat de l’engouement et l’ossification du périoste dentaire. Il est presque impossible de porter un diagnostic exact sur cette affection ; mais on l’observe principalement chez les personnes dont les dents sont devenues douloureuses, soit par suite de carie ou d’usure.
EXTIRPATION
soit par l’action d’une diathèse rhumatismale ou goutteuse. Les seules données que l’on ait pour reconnaître cette affection sont la douleur gravative et profonde qui l’accompagne, le gonflement de l’alvéole, la mobilité de la dent malade, et enfin la perte du niveau de cette dent avec les dents voisines. On combat cetle maladie par des topiques émollients et narcotiques, des saignées locales et des révulsifs; mais on est souvent obligé de reconnaître le peu d’efficacité de ces moyens et d’avoir recours à l’extraction de la dent malade pour débarrasser le patient de la douleur qu’elle occasione. On a donné le nom iS'exoslose scorbutique à celles qui surviennent chez les sujets dont la constitution est évidemment affectée de scrofules ou de scorbut, et l’on peut espérer la guérison de la dent en combattant, par des moyens appropriés, les vices dont l’économie est infectée.
EXPULSIF. On nomme bandage expulsif celui que l’on construit dans le dessein de comprimer une partie dont on veut chasser le pus, la sérosité, etc. Ce bandage se fait avec des bandes , des tampons de charpie et des compresses gra duées de différentes formes et grandeurs, que l’on applique de telle ou telle manière, suivant le cas. Ces bandages expulsifs sont rarement employés dans les opérations que le dentiste est obligé de faire.
EXTENSION. On donne ce nom à une opération de chirurgie, par laquelle on tire , en sens opposé, un os luxé ou fracturé, dans la vue de ramener les surfaces articulaires à leur situalion naturelle, ou d’affronter les fragments de la fracture. L’extension , proprement dite , se fait sur l’os luxé ou sur le fragment détaché du corps de l’os. La contre-extension se fait sur le tronc et sur la portion du membre qui a conservé sa position par rapport à lui. Dans les fractures ou la luxation de l’os maxillaire inférieur, on n’a pas recours à la contre-extension.
EXTIRPATION. C’est une opération par laquelle on retranche une partie malade dont on enlève jusqu’aux dernières
EXTRACTION
racines. On fait l’extirpation des cancers, des polypes, des * loupes, des tumeurs enkystées, etc. , et chaque espèce d’exlirpation doit être faite suivant des règles particulières au siège et à la nature de la maladie.
EXTRACTION. L’extraction est une opération de la chii rurgie dentaire qui fait partie de l’exèrèse, et qui consiste à retirer des différentes parties de la bouche, soit avec la main, soit avec des instruments convenables, les corps étrangers qui s’y sont introduits, ou qui s’y sont spontanément développés, ou bien des corps morbidement altérés, de manière à rendre nuisible leur présence dans cette cavité. On opère ainsi l’extraction des balles, des grains de plomb, et d’autres objets accidentellement introduits dans les tissus de cette ca- ■ vité, ou les calculs de diverses natures qui se forment dans les amygdales, et dans les conduits salivaires; mais ce sont les dents contenues dans les alvéoles de l’une et l’autre mâchoire sur lesquelleson fait le plus souvent l’opération de l’extraction.
EXTRACTION des dents. Cette opération est extrêmement ancienne, puisque Cicéron en attribue l’invention au ; troisième Esculape. Hippocrate la recommande dans le cas de carie douloureuse, et l’on voyait dans le temple d’Apollon, à Delphes, un instrument pareil à ceux qui servent à l’extraction des dents aujourd’hui. L’extraction peut être nécessaire dans le cas des dents surnuméraires, et mal placées, qui défigurent la bouche ; dans le cas où un défaut de développement des mâchoires empêche les dents de la partie antérieure de la bouche de se ranger régulièrement; dans le cas de consomption de la racine de la dent, bien que la couronne paraisse parfaitement saine; dans les cas où la carie de la couronne est assez avancée pour rendre abortive l’opération préservatrice connue sous le nom de plombage, et dans d’autres cas semblables. Un praticien habile doit, à première vue, reconnaître si une dent est difficile à extraire, en prévenir son client, mais de manière à ne pas l’effrayer; il doit surtout avoir cette précaution, lorsque les dents sont tellement
EXTRACTION
rariées à leur eouruiirie qu’elles ii’oflreiil aucune résistance au mors ou au crocliet de rinslrumciit. Nous avons déjà dit * que rcxtraclioii des dents chez des personnes adultes est suivie d’un affaissement des parois de l’alvéole, et d’un creux plus ou moins marqué au visage, aussi doit-on se montrer très circonspect avant de procéder à l’extraction d’une dent. Arracher, comme le dit très bien un de nos auteurs distingués, c’est détruire^ ce n’est pas (juérir^ et l’on ne doiten venir à ce moyen extrême que dans les cas où la dent est profondément cariée, très impressionnable à l’air, et ne peut d’aucune manière être conservée. Si les dents sont saines, on doit bien se garder d’en faire l’extraction quelle que soit du reste la violence de la douleur; car souvent la cause réside dans un fait étranger, et non pas dans la substance dentaire. Le nombre d’instruments dont ou s’est servi pour opérer l’extraction des dents est assez considérable; mais qui ne sait que le succès d’une opération dépend beaucoup moins delà forme que l’on peut donner à un instrument que de l’adresse de celui qui opère, et pour cel ui qui en connaît l’usage, les simples pinces à extraction et la clef de Garengeot sont tout ce qu’il faut pour opérer dans les cas mêmes les plus difficiles. Quelleque soit la méthode que l’on adopte pour extraire une dent ou une racine, il est certaines précautions à prendre pour assurer le succès de l’opération. Ainsi, l’extraction des dents, surtout les molaires, doit toujours être précédée d’une opération nommée déchaussement, qui a pour objet de détruire les attaches naturelles ou tartreuses qui existent entre le collet et la dent, et la gencive qui l’entoure, car, quand on la néglige, il arrive assez souvent que la dent luxée, et hors de son alvéole, reste pendante par une partie de sa circonférence au tissu gencival, qui est exposé à être déchiré dans les efforts que l’on est obligé de faire pour en détacher la dent. Voyez les mots Déchaussement et Déchaussoir. Après s’être assuré que ces attaches dont nous venons de parler sont détruLles, on choisit un endroit sur la face interne des ma-
EXTRACTION
choires qui serve de point d’appui au levier de riuslrumciil ; le paunetou de la cleflixé sur ce point, ou embrasse la couronne de la dent dans la courbure du crochet, eu ayant soin d’insérer le point de ce dernier aussi profondément que possible, entre la gencive et le collet de la dent. La couronne étant ainsi solidement prise, la main qui lienUe manche de l’instrument, lui imprime un mouvement de rotation gradué du dehors en dedans en évitant toute brusquerie, toute secousse, pour faire sauter les dents comme le font les charlatans. En agissant avec régularité, en soulevant la dent avec prudence, on la luxe d’abord, et on la fait sortir de la mâchoire en suivant la direction naturelle des racines et des étuis alvéolaires dans lesquelles elles sont logées ; car il faut bien se pénétrer de ce fait anatomique que les racines des dents sont toutes plus ou moins inclinées vers l’intérieur de la bouche. Il faut, en tout cas, employer moins de force que d’adresse, afin de ne pas fracturer la dent, briser son alvéole, déchirer les gencives et ébranler les dents voisines. Il est rare, quand on s’y prend avec habileté et soin, que l’on ne puisse ainsi faire sortir des alvéoles mêmes les dents les plus profondément cariées. L’extraction des dents antérieures de la bouche , c’est-à-dire des incisives et des canines, se fait le plus souvent avec les pinces; leur avulsion des alvéoles n’est jamais difficile; mais il est bon d’avoir la précaution d’insérer le mors aussi profondément que possible, entre le collet de la dent et la gencive qui l’entoure, et de n’opérer ' la traction directe qu’après avoir imprimé à la dent de légers mouvements de latéralité qui ont pour objet de la luxer, et de briser les filaments, qui l’attachent à l’alvéole.
EXTRACTION du tartre. C’est une des opérations les plus nécessaires de l’art du dentiste, car ces incrustations tartreuses, quand on ne les détruit pas, repoussent les gencives, les détériorent, et, dans beaucoup de cas, deviennent si envahissantes qu’elles déchaussent, écartent, ébranlent et déplacent les dents, pénètrent jusqu’à leur racine, dans la
EXTRACTION
cavité alvéolaire, et quelquefois recouvrent toute la denture, comme une écaille continue et très épaisse. Cette matière, que quelques auteurs attribuent à une sécrétion vicieuse des gencives, et d’autres à des dépôts provenant des mucosités buccales, de la salive et des aliments, s’accumule chez cer- ' tains individus avec une étonnante rapidité, et exige de leur j part des soins de propreté continuels et assidus; en s’y pre- ,/ nant à temps, on peut enlever le tartre avec une brosse im- ^ prégnée d’un dentifrice convenable; mais quand on le laisse ; s’accumuler sur les dents, il faut avoir recours aux instruments employés pour en opérer l’extraction, et qui , pour la f plupart, ont la forme de burins, de grattoirs et de crochets. ^ Ces instruments doivent être en acier fin, bien trempés, i tranchants et fixés solidement à un manche. Le dentiste prend toutes les mesures de propreté pour n’inspirer aucun dégoût ; au malade, et si la bouche qu’il visite exhale de mauvaises i odeurs, il a soin de faire rincer la bouche avant et pendant » l’opération, avec quelque liqueur suave et aromatique. Ces précautions prises , il place la personne dans une position . convenable, se tient à sa droite, et fait pencher la tête sur ^ le dos du fauteuil. Tenant alors l’instrument comme une * plume à écrire, il commence par néloyer les petites incisives , de la mâchoire inférieure, en cassant le tartre par fragments, ■ de bas en haut : pour enlever ce dernier de la face postérieure de ces dents, il fait incliner en avant la tête de la personne qu’il opère. Arrivé au nettoiement des dents de la mcàchoire ' supérieure, il passe le bras gauche autour de la tête de la personne, pour relever avec l’index la lèvre de la personne, tandis que, avec l’instrument tenu de la main droite, il continue l’opération comme ci-dessus. Quant au tartre qui ' se trouve sur les molaires, il s’enlève plus facilement avec les ■ rugines.
L’opération se termine, en frottant les dents, avec une brosse douce imprégnée d’une composition dentifrice, et on lui im- , prime un mouvement de rotation pour lui faire suivre le ;