FISSURE
impossible. On donne le nom {yopéralion du fdel à celle qui débarrasse le petit malade de cette diftbrmité : elle consiste à soulever la langue avec la plaque fendue d’une sonde cannelée, et à couper avec précaution le iilet , au frein de la langue, aussi loin que possible de la face inférieure de cet organe; de peur de toucher aux artères ou aux veines ranulaires. Si la plaie donne trop de sang, on touche avec le nitrate d’argent ou avec un stylet boutonné rougi au feu.
FILIÈRE. On donne ce nom à une bande d’acier percée d’un certain nombre de trous placés sur deux rangs et qui ; sont d’un diamètre régulièrement décroissant, depuis le prei inier qui.est considérable, jusqu’au dernier, dont le calibre ! est d’une petitesse extrême. C’est à l’aide de cet instrument que l’on étire les tils métalliques pour eu diminuer la grosseur, jusqu’à un degré convenable. Pour opérer, on fixe la ! filière dans un étau; on lime un peu l’extrémité du fil pour
t qu’il entre plus facilement dans le trou , et quand il dépasse
! l’autre côté de la filière, on le saisit, avec de fortes te-
I nailles , pour opérer dessus une traction, qui fait passer le
I reste du fil en le diminuant d’épaisseur; on facilite l’opéra-
! tion en chauffant le fil , de temps en temps, jusqu’au rouge ,
► i et en le frottant d’un corps gras, tel que la cire.
FILTRATION. C’est une opération qui a pour objet la ) clarification d’un liquide au moyen d’un filtre, à travers le- 1 quel on le fait passer. Nous avons déjà parlé de la filtration 1 de l’eau en grand. La filtration des liquides dont le deri- I liste se sert pour la préparation de ses lotions dentifrices, etc. ^
■ se fait à travers du papier gris ou du papier Joseph, auquel I on donne la forme d’un cône plissé , pour qu’il puisse s’in- I traduire dans l’entonnoir qui doit le contenir. Il existe en- I core d’autres espèces de filtres, tels que la chausse , le blan- I cliet, les linges, les mèches de coton, les éponges, etc.
■ FISSURE. On nomme ainsi quelquefois les fentes, cre- I vasses, etc., qui se forment aux lèvres, et dont nous parlc- I rons au moj (lercAtrc.
I tSTUI.Ii.
l'fSlUIJi,. Un (loiiiK* ce Moiii à loiil canal anormal éiabli dans nn point qiielcompie du corps, cl s’ouvrant à la peau ou dans un conduit nainrel. Nous devons nous borner ici à celles qui regardeni l’ai'l du dentiste, et nous allons décrire les fistules salivaires avec les moyens de traitement mis en usat,''e pour les guérir.
FISTULE do la parotide et du canal de Stenon. Les fistules salivaires sont rares, mais elles sont graves par l’influence que la perte de la salive exerce sur les digestions, et elles jettent souvent les malades dans un état de marasme. La fistule parotidienne peut cire produite par une blessure provenant d’une contusion, d’un coup de sabre ou de tout autre instrument pointu ou tranchant qui divise les téguments de la peau. Les lèvres de la plaie se cicatrisent séparément, et une fistule s’établit au niveau du canal de la glande. Mais dans un plus grand nombre de cas, les fistules salivaires font suite à nn abcès salivaire qui se forme derrière une obstruction du conduit de Stenon. Souvent la fistule siège au niveau de la glande même; un simple phlegmon développé sur la Joue peut la produire, ce phlegmon est circonscrit, dur, douloureux, chaud et rouge; il devient plus tard fluctuant, son sommet s’ouvre, et il s’en échappe du pus mêlé cà de la salive. Quelquefois au lieu d’une simple perforation, la peau décollée se détruit dans une certaine étendue, et l’on voit au fond une cscharre grisâtre qui en tombant laisse une surface ulcérée, rouge et grosse dont les bords restent décollés. Cette maladie se reconnaît facilement par la matière qui s’échappe de rorifice formé; c’est d’abord un mélange de salive et de pus, et plus tard de la salive pure qui se montre en plus grande abondance quand le malade mâche ou parle. Quand le conduit de Stenon est libre, on peut guérir cette maladie en empêchant la salive d’arriver à l’ouverture fistuleuse, en empêchant la glande de sécréter, ou en établissant une compression sur un endroit du canal entre la glande et le point du canal de Stenon qui est ouvert.
FISTLLKS.
On a soin do condamner en meme lemps le malade à l’abstinence et au silence, et de loucher souveni les bords de la plaie avec un stylet rougi au feu pour bâter la cicatrisation. Quand le calibre du canal de Slenon est rétréci par une maladie organi(iue de scs parois , ou par du mucus endurci, ou par des concrétions calcaires, il faut chercher à le débarrasser des corps étrangers qu’il peut contenir et lui donner une dilatation suflisanle par le moyen suivant, recommandé par le célèbre chirurgien Louiset , pour cette opération. On introduit un stylet boulonné par l’oritice fisluleux dans le canal de Slenon; on le dirige en bas, en dedans et en avant pour parcourir ce canal jusqu’à son arrivée dans la bouche. Les matières qui obstruent le canal cèdent facilement aux efforts de l’instriiment, mais comme il faut assurer au canal une dilatation suffisante, on a soin d’y faire passer un ruban de linge de volume croissant que l’on fait agir, à la manière d’un séton, en introduisant chaque jour une nouvelle portion de la bande dans le canal, après avoir eu la précaution de l’enduire avec du cérat: dans les intervalles des pansements, les extrémités du ruban sont nouées à l’angle de la bouche, et attachées au bonnet du malade. Le calibre du canal une fois rétabli, la salive cesse de couler par la plaie dont on hâte la cicatrisation en la touchant du crayon de nitrate d’argent ou avec un bouton de feu.
FISTULES dentaires. On donne ce nom à des trajets anormaux qui établissent une communication entre la sur-face cariée des os maxillaires et la face libre des gencives. Ces fistules ont souveni leur origine dans les différentes espèces de carie dentaire qui affectent les racines des dents, et surtout dans la maladie connue sous le nom de consomption de la racine. (Voyez le mot Consomption.) Elles sont aussi dues à l’opération du plombage quand la cavité nerveuse de la dent sur laquelle on opère est déjà ouverte, et le siège d’un suintement séreux ou purulent, et quelquefois,
m;iis plus ranuiieiil, ellos sont i)ro{Uiilcspar la présence, dans les os maxillaires, des liges métalliques des dents à pivot. Ces listules sont toujours précédées de vives douleurs et (rime tuméfaction circonscrite du tissu gencival, vis-à-vis de la portion cariée on nécrosée de l’os maxillaire ; tuméfaction qui est souvent accompagnée d’un appareil fébrile des plus intenses. A mesure que la nudadie se prolonge, la tumeur devient de plus en plus circonscrite; elle se ramollit, se blanchit à son sommet et s’ouvre le plus souvent dans un seul point, mais souvent aussi il se foiane plusieurs ouvertures fistuleuscs, qui donnent au tissu perforé l’apparence d’un crible. La matière qui s’en échappe est un mélange de sérosité et de pus, qui devient plus lard une sérosité sauieuse, noirâtre et fétide. Les bords de ces orifices sont tuméfiés et calleux; la circonférence est, en général, peu œdématiée, mais rougeâtre et mamelonnée. Quelquefois l’ulcère n’a qu’un petit Iroii, presque obstrué par richor séreux qui en découle et qui est desséché par le contact de l’air. Au bout d’un certain temps, si l’on examine l’état des parties situées sous l’ulcère, on reconnaît facilement, à l’aide de la sonde ou du stylet, que l’os est non-seulement dénudé, atteint de carie et de nécrose, mais aussi qu’il y en a des portions qui sont complètement détachées et mobiles. Les fistules dentaires ne doivent pas être confondues avec une autre maladie qui affecte les environs de la mâchoire inférieure et qui est due à des engorgements scrofuleux. Les vraies fistules dentaires ont leur point de départ dans la racine des dents cl dans l’os même des mâchoires, et guérissent assez promptement après l’avulsion de la dent qui les a produites ou des esquilles qui les entretiennent , et elles peuvent affecter les personnes de tout âge et de toute constitution , tandis que les fistules scrofuleuses ne se voient guère que chez les enfants et chez les adolescents d’une santé débile et chez lesquels on voit en même temps des masses de ganglions engorgés, s’étendant souvent depuis l’occiput jusqu’à la cia-
I LAcciniTi:.
vieille. Le lueilleur inoyou que l’oii imisso iiieüi*e en ((iiuiul il y a menace de üstiile dentaire , c’est d’opérer de suite l’extraction de l’ostéide , vis-à-vis de la tumeur ([ui S(‘ Idrine; car, dans le plus grand nombre de cas, on trouvei'aque la racine de celle dentest alTecléc de consomption, et qu’clli^ a transmis, par contiguïté, sa maladie au lond de l’alvéole, dans lequel elle était logée. Si cependant le malade rd’uso de se laisser enlever la dent ou que, pour tout autre cause, le dentiste ne soit appelé que lorsque la maladie a déjà fait des progrès, que la Iluclualiou se fasse sentir, que la lislule soit formée et que l’introduction du stylet fasse reconnaître la présence des esquilles, il faut se liàlcr d’ouvrir largement la gencive malade, d’enlever les parties frappées de nécrose, ou de cautériser liardiment la surface cariée, et de ne tenter la cicatrisation de la plaie extérieure (tue lorsque l’on a bien desséché la source du suintement.
FISTULE salivaire de la glande sous-maxillaire. Celb' listule qui est beaucoup plus rare que la précédente commence par une tumeur salivaire sous la mâchoire, que l’on pourrait confondre avec un abcès froid ou avec un engorge ment scrofuleux, au moins dans les premiers temps, mais quand l’ouverture se forme il est impossible de ne pas reconnaître la nature du mal par la salive qui s’échappe de la plaie. La glande sous-maxillaire et le canal de coharton se trouvent immédiatement derrière le corps do la mâchoire, et sont par conséquent difliciles à comprimer, aussi s’est-on borné jusqu’ici à tenter l’oblitération de l’oriüce listiileusc en, la cautérisant avec du nitrate d’argent. Dans ces dernières années M. Amussat, après avoir vainement essayé de guérir la maladie autrement, eut la liardiesse d’extirper la glaïub' elle-même, et l’opération réussit complètement.
FIXl dentes. Dans quelques traités d’odontoteclinie écrits en latin, on désigne sous ce nom les dents permanentes.
FLACCIDITÉ. On désigne par ce mot l’état de mollesse des tissus chez les individus anémiques, scorbutiques et
s(M“oliil(Mix : 011 vui( soiiveitl chez eux les gencives molles, p.ili's et bon nies.
bï.AMMK. On donne ce nom à la masse de Inmièi-e et de clialenr (|iii se dégag’o pendant la combnslion des corps. Selon le célèbre ebimiste anglais sir Humpbrey Davy la flamme esl line matière gazeuse cbaiiffèc au point de devenir lumineuse, et jouissant d’une température (pii surpasse la chaleur blancbe des corps solides. La lunii(n*e de la flamme est d’autant plus brillante et intense qu’il se forme dans cette flamme une matière plus dense et jiliis fixe. Ainsi dans lu combustion du phosphore qui produit en bridant un corps solide, l’acide phospborique, la flamme est tiès vive et très blancbe, tandis que la flamme qui se forme par le soufre qui brûle est faible et transparente, le produit de la combustion n’ètant qu’un corps gazeux, l’acide sulfureux. Le borax a la singulière propriété de donner un reflet verdâtre à la flamme de l’esprit-de-vin.
FLATULENCE. On donne ce nom (à racciimulation des vents dans l’estomac et dans les intestins, et à leur émission par la bouche ou par l’anus, ces flatulences annoncent toujours un état vicié des voies digestives dont les dérangements sont toujours nuisibles aux organes dentaires. On combat ce développement de gaz dans le tube digestif par les toniques, les stomaebiques et les substances carmi natives.
FLEURS. Les anciens cbimistes donnaient ce nom à plusieurs substances solides et volatiles obtenues par la sublimation. C’est ainsi que l’on dit même aujourd’hui fleurs de benjoin pour l’acide benzoïque et fleurs de soufre pour le soufre sublimé et lavé; deux substances dont nous avons déjà parlé.
FLUCTUATION. On désigne par ce mot le mouvement du pus renfermé dans un abcès, et que l’on produit en plaçant une des mains à plat sur un côté de la tumeur, tandis qu’avec l’autre on la percute. C’est un élément de diagnostic fort impoi’lant dont nous avems parlé au mol Abcès.