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INCORRUPTIBLES

marne, le cobalt, Toxyde do fer rouge, furent lessubsiances dont il se servit pour celte amélioration. En 1788 il obtint de Louis XVI un brevet d’invention qu’on trouve dans les Annales des arts et des manufactures. MM. Tonzi, Pernetti, Desforges , ont, depuis ce temps, modifié la fabrication des dents incorruptibles.^ et plusieurs autres dentistes les ont propagées dans toute l’Europe. En Angleterre, les dents incorruptibles ont eu une vogue instantanée; mais le procédé n’a pu se maintenir, parce que la’porcelaine est cassante, et que la mastication a toujours été dangereuse pour les personnes qui ont adopté le système de M.-Dechement. En second lieu, il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de fabriquer avec le sable à porcelaine un dentier qui s’adapte bien à la mâchoire; la haute chaleur le racornit, et l’empreinte prise avec le moule se trouvant considérablement rétrécie, les gencives éprouvent une pression très douloureuse. Il n’en est pas de même de l’hippopotame et d’autres matières semblables, que le dentiste peut façonner à son gré. Il arrivait aussi quelquefois que la cuisson étant incomplète, le dentier tombait en dissolution, et il m’est venu des personnes qui m’ont dit qu’elles avaient mangé leur râtelier. Je passerai sous silence le bruit qui est occasioné par les dentiers minéraux en parlant, et qui est pareil à celui de deux cailloux qui s’entrechoquent. Je conseille donc à mes confrères de renoncer à un procédé qu’on adopta, parce qu’on croyait n’avoir rien de mieux à une époque où rodontotechnie était encore à ses premiers essais ('). Mais de nos jours, tout homme qui s’occupe d’un art quelconque doit s’éloigner delà routine et s’efforcer d’innover; c’est, le seul moyen d’être utile à ses semblables, et de rendre honorable la profession qu’on exerce. Il est vrai que dans le temps où on était obligé de se servir, pour les besoins de notre art, des dents humaines et des dents des animaux, telles que celles de cheval, de mouton, de cerf,

(I) Encyclopédie du denliste, page 429.

INCnUSTJiK.

(le baleine el de iiiui‘S(‘ , rinveii(i(jn d(? ees deiils en laienec, on dénis incorniplibles, (dail nn vrai l)icurait pour le inoinb'; mais aujourd’hni que les sciences praliques de l’art dn d(^nlisle ont fait tant do pro^r(^s, il faudrait (Hre bien en arrière de sou siècle pour s’on servir.

INCRUSTER. Ce mot est employé par quelques denlisles pour exprimer le travail auquel on soumet le bloc ou rondelle d’hippopotame sur lequel on doit sculpter les dénis artilicielles, ou que l’on doit convertir en dentier, en creusant sur une de ses faces une gouttière pour emboîter les perlions du bord alvéolaire de la mâchoire qui sont dégarnies de dents. Pour bien incruster une pièce, il faut avoir beaucoup de jugement, un coup-d’œil sûr, et une longue habitude de ce genre particulier de travail. Quand on a choisi la pièce d’hippopotame à travailler, d'une blancheur parfaite, sans strie ni fêlure, et d’une épaisseur et d’une largeur déterminées parles dimensions du modèle auquel on va l’adapter, il peut se présenter deux cas ou bien le modèle représente une mâchoire, et c’est ordinairement la supérieure, entièrement dépourvue de dents, ou bien le modèle représente une arcade dentaire ébréchée, c’est-à-dire une mâchoire avec des dents éparses, et laissant entre elles des intervalles à combler. Dans le premier cas, après que le modèle en plâtre a été trempé pendant quelques instants dans de la cire chaude, et essuyé, on passe sur la partie qui représente le bord libre de la mâchoire un pinceau trempé dans une matière colorante, qui est ordinairement un mélange de vermillon et d’huile. Prenant alors le modèle par la base, on pose la partie colorée sur une des faces de l’iiippopotame dans une position telle que les bords de ce dernier dépassent d’une ligne et demie antérieurement et sur les côtés la portion la plus saillante des gencives représentées par le modèle. On prend alors une échoppe grande el bien aiguisée, avec laquelle on enlève les parties de l’hippopotame rougies par le modèle; on applique ee dernier de nouveau pour enlever aveerinstrument les non-

KNCRUSTEK.

vellos ladies qu’il imprime, et l’on Cüiiümie ainsi le travail en usant de plus de précaulioii à mesure que l’on avance jus- (in’à ce que la goiitliôre qui doit loger le bord libre de la mâchoire ait assez de profondeur, et que toutes les éminences irrégulièi’cs dont sa surface peut être couverte soient reçues dans des fossettes correspondantes deriiippopotame. La paroi antérieure de cette gouttière doit être assez large pour pouvoir monter aux portions les plus saillantes des gencives auxquelles la pièce doit s’adapter. La paroi postérieure, assez large pour pouvoir s’appliquer dans une étendue de deux centimètres au moins au palais de la boiiclie; mais il importe de ne pas creuser le bloc trop profondément, car la partie solide au-dessous de la gouttière doit avoir assez d’épaisseur, pour que les dents que l’on va ysculpter, aient une longueur convenable , longueur qui est déterminée par l’écartement naturel des mâchoires de l’individu pour lequel on travaille, et qui est représentée par l’articulation des deux modèles dont il est question ailleurs. (Voyez le mot Articulation.') Dans le second cas^ on rougit avec le pinceau la couronne des dents que présente le modèle, et on pose ce dernier sur rhippopolame, dans la position que nous avons déjà décrite. Les points rougis par la couronne des dents sont enlevés avec l’échoppe; le modèle réappliqué tache de nouveau l’iiippopotame dans les memes endroits : ces marques sont de nouveau enlevées avec l’échoppe, et l’on continue l’opération jusqu’à ce que la direction que doivent prendre les dents du modèle, la direction dans laquelle le bloc doit être excavé soit exactement déterminée. Alors, pour faciliter le travail, on perfore, au moyen du foret, un passage pour une ou deux molaires de chaque côté, et pour les dents antérieures qui doivent être à découvert, on lime à leur niveau le contour antérieur de l’iiippopotame jusqu’à ce que la face postérieure de chacune d’elles se trouve dans une rainure qui lui est propre. Ou continue alors à couper le bloc dans les parties marquées par le rouge du modèle, jusqu’à ce qu’il se forme

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