OPHTHALMIE
sciences médicales : « L’opérateur, dit Ceise, doit être jeune « ou du moins peu avancé en âge; il faut qu’il ait la main « ferme, adroite, et jamais tremblante; qu’il se serve de la « droite ou de la gauche avec une égale dextérité, qu’il ait « la vue claire et perçante, l’ànie intrépide et impitoyable « lorsqu’il veut guérir celui dont il est chargé ; qu’il ne se hâte « pas et ne coupe pas moins qu’il ne faut, mais achève son « opération comme si les plaintes du malade ne faisaient au- « cime impression sur lui. » Ajoutons que c’est au dentiste et aux opérations qu’il fait que doit être appliqué le célèbre adage de citb^ tuto et jucundè.
OPÉRATION. Ce mot est employé dans la chirurgie dentaire, pour désigner l’application des instruments aux dents et autres organes contenus dans la cavité buccale, dans le but de guérir les maladies dont ces organes peuvent être atteints. Les opérations ont en général pour but d’effectuer la division, la réunion des tissus malades, d’en extraire les parties nuisibles, et de remplacer les parties naturelles qui manquent par des pièces artificielles. Les principaux modes opératoires ont reçu les noms de synthèse, diérèse^ exérèse et prothèse (voyez ces mots). Outre les opérations de chirurgie générale qu’on est appelé à faire dans la cavité buccale, et que l’on trouvera décrites aux articles consacrés aux maladies qui les réclament, il y a un certain nombre d’opérations qui ne sont applicables qu’aux dents mêmes, et que le lecteur trouvera décrites aux mots cautérisation, nettoyage^ plombage^ limage^ luxation^ excision^ redressement eX- extraction.
OPHYTE. Sorte de porphyre noir ou pierre cornéenne d’une couleur noir-verdàtre, que l’on portait autrefois en amulette pour guérir les maux de dents.
OPHTHALMIE. On désigne le plus souvent par ce mot l’inflammation de la conjonctive palpétrale ou oculaire : inflammation qui alterne souvent avec les irritations des dents.
OP IAT.
OPlA'r. On no désignait autrefois par ce mot que les électuaires dans lesquels on faisait entrer l’opium; mais aujourd’hui on donne improprement ce nom à certaines compositions dentifrices qui ne diffèrent des autres que par l’addition d’un sirop ou d’un peu de miel. En voici quelquesuns des plus utiles au dentiste ;
OPIAT du docteur Ilaudel.
Opium thébaïque
. 81 centigram.
Huile de jusquiame
Extrait de belladone
Extrait de camphre
Huile de cajeput
Teinture de cantharides
Cet opiat est utile surtout quand l’odontalgie a son siège à la mâchoire supérieure, parce qu’on peut l’y placer immédiatement, ce qui ne serait pas praticable si l’on se servait de médicaments liquides.
OPIAT de M. Gariot, ex-chirurgien du roi d’Espagne.
Alun déroché . -15 gram. 13 centigram.
Sang de dragon 5 — 73 —
Cannelle 3 — 91 —
Mastic de chio 3 — 91 —
On réduit tous ces ingrédients en poudre très fuie : on y mêle une certaine quantité de miel rosat pour en faire un opiat, dont on se sert avec succès ; après quoi on rince la bouche d’eau aromatisée avec quelques gouttes de mon eau antiscorbutique qui a remplacé avantageusement les élixirs des vieux praticiens.
Nous ajouterons aux opiats précédents celui qui suit, et qui est dû à l’invention du célèbre Desforges.
Corail porphyrisé 160 grammes.
Tartrate de potasse pulvérisé 96 —
Os de sèche 64 —
Cochenille 2 —
Miel de Narbonne 800
OPIUM. On iioiuine ainsi un suc épais ol laiteux (}ueron obtient en faisant des incisions aux capsules et aux tiges du papaver somnifenim^ plante de la famille des papavéracées qui croît très abondamment en Orient. On trouve l’opium dans le commerce sous la forme de masses brunes rougeâtres, dures, d’une odeur vireuse particulière et d’une saveur amère, chifude, et nauséabonde. C’est de l’opium que l’on extrait la morphine, la narcotineét la codeine qui, avec les sels qu’on en forme, sont les plus puissants narcotiques connus. C’est aussi avec l’opium que l’on fait les laudanums liquides de sydenham et de Rousseau. Toutes ces substances avec l’opium lui-même sont d’une grande utilité au dentiste qui les fait entrer dans ses élixirs et opiats calmants, qui les applique en nature sur la dent souffrante, et qui les ordonne quelquefois à l’intérieur pour calmer les irritations intestinales et autres qui accompagnent les difficultés de la première dentition.
OPSIGONE. Mot grec par lequel les anciens désignaient les dernières dents molaires, vulgairement appelées dents de sagesse : ce mot veut dire naissance tardive.
OR. C’est un des métaux les plus inaltérables connus et rangé par les chimistes dans la sixième section de la classification deM. Thénard. Il est 'solide, mais peu dur et d’une couleur jaune, qui est très brillante; il est dix-neuf fois plus pesant que l’eau, et d’une ductilité et malléabilité très extraordinaires. 11 n’est altérable ni à l’air nia l’eau; les acidps ordinaires n’ont aucune action sur lui, mais il se dissout facilement dans l’eau régale, en donnant naissance à un chlorhydrate d’or qu’on peut convertir en oxyde d’or au moyen de l’eau de Baryte. L’or se combine avec l’argent et le cuivre pour former des alliages qui sont très employés dans les arts. Considéré dans ses rapports avec l’art du dentiste, l’or est certainement le plus utile des métaux que l’on puisse se procurer pour les besoins de la prothèse et son application à la fixation des dents, soit naturelles; soit artificielles, est