PRÉCEPTE
Cette poudre nettoie Jes dents et fortifie les gencives : il faut la conserver dans un endroit bien sec. On peut, sans inconvénient , s’en servir deux ou trois fois par semaine. Les enfants et les adultes ne doivent y recourir qu’à de longs intervalles. Il faut que tous les ingrédients de cette poudre soient réduits en poudre impalpable. Cette poudre détersive donne à la bouche une fraîcheur des plus agréables.
POUDRE tonique. Quelques praticiens ont fait, avec du charbon et du quinquina, une préparation tonique qui a eu quelque vogue, mais dont le succès n’a jamais été bien constaté. Voici les ingrédients de celte poudre tonique, qui' contribue beaucoup à purifier les gencives et à raffermir les dents vacillantes.
Charbon de bois blanc porphyrisé. . . .
256 gram.
Quinquina rouge en poudre
Sucre blanc
Huile essentielle de menthe anglaise. . .
83 centigram.
Huile de cannelle
Esprit d’ambre rosé et musqué .....
Mêlez le tout intimement, et gardez-le hermétiquement fermé.
> POURPRE de Cassius. On donne ce nom à un précipité qu’on obtient en mêlant une dissolution de chlorhydrate d’'étain avec une autre de chlorhydrate d’or. La pourpre de Cassius est employé par les dentistes pour la coloration de la \ couverte des dents minérales. Elle donne à cette dernière ; une couleur rose ou violette, selon le degré de cuisson.
5 PRÉCEPTE. Nous croyons utile de fournir ici un certain ‘î nombre de préceptes généraux pour la conservation des i dents, et qu’on peut résumer de la manière suivante :
1® Né jamais se laver la tête avec de l’eau froide; ne pas Il employer de répercussif pour faire disparaître les taches du il visage, ni aucune pommade métallique pour teindre lesclie- •I veux;
PKüNOS'nC.
2“ No pas casser des corps Ij'op «Uii-s avec les dénis ;
3® Ne pas rompre, comme le font les femmes et les enfants, des fils ou tout autre lien avec les incisives ;
4® Ne laisser séjourner aucune substance étrangère dans les cavités que les dents peuvent laisser ;
5® Avoir la précaution de ne pas prendre des aliments ou des boissons froides, après des aliments ou des boissons chaudes : la transition est ordinairement très funeste;
6® Éviter les lieux bas et humides, les bords des rivières, des étangs, et surtout des marais;
7® S’abstenir de tous les aliments et boissons qu’on sait être funestes aux organes dentaires.
PRÉCEPTES. Voici quelques préceptes d’odontotechnie qui résument tout ce qui a été dit sur les dents artificielles :
1 ® Il faut renoncer aux dents faites avec la nacre de perle, l’émail tendre, les os de bœuf, la cire vierge et l’ivoire;
2® Dans quelques circonstances, seulement, on peut, mais avec la plus grande réserve, employer les dents de bœuf, de cerf et de mouton ;
3® L’hippopotame est la meilleure de toutes les substances pour fabriquer des dents artificielles;
4® Les dents humaines ne peuvent être employées, parce qu’elles inspirent une trop grande répugnance ;
3® Les dents, dites incorruptibles, gênent horriblement les gencives, ne tiennent jamais d’une maniéré bien solide, et ne peuvent pas servir à la mastication.
PROCÉDÉ. On donne ce nom aux diverses manières de pratiquer une opération de chirurgie générale ou dentaire.
PROCIDENCE. Quelques auteurs donnent ce nom à l’interversion ou obliquité antérieure des dents. Ce sont ordinairement les dents antérieures permanentes de la mâchoire supérieure qui sont affectées de' cette disposition vicieuse. Nous en parlerons au mot Redressement .
PRONOSTIC. On donne ce nom au jugement qu’on porte d’avance sur les changements qui doivent avoir lieu
PUOPRLTÉ.
pendant le cours d’une maladie, et sur la manière probable de sa terminaison. Dans le plus grand nombre des affections morbides des dents, on peut hardiment porter un pronostic favorable.
PRONONCIATION. L'influence qu’exercent les dents sur la prononciation est très considérable. Cicéron compare les dents aux cordes d’une lyre qui rendent des sons plus ou moins harmonieux. On croit généralement que la perte des dents ne change rien au timbre de la voix; mais la prononciation en est complètement modifiée. Les personnes privées des incisives supérieures et inférieures prononcent difficilement les consonnes gutturales; toutes les syllabes s’échappent de la bouche en sons aigus, il s’opère une grande déperdition de salive, et la physionomie prend un aspect presque repoussant. (Voyez, pour plus de détails, mon Encyclopédie du dentisie.)
PROPHYLAXIE. Ce mot veut dire moyen préservatif, et a rapport à toutes les précautions conseillées par l’hygiène dentaire pour garantir les organes de la bouche de l’influence pernicieuse des agents extérieurs.
PROPRETÉ. Nous avons dit, dans notre Traité d’hygiène dentaire^ que la propreté de la bouche est, sans contredit, le meilleur moyen de conserver les dents et de les préserver d’un grand nombre d’accidents plus fâcheux les uns que les autres. L’eau pure est un préservatif souverain ; elle i*a fraîchit les parois de la bouche, échauffées par la mastication ou par la chaleur, suite ordinaire du sommeil. Aussi, chaque matin, riclies et pauvres ont recours aux lotions, aiîx frictions; et, ce qui n’est chez nous qu’une mesure de propreté, est, chez les Turcs, un acte de religion. « Les Musulmans, dit « Tournefort dans son Voyage du Levant^ pour faire la pe- « tite ablution, tournent la tête du côté de la Mecque; ils se « rincent la bouche trois fois, et se nettoient les dents avec « une brosse. » Mahomet, le grand législateur, qui avait acquis une grande science médicale, regardait donc les dents
PKOTilKSK.
comme un bienfait de la Providence divine, puisqu’il met au nombre des obligations imposées par le Coran la propreté de la bouche et les soins quotidiens pour conserver l’organe dentaire. Pour entretenir la propreté de la bouche, chez les enfants, il faut employer l’eau pure et très fraîche, soit en gargarisme, soit en l’employant avec une brosse douce et line; cela suffit pour préserver les dents des enfants des premières atteintes du mal. Quelquefois des taches jaunes altèrent tout-à-coup l’émail des incisives ou des canines, et, dans ce cas, il faut agir avec beaucoup de prudence et de précaution. Il serait dangereux de poser l’acier ou le fer sur un émail qui n’a pas encore pris toute sa consistance; d’ailleurs, ces taches jaunes ne sont pas nuisibles aux dents; elles disparaissent plus tard, sans qu’il soit possible de recourir à l’art du dentiste. Mais on ne doit pas hésiter, aussitôt qu’on voit un tartre épais et jaunâtre incruster les dents, les envahir, il faut enlever promptement cette substance étrangère, qui chauffe la bouche, la remplit d’exhalaisons fétides, et finit par engendrer des aphthes et des ulcères entre les gencives et les jours. Chez les adultes, la plus ou moins grande propreté des dents varie suivant le tempérament des individus. Il y a plusieurs personnes qui, sans donner le moindre soin à leurs dents, ne les ont jamais sales ni atteintes par le tartre. Mais le plus grand nombre, après le sommeil surtout, les sentent comme agglutinées par la substance limoneuse, qui augmente chaque jour, si on néglige d’entretenir la propreté de la bouche.
PROSOPALGIE. Non donné au tic douloureux de la face.
PROTHÈSE. On nomme ainsi une partie de la thérapeutique chirurgicale , qui a pour but de substituer des pièces artificielles aux parties de l’économie qui ont été détruites par les accidents ou par les maladies. Généralement parlant, la fabi-ieation des jambes de bois, des yeux artificiels , des nez en carton, eu métal ou en osanore, font partie de la pro-
l'SELLlSMK.
Ihèsc; (iiaivS c’est sur la protlièsc dentaire exclusivement que nous devons ici diriger l’attention de nos lecteurs. La prothèse dentaire, odontotechnie ou mécanique de la bouche, est rensemblc des moyens inventés pour réparer la perte des dents naturelles. J’ai eu déjà occasion de parler des progrès rapides de la prothèse chez les peuples anciens , et je crois qu’il est inutile de revenir sur cette matière qui a été traitée à fond dans le Magasin encyclopédique de 1805. Le célèbre Urbain Hénard, qui, vivait en 1 581 , fabriqua , dit-on, des dents artificielles. Cependant rodontotechnie' resta stationnaire jusqu’au commencement du xviii® siècle, quand Fauchard, le père de la mécanique dentaire, jeta le premier les fondements de notre art qui est appelé à un développement indéfini. Son ouvrage suscita une foule d’imitateurs, qui, pendant longtemps, ont fait de vains efforts pour surmonter les obstacles que l’homme éprouve toutes les fois qu’il veut imiter la nature, renouvelant l’admirable fable de Prométhée, qui fut cruellement puni pour avoir tenté de ravir le feu sacré aux dieux de l’Oylmpe. Les substances employées dans la fabrication des pièces de prothèse ^dentaire ont été passées en revue dans une autre partie de cet ouvrage. (Voyez mon Encyclopédie du Dentiste^ page 123.)
PROTOXIDE. On désigne par ce mot le moins oxygéné de tous les composés , formé d’un corps simple et de l’oxygène.
PRURIT. Vif sentiment de démangeaison; il siège souvent aux gencives et aux joues des jeunes enfants qui font leurs premières dents.
PSELLISME. Sauvage a réuni sous ce nom tous les vices de la parole. Un grand nombre d’entre eux sont dus à la perte des dents, à la mauvaise disposition des arcades dentaires et aux maladies connues sous les noms de bec-delièvre, grcnouillctte et autres qui regardent plus ou moins directement les personnes qui se destinent à exercer l’art du dentiste.
PTÉRVdOlDIEN.
PSILASTIIHE. Ancien nom tics compositions dépilatoires.
PÏÉRYGO-ANGULI-MAXILLAIRE. Nom donné par Dumas au ptérygoidien interne.
PTÉRYGO-COLLI- MAXILLAIRE. Nom donné par Dumas au muscle ptérygoidien externe.
PTÉRYGO-PALATIN. On donne le nom de conduit plé- J’yg'o-palatin à un petit conduit qui se trouve à la partie antérieure de la fosse gutturale et qui est formé par l’aide interne de l’apophyse ptérygoïdeet par l’os palatin. Son usage est de livrer passage aux vaisseaux du même nom, qui, après l’avoir traversé, se distribuent à la partie supérieure du pharynx et à la trompe d’Eustache.
PTERYGOIDE. On donne ce nom aux deux apophyses qui se trouvent à la face inférieure de l’os sphénoïde, parce qu’on a comparé les deux ailes qui les forment cà des ailes.
PTÉRYGOIDIEN interne. On nomme ainsi un muscle fort et épais qui se trouve en dedans et en arriére de la branche de l’os maxillaire inférieur. Il se fixe dans toute la fosse ptérygoïde par des fibres aponévrotiques très prononcées et qui s’appliquent en partie sur la face interne du muscle. Ce dernier, après avoir reçu des fibres insérées sur la gouttière moyenne de la tubérosité palatine, se porte en arrière et en dehors pour s’amincir et se terminer en dedans de l’angle de la mâchoire où il s’insère au moyen d’une autre série de fibres aponévrotiques , qui s’interposent dans le corps charnu du muscle. La face in terne du muscle ptérygoïdien interne est en rapport avec le constricteur supérieur du pharynx et avec la glande sous-maxillaire; la face externe est séparée en haut de la branche de la mâchoire par un intervalle qui loge les nerfs lingual et dentaire et l’artère dentaire inférieure. Quand les deux muscles plérygoïdiens internes agissent ensemble, ils élèvent la mâchoire en la portant un peu en avant; quand un seul d’eux agit, il poric la mâchoire obliquement de côté.
PTÉRY(;01DIEi\ oxlenic. Ce muscle est si lue dans la fosse zygomatique; il est conique, court et s’insère à la face externe de l’apophyse ptérygoïde du sphénoïde à la tubérosité palatine et un peu à la face zygomalo-temporale du spénoïde. L’artère maxillaire interne passe souvent entre les faisceaux de ce muscle dans un intervalle rempli par du tissu cellulaire. Ayant ainsi pris naissance , le muscle se dirige en dehors et en arrière, en devenant de plus en plus mince pour se fixer à la partie antérieure du col du condyle de la mâchoire inférieure dans une fossette particulière et au libro-cartilage inter-articulaire qui coiffe le condyle. Sa face externe est en rapport avec l’artère maxillaire externe et le muscle temporal. Sa face interne répond au ptérygoïdien interne au nerf maxillaire inférieur et à l’artère meneugée moyenne. Sa face supérieure touche à la voûte de la fosse zygomatique. L’usage de ce muscle est à-peu près celui du muscle précédent.
PTLLÉMASI évergetæ stamaticæ. Collutoire décrit par Marcellus Empiriens, très employé dans les maladies de la bouche, mais dont la compostion est aujourd’hui inconnue.
PTYALAGOGUE. Mot qui est synonyme de syalagogue. (Voyez ce mot.)
PTYALISME. Employé dans le môme sens que le mot salivation
PUISSANCE. On donne ce nom à toute sorte de force simple ou composée, employée à vaincre un obstacle. C’est une des trois parties dont se compose un levier.
PULPE. La pulpe dentaire, dit un célèbre anatomiste dont nous citons les mots, est contenue dans la cavité dentaire comme dans une moule, et représente la forme de la dent à laquelle elle appartient. Cette pulpe tient aux vaisseaux et aux nerfs dentaires, par un pédicule nerveux et vasculaire, qui pénètre dans la cavité dentaire, par l’ouverture dont est percé le sommet de la racine, et qui, parcourant le petit canal, va se continuer avec elle. Celle pulpe, par des analogies dont on
eus.
ctppréciei'ii la juslesso, et qui doivciil l'aire considérer comme une bulbe, une grosse papille, paraît l'ormée par un renflement nerveux, pénétré d’un grand nombre de vaisseaux. Du reste les artères qui lui sont destinées proviennent toutes de la maxillaire interne; les nerfs dépendent des branches maxilaires supérieure et inférieure de la cinquième paire. Une membrane difficile à démontrer, à raison de sa ténuité, sert d’enveloppe à cette pulpe qui est douée d’une sensibilité exquise; c’est à elle qu’il faut rapporter les douleurs dentaires et tout ce qui a été dit sur la sensibilité des dents.
PULVÉRISATION. Opération qui consiste à réduire en poudre plus ou moins fine, les substances dont le denlste luit ses dentifrices secs ou la fritte dont il colore la couverte de ses dents minérales. C’est ordinairement dans un mortier de porphyre, et avec un pilon de la même matière qu’il opère cette pulvérisation qui doit être assez complète pour que les poudres produites soient impalpables et assez divisées pour être passées par des tamis les plus fins.
PÜNEX. Mot qui veut dire pierre ponce ou pana. (Voyez ce mot.)
PURGATIFS. On donne ce nom à une classe de médicaments qui ont pour propriété de déterminer des évacuations alvines. On les a divisés selon l’intensité de leur action en drastiques, purgatifs proprement dits, et laxatifs. Parmi eux se trouvent Taloès, la rhubarbe, le jalap, les sulfates de soude et de magnésie, les huiles de croton, d-’épurge et de ricin ou palma-christi. L’administration, à propos d’un purgatif, fait cesser souvent des odontalgies et des tuméfactions douloureuses des mâchoires et des gencives.
PUS. On donne ce nom à un liquide sécrété par des tissus vivants enflammés. Il est le plus souvent opaque, inodore, crémeux, blanc-jaune, et coagulable par l’alcoofi par les acides ou par la chaleur. Du moment où on constate sa présence dans une tumeur (voyez le mol Abcès)^ on devrait lui ouvrir un passage en introduisant une lancette ou la
PYROiMKTUE.
pointe d’un bistouri dans les tissus qui l’enveloppent. Celui qui s’échappe des trajets listulcux des gencives est souvent séreux, sanieux et noirâtre;, et ne cessera de couler que lorsqu’on aura détruit par le cautère actuel la surface cariée de l’os d’où il s’est échappé.
PUSTULE. On donne ce nom à toutes les petites tumeurs qui se forment dans les diverses parties de l’économie quand elles contiennent du pus. Celles qui se développent sur les gencives et sur les autres parties de la muqueuse buccale portent le plus souvent le nom d’aphthes.
PUTRÉFACTION. On donne ce nom à la décomposition des substances qui contiennent de la matière animale; elle forme le grand vice d’une foule de substances qu’on a voulu employer pour les besoins de la prothèse dentaire, telles que les dents de cheval, de mouton, de cerf, de baleine, d’éléphant et de cheval marin. Ces substances converties en dents artificielles et placées dans la bouche, se trouvent dans les conditions les plus favorables pour éprouver la décomposition putride. Aussi la plupart d’entre elles se noircissent bientôt, et exhalent une odeur fétide, par l’effet de la tiède humidité dans laquelle elles se trouvent. Celles qui résistent le plus à l’influence de la chaleur de la bouche et des sucs salivaires dont elles sont baignées, sont l’ivoire et l’hippopotame. A part le défaut de la décomposition, cette dernière matière est infiniment préférable à toute autre qu’on pourrait imaginer pour la fabrication des dents artificielles.
PYRETHRON. On donne ce nom à la racine d’une plante l’anthenaïs pyrethrum qui croît dans le midi de la France, et qui appartient au genre camomille. C’est un très-puissant syalagogue et souvent employé comme tel, et comme ingrédient des meilleures compositions anti-odontalgiques.
PYROMÈTRE. Instrument employé pour indiquer le degré de chaleur des fourneaux dans lesquels cuisent les dents minérales. Les meilleurs pyromètres sont très défectueux. On arrive mieux à son objet en attachant quelques-unes des