RACINE
cas d’odontalgie avec carie de la couronne, dans neuf cent quatre-vingt-dix la douleur a son siège dans cette dernière, et que pour la faire cesser, la meilleure manière est d’enlever avec des pinces coupantes la couronne, et de laisser la racine, qui est presque toujours saine, rester dansTalvèole. Il ajoute, qu’outre la guérison de l’odontalgie, qu’on obtient constamment par cette pratique, la présence de la racine dans l’alvèole empêche l’affaissement des parois de ce dernier, affaissement qui altère désagréablement la forme du visage, et de plus, que la racine qui reste peut servir à loger le pivot d’une dent artificielle pour remplacer celle qu'on vient d’enlever. Le procédé du dentiste américain est aujourd’hui, et avec justice, très répandu en Europe. Cependant quelques-uns de nos confrères lui préfèrent l’extraction pure et simple de la dent et disent, qu’en coupant la deilt on expose nécessairement à l’action de l’air le canal dentaire et le filet nerveux qui le parcourt. Cette dernière objection est futile, car il est facile, comme cela se fait toujours, de faire suivre la résection de la dent de la cautérisation du nerf dentaire. Mais, disent-ils , il est admis par les partisans du procédé américain, que la racine d’une dent malade n’est pas toujours saine, et qu’il est souvent difficile, pour ne pas dire impossible, de s’assurer d’avance qu’elle l’est, ou qu’elle ne l’est pas. Or, supposons, qu’on enlève par résection la couronne d’une dent dont la racine est atteinte de consomption ou de carie; il est évident que l’extraction de cette dernière ne se fera sans une augmentation considérable de peine pour l’opérateur et de souffrance et d’ennui pour la , personne qu’il opère. Nous sommes loin de nier la valeur de cet dernière objection, car, quoi qu’on en dise, l’extraction d’une racine de dent solidement fixée dans son alvéole est toujours plus difficile que celle d’une dent qui est encore munie de sa couronne. Cependant, comme les cas dans lesquels la racine de la dent est affectée, sont, comparativement parlant, peu nombreux, ils ne peuvent former que l’exccp-
UAIFORT.
lion, et sont loin d’inlirinei* la règle générale de résection établie par le dentiste américain, et adopté aujourd’hui par la grande majorité des dentistes. Avant cependant de se décider pour cette opération, qui a pour but la conservation de la racine, il faudrait mettre en usage tous les moyens de diagnostique pour s’assurer que cette dernière ne soit pas malade. Car si par une pression exercée sur la couronne on fait éveiller une douleur locale au fond de l’alvéole, si la racine est déjà vacillante dans ce dernier, s’il suinte d’entre scs parties des gouttelettes de pus séreux, ou si le malade se plaint de tuméfaction ou des abcès, qui se seraient reproduits à plusieures reprises sur les parties de la gencive qui correspondentà la dent qu’on examine, nous croyons qu’il vaudrait mieux opérer de suite l’extraction totale de l’organe malade, crainte de laisser dans la mâchoire un foyer d’infection qui se propagerait bientôt aux parois de l’alvéole, et de là aux autres dents de l’arcade qui l’avoisinent.
RACINE chinoise. Nous en avons déjà parlé au mot Ligature. Ce n’est autre chose qu’un cordonnet de soie écrue, bien tordu et empreint de résine de copal , pour l’empêcher de s’imbiber trop promptement de la salive et de se rétrécir. Il est généralement préféré au cordonnet de soie écrue.
RACINE de pyrèthre. Cette racine, dont nous avons parlé au mot Pyrèthre , fait partie de la célèbre composition anliodontalgique dite Paraguay-Roux^
RACLOIR. Nom donné à un instrument fait en baleine, en acier, en écaille, en ivoire, et dont quelques personnes se servent le matin pour enlever la matière limoneuse qui se forme pendant la nuit sur la face dorsale de la langue.
RAGE des dents. On donne ce nom à une forme d’odontalgie aiguë que nous avons déjà décrite. (Voyez le mot Odontalgie.)
RAIFORT sauvage.- On donne ce nom à la racine du cochlearia armorica^ plante de la famille des crucifères. Cette racine est longue de deux pieds, grosse comme le bras.
KANINE.
■ blanche et fibreuse à rinterieur, jaune à l’extérieur. Sa saveur est amère et piquante, son odeur pénétrante. Elle con- - tient un principe volatil càcre, de nature huileuse, qui paraît ■: contenir du soufre. Les avantages qu’on a retirés de l’em-
ploi de cette racine l’ont placée depuis longtemps à la tête des plantes antiscorbutiques. Donnée à la dose d’un centigramme et demi, en infusion dans un litre d’eau, elle stimule ï et relève le ton des organes digestifs , donne de la force à l’économie , dissipe les engorgements scrofuleux des mà- ^ choires et donne de la tonicité aux gencives et à la muqueuse S buccale , en même temps qu’il empêche la détérioration des g arcades dentaires, qui dépend si souvent du vice scorbutique R de la constitution.
s RAMEAUX. Nom donné par les anatomistes aux subdivi- K- sions des artères et des nerfs, dont les troncs se partagent S en branches, rameaux, ramuscules ou filets. Le système veineux, au contraire, se forme de radicules de racines et de S troncs.
2 RAMIFICATION. Ce mot se dit de la distribution des ex- 1] trémités vasculaires et nerveuses dans les différentes parties jB' du corps. Ainsi les ramilications des branches des nerfs tri- B jumeaux, c’est-à-dire des nerfs ophtbalmique, maxillaire su- W- périeur, maxillaire inférieur et celles du nerf facial , forment B un vaste réseau qui recouvre toutes les parties de la face.
3 RANINE. Il y a une artère ranine et une veine du mênïe H nom. La première n’est autre chose que la partie terminale ; de l’artère linguale qui, une fois pénétrée dans la langue,
se porte d’arrière en avant, en serpentant dans l’épaisseur de
B cet organe jusqu’à sa pointe, où elle se termine en s’anastomosant avec celle du côté opposé. Dans ce trajet, elle est aciS compagnée du nerf lingual qui , comme elle, se trouve placé H entre les muscles génio-glosse et lingual. — La veine ranine ÿ se voit sur le côté du frein de la langue, où elle soulève la muqueuse de cet organe. Elle suit le trajet du nerf grand hvpo-glosse, entre les muscles génio-glosse et hyo-glosse, et
IIATANHIA.
va SC rcntlrc au Iroiio commun des veines ling-ualeet faciales On a conseillé la saignée de la veine raninc dans quelques cas d’inflammation rebelle de la langue.
RAPES. On donne ce nom à de grosses limes à dents fortes, saillantes et écartées les unes des autres. On se sert quelquefois de râpes dans les ateliers de dentiste, pour commencer à dégrossir les ouvrages en hippopotame. M. Froid, sur mes indications, est parvenu à fabriquer des râpes d’une taille particulière et d’une trempe supérieure; je me plais à lui donner ici ce témoignage public d’éloges.
RAPHÉ. Ligne saillante qui résulte de la Jonction de deux parties latérales, et qui ressemble à une couture. On peut voir une sorte de raphé sur la ligne médiane du palais.
RAPPROCHEMENT. Quand une dent est enlevée aux arcades dentaires par maladie ou par accident , quelques dentistes, au lieu d’y suppléer par une dentïactice, cherchent à combler le vide qu’elle laisse en rapprochant d’une manière permanente, l’une de l’autre, les deux dents qui la côtoyaient. Pour cela, on commence par extraire la racine, s’il en reste, puis on attache les dents qui sont trop écartées avec un cordonnet de soie de moyenne grosseur, et enduit de cire, qu’on passe autour du collet, et avec lequel on fait deux tours; puis on l’arrête par trois nœuds. Après deux Jours, on le remplace par un autre, et ainsi de suite. Jusqu’à ce que le vide soit réparti entre les dents voisines ; ce qui s’opère ordinairement dans l’espace d’un mois. On substitue alors à la soie un lien de fil blanc, non plus pour rapprocher, mais pour maintenir les dents en position, jusqu’à ce qu’elles se consolident dans leur nouvelle situation avec les alvéoles. On peut tenter l’opération du rapprochement chez les sujets bien portants, entre l’àge de dix et trente; mais après ce dernier âge, il est rare qu’elle réussisse.
RATANHIA. On donne ce nom à un sous -arbrisseau de la famille des palygalées, qui croît au Pérou. La poudre de la incine de cette plante est éminemment astringeante, et peut
UATKUERS.
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servir à la composilion de i)oudres héinostaüques , et de collutoires destinés à produire un resserrement fibrillairc du tissu gencival et de la membrane muqueuse de la bouche.
RÂTELIERS. Ce mot, dans le langage de notre art , veut dire une double série de dents artificielles faisant corps, ou montées sur deux socles, qui s’adaptent avec justesse et précision , aux bords libres des arcades alvéolaires. Les socles, ou base de dentition , adhèrent aux gencives par la force de la succion , ou attraction adhésive ; et ce n’est que quand ces socles sont mal confectionnés, ou formés sur un modèle inlidèle, qu’on abesoin de recourir à l’emploi de ressorts élastiques en métal pour les soutenir dans la place qu’ils doivent occuper dans la bouche. Dans le cas de râteliers complets , on ne peut fixer ces socles au moyen des ligatures, car il manque des dents naturelles pour donner prise à ces dernières. Les pivots métalliques qu’on attachait autrefois aux socles, ou dont on les transperçait pour les fixer plus lard dans les racines des dents des arcades, entraînaient trop d’inconvénients et de tourments pour le malade, pour que personne aujourd’hui puisse songer à les employer. Les ressorts, il est vrai, sont loin de présenter tous les vices des pivots; mais ils en ont assez qui leur sont propres pour devoir les faire rejeter de la bonne pratique. Ils ajoutent considérablement au poids d’un appareil qui est déjà trop lourd; ils encombrent inutilement la bouche du malade; ils tendent à y établir dés courants galvaniques, défaut qu’on peut reprocher à toutes les pièces, dans la composition desquelles entrent deux substances et surtout deux métaux différents; courants qui, bicji qu’imperceptibles pour quelques individus, font éprouver à d’autres des sensations des plus insupportables. Outre cela, les parois de l’étroit sillon formé par la joue et la face externe des gencives qui logent les ressorts, sont tenus, par la présence et par les mouvements de ces derniers , dans un état d’irritation telle, qu’avec la meilleure volonté du monde, on est forcé de s’en débarrasser.