TABLEAU DE LA DÉCLINAISON DE L'AIGUILLE AINANTÉE, A PARIS
Anuée. Déclinaison.
Année. Déclinaison.
1580 , . . 11°30'est. 1816 . 22°25'ouest.
1618 . 8 » 1017 NS 0) 1663 0 » 1818/-0--129192 1678 1 30 ouest. | 1819 . . . 22 29 1700. . . 810 1822 . . . 29 11 1767 19 16 1825 . . . 22925 1780 19 55 1824 . . . 22,99 1785 22 » 1620250. 2229 1805 220 0 1827 . . . 2290 1813 29128 1828 . 22 6 1814 . 22 54 1829 . 22 12
Indépendamment de ces grandes variations, on observe encore des mouvemens diurnes périodiques dans l'aiguille aimantée. Ainsi le matin elle décline un peu plus à l’ouest, et après le milieu du jour elle rétrograde vers l’est. C’est depuis le commencement du printemps jusqu’à la fin de l'été que les variations diurnes sont les plus grandes, et c'est dans l’autre moitié de l’année qu’elles sont les plus petites. A Paris, le plus grand écart est de 16’, et le plus petit de 10° sur Ja direction ordinaire.
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Diverses causes accidentelles paraissent produire des perturbations sur l'aiguille de déclinaison : tels sont les tremblemens de terre, les éruptions volcaniques, et quelquefois même de simples orages. D. Bernoulli a observé en 15767 une variation d’un demi-degré, causée par un tremblement de terre; et le père de la Torre a constaté des changemens de plusieurs degrés dans la déclinaison pendant une éruption du Vésuve. Il est certain que lorsque la foudre tombe près des corps aimantés, elle dérange tellement leur état magnétique, que souvent les pôles se trouvent renversés. Les aurores boréales exercent une influence singulière : sitôt que ce métléore apparaît, et pendant toute sa durée, l'aiguille aimantée éprouve une agitation continuelle et une déviation plus ou moins considérable, non seulement dans le lieu où l'aurore boréale est visible, mais encore à de grandes distances où l’on n’aperçoit aucune trace du phénomène atmosphérique.
L’aiguille aimantée ne varie pas uniquement dans sa déclinaison, elle varie encore dans son inclinaison; mais, pour se former une idée exacte de cette seconde espèce de variation, il faut savoir qu'une aiguille de déclinaison ne conserve sa position horizontale que par l'inégalité du poids de ses deux branches. Imaginons qu’une barre d’acier cylindrique soit suspendue à un fil par son centre de gravité; tant que cette barre ne sera pas aimantée, elle affectera, comme tout le monde le sait, une situation horizontale, et pourra demeurer en repos dans toutes les directions qu’on voudra lui donner, pourvu que ces directions soient horizontales; mais dès qu’elle aura été aimantée, non seulement elle prendra d’elle-même une direction fixe à laquéllé elle reviendra toutes les fois qu’on l’en aura écartée de plus elle ne prendra pas, dans cette direction fixe, une situation horizontale, et ne sera en équilibre stable que sous une certaine inclinaison par rapport à la verticale. Ce phénomène a été observé pour la première fois en 1576 par Robert Norman, ingénieur en instrumens de mathématiques de Londres. Jusque là on avait cru que l'aiguille devait être horizontale, et lorsqu'on voyait en Europe son pôle austral s’abaisser, on supposait que le centre de gravité était mal déterminé, et on se contentait d’aliéger le côté qui paraissait trop pesant. Norman, en bon observateur, après avoir construit des aiguilles parfaitement en équilibre dans le plan hotizontal, avant léur aimantation, tnesura le poids qu'il fallait ajouter à l’une des branchés pour conserver cet équilibre après que les aiguilles étaient aimantées, et parvint ainsi à l’une des plus importantes découvertes du magnétisme.
Il y a donc deux cspèces de directions dans une aiguille aimantée suspendue librement par son centre de gravité, et si l’une de ces directions est seule sensible
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dans les boussoles, c’est que leurs aiguilles ont dans nos climats le côté du pôle boréal plus pesant que celui du pôle austral. Quand on veut observer les inclinaisons, il faut avoir recours à l'instrument nommé aiguille d'inclinaison.
L’aiguille d’inclinaison se compose d’une lame d’acier longue de 30 à 40 décimètres, amincie à ses extrémités et traversée à son centre de gravité par un axe très-courtterminé en deux pointes aiguës qui s'appuient sur des supports. Un cerele gradué, dont lé centre correspond avec le centre de gravité de l'aiguille, est appliqué verticalement aux supports de l'appareil pour mesurer l'angle que fait l'aiguille avec la ligne horizontale. C’est cet angle qui constitue l’inclinaison : tout l'appareil est mobile sur une plate-forme portant un cercle gradué ét des niveaux d’eau.
Pour faire usage de cet instrument, on l’établit horizontalement au moyen des niveaux, puis on amène l’aiguille dans le plan du méridien magnétique, parte que é’ést setilement dans ce méridien qu'elle peut indiqüer exactement l’inclinaison; dans toutes les autres positions l’inclinaison ést trop grande, et laiguille peut même prendre la situation verticale; tar, éh décomposänt la force directrice dé la terré en deux coniposantes perpendiculairés, l’une hotizontäle, et l’autre verticale, il eët facile de voir que la compüsante horizontale diminue à mesure que l'änglé du plan de laiguille avec le plan du méridien magnétique se räpproclie davantage de 90°. Lorsque cet angle est droit, la comiposante horizontale est nulle, et par conséquent l’aiguille n’est sollicitée que par une force verticale, ét doit prendre une direction perpendiculaire à l'horizon. Ainsi, lorsque l'aiguille est verticale, il ne s’agit plus que de faire décrire à son plan un angle de go° pour le faire coïncider avec le méridien magnétique. On commence done pat faire tourner l'appareil sur sa plate-forme jusqu’à ce que l'aiguille devienne verticale; puis on lui fait décrire ün are de go° qui ramène l'aiguille dans le méridien magnétique où l’on observe la déclinaison sur le cercle gradué vertical.
Lorsque la déclinaison ou la direction du niéridien magnélique est déjà connue, On peut se contenter de placer le limbe vertical dans cette direction, et l'aiguille prend immédiatement d'elle-même sa position d’inclimaison.
La complication de cet instrument rendant sa construction trés-dilficile, on ne peut guère compter jusqu'à présent sur l’exactitude des observations qui ont eu lieu en divers pays pour déterminer l’inclinaison de l'aiguille aimantée; mais il est au moins constaté que cette inclinaison est encore plus variable que la décli-
naison.
VEN Voici les inclinaisons observées à Paris de 1670 à