‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 2)Chapitre 37 sur 96 · DIVISION · texte numérisé non relu

DIVISION

Des gaz et des vapeurs considérés sous le rapport de leurs propriétés générales les plus remarquables.

§. p.- Nature.

Les gaz et les vapeurs sont simples ou composés,

IOxigène; " Chlore; Azote :

Hydrogène.

Gaz composés

Cyanogène ; Ammoniaque ; Acide hydrosulfuriq.

Hydrogène pro tophos-

phuré; Hydrogène perphos-

phuré; Hydr. protocarburé j Hydrog. percarburé; Hydrog. arseniqué; Acide hydro- tellurique. •

Vapeurs simples :

Vapeurs composées:

Oxide de chlore; Protoxide d'azote ; Deutdxide d'azote; Acide sulfureux ; Oxide de carbone ; Acide carbonique; Acide chloroxicarbo-

nique ; Acide hydrochloriq. ; Acide hydriodique ; Acide phtoroborique ; Acide ph torosiliciq. ;

Iode; Soufre ; Phosphore ; Arsenic ; Tellure ; Mercure ; Zinc ;

Potassium, etc.

Eau;

Acide sulfurique; Acide nitreux ; Acide arsenieux; Acide chloro-phosphorique Acide hydrocyanique ; Sulfure de carbone; Alcool;

Éther hydratique; Éthjer chlorurique } Éther hydrochlorique j Éther nitreux ; Éther*hydriodique ; Essence de térébenthine ; Indigo, etc.

i Nous ne comprenons pas ici l'hydrogène pota*si«, parce crue l'exil tence nous en paroît problématique.

Élasticité.

a) Élasticité des gaz.

Les particules des gaz, loin d'être soumises à la cohésion , sont au contraire animées d'une force répulsive qui tend k les écarter incessamment les unes des autres, au moins dans les limites de l'atmosphère que nous pouvons atteindre. Si nous concevons une colonne d'air en repos dont la base s'appuie sur la partie solide du globe , la couche la plus inférieure de cette colonne ne sera immobile que parce que les couches supérieures, la pressant en vertu de leur poids, s'opposeront à son extension. Mais, si la pression diminue, les particules de la première couche s'écarteront jusqu'à ce que I'affoiblisseinent de leur élasticité ait compensé la diminution de la pression. Boyle etMariotte, ayant recherché le rapport qui existe entre le volume de l'air et la pression qu'il supporte, ont vu que les volumes d'une masse d'air, pour une même température, étoient en raison inverse de la pression, et qu'en conséquence l'élasticité à température égale croissoit proportionnellenient à la densité , et que l'une de ces choses pouvoit servir de mesure à l'autre. Cette loi est applicable à tous les gaz secs.

• b) Elasticité des vapeurs.

Ainsi que celles des gaz, leurs particules sont libres de toute cohésion, et ont une tendance à s'écarter les unes des autres; mais il y a cette différence que , si l'on prend un espace saturé d'une vapeur quelconque à une température déterminée , on pourra réduire cet espace à la moitié, au tiers, au quart, etc., sans augmenter l'élasticité de la vapeur. On observera seulement qu'il se liquéfiera une quantité de vapeur proportionnelle à la quantité dont l'espace aura été diminué. Il est évident, d'après ce qui précède, que si l'on réduit à la moitié, au tiers, au quart, etc., un espace rempli d'un gaz, on doublera, triplera, quadruplera, etc., son élasticité première. C'est en cela surtout que les gaz diffèrent des vapeurs; mais nous ferons observer que les vapeurs suivent la même loi que les gaz, lorsque les pressions différentes aux-

GAZ ai3

quelles on les soumet, sont inférieures à celle qui est nécessaire pour les liquéfier.

On mesure l'élasticité des fluides aériformes, ou, comme on le dit encore, leur tension, par le poids de la colonne de mercure qui est nécessaire pour les maintenir dans l'espace qu'ils occupent à l'instant où on les considère.

Dilatabilité.

. Les gaz et les vapeurs suivent la même loi dans leurs dilatations. Ainsi, i volume d'un ga# sec, 1 volume de vapeur à zéro, occupent, à iood, 1,375 , la pression restant la même, d'après les expériences de M. Gay-Lussac ; et comme les dilatations sont égales pour chaque degré , il s'en suit que pour un degré centigrade la dilatation est de o,oo575 ou %ft[,(tl du volume à zéro.

Pouvoir réfringent des gaz et des vapeurs.

Les gaz et les vapeurs ont à des degrés différens le pouvoir de réfracter la lumière qui les traverse. Nous allons présenter un tableau des pouvoirs réfringens des gaz pour la température de zéro et la pression de om,76, d'après les expériences de MM. Biot et Arago.

Nature dos gaz.

Densité du gai, celle de Pair étant l'unité.

Pouvoirs réfringent des gai, celui de l'air étant i.

irio35o.

Hydrogène plus carburé que le

»i4 GAZ

S'il est permis de tirer quelques conséquences de ce tableau et de quelques autres expériences que l'on a faites sur le même sujet, on verra,

1. ° Que l'oxigène, qui jouit éminemment de la propriété comburente , a un pouvoir réfringent très-foible.

2. ° Que l'hydrogène , qui est combustible , en a un trèsconsidérable , et qu'il paroît naturel d'attribuer pour la plus grande pariie le pouvoir réfringent de l'ammoniaque, ainsi que celui des résines et des huiles , à l'hydrogène qui entre dans leur composition. •

5.° Que le pouvoir réfringent d'un mélange gazeux est la somme des pouvoirs réfrin^ens de ses élémens.

4, ° Qu'il paroît en être de même pour quelques combinaisons dont les élémens n'ont pas contracté une forte union : exemple , l'ammoniaque,

5. ® Que, dans les combinaisons où les élémens ont éprouvé une grande contraction, le pouvoir réfringent n'est pas pro* portionncl à celui des élémens ; exemple : l'eau a plus de pouvoir réfringent que n'en a le mélange de i volume d'oxigène et de 2 d'hydrogène.

6f° Que la conversion d'un liquide en vapeur affoiblit son pouvoir réfringent; car il résulte des expériences de MM. Arago et Petit que le sulfure de carbone , qui a un pouvoir réfringent un peu plus grand que 3 à l'état liquide, en a un qui ne surpasse pas 2 quand il est réduit en vapeur.

7,0 Que le carbone, réduit à l'état gazeux par sa combinaison avec loxigène ou l'hydrogène , a un pouvoir réfringent très-foible, en comparaison de celui qu'il possède à l'état de diamant.

8,° Que la réfraction observée dans une masse d'air hu* mide est sensiblement la même que si l'air étoit sec , la pression et la température étant égales : ce résultat est dû à ce que l'excès du pouvoir réfringent de la vapeur sur celui de l'air, Jes densités étant égales, est compensé dans le mélange par la diminution de la densité de la vapeur.

Couleurs des fluides aériformes.

II n'existe qu'un petit nombre de fluides aériformes qui soient colorés; ce sont:

GAZ s>5

i.° Le chlore, qui est d'un jaune verdàtre. 2.0 Son oxide , qui a une couleur semblable, mais plus brillante.

3.° La vapeur nitrcuse, qui est d'un rouge orangé. 4.0 La vapeur d'iode , qui est violette.

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