‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 129 sur 146 · AtDciTB FiLELLE. {Alucita piUlla j Fabr · texte numérisé non relu

AtDciTB FiLELLE. {Alucita piUlla j Fabr

Wien. Vert. p. 14a, n.« 6, Tinea.

Caracf. Ailes entièrement brunes, ou noirâtres sans toehes; antennes blanches , jaunes à la base.

Ses antennes aont très-longuea et topt le corps d'un broa

les prairies.

••• Ailes à taches transversales.

i3- AtnciTE DrisAEKELLE. {Alveita dcgterelta, Linn.)

Geoff. Ins. t. XI, p. ig3, Coifuille d'or, Ub. i3,fig.S. "Wien. Ven. p. 143, n.' aS.

Caracf. Ailts aoiràtrti, comme tronzéet; lu supérieurts avtt une (amie trantvenale jaune.

Cette espèce approche pour la taille de la swammerdammelle. Ses antennes sont blanches aussi , mais noirâtres & la base ; leur- longueur est près de quatre fois celle de. l'insecte ; tout le corps est de la couleur des ailes inrérîeu- Tes , mais les pattes sont dorées. Elle n'est pas rare dans les boii des environs de Paris surtout en automne; nous en «vous pris plusieurs années de suite sur le enieiu oI<rameus , L. , dans les bois de Bondy.

■ 4. Aldcite aoiBKTELLE. (Alucila roberUUa, Linn.)

Linn. Faun. Suec. , n." 1394.

Caract AiUt noires, avec une teinte eendrée dorée cl une tache

blanche ven CaagU pottérieur.

C'est une petite eipécequ'on trouve assex communément dans

les vergers, et que les deux taches blanches qui se trouvent

placées sur les ailes supérieures, immédiatement an -dessus

de l'extrémité de l'abdomen, font très-aisément reconnoltre.

iS. Alucitb PASCiELiE. {Atiteita faseietlA, Fabr.)

"Wien, Vers. p. 143, n," 20, Tinea lehifermiUereUa.

Caract Ailtâ dorée* , hrillantes, avec une hande hrune trans-

La bande transversale brune distingue seulement cettt espèce de la réaumurelle. On connolt le mUe et la femelle,le premier a les antennes très-longues, la tête et le corselet noirs ; la seconde a les antennes plus courtes, la télé jaune et le corselet doré. On la trouve «nr les fleofs en Aulomae et au printemps.

Sso A L U

16. Alocitb LATmcTLEtLE* { Altâeita latmUUa, Fabr.) Fabr. Sjst entom. suppL p. 602 « n.* 2.

Oiract Noire dorée : ailes supérieures à deux points hUines

ou jaunâires opposés.

Le port de cet insecte est le même que dans ralacîte lëaumurelle. Ses antennes sont très - longues , noires à la base , avec un reflet bMichàtre à Fextréniité. Tout le corps est velu d*un beau noir mat. Les ailes inférieures sont d'un noir violet, ainsi que les franges. On la ^trouve dans Us boii humides aux environs de Faris.

00 o« Ailes à iaches longitudinales»

17. Alucite stsiatelle. {Alucita striatella y Fabr.) Oliv. EncycL Hist nat. t. IV, p. 129 , n."* 40.

Caract. AiUs dorées à lignes longîluiinales jaunes , aveo une bande transversale jaune , bordée de cuivreux.

Cette espèce ne se trouve plus dans les descriptions de Fabricius depuis qull a donné son Species. L'espèce de teigne qu'il décrit sous le même nom (Entom. syst tom. 5, part 2, p. 3109 n.^ 102) n'a pas le, moindre rapport pour les couleurs, quoique la forme des taches soit à peu près la même.

La tête est toujours noire ou jaune -foncé et non de eouleur blanche ; les antennes varient dans les deux sexes ^ mais elles sont toujours plus longues que le corps, noires à la base, blanches à l'extrémité. On la trouve dans les prairies et jardins voisins de Feau. «

On n'a point jusqu'ici décrit ou rapporté à ce genre d'espèces étrangères. U est vrai que leur extrême ténuité et la difiiculté de les conserver, doit être un obstacle pour les naturalistes voyageurs. ( C. D. )

ALUDELS. (Chim.) Les aludels sont des instrumens de chimie qui servent à la sublimation des matières sèches par le £eu. Ce sont des pots de terre arrondis dans leur centre, resserrés aux deux extrémités, portant à ces extrémités des gorges qui les joignent les uns aux autres. Ces vases

emploie très-peu aujourd'hui, et on y substitue uae terrine vernissée, usée sur les bords, et recouvrant une autre tersine où la matière à sublimer est exposée au feu. Vojr»

SUHLIMATIOH. (F.)

ALUINE, nom ancien de l'absinlhe. (J.)

ALULE. Voyei Aile.

ALUMINAIRE. Dotomieu et d'autres minéralogistes donnent ce nom aux pierres volcaniques qui contiennent l'alun fout formé, et notamment à celle de la Tolfa. Voyez ton histoire, à l'art. Alumine svLF/LTie. (B.)

ALUMINE. ( Chîm. ) Les chimistes modernes ont nommé alumine l'espèce de terre qu'on nommoit avant eux argile. Ce dernier nom a été conservé pour désigner une terre très - mélangée qu'on trouve partout, et qui sert. Comme terre m£lée, à la poterie commune et à une foule d'usages économiques. Le nom alumine est tiré de l'expression latine alunun on alun , parce que c'est de ce sel qu'on extrait cette terre. On l'obtîeiit en précipitant une dissolution d'alun par un alcali pur, et surtout par l'ammoniaque, en lavant beaucoup le précipité et en le faisant sécher. Celte opération est nécessaire, parce que la nature ne présente .point, eu au moins ne présente que très-rarement et en petite quantité, la terre dont il s'agit.

L'alumine ainsi préparée est une poussière blanche, trèsfine, douée au toucher, comme grasse ou onctueuse, fade et insipide, happant à la langue, faisant pâte avec la ■ salive. Sa grande propriété caractéristique est de former en elTet avec l'eau une pite liante, égale et douce, qui fait la base des poteries. Une autre propriété qui la caractérise encore, c'est que 'la pâte, soumise à l'action du feu, se resserre, se durcit, se cuit au point de faire feu avec le briquet et d'imiter le quarti. Ces propriétés sont même communiquées jusqu'à un certain point à la silice, ou auic terres même les plus arides et les plus maigres , par l'aluanine ajoutée À ces terres on suffisante quantité. Si l'on ajoute à ces deux caractipes la propriété de s'unir à tous les acides , de former avec eux des sela acerbes , et de se dissoudre facilement dans les lessives d'alc^is fixes

ieaiistiqu«if oa aura une notion aaseï exacte des propziëtés distînctirea de l'alamine.

Elle n^est employée pure ({ue par les chimistes , et pour préparer les dirers composés salins qu'elle est susceptilile de former.

Elle existe dans une foule de composés naturels, dantf presque toutes les pierres , dans beaucoup de minerais ^nétalliques. Elle forme près de la totalité, 0,96, de la masse de quelques-unes des anciennes pierres précieuses ou gemmes, que Hatty range dans son genre Telisse , teb que le saphir, etc.

La nature intime de l'alumine est entièrement inconnue. On ne sait si elle est simple ou composée. Quelques mo*> dernes ont pensé que c'étoit l'oxide d'un métal, mais ils n'ont pu donner aucune preuve de cette opinion. Plusieurs naturalistes ont cru que la silice , très-divisée et en queLque sorte pourrie par la longue réaction de l'air , de la lumière , de la chaleur et de l'eau, se changeait en alumine. Il n'y a pas de preuve de cette assertion ; et il paroit au contraire que l'alumine qui se présente k la surface des cailloux seulement décomposés à l'air , existoit dans la composition primitive , et n'en est que dégagée. Ainsâ nous ignorons absolument comment la nature forme Talu-* mine , ou si ejle n'existe pas dès la première formation du globe. (F.)

Alumine fluat^b. (Chim,) C'est le synonyme minéralotgique du sel que les chimistes nomment Fluate s'Atuif inb. .Voyei oe mot (F.)

Alumine sulfatI&e. {Chim.) Les minéralogistes nomment ainsi un sel que les chimistes appellent Sulfate d'alumine ou Alun. Voyez ces mots. (F.)

ALUMINE SULFATÉE. {Miner,) La plupart des earactéieÉ que nous allons donner pour reconnottre l'alumine sulfatée et pour la distinguer des autres sels , sont rarement applicables k èe sel tel qu'on le trouve dans la nature : mais comme on ne peut parvenir à la cannoissance exacte d'un corps qu'en le ramenant à son plus grf nd degré de pureté , nous supposerons ce corps aussi pur qu'il peut l'être , et nous choisirons, parmi ^ ses propriétés physiques et chimiques.

celles qui doivent le caractériser lorsqu'il est pur, et paa( conséquent manifester sa présence lorsqu'il est mélangé.

L'alun pur et cristallisé régulièrement , que les chimistes nomment sulfate alealin d'alumine , et les minéralogistes^ alumine sulfatée alcaline , est transparent ; sa forme ordi* naire , qui est en même temps sa forme primitive j est l'octaèdre régulier ; il se brise facilement , et sa cassure est vitreuse*; sa saveur est en même temps acide et astringente ; son acidité est réelle j et elle se manifeste en rougissant les teintures bleues végétales. L'alun est beaucoup plus soluble à chaud qu'à froid. Au feu il se fond d'abord dans son eau de cristallisation , se boursoufle et se deasècàe ensuite; il devient alors spongieux et d'un blanc opaque. , Tels sont les nombreux caractères distînctifs de ce sel ; ils sont tous très-sensibles lorsqu'il est pur. Lorsqu'il est engagé dans les pierres, l'alun ne se fait plus reconnoftre qne par sa saveur plus acide qu'astringente , et c'est en cela qu'il se distingue du sulfate de fer : mais comme il est soip» vent mélangé avec lui, il faut des opérations chimiques pour s'assurer de sa présence et de sa quantité. Le lessi« vage de la pierre, la précipitation de l'oxide de fer par le contact de l'air, et la cristallisation de l'alun , sont les moyens simples que l'on peut employer. Ces moyens suffisent pour le distinguer des sulfates de fer, de sine et de chaux, et surtout de Tasbeste, toutes substances avec lesquelles on l'a quelquefois confondu.

L'alumine sulfatée alcaline transparente n'a point la réfraction double. Nous avons dit que sa forme primitive étoit l'octaèdre régulier; sa molécule intégrante doit être le tétraèdre régulier.

Ce sel présente peu de variétés ; ses variétés de forme sont toutes produites par l'art; les autres sont plutôt des manières d'étjre que de véritables variétés.

Kariétés de forme.

1.* Alumine sulfatée primitive. C'est l'octaèdre régulier; l'incidence d'une face quelconque sur la face voisine est de 109 28* 16''. Elle est transparente, et a toujours un excès 4'«eide. Lorsque deux faces opposées sont plus grandes ,

J'ocUbèdre parolt plus aplati ; et c'est Taspect awiB lequel il se présente fréquemment.

a.* Alumine sulfatée cubo-octaèdre.' P A'A" (i) CestToc- .taèdre dont tous les angles solides sont tronqués.

S.** Alumine sulfatée cubique. A* A* Cette variété est

opaque et a moins diacide en excès : elle est ^ns saveur et peu dîssoluble ; elle contient cependant de 1# potasse.

4.** Alumine sulfatée amorphe .- en masse 9 mais sans forme déterminable. ,

Ô.^ iVlumine sulftitée concrétionnée, ou en stalactite. On dit avoir vu cette variété et la précédente dans Tlle de Milo. Tournefort rapporte qu'on la trouve en pierres plates de 20 à 27 millimètres (9 à 12 ^^') d'épaisseur , appliquées sur les parois des grottes alumineuses de Tlle de Milo, et qu'il s'en forme d'autres à mesure qu'on les enlève. Je ne crois pas que ce puissent être de véritables zpasses d'alun ; ce sont plutôt des efflorescences denses et épaisses de ce sel. Cette mine a été exploitée autrefois par les habitans. On dit aussi avoir trouvé l'alumine sulfatée amorphe à Tavari dans la Laponié* Il me semble que ces rapports méritent d'être confirmés par de nouvelles observations.

6.^ Alumine sulfatée fibreuse. C'est ce que l'on nomme ordinairement alun de plume. Elle est en filamens blancs , soyeux , soit parallèles , soit mêlés entre eux. ^ous avons donné les moyens de distinguer cette variété des substances avec lesquelles on Ta fréquemment confondue.

On la trouve à la surface des pierres argileuses et schisteuses ^ qui contiennent les élémens de l'alun ; celle des grottes de l'ile de Milo est connue depuis trés-long-temps. Tournefort en fait mention , et l'a très-bien distinguée de la chaux sulfatée qui l'accompagne. Olivier Ta retrouvée entre des bancs dune pierre volcanique, lilanchàtrc et friable , qui est à un kilomètre (un quart de lieue) de la ville de Milo. Cette variété tapisse aussi les excavations formées

( 1 ) Yoycz , pour rexplication de ces signet , et pouy rintelligence de tout ce qui est relalif h la théorie de la cristalUsatiou , que l'oo suppose ici connue , le mot Chistàllisatiou.

sulfatée; mais, malgré cela, soa exploitation tr^s-ancienntf est encore avantageuse. 11 paroft que cette pierre est d'une nature analogue à celle de l'atuminaire de la Tolfa, dont nous niions parler.

Scopoli a trouvé l'alun de plume dans les mines de mercure d'Idria; il y est mMé arec de Ift chaux et du fer i il ]'a nommé halolrichum. 11 parott que ce tel, connu de» anciens, indiqué par Pline, en Italie et en Egypte, est le Irichite de Dioscoride-

L' Alumine sulfatée pure et cristfillïsée , ne s'est encore rencontrée nulle part ; mais un asset grand nombre de pays renferment des pierres de diverses natures d'où on peut retirer ce sel avec avantage. Tantôt il est tout formé dans ces pierres ; tantôt elles n'en contiennent que les principes : il faut alors faire naEtre les circonstances favorabtei il leur réunion , ainsi que nous l'expliquerims plus bas.

Les pierres qui renferment l'alun ou ses principes, sont ordinairement les argiles schisteuses , qui contiennent ea même temps des sulfures de fer. Ces schistes sont presque loujours noirs, et souvent bitumineux : tels sont ceux de l'Auvergne , d'Andrarum en Scanie , de Freyeu'wald et Schwemsel en Allemagne; ceux des bords de la Meuse près de Liège. Leurs couches sont presque verticales, et situées entre delà chaux carbonatée bleuâtre et coquilliére, et dei couches de houille et de grès micacé. Les schistes deTorgau en Saxe sont d'un brun jaunitrc. Enfin on relire aussi l'alun de certaines tourbes k Helsinburg en Sc:inie. Celui qut existe dans les terrains volcaniques a ordinairement pour gangue des laves friables, d'un blanb iiii-lé de rougeittre ^ i! est" tout formé dans ces pierres ; el comme elles contiennent en- même temps de la potasse, d'après les observations de Monnet el de Vauquelin, elles n'ont besoin que d'être lessivées pour donner de l'alun cristallisé par évaporatîon.

Il parott que cette mine d'alun est la pierre que 'les anciens nommoient pierre aisienne ou de Sarcophac^. Voyei à ce mot les preuves de cette opinion.

Lei principales mines d'alun Je ce genre' sont celle de 1 55

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nie de Milo, dont nous avons déjà parlé; celle de la Solfatare prés Pouzzoles, et celle de la Tolfa dans le territoire de Civita-Vecchia.

Celle de la Tolfa -est la plus commune. La pierre qui donne Talun porte le nom particulier d'aluminaire ou d'aluminite de la Tolfa, calcareus aluminaris alhusy Vall. Cette pierre volcanique est opaque et d'un blanc rosàtre. £lle est assez solide; mais toujours recouverte d'une efflo» rescence qui a une saveur stiptique lorsque la pierre a été calcinée. Elle est en masse 9 compacte , non feuilletée, mais traversée de haut en bas par de petites veines de quarU gris blanc.

Enfin j on dit aussi que plusieurs fontaines renferment de Talumine sulfatée j et on cite celle de Stecknitz en Bohême.

Préparation de Taîun.

D'après ce que nous venons de dire sur les différentes mines d'alun, on voit que ce sel existe quelquefois tout formé dans Jes mines, et que, dans d'autres occasions, les pierres dont on le retire n'en contiennent que les élémens* il résulte de ces deux manières d'être deux méthodes particulières pour l'extraire.

Lorsque l'alumine sulfatée est toute formée dans certaines pierres ou terres, on se contente de lessiver ces terres ou ces pierres avec de l'eau , si elles sont friables d'elles-mêmes ; mais si elles ne se divisent pas naturellement, on les fait calciner, probablement pour les rendre plus divisibles et plus pénétrables à l'eau. On fait évaporer cette lessive, qui, par le refroidissement, donne de l'alun cristallisé.. Cet alun natif contient la quantité de potasse^ dont il a besoin pour cristalliser; car ordinairement on n'j ajoute pas cet alcali.

C'est ainsi que l'on traite l'aluminaire de la Tolfa et celui de la Solfatare. La pierre alumineuse est assez solide; on la calcine deux fois avant de la . lessiver. Les fourneaux, de calci nation ressemblent assez bien aux fours à chaux. A la première calcination cette pierre devient d'une couleur rose, pâle à sa surface ; à la seconde, elle devient

asDt quarante jours environ, inaction successive nu soleil et de l'humidité les fait se déliter; elles se réduisent en une bouillie qui a une légère teinte rouge ■. on lessive cette bouillie , et on fait évaporer et cristalliser cette lessive par les moyens ordinaires , mais sans addition d'aucun alcali.

L'aluminière de la Solfatare prés Pouzzoles , s'exploite i peu près de la môme manière. On y recueille principalement les efflorescences qui se foraient jourDellement sur la surface de la terre dans ce Heu singulier.

Ces efllorescences se furmoient autrefois sur de petites places que l'on nommoit jardins. Breislak a augmenté le produit de ce terrain alumincux en multipliant Tes points de contact avec l'air , au moyen de vastes surfaces planes qu'il a établies, et de grottes qu'il a creusées dans les parois du volcan.

On trouve aussi dans ce même lieu des pierres volcaniques, dures, blanchâtres, alumineuscs, et semblables à celles de la Tolfa. On les fait calciner comme ces dernières avant de les lessiver. On prétend que cette calcination est nécessaire au dégagement de- l'alun , et que lorsqu'elle a été poussée trop loin, ces pierres ne donnent plus de sel.

Comme à la Solfatare le terrain est naturellement échauffé par des feux souterrains, on se sert de cette chaleur, qui est de trente-sept à trente-huit degrés, pour faire. évaporer la lessive aluraineuse. On la verse dans des chaudières de plomb, qui sont enfoncées dans le terrain, et constamment échauffées par luL Nollet, Mém. de l'acad. des se. 1750.

Mais lorsque les schistes , les terres ou les tourbes alumineuscs, ne contiennent point de sel tout formé, qu'elles n'en renferment que les principes, il faut leur faire subir des opérations préliminaires , dont l'objet est de favoriser la réunion de ces principes.

Toutes les pierres ou terres argileuses qui contiennent ^u fer sulfuré en quantité suffisante, sont propres àdon- , ner de l'alun.

Quand les schistes alumîneux sont retirés de la mine par les moyens ordinaires, on les expose en las à l'air,

"pour les Ikife eAeurit. Cette exposition dore quelquefois deux ans. Pour hâter cette efflorescence on dispose les fichistes en tas peu considérables , que Ton remue et que Ton arrose loft des sécheresses. Quand refflorescence est suffisamment avancée > on calcine ce schiste, probablement dans la vue de décomposer et de rendre indissoluble le sulfate de fer mêlé a Falun.

Cette câlcinatîon s'opère de difierentes manières , selon les circonstances. On met ordinairement le schiste alumi<» neux, couches par couches ^ avec le bois, et on en forme une pjrramide de vingt-cinq à trente couches. On n'élève cette pyramide qu'insensiblement et à mesure que les couches inférieures se calcinent.

Cette calcination dure deux à trois mois , et le refroidissement environ vingt Jours. On doit éviter un feu trop violent , qui pourroit cuire Fai^ile et donner aux frag* mens une solidité que l'on cherche à détruire.

Lorsque les schistes alumineux sont en même temps bitumineux, ils servent eux-mêmes de combustibles : il suffît d'allumer la partie inférieure de la pyramide ; elle continue de brûler au moyen de la partie bitumineuse des schistes.

La montagne de Douthvireiller , dans le pays de Nassan^ Sarbruck , renferme de nombreuses couches de houille 9 qui, ayant été enflammées par accident, ont calciné les schistes , et y ont développé de l'alun , qui a été exploité avantageusement.

Lorsque les schistes alumineux sont exposés à l'air ei arrosés , le fer sulfuré est décomposé ; il se forme de l'acide sulfurique, qui^ agissant sur les terres et sur les oxides métalliques que renferment les pierres employées, forme des sulfates d'alumine , de chaux , de magnésie et de fer.

Lorsqu'on juge ces compositions formées, on lessive les terres alumineuses en faisant passer dessus jusqu'à cinq différentes eaux ; les dernièrps eaux servent à lessiver des terres neuves , comme dans la préparation du salpêtre.

On soumet k l'évaporation , et par conséquent* à la concentration , les eaux saturées k froid des sels qu'elles ont ^pu dissoudre. Si les terres lessivées ne contiennent pas naturellement de la potasse, on est obligé, pour les

ALU '«41

faire cristalliser, d'y ajouter de ce sel ou de l'ammoniaque. -Ces alcalis n'y sont pas- toujours ajoutés directement: tant6t on emploie de l'urine, qui, comme on sait, contient de l'ammoniaque ; tantôt des cendres , ou même du sulfate de potasse, que l'on peut se procurer à bon marché.

Les schistes alumineux, calcinés avec de la houille,, peuvent donner de l'alun sans addition de pptasse ; ce qu'on peut attribuer à l'ammoniaque produite par la houille : cet alcali fait le même office que la potasse dans la cristalli* sation de l'alun.

Avant de faire cristalliser la liqueur une première fois , on la laisse déposer ses impuretés dans une cuve particulière. Ordinairement les ' premiers cristaux qu'elle donne sont de la sélénite ou sulfate de chaux.

Les cristaux d'alun, qui sont produits par la première cristallisation , sont impurs ; on les lave avec de l'eau froide, et on les dfssout dans de l'eau bouillante. Cette lessive de raffinage reste quelquefois plusieurs jours exposée à l'air , afin que le sulfate de fer qui existe encore puisse être décomposé par l'air. On la fait ensuite évaporer ; et quand elle est suffisamment concentrée , on la conduit dans des cuves, où elle cristallise en grande masse. On sépare les douves de ces cuves pour retirer les masses d'alumine sulfatée.

Les fabriques d'alun les plus célèbres , dans lesquelles oa traite les schistes à peu près comme nous venons de le décrire, sont celles des bords de la Meuse près de Liège; celles de Suède , qui sont fort nombreuses ; celles d'Angleterre, dans les provinces d'YorR et de Lancastre, etc.

On peut faire aussi de l'alun de toutes pièces en combinant directement l'acide sulfurique à l'argile ; mais il faut présenter cet acide réduit en vapeur aux terres étendues dans des chambres de plomb, et, après avoir lessivé les argiles, ajouter le sulfate de potasse nécessaire à la cristallisation de ce sel triple. L'alun se fait d'après ce procédé dans les fabriques de Javelle près Paris et du professeur Chaptal à Montpellier. '

Curaudau a proposé de fabriquer l'alun directement par le procédé Suivant, qu'il a employé lui-même en grand.

65o AL U

On fait calciner dans un fourneau de réverbère un mélange de cent parties d'argile et de cinq parties de mur la te de soude , rendu pâteux par suffisante quantité d'eau. On pulvérise la masse calcinée ; on y ajoute de Facide sulfurique; on lessive, avec le moins d'eau possible, et on fait cristalliser l'alun en y ajoutant la potasse ou le sulfate de potasse nécessaire.

On distingue dans le commerce plusieurs sortes d'alun. L'alun le plus anciennement connu est celui qu'on nomme alun de Roche, du nom d'une ville de Syrie, nommée autrefois Édesse, où fut établie, dit Bergmann, la plus ancienne fabrique d*alun ; il est en grande masse, transparent, k cassure vitreuse. On dit qu'on lui donne cette forme en faisant fondre des cristaux d'alun dans une chaudière de fkr^ et en coulant ce sel dans des tonneaux, où il cristallise en masse par le refroidissement.

VAlun de Rome est en petits morceaux couverts d'une efilorescence farineuse. On le prépare à Ci vita-Vecchia , par la torréfaction et le lessivage de l'aluminaire de la Tolfa ; il n'est point raffiné ; il ne contient que de l'alumine et de la potasse 9a^s ammoniaque. C'est le plus estimé et le plus cher.

L'Alun du Levant est en fragmens de la grosseur d'une amande, un peU rose, et couvert d'une efflorescence rougeàtre.

L'Alun d'Angleterre est en gros morceaux sans forme régulière; sa cassure a l'aspect gras; il contient plus de fer que les autres.

L'Alun de fabrique est ordinairement en cristaux plus ou moins volumineux. C'est un sel quadruple, composé d'acide sulfurique en excès, d'alumine , de potasse et d'ammoniaque. ( B. )

Alumine fluatéb. La connoissance de cette pierre, dé* couverte par hasard dans le Groenland, il. y a quelques années, est due a Abildgaard de Copenhague. Elle est d'autant plus remarquable qu'elle offre une triple com« binaison qu'on n'avoit point encore trouvée dans la nature, et que l'art même n'avoit point essayée.

On ne Ta point encore vue cristallisée régulièremeni

A LU 5îi .

Elle se prësenfe ordinairement en masse demi-fransparente avec des nuages laiteux ; sa cassure est lamelleuse ? elle est plus dure que la chaux sulfatée , mais moins dure que la chaux iluatée.

Lorsqu'on la met en petits fragmens dans l'eau, elle acquiert de la "transparence , et présente l'aspect d'une gelée ; mais elle ne s'y dissout poiiit.

Exposée à la simple flamme d'une bougie , elle y éprouve un commencement de fusion; elle se liquéfîe tout- à- fait, et coule comme de la glace fondue , si on lui fait éprouver l'action du chalumeau. Cette propriété singulière l'avoit fait nommer cryolithe par Abiidgaard , de deux mots grecs , dont le premier veut dire glace, et le second pierre; mais il paroît que cette première fusion est due à l'eau de cristallisation, car la masse liquide se dessèche si on continue le feu, et devient difficile à fondre'.

Lorsqu'on cherche, en cassant cette pierre, à suivre les joints naturels qu'elle présente, on ai^rive à un prisme droit reciangiilaire , dont les bases sont plus nettes que les pans ; ce qui indique que les bases de ce prisme ont plus d'éteh« due que ses pans dans la molécule intégrante.

Haiiy a remarqué en outre des chatoiemens quî supposent des divisions qui, partant des diagonales du prisme, abattroient les angles solides de ce prisme, et conduiroicnt ainsi à un octaèdre rectangulaire surbaissé. La pesanteur spécifique de l'alumine fluatée est de 2,949. Cette pierre a été analysée par Klaproth et Vauquelin ; ce dernier y a trouvé.

Soude •• •••••32,

Alumine 21,

Acide fluorique et eau • . 47 ; ce qui diffère peu du résultat de Klaproth , qui y â découvert le premier la soude.

Parmi les propriétés de cette pierre il en est deux remarquables qui doivent lui servir de caractères essentiels, c'est la propriété de fondre à la flamme d'one bougie» Jointe à son indissolubilité dans l'eau.

On ne sait encore rien sur la situation géologique de cette pierre. (B. )

ALUMIiNËUX; A^UMijvEusE. {Chim,) Ces noms sont des

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