‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite méthodiquement des différens êtres de la nature, considérés soit en eux-mêmes, d'après l'état actuel de nos connoissances, soit relativement à l'utilité qu'en peuvent retirer la médecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus célèbres naturalistes (volume 3)Chapitre 38 sur 146 · Abeille thoraeique, {Apis Éhoraciea, Fabr · texte numérisé non relu

Abeille thoraeique, {Apis Éhoraciea, Fabr

Oliv. Encyclop. Abeille à corselet fauve , N.* 59.

I Caract. Noire: corselet à poils roux; ailes transparentes à ex-

I trémité hrune,

; • Uabdomen de cette espèce est d'un beau noir lisse. Sa

. . . forme est ovée, un peu aplatie; la tête a quelques poils

^•' ' jaunâtres ; le oorselet est couvert d*un duvet rouie très-épais.

, y On trouve souvent cette abeille sur les fleurs.

I ■ ' . ', 58u Abeille à goitre, {-^pi^ tuhereulata^ Fabr.)

i^ Tant, Faun. Germ. N."* . 19. Fabr. Entom. emend. pag.

I Canict. Noire , à âmH 'ceniré roussàtre : n^donte» iu>îr , à

ûMUs roux.

' ^ L'espèce de goitre qu'on observe sous la ganache de cette

. ;^ a)>^>Ue, et qui fait un^ saHlie presque aussi longue que la

langue, rend cet insecte très- remarquable. Il a quelques

^'^ rapports avec rabeiHc à manchettes daift la forme générale

4u corps, mais il est v-o peu pjus petit.

On le trouve 4a^9 l^s Heurs des plantes radiées.

£9^ Absillb du iusfilage, ( Apis farfarisequa , Scop. ) Panz. Faun. Germ. Jï.* i/|. Scop. Faun. Carn. N.^ 800.

Caract. Noire ^ à dusrtt roussàtre : abdomen noir à cinq cercles

jaunes,

Elle est fort v^lue^ son abdojaien noir, ovale « a les cinq

premiers anneaux bordés de poils roux ; les antennes sont grêles , noires ) les ailes ont une petite tache ferrugineuse sur leur bord extérieur.

On la trouve sur les fleurs de tussilage au mois d'avril.

60. Abeille à front jaune, ( Apis Jlavifrons ^ Fabr. ) Fabr. £nt. emend. tom. II, N.* 66 ^ p. 329.

Caract. Noire : corselet à duvet cendré et une bande noire; abdomen bleuâtre métallique y à anus gris.

Cette espèce, quoiqu'indiquée eomme venant du Brésil y est fort commune aux environs de Paris.

Le front, ainsi que le premier article des antennes, sont d'un jaune citron. Le corsalet est couvert d'une laine grise , au milieu de laquelle est une bande transversale noire à l'origine des ailes. Les pattes sont noires ; il y a des taches ,

blanches à la base des jambes , comme dans l'abeille à , .

écusson. ^ *

Cl. Abeille patte de lièvre. {Apis lagopoda^ Linn. )

Schrank , £num. insect Aust N.^ 810. Fans. Faun«

Germ. N.' 7.

Caract Noire , à duvet ferrugineux : anus échancré ; pattes antérieures tris^iUUées ^ ciliées en bouelier.

Les pattes antérieures de cette abeille la rendent trèsremarquable : les cuisses en sont extrêmement lisses, brillantes; d'une couleur rousse, transparentes, ciliées; d'un poil gris très-dense en arrière : les jambes sont très-courtes , triangulaires , légèrement velues en dessus , lisses et concaves en dessous, garnies d'une épine très-forte, crochue et tra/isparente du côté du tarse.

I^s quatre premiers articles du tarse, sont larges , de couleur blantïhe, ciJiés de poils roides de même couleur, mais roussàtres à leur extrémité; ils forment ainsi une espèèe de bouclier large. Le cinquième article est allongé , cylindrique , blanc , transparent ; il ne porte qu'un seul faisceau de poib ; il est terminé par deux ongles mobiles très -crochus.

La forme du corps est la même que celle des abeillcf - ' GoupCofeuilles. On présume que ce peut être un mâle de quelque espèce voisine. Le citoyen Latreille t%i de cette opinion, r^ous sommet aussi d^autant plus portés à le penser, que nous n'avons jamais reconnu d'aiguillon à cette espèce y et qu'elle a le front garni de duvet serré , ainsi que tous les individus que nous regardons comme des jnàles ; qu^en outre l'anus est un peu échancré.

On la trouve souvent, dans les soirées d^automne^ endor^ mie dans le calice ou dans la corolle des plantes labiées.

Section QUATaiiME. Les AbeiUeè mellifique^.

' Corps pubescent, rarement coloré; ailes transparentes; jambes et premier article des tarses postérieurs dilatés, souvent concaves et striés transversalement, dans les femel-* les et les neutres.

« 6a. Abeille II miek {Apis meltifieaj Linn. )

4** ' Sulz. Insect tab. 19, fig. laS. Réaum. tom. V, pi. XXII ^

fig- i > 2 , 3 , 4.

- ' Caract Brune ^ i duvet plus clair -.abdomen hrun d^une mêm^

% teinte.

Il y a trois séites bien distincts dans cette espèce » doirt les f Individus vivent en sociétés très -nombreuses.

Les mâles, nommés aussi faux bourdons, en latinyucî , sont plus gros et un peu plus velus que les neutres. On les reeon-' ''\ ^ nott de suite à la forme de leur tc-te , dont les yeux sont

. très-gros et se touchent en haut ; k la brièveté de lenr langue, qui n'est guères plus longue que les mandibules f ^ lesquelles sont elles-mêmes excessivement courtes en comparaison de celles des neutres, et entièrement cachées par le poil de la face. Le corselet , ou plutôt la poitrine , est aussi beaucoup plus large proportionnément que dans les neutre» et les femelles , et toujours plus que la tête ; il est aussi tellement velu du côté du ventre, qu'on ne peut aperce* voir la couleur de l'insecte. L'abdomen a une forme toute particulière, et très -différente de celui des neutres et des « fonielles. X^a disposition des anneaux est telle qu'il ressemble

à un abdomen de diptère, et principalement d'oestre. Il eat tronqué À la base; les anneaux sont larges, et un peu plus transparens sur le bord libre , qui est en recouvrement Il est très-obtus k la pointe, et le dernier anneau se recourbe en dessous, de manière que Fabdomen n'est point percé à son extrémité, mais presque sons le ventre. Les mâles n'ont point d'aiguillon. Les parties de la généra tîoik consistent en deux cornes' protractiles ^ comme charnues , qui , lorsqu'elles sont allongées , ont presque la longueur de l'abdomen, et qui, quoique rapprochées à la base, s*écai^ tent k leur extrémité comme un Y. Entre 'ces cornes en est une troisième, plus flexible, qu'on peut regarder comme la verge , et qui se courbe ordinairement sur elle-même. Les pattes, et surtout les postérieures, diffèrent aussi beau- .coup de celles dés neutres et de la femelle, quoiqu'essentiellement formées des mêmes parties. En général, les articles en sont beaucoup plus allongés et plus distincts entrVux que dans les neutres. Le premier article, quoique ^em- « blable à celui de la femelle, est presque cylindrique t' et non aplati. Les jambes de derrière sont plus longues ^ plus épaisses , mais moins larges et moins aplaties que dans la femelle; elles sont aussi comme échancrées en arrière, et non régulièrement triangulaires. Le premier article des tarses est un carré allongé, dont les angles sont arrondis.^ 'en dehors ; il est lisse et non concave ; il est velu intérieurement Le nombre des mâles varie beaucoup; il y en a ^ en général, au moins deux cents, et quelquefois plus de huit cents. Nous indiquerons par la suite leur manière de vivre dans cette espèce de République.

^ Les femelles , qu^on nomme aussi les reines , soiit plus gros4 ses que les mâles, lorsqu'elles sont fécondées ; mais cette différence tient seulement au développement de Tabdomen % car, pour le reste du corps, ces deux sexes sont à peu prè$ dans les mêmes proportions. La tête des femelles est semblable à celle des neutres ; elle est triangulaire, et non arrondie, comme celle des mâles. Lés yeux sont latéraux et ne se touchent pas sur lé sommet de la tête. La langue et les mandibules sont un peu plus développées que dans les mâles , et la bouche est moikià garnie de duvet Le eor*.

fip AB E

selet est un peu plus large que la tête. Les ailes sont praportionnément plus courtes que dans les mâles, de près d'un tiers de la longueur totale, abstraction faite de la di£férence qu^ semble y apporter la longueur de rabdomen. Cette dernière partie est aussi d'une autre forme que dans les mâles ; elle est beaucoup plus allongée , tronquée \ à la base, et terminée en une pointe percée d'une ouverture presque triangulaire, qui .donne issue à l'aiguillon et qui permet l'introduction des parties génitales du mâle. Les pattes sont en même temps différentes de celles des mâles et de celles des neutres. Comme dans les premiers , les articles en sont beaucoup plus longs et plus distincts; mais ' leur premier article se rapproche beaucoup plus de celui

des neutres, ainsi que leurs jambes, car elles sont aplaties et concaves; mais elles n'ont pas les brosses intérieures qu'on observe dans les deux autres sortes d'individus. 11 n'y a

â^ ordinairement qu^une seule femelle dans une de ces socié-

t '^ V tés; mais le plus souvent il en écl6t plusieurs, dont une

* seule est conservée par les mulets.

y "* Les neutres, les mulets, les ouvrières (eu latin optrariœ ^

y ^^ spadones)^ car on désigne indifféremment sous ces trois

-«^ i^oms les individus qui ne sont ni mâles ni femelles, sont

' ^ ' les plus petites abeilles' de la ruche; ils ressembleut«beau-

coup aux femelles par toute l'habitude du corps, et ce n'est

I guères que par la taille qu'on peut les distinguer au pre-

mier aperçu. Cependant, en les examinant avec plus d'attention, on reconnoit qu'ils ont les mandibules et la langue

• ^ beaucoup plus longues que dans les deux autres sexes ; que

le front est beaucoup moins velu ; la tête , les yeux , le cor- ^ selet et les ailes , comme dans les femelles ; l'abdomen court,

conique, en toupie yn peu aplatie, tronqué à la base et présentant une très-petite ouverture ronde à l'extrémité , pour la sortie de l'aiguillon. Les pattes ont les articles des tarses antérieurs beaucoup plus courts et plus velus. Celles de derrière ont une forme particulière y qui fournit leur principal caractère. Les jambes sont triangulaires, élargies, lisses, concaves extérieurement. Le premier article des tarses est aussi très-élargi, creusé en gouttière, presque sans poils, et strié transversalement. Les autres articles sont comme

ABE 5i

dans Jé8 deax autres sexes. Mais, ce qui doit surtout faire distinguer les neutres, ce sont les espèces de brosses, ou «ette. réunion de poils roides et serrés^ qui couvrent toute la partie interne des jambes et du premier article, et qui, vues à la^loupe , ressemblent au plus beau velours. En effet , dans les femelles ces parties sont lisses et brillantes, et dans les mâles , les poils qu'on y remarque sont beaucoup plus rares et moins longs.

Nous verrons par la suite que les mulets sont de véritables femelles, dans lesquelles les organes de la génération ne paroissent pas s'être développés. Ils sont réunis en très-grand nombre avec une seule femelle, qui paroît être le mobile ou la cause déterminante de leur réunion. On en a compté ainsi, jusqu'à trente mille vivant en société avec une seule femelle.

L'abeille que nous décrivons , et la plupart des espèces qui suivent, est un de ces insectes dont la manière de vivre» ^

présentant une utilité peut-être moins réelle dans Técono- ' .!

mie générale de la nature, mais plus directement appliquée . ^.

aux usages de l'homme , qui a su détourner à son profit les .

matériaux qu'elle emploie à la construction de son nid et ' i

la nourriture agréable qu'elle recueille et amasse ppur sa ^«^ . | propre conservation, a été par cela même une des premiè- j

res observées, et celle dont l'histoire étonnante et vraiment admirable a été le mieux connue. I

Nous allons essayer delà tracera nos lecteurs, en puisant dans les ouvrages des observateurs les traits principaux qu'ils en ont recueillis, et en profitant surtout des mémoires ' <.v'

immortels du célèbre Réaumur, et des recherches délicates dues à la patience du modeste et savant M. Hubert.

Nous retrouvons dans l'espèce dont nous allons peindre les mœurs , les différens états par lesquels nous avons dit que passaient les abeilles, en traitant les généralités de ce ^enre. Peut-être cet ordre admirable, cette sorte de gouvyernement gynocrate, dépendent-ils essentiellement de la quantité immense de mulets, qui seuls sont chargés de la construction et de la réparation de la demeure commune ; de l'édification des loges ou cellules , dans chacune desquelles ua seul œuf doit être déposé par une femelle unique ; de Fédu-

^fioH et de la nourriture des larves ; de la réeolte des 'alinéas, qui doit assurer l'existetice de tous; et enfin de la garde et de la conservation de la mère , dont la vie j la TolDÀté, la fécondité*, paroissent seules animer, réunir, et éxcster au travail, un peuple aussi nombreux.

Supposons d'abord que des abeilles neutres, se trouvant eli trop grand nombre dans une ruche, s'en soient échappées avec une seule femelle, et se soient réunies pour for- '•mer ce que l'on nomme un essaim ou jeton , sur une branche d'arbre ou quelque partie avancée d'un mur. Bientôt quelques-unes se détachent de la masse immobile qu'elles formoieni par leur réunion; toutes s'agitent et s'envolent vers une cavité de tronc d'arbre, de rocher ou de muraille, dont ^ Touverture extérieure est étroite le plus souvent, et surtout dans ce pays où on recueille ces essaims dans des ruches 'que nous ferons connoftre par la suite : il nous suffit de d'ire ici que ce «ont des espèces de bottés ou de paniers \ dans lesquels les abeilles se comportent comme si elles

^' . avoient choisi elles-mêmes le lieu de leur résidence.

\m.* Une demi-heure après que toutes les abeilles sont ainsi

réunies', si le soleil n'est pas encore k son, déclin, et* que •Jkk le temps soit calme , on voit sprtir un très-grand nombre de neutres qui reviennent à la ruche, les deux pattes postérieures chargées d*une matière résineuse, ductile et odorante, d'une couleur brune, rougeàtre,plus ou moins foncée. Cette substance est tellement adhérente dans la cavité des jambes et des tarses, que l'abeille qui l'a apportée ne peut s'en débarrasser eUe-méme. D'autres mulets , auxqueb elles •semblent présenter les tarses, enlèvent avec les mâchoires des parcelles de cette substance tenace , et vont les appli- 'quer autour de la ruche et de tous les corps qui y font saillie. On a donné a cette matière, qui paroit être une espèce de i^ine soluble à l'esprit de vin et dans toutes les ' -huiles volatiles , le nom grec de propolis ( wf^vOuç » au devant de la ville }.

Cette propolis est d'abord molle, très - extensible ; mais elle se durcit et devient très-solide par la suite du temps. On ne sait pas encore positivement de quelle ^partie des végétaux est extraite la propôlis i on «roit qu'elle provient

de cette espèce de gomme résine qui enduit et défend de rhumidité la plupart des bourgeons des arbres et des ar« brisseaux. Tous les corps étrangers, même ceifx qui s'introduisent dans l'habitation, et qui sont trop pesan» pour pouvo^i^ être transportés ^au dehors, sont recouverts de cette matière | et sont ainsi mis au dehors de l'enceinte. Il ne reste qu'une seule ouverture, par laquelle toutes les abeilles doivent en-« trer et aortir.

Lorsque tout l'intérieur de la ruche est garni de cet enduif résineux , et qu'il ne reste plu's de cavité ; souvent mâmo. pendant qu'une partie des neutres est ocçi^pée à cette première opération, une autre commence à construire un édU ûee intérieur, destiné à recevoir les œufs que la femelle doit pondre, et la nourriture nécessaire aux besoins de tous.

Il paroit que dilns cette sorte de gouvernement toutes le< propriétés sont communes , et que le travail et les fatig;uef de l'un des individus tournent à l'avantage et deviennent ^

le fruit de toute la société. £n effet, les espèces de cellule^ ^

que construisent les abeilles , sont formées d'une matièrf >

qui, quoiqu'extraite des fleurs des végétaux, et principale* ^

oient de leur poussière fécondante, a besoin d'une prépa^ ration , d'une sorte de digestion , pour acquérir cette sou'- ^iw ^. plesse, cette ductilité, cette propriété onctueuse, au moyei^ de laquelle une substance sèche, grenue, sans consistance, devient le corps gras, homogène et flexiJ^e que nous nom^ taons la cire.

Les abeilles récoltent la cire en se roulant dans l'inté^ieuf de la corolle des fleurs. Le pollen , que les anthères laissent échapper, s'attache aux poils dont le corps 'de ces insectes est couvert Avec les brosses qui g«rnis6ent leurs longues pattes postérieures, elles ^e nettoient et ramassent cette poussière, dont la couleur varie beaucoup , en deux pelottes ou petites boules, qu'elles font entrer de force dans Içs palettes ou cuillerons striés transversalement, dont ^ont extérieurement creusés la jambe et le premier article d%ê. tarses postérieurs. C'est alors que, les pattes chargées de cçs poussières rouges, jaunes, vertes pu blanches, suivant la nature dea plantes dont elie^ proviennent, le» abeilles s'enrolent vers la ruche.

Amyée dans la demeure commune , chacune d'elles songe à aller déposer le fiulin dont elle est chargée dans un lieu déterminé, où d'autres individus viennent aussitôt pour l'araler, et souvent même pour manger sur ses pattes la matière qu*elle a recueillie avec tant de peine.

Que l'observateur ne se trompe pas sur cette conduite, qui, au premier aspect, pdurroit être imputée à la paresse, k la friandise ou à la gloutonnerie. C'est une espèce d'emprunt k la massé commune que chaque individu vient faire, afin de lui rendre ces mêmes matériaux, mais élaborés, et propres seulement alors aux usages pour lesquels ils sont destinés.

Il est probable que le pollen des végétaux a besoin de Subir l'action de l'estomac pour être changé en véritable ci»? : car , quelque temps après que les abeilles l'ont mangé , M ' elles le dégorgent par l'extrémité de la trompe, sous une

» ^ forme ductile et très-molle; et c'est alors qu'elles construi-

n sent les parois des cellules dont nous allons parler, et dont

:,,• "^ ' l'ensemble porte le nom de gâteaux ou de rayons.

'£ >yLii A peine le sommet de la ruche est-il suffisamment enduit

V de propolis, qu'on voit les abeilles neutres se ranger par

^ #. -«^ 1>andes ou files parallèles, pour dégorger la matière de la .« cire et en former des lames saillantes, qui se trouvent

^ être k une distance d'environ trois centimètres, ou d'un

pouce et quelques lignes. Sur chacune de ces lames saillantes, les abeilles construisent, de l'un et de l'autre côté, des cellules dont la réunion forme les gâteaux , qui se trouvent ainsi dans une situation verticale. Lorsque ces gâteaux sont entièrement terminés, toute la ruche est garnie de lames ou réunions de cellules, tellement rapprochées les unes des autres, qu'il né reste entr'elles qu'environ un centimètre, ou un intervalle propre à laisser passer deux abeilles doa k dos.

Les alvéoles ou cellules sont de trois sortes. Les unes, et celles-là sont en beaucoup plus grand nombre, destinées à servir de berceau aux larves des abeilles neutres et de magasin pour les alimens , sont les plus petites , et d'une 'figure parfaitement hexagone. C'est encore une question de savoir si cette figure à àix pans parfaitement égaux, dépend

ABE Si

seulement de la juste opposition de cylindres, qui dans un état de mollesse viendrolent à être comprimés également de toutes parts , ou si cette forme a été déterminée et caU culée par la conformation des organes ou par l'industrie des insectes qui nous occupent.

Chacun ie ces tuyaux hexagones , qui peut avoir quinze # à vingt millimètres au plus, n'a de largeur que cinq millimètres. Sa base, son sommet ou son extrémité,. est à trois faces, ou formée de t0ols pièces très-régulièrement carrées, et appliquées les unes contré les autres de manière à ne laisser que six pans, deux pour les côtés d^ chacune d'elles. Ces bases , qui font la continuité de la lame de cire par laquelle nous avons dit que les abeilles commençoient leur travail, sont tellement disposées, que la base de l'une des cellules pour l'un des côtés du gâteau devient portion de la base de trois autres cellules pour le côté opposé du même rayon, et réciproquement.

La seconde sorte de cellules ne diffère de la première ^ ^

que par l'étendue en largeur et un peu en longueur. Elles •

sopt destinées à recevoir les œufs qui doivent donner les < xL\ fmâles ; mais leur figure est essentiellement la même. ^

La troisième sorte de cellules est tout-i-fait' d'une autre ./w , « '.' figure, et les parois, quoique composées de la même subs- /

tance , sont beaucoup plus épaisses , à tel point même quHiue seule de ces alvéoles pèse autant que cent trente ou même cent cinquante de celles qui sont destinées aux neutres.

Réaumur a comparé avec raison la figure d'une alvéole propre à recevoir la femelle, et qui n'est encore que commencée, à celle du calice du gland. A mesure que cette cellule est allongée, elle devient de plus en plus conique. Nous en possédons des échantillons - qui ont jusqu'à trois centimètres de longueur; mais en général elles sont plus courtes, et elles vont rarement au-delà.

Le plus souvent c'est sur les gâteaux que sont fixées les cellules dites royales : cependant le lieu n'est pas constant j quelquefois, mais rarement, c'est sur la partie moyenne de l'une dts faces du rayon, et aux dépens d'un très-g'-^nd nombre de cellules , qui lui servent de pédicule ', le plus Jinairement elles sont attachées à l'un des bords libres du

ss ABE

gàte^.p 9 et lcur|p»ad «xen^est jftBiaîa lioriioaf»!, «onae daj» les autres alvéoles , mais au contraire presque verticaL

La surface des alvéoles propres à contenir lea femelles est raboteuse, et comme creusée de commencemens d*alvéoles ordinaires. Leur nombre varie beaucoup. Ordinairement j^ n'y en ;a que tr jis ou quatre dans chaque ruche y et nous n'en avons jamais vu davanta^^e ; mais Réauraur nous apprend qu'il en a observé dans qteielqaes*unes jusqu'à quarante.

Nous ne nous sommes encore occi^és que de Tune des partie^ du travail des abeilles : il nous reste à étudier deur de leurs oi^cnpations les plus importantes; la nourriture » réduca^on d^s larves, et la récolte du mieL

A peine qu^ues-uoes des cellules hexagones sont-ellea préparées 9 quje l'abeille femelle, sous le gouvernement de laquelle semblent viyre tous les neutres, pressée p#r le * besoin 4^ pondre, se hâte d'aller déposer un oeuf dans

chacune des alvéoles , souvent même lorsqu'elle n'est à peine ^*^*" ^V'^baurbée. Avant de déposer son œmf , on la voit se pro- ^ mener lentement à la surface du rayi>n ; elle fait entrer sa.

<4 ^ . liête 4^1^ chacune des cellules , comme pour reeonnoltre si ^^ elle est ponstruite d*une manière solide et commode pour « la larv^, et pbserve si elle est entièrement vide; bientôt

' ^' §prè9i elle se retjurae en sens contraire, introduit l'extrémité de son abdonuen dans l'espèce de cul «de - sac qui la termine, fit y /ixe un œuf dans la partie supérieure, âii moyen du suc visqueux dont il est enduit i l'instant de s% •ortie.

Cet œuf e$t allongé, plus gros k une extrémité qu*à l'autre, 4'un blanc opalin. La larve nVcl6t que deux ou trois jours après que Tœuf a été pondu. A peine est-elle née, qu'elle se roule en cercle , et se nourrit d'une espèce de pâtée oit de buuiJlie fie couleur blanche , et d'une sayeur un pen stiptîque ou t(?ut-à-fait insipide d'abord, puis ui| peu sucrée, La larve dont nous avons donné la description dans les généralités, ne vit sous cet état que cinq à six jours. Au bout de ce temps , eUe a pris ass^s d'accroimment pour sù ûlcT une coque presque membraneuse, et se métamorphoser ^n nymphe. Aussitôt que les neutres repaarquent que Tilnf des larves file, eUes dosent «a cell^lf avec up petit .çour

vercle de cire qui part de chacune des lignes de «^la cellule » mais qui est arrondi et jun peu bombé.

Le changement en nymphe est pfés de trois jours à s'opérer. Les parties de l'insecte preanept peu k peu de la consistance ; et , au bout de huit jours y Tabeille brise avec se^ mâchoires le couvercle qui fermoit sa cellule , parce que sa . ' tète B% trouvait placée de ce c6té. L'insecte sort, encore humide ; il se place sur le bord du gAteau : mais bientôt d'autres neutres l'entourent, semblent chercher À absorber Thumidité qui le pénétre, et s'empressent de lui offrir de la. nourriture , en dégorj[eant une certaine quantité de miel sur la langue du nouveau-né.

Aussitôt que l'abeille croit pouvoir se confier à ^es propres forces , elle se hâte de sortir de la ruche , pour jouir de la lumière : elle semble être guidée par d'autres qui lui moairent la route ; ou plutôt elle les suit , et va, comme elles ,' recueillir }■ ■

la cire, le miel, et toutes les matières qui sont aécessairea ."^ j

à la grande famille dont elle doit partager toute l'activité. ^'"▼J

Les abeilles neutres travaillent avec une si grande acti-* ^ •

vite dans les commencemens de la fondation de la colonie • , i*^. . que Réaumur a vu se construire sous ses feux , dans une ' iT Blême journée y un rayon qui avoit sur Bes deux faces plus |

de deux décimètres de longueur. Ce même observateur évalue à plus de douae mille le nombre des œufs que pond en deux mois une seule femelle.

D'après les observations de. M. Hubert, ce n'est guères. qu'au printemps, et dans un seul mois de l'année, que l'a-» beille femeUe pond des oeufs de mâles, quoique quelquefois elle fasse une seconde ponte en été. Le nombre varie : il est de trois mille au plus ; le plus ordinairement de quinte cents à deux mille. Ces œufs de larves donnent, au bout dh ^* ; deux jours, des larves semblables à celles des femelles, pour lesquelles les mulets se donnent autant de soin, qu'ib nourrissent et visitent avec le même ^èle, et qu'ils recouvrent d'un couvercle de cire à l'instant où elles commencent à filer. '

Les œufs qui doivent donner des femelles , sont toujoun en raison du nombre des cellules qui ont été préparées d'avance, comme si les mulets avaient pu deviner combieii

d^œufs de cette espèce avoient été fécondés dans Fintérieur du corps de- la mère. Chacun d'eux est pondu à un jour de distance, afin que les larves, et par suite les insectes parfaits qUi en éclosent, naissent aussi successivement Lea neutres prennent un soin tout particulier des larves qui en 1 éclosent. La pâtée qu'ils leur apportent , est d'une autre

I nature ; elle a beaucoup plus d'odeur ; ^e est douée aussi

d'une autre saveur ( circonstances sur lesquelles nous ' aurons occasion de revenir par la suite ) ; enfin , elle est en

î beaucoup plus grande quantité , et distribuée avec une sorte

i> de profusion.

! ' Telle est la comporîtion d'une ruche ou d'une République

I d'abeilles à miel; mais nous avons encore beaucoup de par-

ties de leur histoire k étudier.

D^abord, indiquons comment se fait la récolte du miel, et l'usage auquel ces insectes le destinent En traitant de la forme de la langue des insectes de ce genre, nous avons vu comment ils pouvaient pomper et avaler le suc des végétaux. C'est principalement de celui qui est contenu dans certaines glandes des fleurs, désignées par les botanistes sous le nom général lie nectaire , que les abeilles vont recueillir l'humeur sucrée. Ik avalent d'abord ce liquide, qui paroft * éprouver dans leur estomac une opération particulière , et être ainsi dépouillé d'une certaine partie de son arôme et de la matière visqueuse à laquelle il étoit uni ; ce qui lui donne la propriété de pouvoir être exposé à l'air sans fermenter. En effet, lorsque Tabeille dégorge ce suc, il est tout-ifait ehangé de nature; c'est un véritable miel, dont lea femelles, les mâles et les neutres, se nourrissent suivant leurs besoins : l'excédant est déposé dans les alvéoles vides, dont les parois ne permettent pas la transsudation , et qui sont fermés d'un opercule de cire soudé hermétiquement, pour a'étre ouverts que lorsque les besoins impérieux et l'impossibilité de trouver de la nourriture ailleurs, forceront d'avoir recours à ces provisions.

On a long-temps ignoré comment s'opéroit la fécondation de l'abeille femelle. M. Hubert est le premier qui ait observé l'accouplement de ces insectes. C'est dans l'air que s'opère la fécondation , ainsi que cela a lieu pour la plupart

des autres hyménoptères. Uune des femelles nouvellement écloses, semble s'éehapper de la ruche vers le sixième jour de sa naissance; elle rencontre ordinairement un màle, et bientôt la fécondation s*opère. Il paroit que ce màle laisse dans le corps de sa femelle les organes de^la génération ^ et qu'il périt peu de temps après Taccouplement La femelle retourne à la ruche, et peut alors pondre pendant deux ans, et peut-être toute sa vie, des œufs fécondés. Pendant six mois de l'année , les oeufs que pond la femelle ne donnent que des mulets ou des abeilles ouvrières ; mais il arrive une époque , c'est ordinairement en Juin , où tous les œufs produisent des mâles. Cette ponte dure environ un mois. Le nombre des œufs varie, comme nous l'avons dit plushaut; il est quelquefois de deux mille* ' Les mâles sont plus de temps à passer k l'état de perfection, que les individus des deux autres sexes; ils n'ont d'ailes qu'au vingt-quatrième >our, tandis que les mulets peuvent ' yoler le vingtième , et les femelles le seizième.

Le développement des mâles se fait comme celui des neutres': les abeilles ouvrières ont pour ces mâles, au mo« ment où ils sortent de la chrysalide, les mêmes soins, les mêmes attentions , les mêmes complaisances , que pour les ' feunes neutres. A peine les ailes des mâles sont-elles déve* ^ loppées et desséchées, qu'ils quittent la ruche et vont euxmêmes sur les fieurs pourvoir à leur subsistance : mais ils ne rapportent rien à la demeure commune; ne songeant qu'à eux seuls , ils ne paroissent vivre que pour manger. Ils sortent le matin de la ruche et n'y rentrent que pendant les heures de la plus grande chaleur ; quelquefois même ils ne s*y retirent que pour y passer 1^ nuit.

Tant que dure la- belle saison, les abeilles ouvrières souf- ^■ frent complaisamment la présence des mâles; mais tout à coup, et pendant deux ou trois jours du premier mois de l'automne , une sorte de fureur semble animer les neutres contre les bourdops. C'est ordinairement après une longue pluie, lorsque le vent froid a soufflé pendant quelques jours , et que le ciel est resté long-temps couvert, qu'on observe ce changement de conduite.

' La consigne est donnée $• des sentinelles vigilantes sont

placées aux portes de la ruche pour en interdire Pentrée. Si'« forcés par le besoin ou par la nécessité de se mettre à Tabri, les mâles font résistance et cherchent à pénétrer dans Tintérieur, un peloton de neutres les enveloppe, et bientôt le corps du téméraire est traîné au dehors, privé de la vie.

Tout ce qui est du sexe mâlci ou qui doit le devenir, est impitoyablement sacrifié ; les larves et les nymphes de bourdons, arrachées de leurs cellules , déchirées, lacérées, piquées de toute part, sont jetées au dehors, expirantes et . couvertes de blessures mortelles. Tout est massacré , et c'est à cette époque qu'on voit les alentours de la ruche jonché^ de eadavres.

La crainte d'une disette future a dicté, peut-être, et fait proclamer cette loi de mort et de proscription. Inutiles, en elfet, k la femelle fécondée, ne pouvant désormais subvenir à leurs propres besoins, n'ayant aucun droit à la ré» eolte des provisions auxquelles ils . n'ont point contribué f les mâles sont condamnés à périr de douleur ou de faim. "^ Une sorte d'instinct paroft avoir instruit les neutres que lc;s bourdons leur seront à charge , et n'existeront désormais qu'aux dépens de la nourriture nécessaire aux membres les ^ plus utiles à la société. C'est pour cela qu'on ne trouve plus de mâles dans les ruchea, pendant les quatre mois d'hiver ^ k moins que la femelle n'ait point été suffisamment fécon* dée; ou, ce qui est beaucoup plus rare, que la chrysalide qui doit donner cette femelle , ne soit point édose avant les premières gelées.

Tous les mâles sont doués des parties de la génération, comme nous, l'avons dit dans l'article général ; leurs orgaoes sont semblables k ceux que nous avons décrits : quoiqu'il y ait des mâles plus petits , et d'autres plus gros , les uns et les autres jouissent des mêmes facultés. On avoit cru pendant long-temps, et môme de nos jours, que les mâles alloient féconder les œufs pondus dans les alvéoles , k peu près comn\e les reptiles batraciens et les poissons. Il paroit constant aujourd'hui qu'il y a un véritable accouplement entre Tun ou plusieurs des mâles et la femelle, et que les œufa ne peuvent être vivifiés que par cet acte de la génération. Ce qu'il y a de très - singulier, dans cette sorte de féoon*«

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dation , c>st ce grand nombre de miles pour une feule femelle , cette polyandrie monogyne , dont nous ne trouvons d'exemple que dans le régne végétal : c'est surtout cette espèce de nullité à laquelle sont condamnés les dix-neuf cents . mâles, plus ou moins, qui vivent avec une seule femelle. Nous avons déjà dit que les abeilles ouvrières étoient des femelles privées des organes de la génération* Cette observation, due à M. Schirach, confirmée par M. Hubert, d*a-

prés les recherches de François Burnens, son domestique, est si singulière et si importante, que nous croyons nécessaire de la rapporter avec quelque détail,' et surtout avee les preuves que nous fourniront les mémoires de ces patiens et industrieux scrutateurs de l'économie des abeilles.

Rappelons>nous que les neutres apportent aux larves destinées à devenir des femelles , et contenues dans des cellules plus larges, plus épaisses et situées bien différemment que les cellules ordinaires , une bouillie ou pâtée d'une autre couleur , d'une autre saveur , et en bien plus grande quantité. C'est cette bouillie, cette nourri tu ne particulière^^ qui parolt propre à développer les organes de la génération ' dans les neutres.

Deux observations remarquables ont prouvé ce fait On a * t reconnu en premier lieu que les larves des neutres, contenues ' . dans les cellules voisines de celle d'une femelle , devenoient Çr plus grosses et donnoient des neutres qui pondoient quelques œufs dont les larves devenoient des mâles. Cette obseï^ vation , faite d'abord par M. Riems , a été prouvée par dea «xpériences positives et très-ingénieuses, dues à M. Hubert, et à l'aide desquelles il est parvenu à changer à son gré des larves de femelles en neutres , et celles de neutres ea femelles. La seconde observation confirme la précédente. <^ On s'est aperçu que si , par accident , les larves de fe- ^

inelles viennent à périr, ou que si l'on prive une ruche de la mère et qu'on empêche les abeilles neutres d*émigrer i celles-ci agrandissent les cellules de deux eu trois larves d'ouvrières, et viennent leur porter la pâtée destinée à développer leur sexe.

La première femelle qui sort de la chrysalide, se hâte d'»ller détruire les nymphes de celles qui pouiToient naître

sprès elle. Elle iatroduit à plusieurs reprises son aiguillon dans la cellule, et ne Taban^onne que lorsqu'elle a la certitude de la mort de l'insecte qu'elle contient Quelquefois l deux femelles éclosent.en même temps -, mais aussitôt qu'elles

1 ' se rencontrent , elles se livrent un combat opiniâtre qui ne

finit que par la mort ou par l'expulsion de l'une d'elles. ^ Le femelle ne s'accouple jamais que dans Tair. C'est ordi-

nairement cinq à six jours après qu'elle' est sortie de sa chrysalide, qu'elle quitte la ruche et s'élève dans l'espace, où elle rencontre le plus souvent un màle« Quand, dans cette première sortie, elle a été fécondée, elle rapporte avec elle les organes extérieurs de la génération du mâle, qui paroi&sent avoir été arrachés du corps, et être restés engagés dans le vagin : cette femelle ne s'en débarrasse ordinairement que dans la ruche , et même avec quelque peine. ...

Ce seul accouplement suffit, et l'on a acquis la preuve que la femelle étoit alors fécondée pour deux ans. Nous avons indiqué plus haut cominent, et en quel nombre, la femelle pond ta œufs ; il nous reste à parler de l'essaim. ^ * A fur et à mesure que les larves d'ouvrières éclosent, ^* leur nombre devient si considérable qu'elles ne peuvent "« plus^tenir dans la ruche. C'est ordinairement à l'époque de jk la naissance des mâles que les neutres se divisent Ce jour- ' ià il se fait dans l'intérieur un bruit et un mouvement extraordinaires ; beaucoup d'abeilles restent au dehors et tourjient autour de leur demeure commune, comme pour attendre le signal du départ : enfin, vers le milieu de la journée, l'ancienne mère sort de la ruche , et avec elle toutes les ouvrières qui doivent fonder une nouvelle colonie. D'abord , elles voltigent comme au hasard , et plusieurs pelotons semblent chercher dans les environs un lieu de repos. Dès l'instant où elles l'ont rencontré, elles s'y accumulent, s'y amoncèlcnt en se cramponnant les unes sur les autres. Bientôt la femelle arrive ; elle se place d'abord dans les environa du point de rassemblement, mais peu après elle s^y range elle-même, et alors tout l'essaim se trouve rassemblé en une seule masse immobile, autour de laquelle on voit seulement voltiger quelques abeilles. Ce sont ces essaims ou jetons

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qu'on rceueiIlè,eomine BOUS le dirons à l'article Rdcbb, o^ nous traiterons de l'abeille svus le point de vue économique. Ordinairement ces essaims pèsent de cinq a huit livres, et chaque once, selon Réaumur, ne peut être formée qup par trois cent trente-six mouches ; ce qui feroit, d'après ce calcul, vingt-six mille'huil cent quatre-vingts individus dsus un essaim de cinq livres , et quarante-trois mille huit abeilles dans celui de huit livres : mais il est quelquefois des essaims si foibles, qu'ils ne pèsent guères qu'une livre ou une livre et demie-

Les ennemis des abeilles et les maladies auxquelles ce* insectes sout sujets, seront indiqués h l'article Ruche. Nous renvoyons de même àrarlicleCinEet Miel, tout ce qui tient à l'art économique. On trouvera à l'article Aiouillon^ ce qui n'auroit pu être donné ici que comme double emploi, puisque «ette arme se trouve dans un très-grand nombre d'insectes hyménoptères. -

63. Abeille amalthée. {Aph amalAta, Oliv.) Caract Noim, tant tache; à tarses roux.

Cette espèce est étrangère : le cit Olivier l'a reçue de, Cayenne. Elle est légèrement. velue; les ailes sont transpa-* rentes ; la tête platte en devant; Tabdomen court et comme anguleux.

Elles construisent , en commun , un nid en terre trèssolide, qu'elles appliquent sur le* branches les plus élevées des arbres. Ces nids ont la forme d'une cornemuse : ils varient en grosseur; ordinairement ils ont dîx-huit k vingt pouoes de longueur sur huit à dix pouces de diamètre: les cellules sont fort grandes, relativement à la grosseur de l'insecte ; elles ont environ un pouce de long sur six a sept lignes de large. Le miel qu'on y trouve est fluide, d'une couleur roussàtre, mais d'une saveur fort agréable. On en fait dans le pays une liqueur fort spiritueuse, parce qu'il fermente aussitAt qu'il est retiré de la ruche. Pour le conserver, on est obligé de le faire cuire lentement, afin d'évaporer la trop grande quantité d'eau qui le tient ainsi fiuide.

On ne s^est pus encore occupe de Tëducatlon de eet abeilles : elles sont restées dans Tétat sauvage. La cire dont sont formées leurs cellules 9 est d'une teinte obscure : jusqu'icion n*a pu la faire blanchir ; on en fait des bougies grossières!

64* Abeille à cire, {Apis eerana^ Fabr. ) Fabr. Entomol. syst tom. II ^ N.* $9.

- Caract Nuire : premier anneau de Vahàomen aveo deux bandes

blanchâtres.

Cette espèce , qui vient de la Chine , a beaucoup de re&aemblance pour la forme avec celle de ce pays ; elle est ce> pendant de moitié plus petite. Elle est couverte d*un duvet cendré; l'écusson est ferrugineux; en dessous elle est presque blanche. La forme de ses tarses indique qu'elle appartient à cette division ; mais on ne connoit rien de set mœurs.

. 65. Abeille de la Guiane. {Apis guinensisj Fabr.)

;^*9^Caract Noirâtre : à poils roux ou cendrés; abdomen rùux»

'^^V Cette espèce, qui nous a été donnée parle cit Richard,

^L^ se trouve à Cayenne et dans la Guiane : elle est à peu prèa

^ •e la grosseur de Tabeille à miel , mais son abdomen est

beaucoup plus court, en forme de cœur-, les jambes de der*

rière sont une fois plus longues que celles de devant; lea

jambes et le premier article des tarses postérieurs sont très*

dilatés. Elle fait sa ruche dans le tronc des arbres et dans

le creux des rochers; ses mœurs sont les mêmes que celles

de notre abeille. Nous n'en connoissons ni les mÂles ni la

-^^^ femelle.

66, Abeille à rayons, (Apis favosa.)

Fabr. Suppl. pag. 8^9 N.*S*

Caract Velue ; corselet ferrugineux ; abdomen brun^ arrondi^

à anneaux bordés de jaune.

Cette espèce a été décrite par Fabricius ^ d*après des iit-

dividus que possède Bosc ; elle sfe trouve aussi à Cayenne , et elle nous a été rapportée par Richard.

On voit sur sa lèvre supérieure y qui est jaiune, deux lignes longitudinales de couleur brune ; les antennes sont rousses , mais le premier article est noir&tre* Elle vit aussi en société dans le tronc des arbres.

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