‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 33 sur 160 · A SB · texte numérisé non relu

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feld-spath agrégé des filons ; enfin il n’est point rare dans les filons métalliques. < Us |

Il ne forme à lui seul des filons ou des petites couches, que dans les terrains primitifs en couche et d’une formation très-postérieure à celle des terrains dont nous venons de parler. 'On le trouve ainsi déposé plus particulièrement au milieu des serpentines et des roches stéatiteuses, avec lesquelles il semble avoir quelques rapports par la magnésie qu’il renferme comme elles. Il paroît cependant qu'il ne se trouve point dans les terrains secondaires proprement ' dits. |

L’asbeste est trés-répandu, et nous n’indiquerons que les lieux où on le trouve le plus abondamment.

La partie de la Savoie que l’on nomme la Tarentaise, produit l’asbeste flexible, dont les filamens sont les plus longs et les plus soÿyeux. La Corse donne cette variété moins belle, mais avec une abondance remarquable, et telle, que Dolomieu l’employa pour emballer ses minéraux. On en trouve aussi beaucoup dans les Pyrénées, près de Barégès, dans les fissures d’une roche micacée, et mêlé avec le feldspath agrégé.

Les usages de l’asbeste ont été assez singuliers. Les anciens, qui brüûloient les corps, l’ont employé comme drap incombustible, qui pouvoit conserver sans mélange la cendre d’une personne qui étoit chere. Lorsque les filamens de cette pierre sont assez longs, assez doux et assez flexibles, on parvient à les filer, surtout si on les mêle avec du lin. On peut en tisser une toile qui a une solidité et une flexibilité convenables, lors même qu’elle a été privée par le moyen du feu du fil végétal qu'elle contenoit. Lorsque cette toile avoit été salie, le feu lui rendoit son premier éclat : de la, dit-on, le nom grec amianthe , qui signifie inaltérable, qui ne peut se tacher. Ces toiles ont ordinairement le tissu lâche: Macquart en a rapporté des échantillons de Sibérie, dont le tissu se rapproche davantage de celui des toiles de chanvre. | |

On a trouvé une toile d’asbeste dans une urne romaine : elle a été conservée long-temps dans le Muséum de Gotha.

On a fait aussi avec l’asbeste du papier assez fort pour

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qu'on pt écrire dessus. En le jetant au feu l'écriture en étoit enlevée, et il reparoissoit avec sa premiére blancheur.

Il est souvent question dans les ouvrages des anciens de, mêches incombustibles et de lampes perpétuelles. On a pensé avec fondement que l’asbeste avoit dû fournir les mêches de ces lampes singulières, que l’on supposoit alimentées par une source d'huile de pétrole. Le nom d’asbeste, qui veut dire inextinguible, paroît même lui avoir été donné d’après cet usage. Le père Kircher dit s'être servi pendant deux ans d’une semblable mêche : mais l’abbé Rozier assure, dans le Journal de physique, que les fils de ces mêches se collent bientôt ensemble, qu'il se forme un champignon, et qu’il n’a pu se servir plus de vingt heures d’une mêche d’asbeste quoiqu'il l’eût préparée avec toutes les précautions convenables. ,

Enfin, pour compléter l’histoire des usages de l’asbeste, nous devons rapporter, sur le témoignage de Dolomieu, que les Corses font entrer cette matière dans la composition d'une poterie, qui en devient plus légère et moins susceptible de se casser par le choc et par l’action du feu. (B.) | |

ASBESTINITE ( Minér.) , Kirw. C’est une variété de l’actinote, que Kirwan rapporte à la rayonnante commune de Werner, gemeiner Strahlstein. Je ne puis dire exactement à quelle variété de l’actinote d'Haüy elle appartient : mais elle ne peut convenir à la variété hexaëdre; car Kirwan dit expressément qu'elle est amorphe, tandis qu’il décrit avec détail la forme prismatique hexaëdre de son actynolite schorlacé. Voyez Acrinote. (B.)

ASBESTOÏDE. (Minér.) La substance dont l'analyse a été faite par Macquart et Vauquelin, et que l’on a rapportée sous ce nom dans le Bulletin de la Société philomatique, t. 1, p. 117, est l'Amranrtuoïpe de Delamétherie. Voyez ce mot.

AsBEsToirE de Delamétherie, c’est l'ACTINOTE FIBREUSE. Voyez ce mot. (B.)

ASCAGNE (Entom.), Ascanius, nom d’un papillon. (C. D.)

ASCALAPHE ( Entom.), Ascalaphus, genre d’insectes névroptéres de la famille des tectipennes ou orophoptéres.

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Ce nom tiré de la mythologie est entiérement grec : ila été pris par Fabricius, pour désigner un genre d'insectes voisin des hémérobes et des fourmi-lions, qui s’en distingue par la forme de ses antennes, qui sont en masse et non en fil ou en fuseau.

Les ascalaphes ont le corps ordinairement coloré par des poils fins, courts et serrés : leur tête est trés-velue, grosse, arrondie antérieurement, comme tronquée en arriére, et portée sur un petit pédicule provenant de la partie du corselet qui porte les pattes de devant. Les antennes sont presque aussi longues que le corps, d’abord en forme de fil, mais se terminant subitement par un gros bouton, comme dans les papillons : la bouche, quoique garnie de mäàchoires et de palpes, est presque entiérement masquée par les poils ; les pattes sont trés-courtes, à cinq articles aux tarses. Les ailes sont très- longues et dépassent l’abdomen ; elles sont disposées en toit, fortement réticulées et le plus souvent colorées. Leur abdomen est velu, court, ter- miné dans les mâles par deux crochets arqués , comme dans les fourmi-lions , et servant aussi à saisir leur femelle, comme dans l’accouplement des libelles.

Ces insectes volent avec beaucoup de vélocité ; on n’en trouve que dans les parties méridionales de la France : la plupart des espèces viennent d'Afrique ou d'Amérique. On re connoît pas la larve de ces insectes : on présume qu’elle vit dans le sable, comme celle des fourmi-lions. :

Schæffer avoit le premier séparé cet insecte du genre des hémérobes et des fourmi-lions , dans lequel Linnæus l’avoit placé, et il l'avoit désigné sous le nom de libelluloïde , en 1763. Dans la même année, Scopoli avoit placé l’une de ces espèces parmi les papillons, dans sa Faune de Carniole, sous le nom de macaronien. Il n’y a encore que six ou sept espèces décrites dans ce genre : nous allons indiquer ici celles qu’on trouve quelquefois en France.

© ASCALAPHE DE BARBARIE, Ascalaphus barbarus, Schæffer Icon. t. 50; fig. 12/0030

Caract. Noir, à taches jaunes : ailes supérieures jaunes à la base, les inférieures noires a la base.

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Ce joli névroptére n’a guëres qu’un pouce de long : son corps est trés-velu , noir, avec quelques petites taches jaunes sur le corselet; les pattes sont noires, à l'exception des jambes, dont la couleur est d’un beau jaune citron. Les ailes supérieures sont transparentes à l'extrémité, mais d’une teinte brunâtre, à nervures poires ; les inférieures, jaunes au milieu, sont presque noires aux deux bouts.

Nous l'avons trouvé dans le jardin national du Muséum d'histoire naturelle de Paris, vers la fin de Mai, arrêté sur la fleur du pois odorant. j

2.9 AScALAPHE D'ITALIE, Ascalaphus ilalicus, Rossi, F. E, tom. 2, p. 694.

Caract. Noir: tête tachetée de jaune; ailes supérieures noires à la base.

Il ressemble beaucoup à l’espèce précédente, quoiqu’en général il soit un peu plus petit : les taches jaunes de la tête se voient-auprés des yeux. Les femelles ont les couleurs noires des ailes moins foucées, et leur abdomen n’est point terminé par des crochets. On le trouve à Bordeaux et dans tout le midi de la France, même à Orléans.

3.° ASCALAPHE AUSTRAL, Ascaläphus australis, Linn. Syst. nat. Insect. 2, p. 914, n.° 5.

Caract., Varié de jaune et de brun : tête jaune, à yeux et front bruns ; aile transparente à bord noir.

Nous n’avons pas vu cet insecte, décrit par Fabricius et indiqué comme se trouvant au midi de l’Europe. (C. D.)

ASCALERON ({Bot.), Ascarra. Voyez ArRTIcrocco.

ASCARIDE. (Entom.) Voyez Ver, Intesrins. (Duv.)

ASCARINE (Bot.), Ascarina , Forst. Juss. , genre de plantes dont la famille n’est pas déferminée. Il est composé d’arbres exotiques, trés - rameux, garnis de feuilles opposées, et portant, à l’aisselle des feuilles supérieures, des chatons de fleurs. Le caractère générique de ces arbres est d’avoir, 1.° des chatons, mâles sur un individu et femelles sur un autre, déliés comme un fil, couverts de fleurs sessiles, éparses, et accompagnées chacune d’une écaille qui tient lieu de calice et de corolle ; 2.° une seule étamine dans

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les fleurs mâles; 3.° dans les fleurs femelles un Oôvaire globuleux, libre, terminé par un stigmate sessile à trois lobesi 4° un fruit à une graine.

Loureiro décrit (PL Cochin. p. 669), sous le nom de morella rubra, un arbrisseau de la Cochinchine, qui, selon Jussieu , paroît devoir être réuni aux ascarines. Cet arbrisseau s'élève à la hauteur d’environ huit pieds, sur une tige tortueuse , chargée de rameaux étalés, garnis de feuilles disposées sans ordre et ayant à leur aisselle des chatons de fleurs qui ont tous les caractères indiqués dans les ascarines. Les fruits sont semblables à des mûres par la forme extérieure , la grosseur ; la couleur, et sont composés d’une enveloppe vésiculeuse, charnue, et d’un noyau à deux loges. Ce végétal, que Loureiro pense être le même que celui décrit par Kæmpfer dans son Histoire du Japon; Liv. 1, p. 101, sous le titre de prunus japonica fructu purpureo moro simili, est abondamment cultivé dans la Chine; où ses fruits sont tres-estimés. Les Cochinchinoïs les font fermenter , comme nous les raisins, et se procurent par ce moyen une liqueur vineuse d’un goût agréable. Lorsque ces fruits sont encore verts, ils les font cuire avec le poisson dont ils se nourrissent, pose lui servir d’assaisonnement. (Mas. )

ASCARIS. ( Entom.) Aristote avoit donné ce nom à Ja larve ou ver du cousin. (C. D.)

ASCAVIAS-VAKE. (Bot.) Voyez Accaviac.

ASCHIL, Aracuxir. ( Bot.) Les Arabes nomment ainsi là scille ordinaire , scilla maritima, L. (J.)

ASCHILAG.(Ornith.) Kenneth Macaulay désigne, sous ce nom et sous celui de pgrobir, deux espèces assez nombreuses d'oiseaux , qui habitent temporairement les îles et les rochers de S. Kilda; mais il ne donne aucune description propre à les faire reconnoître. ( Ch. D.)

ASCIDIE (Moll.), Ascidia, Linn. Ce genre, die encore par les François sous le nom d’outre de mer, appartient à la section des mollusques acéphales, dont le manteau est membraneux et coriace, et dans lequel ox ne remarque aucune trace de coquille. Voyez BrPHore; Tuaaz:e, autres genres de la même section. Elle est rem-

ASC 195 placée dans les ascidies par une enveloppe de substance gélatino -cartilagineuse, demi- transparente, de forme tantôt cylindrique, tantôt arrondie, ou en poire et portée sur ur pédicule, ou irréguliere: Cette espèce de sac, fixée par une extrémité aux fucus, aux coquillages et autres corps marins, ou sur la vase ou le sable des rivages, est percée de deux ouvertures à son extrémité libre, dont l’une conduit! l’eau et les alimens à la bouche, à travers les branchies, et-dont l’autre donne issue aux excrémens et répond a l'anus. Le corps de l’animal n’en remplit pas à beaucoup près l’intérieur; il y est suspendu par des adhérences membraneuses qui tiennent aux deux ouvertures, et recouvert d’une membrane de même forme que la premiére enve: loppe, quoique beaucoup plus petite. Cette membrane est Monte même doublée par un feuillet ou réseau vasculaire très - délié, à mailles fort régulières, qui tient lieu de branchies. L’eau, qui arrive par une des ouvertures extérieures, est obligée de traverser tout ce sac pour gagner la bouche, qui est au fond. L’estomac et les circonvolutions du canal intestinal sont enveloppés par le foie; le rectum sort de ce viscère pour remonter jusqu’à la nd. ouverture extérieure. Le cœur est situé vers le fond du sac, du côté opposé à la plus basse des deux ouvertures. Il y à un système nerveux pareil à celui des huîtres, dont le ganglion inférieur, situé entre les deux ouvertures et sur la membrane far du corps, est très-apparent. Lecons d’añat. comp. t. 2, p. 312. | Le genre de vie de ces animaux est fort ressemblant à celui des huîtres , dont ils se rapprochent beaucoup ; comme on vient de le voir, par l’organisation intérieure. La plupart des espèces ont l'habitude de se grouper plusieurs ensemble sur un même corps, où elles restent fixées toute leur vie. Quelquefois les petits se placent sur le corps de leur mére, où ils prennent leur accroissement, comme Ta observé Bohadsch, sur l’ascidie membraneuse. On ne $ait pas s'ils sorteñt déja éclos, ou s’ils éclosent seulement hors du corps.

Les ascidies fournissent une nourriture abondante aux poissons , et l'homme mange le corps de plusieurs espèces: On LES 13

pense que c'est pour éviter d’être la proie des premiers; qu’elles se placent de préférence à une certaine élévation des rivages, qui est au-dessus des basses marées. Leur seul moyen de défense,consiste à lancer l’eau contenue dans leur sac, à travers ses deux ouvertures, ce qui arrive aussitôt qu’on les touche. Bruguiere a vu l’ascidie coquilliére faire monter le liquide jusqu’à la hauteur de trois pieds.

Les espèces de ce genre sont trés-nombreuses ; nous n’en décrirons que quelques-unes.

: L’Ascrpre MAMELONNÉE, Ascidia mammillaris Linn.

Pallas, SATAr. zool. facs. 10,p.24, tab. 1, f. nes Encycel. pl. 62, f. 1.

Caract. Forme irréguliere, superficie sillonnée de rides pro- = fondes, et parsemée de poils ou de fils mous et flexibles. Chaque ouverture est percée au milieu d’un tubercule saillant et arrondi. Le moindre attouchement lui fait contracter ses tubercules, au point qu’elle les retire quelquefois entièrement dans l’intérieur du sac.

Des côtes d'Angleterre.

2° ASscipiE MENTULE, Ascidia mentula, Linn.

Müller, Zool. Dan. prodr. n. 27924, et Icon. tab. 8, f. 1 — 4.

Caract. Enveloppe gélatino - cartilagineuse, demi - transparente, grisàtre , de forme ovale, mamelonnée à l'extérieur, unie à l’intérieur : une des deux ouvertures latérale et l’autre à l'extrémité supérieure, bordées l’une et l’autre de dentelures membraneuses.

Méditerranée, Océan européen, côtes de Norvège. 3° L’Ascipi:e BRUNE, Ascidia rustica, Linn.

Le reclus marin, Dicquem. Journ. de phys. 1977, p. 356, f. 1 — 3. Encycl. pl. 62, f. 7 et 8.

Caract. Manteau ferme et coriace, forme cylindrique, enflée et légérement sinueuse. Les ouvertures sont trésrouges.

Méditerranée, Océan européen.

Plancus rapporte que le corps de cette espece est très-

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estimé; comme aliment, par les habitans de Rimini. Les Grecs, d’après Forskal, le mangent cru, assaisonné avee du vinaigre.

4° L’ASCIDIE PAPILLEUSE, Ascidia papillosa ; NEA Bohadsch, Anim. mar: p- 130, tab:10,f. 1. Encyel. pl. 62, fig. 10.

Caraet. Le corps hérissé de tübercules écarlates, les ouvertures inégales et velues.

Vit sur les côtes de la mer Adriatique.

5° L'Ascipie RAVE, Ascidia rapa, Brug. Encycl.

Cette espèce a été rapportée, par Dombey, des rivagés du Pérou, où elle est trés-commune. Les habitans enfilent ces ascidies par le milieu du corps à ün cordon de pitte ; aprés les avoir lavées dans l’eau douce, et les conservent ainsi pendant le reste de l’année, pour les manger. On les vend au marché, comme chez nous les cuisses de gre nouilles:

La forme de cette ascidie est ovale; elle est marquée de stries circulaires, lisse; les ouvertures sont calleuses, coni: ques et écarlates.

6° L'Ascinre MEMBRANEUSE, Ascidia inlestinalis, Linn.

Tethyum sociabile, Gunn. Bohadsch, Anim. mar. p. 132, tab. 10, f. 4 et 5.

Caract. Forme cylindrique, lisse, membraneuse ; les ouvertures tronquées ; sans couleur.

Bohadsch l’a trouvée sur les rivages de Naples, par groupes de plusieurs individus. Le même observateur en a rencontré un individu isolé, sur le corps duquel étoient fixées plusieurs petites ascidies, dont un grand nombre n’excédoient pas la grosseur d’un grain de millet. |

7° L’AsCIDIE SILLONNÉE , Ascidia sulcata, A. Coquebert, Bull. des Seiene. ah 5, n.° 1, f. 1 et 2.

Caract. De couleur jaune-obscur , tuberculée , les ouvertures coniques striées.

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Cette espèce est connue à Toulon sous le nom de vichet, on en mange l'intérieur assaisonné avec un peu de vinaigre ou de jus de citron.

8° L’Ascip:E GÉLATINEUSE, Ascidia gelatinosa, Linn. Bohadsch, Anim. marin. tab. 10, f. 8. 14

Caract. Conbrates lisse, rouge, demi- transparente; les ouvertures oblongues , de même couleur que le corps, avec de simples rides, sans franges.

Des côtes de Naples et de Portugal.

Se nourrit de monocles marins. ( Duv.)

ASCITE. (Ichtyol.) C’est un poisson du genre des silures ; il est figuré par Bloch à la planche 35 de son ouvrage sur . poissons. Voyez SiLuRE. (F. M. D.)

ASCLÉPIADE (Bot.), Asclepias, genre de plantes de la famille des apocinées, et l’un de ceux qui a le plus de rapport avec les apocins et les périploques, mais qui, ainsi que les cinanques et les stapélies, différent de la famille entiere, et en quelque sorte de toutes les plantes dites parfaites, par un appareil de fructification, qui a exercé successivement la sagacité des meilleurs botanistes depuis Tourne- ‘fort, et qui, aprés les diverses idées de Descemet, de Richard, de Desfontaines, laisse encore douter du jugement physiologique qui doit être porté de l'usage des is ties dont il est composé.

Un petit calice à cinq divisions pointues et persistant ; une corolle à cinq divisions, planes ou rabattues ou réfléchies; cinq étamines ; l'ovaire double, portant, sans style, un stigmale unique; Îles deux follicules qui composent le fruit oblong et renflé dans le milieu, et un grand nombre de semences aigrettées : il n’y a rien en cela d’extraordinaire. Ce qui frappe le plus dans les autres parties de la fleur, ce sont cinq cornets aurieulés qui s’élévent autour de l’ovaire, alternant avec les divisions de la corolle, à peu près comme ceux des ancolies, qui ‘sont des pétales, alternent avec les cinq divisions colorées de son calice.

Mais le détail des parties centrales est bien plus surprenant, 1.° Dans quelques espèces, il sort de la cavité de

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chaque cornet un filet incliné vers le centre de la fleur. 2° Plus intérieurement, un tube, qui paroît formé des filets des étamines réunies, prend naissance de la base de la corolle, et embrasse les ovaires : il est fermé supérieurement par le stigmate tronqué, qui semble lui adhérer : cinq sillons marquent les angles, et chaque face porte une anthère ou du moins un corps qui en a la forme ; car ces cing corps, anthériformes, biloculaires et membraneux à leur sommet, sont entièrement vides de pollen. 3.° Le stigmate ombiliqué et pentagone, qui recouvre ce tube, est marqué aux angles par cinq fossettes contenant cinq trés-petits corps ovales, alternes avec les précédens, et par conséquent opposés aux divisions de la corolle. 4° Ces petits corps bivalves donnent par le bas naissance à deux appendices grêles, pendans, quelquefois coudés dans leur milieu, élargis vers l'extrémité, granuleux et paroissant composés de pollen concret; chaque appendice est plongé dans la loge qu’elle avoisine dans les corps anthériformes, de sorte que chaque corps glanduleux supérieur à rapport à deux de ces prétendues anthères, et chacune de ces anthères à deux des corps glanduleux : d’où il résulte qu'on pourroit soupçonner que ce qui se trouve avoir la forme d’antheres n’en est qu'une vaine représentation, et que les véritables anthères sont les corps à deux appendices portés par le stigmate ; ce qui toutefois nous réduit à nous étonner qu'après une uniformité de structure et de fonctions si générale dans les organes des sexes, il existe une excep- “ion telle que celle-ci.

Tournefort ne donnoït pour caractère distinctif de l’asclépiade que de n’avoir point de lait; et quoiqu’en général ses genres fussent établis sur la structure des fleurs et des fruits, il conservoit dans le genre Apocynum des fleurs de deux sortes, l’une desquélles différoit en effet de son usclépias, tandis que l’autre s’en rapprochoit entièrement, et en représentoit même les singularités d’une manière plus apparente. Ces inexactitudes, véritablement surprenantes dans un aussi grand botaniste, n’échappérent point à la réforme de Linnæus.

En trouvant aujourd’hui, dans le genre Linnéen, des

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corolles réfiéchies ou rabattues, et d’autres planes, on. pourroit s'étonner de nouveau que cette différence n'ait pas du moins déterminé l’ordre des espèces : l'insertion et la direction des feuilles ont été préférées, et peut-être avec raison. Il y a donc quatre sections dans les asclépiades : feuilles opposées, planes; feuilles opposées, roulées ; feuilles alternes; et tiges sans feuilles.

. L’asclépiade sans feuilles du cap de Bonne-Espérance est analogue en cela aux stapélies, et du reste assez mal connue, Ascl. aphylla, Wild.

Dans les vingt-neuf espèces de la section à feuilles opposées planes, se trouvent, 1.° les deux de France, à suc propre, non laiteux ; le dompte-venin commun, ou asclépiade blanche, et le dompte-venin noir, qui n’en est peutêtre qu’une variété : 2.° les deux ou trois espèces célébres pour la soie ou ouatte qu'on en récolte, et aussi pour la filasse de leurs tiges : 3.° quelques autres élégantes employées pour l'ornement des jardins : 4° une dite ipécacuana blanc.

Huit espéces seulement a feuilles roulées.

Trois à feuilles alternes, du nombre desquelles la charmante asclépiade tubéreuse.

Reprenons les principales de ces quarante asclépiades.

1. L’AscrÉPIADE ONDULÉE, Asclepias undulata, Linn., Commel. t. 16.

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