‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistes (volume 2)Chapitre 68 sur 160 · ATTÉLABE D'AIRAIN , Attelabus æneus · texte numérisé non relu

ATTÉLABE D'AIRAIN , Attelabus æneus

Caract. Tout noir,,à élytres cuivreuses. ( C. D.)

ATTERRISSEMENS. ( Géol.) Ce sont les dépôts successifs des fleuves ou de toutes les eaux agitées, qui, tenant en suspension des matières terreuses , les laissent déposer lorsque leur mouvement se ralentit. Les terrains d’alluvion sont composés d’atterrissemens , comme les terrains de sédiment sont composés de couches. Voyez,au mot Terrain et à l’article Terrain d’alluvion, l'histoire géologique de cette sorte de terrain. (B.)

ATTHIS. (Ornith.) Cet oiseau, de la grosseur dune alouette, a le plumage d’un vert bleuâtre, avec des taches bleues sur la tête, le cou, le haut du dos; le ventre d’une couleur ferrugineuse, et les pieds d’un rouge sanguin. C’est le mainate afthis, gracula afthis de Gmelin et de Latham, qui lui donnent pour synonyme le corvus ægyptius de Hasselquist (t.2, p.20, de la traduction françoise de son Voyage dans le Levant), et le quiscale atthis, sturnus atfhis, de Daudin. Le rapprochement de l’étourneau est plus naturel (en effet que celui du corbeau, quoique Forster ait vu au-dela du Volga un oiseau de la taille’ du choucas, qui ressembloit d’ailleurs à J’atthis. ( Ch. D.)

ATTI-ALU (Bot), nom malabare du figuier à grappes, ficus racemosa, L. (J.)

ATTIER (Bot. ), nom donné au corrossolier écailleux , anona squamosa, L. (J.)

ATTILUS. (Ichtyol.) On donne ce nom à l’esturgeon huso dans quelques contrées en Italie. Voy. Esrureson. (F, M. D.)

ATTI - MEER - ALOU (Bot.}, ie de figuier de la côte - de Malabar, figuré par Rhéede, v. 3, t. 58. (J.)

ATTINGACU. ( Ornith. ) Voyez AE

ATTOMBISSEUR , terme de fauconnerie qui désigne l’oiseau de proie par lequel on fait attaquer le héron au vol. ( Ch. D.)

ATTRACTION CÉLESTE. ( Phys.) C’est le nom que l’on donne à la cause inconnue qui produit la tendance que les corps célestes paroissent avoir les uns vers les autres, d’après les mouvemens qu'ils exécutent.

La lune, par exemple, en décrivant autour de la terre une orbite curviligne , se détourne à chaque instant de la ligne droite qui touche cette orbite, et se trouve par là, dans un temps donné, ramenée vers la terre d’une quantité égale à celle dont, après ce temps, la tangente s’écarte de la courbe. Cette grandeur est susceptible d’une détermination géométrique, et c'est par là que Newton a reconnu que l'attraction agissoit en raison inverse du carré des distances.

Ce qui précède suffit pour montrer que, par rapport aux mouvemens célestes, le mot attraction n’est au fond que l’énonciation d'un fait certain et susceptible de mesure précise, et que toutes les conséquences qu'on en a déduites par le calcul demeureront toujours vraies, quelles que soient les diverses causes qu’on veuille assigner à ce fait.

Les difficultés qu’on pourra faire maintenant sur l’attraction céleste, dont les résultats s'accordent d'ailleurs parfaitement avec les phénomenes et lis observations, ne méneront jamais qu’à des disputes de mots.

L’attraction des corps célestes paroît être le résultat de celle qu’exercent les unes sur les autres toutes les parties de ces corps, et en vertu Ge laquelle ils affectent une figure déterminée et dont nous parlerons à l’article: TERRE, à l’occasion de la figure de cette planète. C’est pour cela qu'à des distances égales elle est proportionnelle aux masses des corps attirans. Voyez, à l'article Sysrème Du MONDE, le détail des phénomenes produits mer l'attraction céleste.

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C’est aussi la réunion des attractions de toutes les molécules terrestres qui LE la Pesanreur. Voyez ce mot. (L.)

ATTRACTION DES MONTAGNES. (Phys.) La pesanteur des corps étant due à l'attraction réciproque des molécules de la matière, des masses aussi considérables que les montagnes doivent exercer sur ces corps une action comparable avec celle du globe terrestre. Aussi Bouguer, étant au Pérou en 1737, observant une même étoile au nord et au sud de la monlagne de Chimboraco au pied de laquelle il étoit placé, et tenant compte de la distance

. qui séparoit les deux stations, trouva que le fil-a-plomb,

au lieu de conserver la direction verticale, s’étoit dans les deux cas porté de huit secondes vers la montagne. Cette déviation , quoique très-sensible, ne répondant pas au volume de la montagne , prouva que sa densité devoit être beaucoup plus petite que la densité moyenne de la terre, ou qu'elle devoit renfermer beaucoup de cavités : ce qui étoit d’ailleurs trés-vraisemblable par rapport à une montagne volcanique: i

En 1775, Maskelyne répéta cette observation auprés de la montagne . Schehallien en Écosse, et trouva que le fl-à-plomb s’écartoit de 5”, 8” de la direction verticale, pour se porter vers cette montagne (Philos. trans. 1775, P. 495). Hutton fit les opérations géodésiques nécessaires paur en connoître la configuration et en mesurer le volume. Comparant ensuite l'attraction qu’elle exerce avec la pesanteur, il reconnut que sa densité devoit être à celle, du noyau terrestre dans le rapport de cinq à neuf; et conjecturant, par son aspect extérieur, que c'étoit un rocher solide, composé d’une pierre dont la densité devoit être à celle de l’eau dans le rapport de deux et demi à un, il en conclut que la densité du noyau terrestre devoit être à

celle de l’eau dans le rapport de quatre et demi à un(Phi- :

los. trans. 1778, p. 689) : mais on sent que les résultats qu'il à obtenus ainsi sont encore trés -inceftains.

Pour achever de connoître les effets de l’attraction réciproque des molécules de la matière, abstraction faite de

leur nature particulière , qui produit, lorsqu'on les mét en

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contact, l'affinité ou l'attraction chimique, trés-différente de la premitre , il restoit au physicien à chercher si en mettant en présence d’un corps suspendu de maniére à obéir à la plus petite force, d’autres corps d’un volume et d'une densité bien connus, il né parviendroit pas à rendre sensible et à mesurer l'effet de l'attraction réciproque des molécules de la matière : c’est ce que Cavendish a effectué par le moyen de la balance de Torscon, que Coulomb a employée avec tant de succès pour mesurer la force de l’électricité Le bras de la balance qui a servi au physicien anglois a huit pieds de longueur ; il porte à l’une et à l’autre de ses extrémités un petit globe de fer ou de cuivre. Lorsqu'on approche de ces globes deux boules de plomb d’un pied de diamètre , disposées de manière qu’elles agissent dans le même sens, on observe dans le bras de la balance un mouvement tres - fort, et dort la quantité peut être mesurée avec une tres - grande précision.

Cavendish s'étant assuré que ce mouvement ne pouvoit être produit, ni par la chaleur, ni par l'électricité, nipar des courans d’air, et l’ayant comparé avec celui qu'imprima la pesanteur, en a conclu que la densité moyenne du noyau terrestre devoit être à celle de l’eau comme cinq et cinq sixièmes à un. Ce résultat s'accorde avec l'opinion de Newton, qui pensoit que la densité moyenne de notre globe étoit cinq ou six fois plus grande que celle de l’eau. ( Princ. math. prop. 10, lib. 3.) (L.)

ATTRACTIONS. (Chim.) J'ai dit, à l'article AFFINITÉS, que les chimistes, en reconnoissant que les rapports existans entre les corps qui s'unissent étoient fondés sur le pouvoir de s’attirer ou de peser les uns sur les autres, pouvoir qui varie entre eux, avoient adopté l’expression d’at-. tractions au lieu de celle d’affinités, qui supposoit une analogie de nature, dont l'existence n'est pas prouvée.

Les attractions chimiques ne peuvent être connues que d’aprés l’observation ou l’expérience; elles ne sont susceptibles ni d’être devinées ou soupçonnées, ni d’être calculées : elles sont placées dans les corps par la nature, et font une partie essentielle des lois qu’elle a établies. L

La seule manière utile de les bien connoître est done

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d'en étudier S8oigneusement les phénomènes et d'en décrire exactement les résultats : c’est aussi ce qu'ont fait et ce que continuent de faire sans relàche les chimistes modernes.

J’ai PeRposés il ya en pie ans, de réduire ces phénomênes à un certain nombre de faits positifs et constans, que j'ai nommés lois de l'attraction chimique. En donnant ici un précis de quelques-unes de ces lois, je ferai mieux connoîfitre la nature de cette puissance que je ne pourrois le faire par de longues et inutiles discussions sur sa cause et ses effets, ses variations ou anomalies, qui n'existent que parce qu’on ignore toute l'étendue de ces lois, ou toutes les modifications dont eiles sont susceptibles.

Première loi. L’aitraction de composition n’a lieu qu'entre des corps différens : une atiraction entre des corps semblables ne feroit qu’un agrégé; et comme c’est un composé qui doit résuiter de l'effet de cette force, elle doit être nommée attraction de composition. ÿ

Deuxième loi. Elle n’a lieu qu'entre les dernières molécules des corps; il faut en effet que les corps soient réduits à la plus grande division pour qu’elle s'exerce entre eux : c’est donc une attraction moléculaire. |

Troisième loi. Elle peut avoir lieu entre plusieurs corps ; de là les composés binaires, ternaires, quaternaires, etc.

Quatrième loi. Pour qu’elle aït lieu, il faut que de deux ou de plusieurs corps l’un au moins soit liquide; la liquidité est un état où les molécules sont écartées et disgrégées de manière à pouvoir agir sur celles des corps voisins : cet état suffit pour qu'elles agissent en effet ; c’est ainsi que -de l’eau dissout du sel, du sucre, une gomme, ete. Cette action est nommée dissolution; le liquide, dissolvant, et le solide, dissolvende ou corps à dissoudre. Ce dernier exerce autant de force pour perdre sa solidité que le liquide le fait de son côté : il ne faut donc pas attribuer toute la puissance à celui-ci.

Cinquième loi. Pendant l'exercice de l'attraction chimique ; les corps entre lesquels elle a lieu changent de température. I! y a, dans les combinaisons, échauffement ou refroidissement : un système de molécules combinées a une autre

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proportion de matière de la chaleur que n’en ont les mêmes

. molécules isolées ou séparées.

Sixième loi. Les composés ont des propriétés toutes différentes de celles de leurs composans : ainsi on ne peut ni décrire, ni prévoir les caractères ou les propriétés d’un composé d’après la connoissance de ceux de ses composans. Cette vérité est l’inverse de ce que pensoient autrefois les chimistes : ils étoient dans l’opinion qüe les combinaisons chimiques avoient des propriétés moyennes entre celles de leurs composans. :

Septième loi. Le degré d’attraction doit être mesuré par la difficulté de détruire un composé. Cet énoncé montre que la violence ou la rapidité apparente dans les combinaisons est une illusion trompeuse.

Huitième loi. Les corps ont entre eux difiérens degrés d'attraction. Cette différence est la cause de tous les phénomènes chimiques dans la nature et dans l’art : elle est aussi l’objet des études et le sujet des recherches des chimistes. Lorsqu'on sait que deux corps ont entre eux moins d’attraction-qu’un troisitme avec l’un des deux, on emploie .ce troisième pour séparer les! deux premiers. Toutes les opérations chimiques sont fondées sur cetie connoissance ; c'est de la que dérivent toutes les explications raisonnables qui forment la théorie de la science. Si lon connoissoit le degré relatif d’attraction entre toutes les diverses molécules de la nature, on auroit une science complète, et l’on conçoit qu’on en est encore fort éloigné. On exprime dans les tables d’affinités ou d'attractions les degrés de cette force qui existent entre les différens corps, en rangeant ceux-ci, représentés par des signes ou caractères chimiques, dans une série ou colonne verticale, disposée de sorte que les corps les plus attirés soient les plus voisins les uns des autres. C'est encore au moyen de la connoissance exacte des degrés d'attraction qu’on détruit des composés dont les principes adhèrent entre eux avec une grande force, en employant à la fois, pour isoler ou détacher ces principes, deux corps, dont chacun à part n’auroit pas cette puissance : c'est ce qu’on a nommé attraction double. Enfin, il est aïsé de concevoir pourquoi Bergmann a proposé de

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nommer les affinités chimiques, attrachons électives, puise qu’en reconnoissant la différence d’attraction entre les dif: férens corps, on est porté à admettre entre eux une sorte d'élection ou de choix qui détermine leur union ou leur séparation. à.

Neuvième loi. L’attraction chimique est en raison inverse de la saturation. On nomme saturation l’union de plusieurs corps jusqu'à la quantité complète de chacun d’eux pour former le composé; on dit, lorsque cette quantité est complète, que les corps sont saturés. Si elle gst incomplète, la partie qui manque, ét qu'on peut y ajouter, adhère moins au composé que la premiere. De la il suit que lorsqu'on décompose un composé , on enlève facilement les dernières quantités des principes réunis, et trés - difficilement les premières quantités.

L’exposé succinct de ces neuf cas principaux ou lois de l'attraction chimique suffit pour donner une notion exacte de cette puissance que la nature a placée dans les corps, et que les chimistes ne font que diriger dans leurs opérations : il suffit surtout pour bien entendre tous les articles de ce Dictionnaire. (F.)

: ATTRACTIONS DISPOSANTES. ( Chim.) J'ai donné ce nom à un ces tres-compliqué des attractions chimiques, où l’addition d’un cinquième corps suffit pour opérer des effets ou des décompositions qui n’auroient point eu lieu sans cette addition. C’est un effet quelquefois très - compliqué, qu’on ne peut bien entendre qu’en étudiant profondément la chimie , et qu’il n’est heureusement utile de bien connoître qu'à ceux qui se livrent à cette étude approfondie. (F.) |

ÂATTRACTIONS DIVELLENTES. (Chim.) Kirwan , célébre chimiste anglois, a nommé attractions divellentes le cas où elles cpérent une décomposition, une séparation des principes d’un ccnposé. (F.)

ATTRACTIONS DOUBLES. ( Chim.) J’ai expliqué à l’article Atiractions en général les attractions doubles, qui ont lieu toutes les fois que deux substances agissent ensemble sur un composé de deux corps, chacune d'elles ne pouvant pas séparer isolément les principes de ce composé. (F.)

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