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ché sa tête et ne voit plus le chasseur, elle se croit à l’abri des poursuites; ce fait eût-il été réellement observé, ne pourroit-il pas être, chez une autruche exténuée de fatigue et sans moyens d'évasion, le résultat d’une connoissance particulière de la débilité d’un de ses organes? On sait qu’à l'exception du vertex, fortifié par une plaque: de corne, elle a les os de la tête très -tendres : beaucoup de circonstances ont pu lui donner le sentiment de sa foiblesse en cet endroit; et il ne seroït pas étonnant que ce fût la tête qu'elle cherchàt plus spécialement à mettre à l'abri d'un choc, soit en l’enfonçant dans un tas de sable, soit en la cachant de toute autre maniére. S'il n’y avoit
donc contre elle d’autres preuves de stupidité, peut-être
faudroit - il chercher le premier motif de cette imputation dans son extrême timidité et dans la douceur de son caractére. | | L’autruche fait rarement entendre sa veix, que les écrivains sacrés comparent à un gémissement, et le docteur Brown à la voix d’un enfant enroué. Suivant Sparrmann tout le monde s’accorde à dire, dans les différentes contrées du Cap, que le cri de l’autruche ressemble au rugissement du lion, mais qu’il est moins prolongé. D'autres auteurs ont trouvé du rapport entre ce cri et celui du pigeon; mais cette dernière observation a été faite sur des autruches captives : la voix du mâle étoit-un peu plus forte que celle de la femelle. Lorsqu'on les tourmentoit, ils menaçoient en soufflant à peu prés comme les oies, et témoignoient aussi leur colère en élevant les ailes et la queue et en les secouant. Les chiens sont les animaux dont la présence paroissoit être la plus désagréable aux deux autruches de la ménagerie du Muséum, et le mâle, en les io nie frappoit du pied contre les planches de l’enceinte où il étoit rftnu, avec autant de force qu'on auroit pu le faire avec un marteau. :
Les autruches sont fort lascives et s’accouplent souvent. Il se fait dans cet acte une intromission réelle des parties sexuelles du mâle dans celles de la femelle. On a été à portée d’observer à la ménagerie de Paris la maniere dont cet accouplement a lieu. La femelle S'ACCRAPAAME le
male avoit beaucoup de peine à s’arranger ; il prenoit les plumes du dos de la femelle dans son bec et en arrachoit presque toujours quelques-unes. La vivacité des sen- -sations que les deux individus éprouvoient alors, se faisoit remarquer par des mouvemens de la tête et du cou, accompagnés de murmures et de trépidations.
Quoique les oiseaux pesans soient ordinairement polygames, Thévenot assure que les autruches n’ont qu’une seule femelle. Sparrmann adopte aussi cette opinion, mais “sur le simple témoignage des Hottentots, et d’après une induction tirée de la nécessité de l’incubation. D'un autre côté, les Cafres ont dit à Thunberg qu’un mâle faisoit son nid avec trois ou quatre femelles à la fois, lesquelles pondoient ensemble vingt ou trente œufs et les couvoient tour à tour (tom. 1, in -4.°,p. 252). Le même fait a également été rapporté à l’anglois Barrow; et quoique la monogamie soit le résultat des observations faites par Levaillant, qui n’a en général trouvé qu’une dixaine d’œufs dans les nids d’autruches, ce voyageur a lui-même été témoin d’un fait Fa malgré l'interprétation qu’il lui donne, semble venir
à l’appui du sentiment contraire.
Une autruche femelle s’étant levée d’un nid composé de . trente-huit œufs de grandeur inégale, outretreizeautres distribués plus loin, chacun dans une petite cavité, ce voyageur naturaliste s’enfonça à peu de distance dans un buisson, d'ou il vit, pendant la journée , quatre femelles se rendre successivemént au nid et se relever tour à tour. L’une de ces femelles est restée pendant un quart d'heure accroupie sur les œufs, quoiqu'une nouvelle venue se fût mise à côté d'elle; ce qui lui a fait penser que quelquefois, et peut-être dans les nuits fraîches et pluvieuses, elles s’entendoient pour couver à deux et même davantage : mais cette supposition est peu d’accord avec le système de la monogamie absolue. En effet, les diverses autruches femelles ont dü être fécondées avant leur ponte, et le réeit même du voyageur en offre la preuve, puisque les petits étoient prés d’é. clore ; cependant Levaillant n’a vu qu’un màle sur trois ou quatre femelles : c’est donc vraisemblablement ce mâle qui les avoit fécondées toutes, sans quoi, cha.;ue mâle
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étant resté fidèle à sa compagne, il n'auroit pu être ques: tion de la ponte de plusieurs dans le même nid, mais seulement du choix de lieux voisins pour l'établissement des nids particuliers ; ce rapprochement auroit suffi pour opérer une association dont le but auroit été, comme l’imagine aussi Levaillant, d’être plus en force et de mieux défendre au besoin leur progéniture. Si ce voyageur, qui a souvent trouvé des nids de dix à douze œufs, en a quelquefois rencontré qui contenoient trop d’œufs pour n’appartenir qu’à une femelle, il paroît plus simple d’en conclure que les nids sont formés par un seul couple dans les cantons où les femelles ne sont pas plus nombreuses que les mâles, et que dans le cas contraire la polygamie a lieu.
Au reste, un fait sur lequel il ne doit pas rester d'in: , certitude, c’est que les mâles couvent ainsi que les femelles. Levaillant a eu l’occasion de le vérifier plusieurs fois, et notamment dans la circonstance qui vient d’être rapportée, où, le mâle étant venu au déclin du jour, il l’a percé d’une balle. Sparrmann a aussi fait lever de son nid une autruche mâle, et il a trouvé dans ce nid autant de plumes blanches que de noires; ce qui annonçoit la présence successive du male et de la femelle. ;
On ne connoîft pas d’une manière précise la saison de la ponte des autruches. Sparrmann a vu à différentes époques des petits dont la taille étoit la preuve de leur naissance dans des temps divers : mais Levaillant observe à ce sujet que si les oiseaux d’une même espèce entrent ordinairement en chaleur en même temps, les œufs peuvent être détruits et les pontes dérangées par plusieurs accidens qui obligent la mére à en faire une seconde et même une troisiéme ; ce qui expliqueroit comment des petits ne seroient pas encore éclos quand d’autres seroient déjà fort grands.
11 peut donc n’y avoir dans les faits observés à cet égard qu'une apparence de désordre. Mais ce, point est d'un moindre intérêt que la remarque faite par Levaillant sur les œufs que l'autruche place à peu de distance de son nid, où ils se conservent frais, pour servir à la premiére nourriture des petits. Bougainville avoit aussi fait cette remarque, quoiqu'il n’eût pas osé la publier à cause de sa singu-
larité; mais ce fait étoit bien plus anciennement connu dans le pays, comme on en jugera par ce passage d’un-auteur arabe déjà cité : « On dit que l’autruche partage ses « œufs en trois portions; qu’elle en couve un tiers, en « donne un autre à manger à ses petits, et laisse le der- « nier exposé à l'air pour qu'il se pourrisse et quil s’y « engendre des vers, qui doivent servir de nourriture aux « petits qu’elle couve, lorsqu'ils seront éclos. ? Extrait de la grande Histoire d’'Eldémiri, à la suite de la traduction du poëme d’Oppien, p. 164.
S’il est ici question d’une division des œufs en trois parts; si l'explication de l'usage auquel l’autruche destine les deux dernières ne s'entend que dans la supposition de deux couvées , et si l’on y parle de vers engendrés par la pourriture dans la troisième portion seulement, tandis que la deuxième est réputée fournir un aliment de la propre substance de l'œuf, ces propositions accessoires, qui ne doivent pas surprendre d’après les préjugés des orientaux et le peu de progrès qu’ils ont fait dans les sciences exactes, n’empéchent pas de s’arrêter à l’assertion principale, et d’y voir l'opinion dés-lors existante sur un fait mieux constaté depuis. |
Au reste, le cheuque, celui des eiseaux d'Amérique qui a le plus de rapports avec l’autruche, nourrit également ses petits avec des œufs non couvés. Dobrizhoffer, qui a fait un séjour de plus de vingt années dans le pays des Apibons, nation du Paraguay, dit, en parlant du soin que se donnent les oiseaux de cette espèce pour la conservation de leurs petits : « Ova adhuc plena ne in lucem jam editis esca « desit, a se confracta parvulis alendis impendere solent.” Hist. de PE Nien:,37641648 p::344.
Il n’est pas ici formellement question du placement sé paré de quelques œufs ; maïs la circonstance que ceux dont il s'agit n'ont pas été couvés, l’annonce suffisamment, et Nieremberg, p. 217, le dit d’une maniere positive.
Dobrizhoffer fait aussi une remarque qui vient à l'appui de la polygamie, et peut servir à expliquer pourquoi il a trouvé tant d'inégalités dans le nombre des œufs dont étoient composés les nids d’autruche. &« Struthionis feminæ,
« quotquot vicinæ degunt, ova sua in eodom loco deponunt. >. Il ne faudroit pas s'étonner d’après ce fait, qui peut être commun à l’autruche proprement dite, que les auteurs eussent tant varié sur le nombre d’œufs dont les pontes de celle-ci sont composées, et que ce nombre fût de VIA selon Aristote, de cinquante selon Willughby, et même de quatre-vingts selon Élien.
Levaillant cite d’ailleurs un fait qui a pu occasioner des erreurs. Quand les sauvages, qui sont friands des œufs d’autruche , en trouvent un nid, ils les enlévent successivement avec une espèce de rateau, pour que:la mére ne s’aperçoive pas qu’on y a touché ; et s'ils renouvellent avec précaution cet escamotage, ils peuvent faire pondre jusqu’à cinquante œufs à l'oiseau, qui ne commence pas à couve* avant d’avoir complété le nombre ordinaire. De ce qu’un sauvage aura dit à un voyageur qu'il avoit retiré quarante et cinquante œufs d’un nid d’autruche, celui-ci n’a donc pu en conclure avec fondement une variation naturelle dans la ponte, qui ne paroît être en général que de dix à quinze œufs. Ces œufs, dont le fond est d’un blanc sale, marbré de jaune clair, sont très-gros et peuvent contenir une œinte de liqueur. Un de ceux que l’autruche femelle de la ménagerie de Paris a pondus ,et qui étoit parfait et aussi grand que les œufs rapportés d'Afrique, s’est trouvé du poids de deux livres quatorze onces. Sparrmann dit qu'une des plus grandes coquilles conservées dans le cabinet de Pi académie de Suede pesoit onze onces; elle avoit six pouces et demi de profondeur, contenoit cinq chopines et un quart de liqueur, mesure de France, et sa forme étoit celle d’un œuf ordinaire. |
Les autruches ne font pas de pe elles déposent leurs œufs, sans aucun apprèt, sur le sable, dans lequel elles se bornent à creuser un enfoncement. Sous la zône torride la chaleur du soleil les dispense même, pendant le jour, des soins de l’incubation , qui n’a lieu que pendant la nuit; mais en-deçà et au-delà du tropique les autruches couvent sans intermittence. Jannequin, qui a faiten 1639 un voyage au Sénégal, raconte qu'ayant mis dans un coffre deux œufs d’autruche enveloppés d’étoupes, et les ayant long-temps
après visités , il en a vu un cassé, et qu’il en a fait sortir un petit quia vécu d’herbes hachées pendant huit jours; mais, malgré le ton de naïveté de cet auteur, on ne peut guères ajouter foi à ce récit, dans lequel se trouvent d’ailleurs des circonstances peu vraisemblables, puisque Jannequin déclare avoir vidé, pour lé rapporter en France, le second œuf, qui auroit dû se trouver dans le même cas que le premier, et dont l’autruchon n’auroit pu sortir sans que l’on rompît la coque. On a essayé de faire éclore artificiellement des œufs pondus par lautruche de la Ménagerie; mais comme cette ponte n’avoit eu lieu qu’aprés la mort du mâle, peut-être les œufs n’étoient-ils pas fécondés, et la tentative a été sans succès.
On n’a pas de données certaines sur la durée de l’incubation, qui paroît néanmoins être d’environ six semaines. Les petits marchent aussitôt aprés leur naissance. Comme ils trouvent sous la zône torride le degré de chaleur qui leur convient et la nourriture qui leur est propre, leur mère les abandonne aussitôt; mais au cap de Bonne-Espérance et dans les pays moins chauds, elle les aide à trouver leur subsistance , les surveille tant que ses secours lui sont nécessaires, et les défend avec courage. |
Le professeur Cuvier, qui a examiné un fœtus prêt à sortir de l’œuf, l’a trouvé partout recouvert de plumes d’un gris roussâtre tacheté de noir. Il avoit trois lignes longitudinales noires sur la tête et sur le derrière du cou. Ce plumage se maintient pendant la premiére année ; maïs ïl tombe ensuite , pour ne plus revenir, sur les parties qui doivent être nues, telles que la tête, le haut du cou, les cuisses, les flancs et le dessous des ailes. :
L’autruche a une vigueur si étonnante que, montée par deux hommes, elle court encore plus vite qu’un excellent cheval anglois. Adanson en a fait l'expérience au Sénégal, où il a été plusieurs fois témoin de ce spectacle. Il faut même avoir pris petit à petit l'habitude d’un pareil exercice pour n’en être pas suffoqué. L’autruche tient toujours les ailes relevées en courant, quoique la contexture des plumes, qui les rend impropres au vol, semble devoir également les empêcher de servir à accélérer la course. Mais
si les ailes, en frappant l’air, ne sont que d’un foible secours, ne peut-on pas du moins les considérer comme un balancier qui maintient le corps en équilibre et le rend plus léger ? |
Avec ces avantages il sembleroit fort facile à l’autruche de se soustraire aux dangers; cependant les piéges ne sont pas les seuls moyens par lesquels on parvient à s’en rendre maître. Les habitans d’une des contrées de l’Abyssinie, qui se nourrissoient plus particuliérement de ces oiseaux et qui portoient anciennement le nom de Strutophages, ne se bornoient pas à les chasser avec l'arc; suivant Strabon , ils se couvroient aussi de leur peau en passant la main droite dans le cou , et, lui donnant les mêmes mouvemens que fait ordinairement l’autruche, ils répandoient du grain avec l’autre, afin d'attirer les oiseaux dans les piéges qu'ils leur avoient préparés. Oppien rapporte, dans le chant troisièeme de son poëme sur la Chasse, qu'on employoit aussi des filets, dans lesquels on parvenoit à les enfermer en les poursuivant avec des coursiers ou les lançant avec des chiens. Mais depuis long-temps les Arabes ne se servent plus que de chevaux pour chasser l’autruche. Cet oiseau, qui échapperoïit aisément s’il marchoit toujours en ligne droite, décrit. au contraire un cercle plus ou moins étendu, que Arabe, qui feint de l’observer seulement et non de le poursuivre, sait couper dans le moment le plus opportun. Cette chasse se fait surtout à l’époque où les autruches se réunissent en grandes troupes pour traverser les déserts : inquiétées sans cesse, il ne leur est pas possible de manger ; et quand elles sont extrêmement fatiguées, les chasseurs fondent sur elles et les assomment à coups de bâtons. Cette issue a lieu plus promptement lorsqu’outre les chevaux on a des chiens lévriers instruits à leur bar: rer le chemin. Souvent même on parvient 4 les prendre vivantes.
Quand les Arabes ont tué une autruche, ils lui ouvrent la gorge, font une ligature au-dessous du trou, et plusieurs d’entre eux , la prenant ensuite par la tête et les pieds, la secouent et la ressassent en divers sens; ils lui font ensuite dégorger par le même trou jusqu’à vingt livres d'une
substance mêlée de sang et de graisse, de la consistance de l'huile figée, qui s’appeile mantèque, et qu’on emploie dans le pays pour la préparation des mets et la guérison de différentes maladies.
Malgré. l'extrême penchant que les autruches ont pour la liberté, celles que l’on prend vivantes s’apprivoisent aisément, etse laissent parquer et mettre en troupeaux ; elles souffrent même que les hommes les montent: mais on n’est pas encore parvenu à les diriger à volonté comme le cheval. Néanmoins celles que l’on prend jeunes, et qu'on élève au cap de Bonne-Espérance en les nourrissant de feuilles de laitue hachée et de mie de pain, ont une certaine docilité. Elles se ‘laissent monter, elles grimpent même sur les épaules de ceux qui veulent en faire l'essai, et peut-être réussiroit-on à leur faire porter des fardeaux, ou à les rendre de quelque autre maniere utiles aux hommes. Des fermiers du Cap en ont apprivoisé au point qu'ils les laissoient en liberté sortir de la ferme, y rentrer et chercher à leur gré leur nourriture; mais ils se plaignoient de 1a voracité de ces animaux, qui avaloient des poulets tout entiers, et fouloient aux pieds les poules.
Moïse avoit interdit aux juifs la chair de l’autruche, comme une nourriture immonde. Celle des vieilles est dure et de mauvais goût; mais celle des jeunes, lorsqu'elles sont grasses, est mangeable. Les Romains en mangeoient assez communément sous les empereurs, et Héliogabale eut la fantaisie de se faire servir la cervelle de six cents de ces animaux dans un seul repas.
Les œufs d’autruche sont d’une qualité plus grossière et plus compacte que ceux de poule : ils ont un goût doucereux et rassasient davantage. Les habitans du Cap font avec ces œufs des espèces dé pâtés chauds ou de puddings, et des omelettes. Comme leur coquille est fort épaisse, on les conserve très-bien à bord des vaisseaux, où ceux de poule ne tardent pas à se corrompre, et l’on fait avec cette coquille des coupes qui durcissent avee le temps et ressemblent assez à de l’ivoire. |
Quand les Nasamones, habitans de la Lybie, alloient à la guerre, leurs armes défensives étoient des peaux d’au-
truche, dont le cuir est fort épais, et qui servent encore aujourd’hui de cuirasses à certaines tribus arabes. Les Éthiopiens vendent ces peaux aux marchands d'Alèxandrie, où Belon en à vu une grande quantité, tout emplumées, dans les boutiques. Les longues plumes blanches de la queue et des ailes ont été recherchées dans tous les temps; les soldats romains en portoient sur leurs casques , et on les voit encore. actuellement ombrager la tête des guerriers. En Turquie, un janissaire qui s’est signalé par quelques faits d'armes à le droit d’en décorer son turban. Au royaume de Congo, ces plumes mêlées avec celles du paon sont employées pour faire des enseignes de guerre. On sait quelle prodigieuse consommation s’en fait en Europe pour les chapeaux , les habillemens de théâtre, les ameublemens, les daïs, les cérémonies funèbres, etc. Leur mouvement doux et ondoyant les fait surtout rechercher pour la parure des femmes. On fait beaucoup plus de cas des plumes qui ont été arrachées à l’animal vivant que de celles qu'on lui enlève aprés sa mort. Les premières se reconnoissent au suc sanguinolent qui sort de leur tuyau pressé-entre les doigts ; les secondes sont légères, sèches et sujettes à être attaquées par les vers. (Ch. D.)
AUTRUCHE DE MAGELLAN. (Ornith.) Sonnini a Se litué ce nom à celui de touyou, qui lui avoit été appliqué par Brisson etensuite par Guenau de Montbeillard. Le touyou ou touyouyou paroît en effet être une espéce de jabiru ; et, Terreur reconnue, il falloit remplacer par un autre nom celui qui étoit devenu impropre et pouvoit donner lieu à des méprises : mais malgré les rapports qui existent entre V’oiseau d'Amérique dont il s’agit, et celui d'Afrique qui est la véritable autruche, les caractères particuliers qu'offre le premier ne permettent pas de le placer dans le même genre, d'aprés les bases adoptées à cet égard par les méthodistes. En relevant très-judicieusement l'erreur de Brisson et de Buffon, Sonnini n’auroit donc peut-être pas dû se borner à lui donner en françois une simple dénomination spécifique, et présenter l’oiseau comme appartenant au genre Autruche , dont il s’écarte dans des points essentiels. Si, pour ne point propager de fausses applications
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des faits historiques, il étoit convenable de supprimer le nom de touyou, ne suñisoit-il pas que Brisson et Mæœhring eussent déjà établi le genre Rhea sur des fondemens solides, pour appliquer aussi à l’oiseau un nom générique dans notre langue? A l’imitation des deux auteurs qu’on vient de citer, Latham a aussi adopté, dans le deuxieme supplément de sa Synopsis, le genre Rhea; et Molina assurant que l’autruche de Magellan est connue au Chili sous le nom de rue qui déjà est indiqué dans Plusieurs synonymies, nous n’avons pas trouvé d'inconvénient a l’employer comme terme générique. Cet oiseau est aussi connu sous les dénominations d’autruche bâtarde, autruche de la Guiane et autruche d'Occident ; mais l’impropriété de la première est sensible, et la deuxième est également étrange, puisqu'elle désigne l’oiseau comme particulier à un pays où il ne se trouve point. (Ch. D.)
AUTRUCHE ENCAPUCHONNÉE ou à caPucn ON. (Ornith.) L’espéce de capuchon dont la tête de l’oiseau, décrit sous le nom de dronte, a paru enveloppée, l’a fait ainsi appeler par des voyageurs qui se sont avisés de comparer le plus lourd des être ailés à celui dont la course est la plus rapide. (Ch. D.)
AUTRUCHE VOLANTE. (Ornith ) L’outarde d'Afrique a été ainsi nommée par quelques voyageurs. (Ch. D.)
AUTRUSSIER (Ornith.), mot synonyme d’autoursier, Voyez AurourseRie. ( Ch. D.)
: AUZUBA. ( Bot.) Plumier, dans ses manuscrits et ses dessins non publiés, vol. 5, t. 124, cite sous ce nom un grand arbre de S. Domingue, qui est, selon lui, l’acomat du pays, et qu’il croit être le même que l’auzuba dont parle Oviédo dans son Histoire des Indes occidentales. On ne peut, d’aprés la figure et la description incomplète de Plumier, indiquer le vrai genre de cet arbre, qui a les feuilles alternes, les fruits de forme ovale, jaunes, charnus, remplis d’une humeur visqueuse, au milieu de laquelle est un noyau dur semblable à celui d’une olive. {J.)
AVACARI. ( Bot.) Jean Bauhin décrit sous ce nom un myrte de l'Inde. (J.)
AVAGNON. ( Moll.) C'est le nom vulgaire, dans quelques