AVE
3,° L'AVICENNIA RÉSINEUX, Avicennia resinifera. Forster cite cette espèce parmi ses plantes esculentes, N.° 44 : il présume que le suc concret qui sort de sa tige est la gomme de couleur verte, que les habitans de la-nouvelle ‘Zélande mangent avec plaisir, au rapport de Crozet, voyageur françois. (D. de V.)
AVICEPTOLOGIE. (Ornith.) On donne ce nom à l’art qui enseigne les ruses dont on peut se servir pour prendre les divers oiseaux, et qui fait connoître les piéges et les filets, avec la manière de les employer. (Ch. D.)
AVICULE (Moll.), esp. Voyez Hrrowne, genr. (Duv.)
AVICULE ( Ornith.), terme simple qui pourroit être substitué au nom composé d’oiseau - mouche, pour désigner le plus petit des êtres aïilés; on en a fait une application moins convenable à un genre de testacées. -—
AVI-HI-AVI (Bot.), nom que porte à Madagascar un arbre du genre Dillenia, suivant Commerson. (J.)
AVILA (Bof.), nom caraïbe du nhandiroba, fevillea scandens, L. (J.)
AVILLONS ( Ornith.), doigts de derrière d’un oiseau de proie. Quand il s’en sert vigoureusement, on dit en fauconnerie qu’il avillonne. ( Ch. D.)
AVINGURSAK. (Ornith.) Othon Fabricius croit que ce nom groenlandois désigne le parus bicolor de Linnæus, ou la mésange huppée de la Caroline, de Buffon. (Ch. D.)
AVIRONS. (Entom. ) On appelle ainsi les pattes de certains insectes aquatiques, quand elles sont aplaties, ciliées, et qu’elles servent comme de rames. Elles ont cette, forme dans les dytiques, les Lara) ces , les sigares, les naucores, les notonectes : © ’est même à cause de cette conon baoe particulière des tarses, dans ce dernier genre, qu’on a désigné les insectes qui le forment sous le nom de punaises à avirons. (C. D:)
AVIVER. ( Chim.) On entend par ce mt l’art de donner aux couleurs un brillant, un lustre, un éclat qu'elles n’avoient pas. Il est appliqué tantôt aux teintures dans lesquelles on avive Les couleurs au moyen des sels, des acides , etc. ; tantôt aux métaux dont on avive le brillant métallique par le frottement , le tripoli, quelques acides, quelques sels, etc. (F.)
AVOCATIER. (Bof.) Voyez Laurier:
AVOCETTE ( Ornith.), Avocetta. Le caractère générique de l’avocette, recurvirostra de Linnæus, Gmelin et Latham , est d’avoir un bec long, grêle, sans dentelures, aplati hoïrizontalement, dont la courbure est dirigée vers le ciel, et qui. se termine en une pointe trés-effilée; les jambes hautes, placées vers le milieu du corps;-les cuisses à demi-nues ; quatre doigts aux pieds, dont les trois de devant unis par des membranes profondément échancrées , sans dentelures, et celui de derrière très-court, placé fort haut et ne touchant point la terre.
Cet oiseau, qui, à l'exception des D branes dont ses pieds sont garnis, semble, par sa forme générale et son organisation,. appartenir plutôt à l’ordre des échassiers qu’à celui des palmipédes, a plusieurs traits de ressemblance avec le flammant; mais l’arc recourbé en haut que présente son bec est une particularité, qui suffit pour le distinguer de tous les autres volatiles, quoique cette sorte de courbure se rencontre, jusqu'a un certain point, dans une espèce de barge, et que le bec, biem:plus fort, du jabiru ait aussi la pointe plus élevée: que sa-base: Cette construction, jugée peu favorable à la préhension des alimens, a fait naître des doutes sur la manière dont l’instrument étoit employé par l’animal, et sur les substances dont il tiroit-sa nourriture. Comme l’avocette est très-sauvage, on n’a d’ailleurs pas été à portée de l’ebserver de prés, et la dissection étoit presque le seul moyen d’obtenir sur ce point des éclaircissemens, toujours assez vagues, puisqu’en ouvrant le corps on ne trouvoit que des alimens en partie digérés; mais la matière glutineuse et grasse au toucher, les débris d'insectes, les petites pierres blanches et cristallines, ef. le sédiment limoneux que contenoient ordinairement leurs viscères, ont fait présumer que leur nourriture consistoit en frai de poisson, en vermisseaux et insectes aquatiques, avec lesquels l'oiseau avaloit parfois de. petites pierres et du limon. Cette conjecture devient trés-probable quand on fait attention aux habitudes de l'oiseau. Son bec, dont la forme paroit si bizarre, à en effet des avantages pour les
explorations dans le sable , Où son extrémité, presque mem» 3 22
, braneuse, lui fait sentir la qualité des matières qu’il fouche, et lui donne le moyen de saisir les petits animaux , qu’il reconnoît à leur mollesse. L’aplatissement horizontal des mandibules, qui est un avantage pour les mouvemens de côté, seroit un obstacle à ce que, sans reculer, l'oiseau relevât perpendiculairement une lame dont la surface seroit recouverte de sable : mais il paroît que cette action s’opère avec facilité au moyen du tranchant, et que l'oiseau retire toujours son bec à droite ou à gauche sans être obligé de changer de place; sa marche est en effet tracée sur le sable par une suite de demi-cercles qu'il laisse apres lut- Comme le fond qu'il sonde sans cesse a toujours peu de ténacité, son bec, d’une consistance à peu près pareille à celle de la baleine, est plus propre à sa destination que s’il étoit osseux; et la flexibilité, la souplesse, remplacent utilement une force encore bien moins nécessaire lorsque Yavocette court, à la faveur de ses hautes jambes, sur des fonds limoneux que recouvrent cinq à six pouces d’eau. -La nature, qui semble d’abord l'avoir traitée si mal, lui a encore fourni le moyen de chercher sa subsistance dans un plus grand espace, én munissant seès pieds de meme branes à l’aide desquelles elle se met à la nage lorsqu'elle veut parcourir des endroits plus profonds, ou saisir le frai de poisson dans l’écume des flots. Si son bec est tout-a fait inutile à sa défense , eombien d’autres oiseaux chez lesquels eet organe a des proportions en apparence plus naturelles, et qui néanmoins sont hors d’état de l’employer pour se soustraire aux dangers, sans avoir comme elle la faculté de s'enfuir à la moindre alerte. L’avocette posséde mêmé sur ce point une finesse bien supérieure à celle qu'on remarque dans la plupart des autres oiseaux : non -seulement on l’approche avec .une extrême difliculté, mais elle sait éviter les piéges qu’on lui tend, et, trouvant une subsistance assurée dans les lieux qu’elle fréquente habituelle: ment, il s’en faut de beaucoup que son sort soit aussi à plaindre qu’on le suppose.
Quelques chasseurs ont prétendu que le cri de l’avocette pouvoit s'exprimer par les syllabes crex, crex; mais, suivant Lewin, celui qu’elles font entendre en s’envolant est
AVO | 339 mieux rendu par fwil, Ewit, et son nom hoôllandois kluit donne lieu de penser qu'on l’a ainsi appelée d'aprés le son de sa voix.
Buffon observe qu’on trouve à la plupart des avocettes de la boue sur le croupion, dont les plumes paroissent usées par le frottement; il est vraisemblable que cela provient de l’usage dans lequel elles sont d’y essuyer leur bec ou de: l'y loger pour dormir.
On ne connoît encore que deux espèces d’avocettes, dont l’une appartient à l’ancien, et l'autre au nouveau continent. Partout elles préférent les pays froids et tempérés aux climats chauds, et les plages de la mer aux embouchures des riviéres et des fleuves. L’abondance ou la pénurie des subsistances dont elles se nourrissent les détermine à changer de contrée en différentes saisons ; mais quoiqu’elles soient natu- rellément voyageuses, il y a des pays, tels que les environs de Feversham en Angleterre, où l’on en trouve toute l’année,
1. L’Avocerre »’Eurore, Avocetia europæa, Recurvirostra ävocetta, Linn., est de la grosseur d’un pigeon ordinaire ; son bec a environ trois pouces et demi de longueur, et ses jambes, avec la partie des cuisses dégarnies de plumes, cinq pouces. Toute la partie des jambes dénuée de plumes, les pieds et leurs membranes, sont d’un bleu plombé ; les ongles et le bec sont noirs; l'iris est de couleur de noisette. Le plumage est varié de blanc et de noir. Cette dernière couleur est celle de la partie supérieure de la tête et du cou, jusqu’à la moitié de sa longueur. De chaque épaule partent deux bandes également noires, dont l’une sé prolonge obliquement sur l'aile, et l’autre s’étend jusques vers le milieu du dos, où les deux branches ne se rejoignent pas, mais vont en ligne droite vers le croupion. Les grandes pennes des ailes, blanches à leur origine, sont noires dans le surplus de leur longueur; ces ailes s'étendent jusqu’à l'extrémité de la queue, qui est fort courte et d’un blanc de neige, comme tout le reste du corps. Il est difficile de distinguer extérieurement le mäle de la femelle; mais Baillon pense que le gris est la couleur primitive de cet éiseau, dont les teintes deviennent plus foncées avec l’âge.
On trouve les avocettes en Sibérie, en Russie, en Suëde,
en Danemarck, en Pologné , en Allemagne, en Hollande en Angleterre, en France, et queljhetois en Italie et en Sardaigne. Le grand froid leur fait quitter, aux approches de l'hiver, les pays situés trop au nord, pour aller dans les climats plus tempérés, où elles font leur nichée. Quoiqu’elles préférent le voisinage des eaux salées, il arrive assez fréquemment qu’elles remontent fort ai dans les terres en suivant le bord des eaux, et, d’après Salerne, elles sont fort communes sur les côtes de la ci-devant province du Poitou, où, dans la saison des nids, les paysans “prennent en grande quantité leurs œufs pour les manger. ÆElles font , sur nos côtes de l’Océan et en Angleterre, une ponte qui consiste en deux œufs de couleur cendrée tirant sur le vert, avec des taches d’un brun noirâtre. Elles déposent sur le sol même ces œufs, qui sont de la grosseur ‘de ceux de pigeon, et dont Sonnini porte le nombre ordinaire à trois ou quatre. Lewin les a figurés assez mal, pl. 43 de son Histoire des oiseaux d'Angleterre ; maïs il a donné, pl. 203 du même ouvrage, une figure de l'oiseau qui est plus exacte que la planche enluminée de Buffon,
n° run |
° L’AVOCETTE DA era Où GRANDE AVOCETTE, Avo- ‘cetta americana, Recurvirostra :americana de Gmelin et de Latham. Ce dernier en a donné une figure peu soignée , pl. 92 du Synopsis. Elle habite dans différentes contrées. de l'Amérique PEpIEuFROnAlE et à la Nouvelle Hollande, où l’a vue Dampier, et d’où le capitaine Baudin a envoyé les individus qui éxistent dans le Muséum de Paris. Elle est un peu plus grande que l'avocette commune. La tête, la totalité du cou et la poitrine, que Latham dit être dan gris roussätre, et qui offroient la même couleur dans un indi- . vidu envoyé de la Louisiane à Mauduyt, sont d’une teinte plus prononcée dans ceux du Muséum d’histoire naturelle ; ‘mais ces nuances tiennent peut-être seulement à l’âge ou au sexe. ; ;
Gmelin et Latham ont aussi rangé parmi les avocettes un oiseau originaire de la baie d'Hudson, qu'ils nomment recurvirostra alba, avocette blanche; mais d’après la figure d’'Edwards (Histoire naturelle, tome 3, p. 139 ), laquelle
se retrouve dans Seligmann, tome 5, pl. 34, il est évident que cette espèce n'appartient point au genre Avocette, et l’on a lieu de s'étonner que Gmelin et Latham se soient bornés à présenter des doutes sur son identité avec l’avocette d'Amérique, puisque celle-ci a les doigts palmés, comme l’avocette commune, tandis que l’autre est fissipède: L'erreur est d’autant plus singulière dans Lathâm, qu'ayant classé l’avocette au rang des palmipèdes, il devoit faire plus d’attention à l’absence de ce caractère que Gmelin, qui l’a rangée parmi les échassiers. On s'aperçoit, au reste, que cet oiseau a été peu examiné, par le renvoi que font les deux auteurs à la planche enluminée de Buffon, n.° 875; cette planche représentant la barge brune, et étant désignée, au tome 7, in-4.°, page 508, comme réellement applicable à cette espèce et non à la barge blanche, qui n’est figurée que dans Edwards. Le bec de cette barge est, comme celui de l’avocette, fléchi en haut; mais cette courbure, moins considérable, n'empêche pas que ce ne soit une barge, limosa candida de Brisson, tom. 5, p. 290, n.° 8. Voyez Barçee. (Ch. D.)
AVOINE. (Agric.) Le temps de semer l’avoine varie suivant le climat, la nature du solet sa hauteur : en France, on la sème depuis le mois de Septembre jusqu'au mois d'Avril. Née dans les climats froids ou tempérés, souvent humides, elle ne réussit dans les pays chauds qu’autant qu’on l’a placée sur des lieux élevés, ou qu'on la sème dans la saison la moins ardente et la moins sèche : voila pourquoi ces pays font leurs ensemencemens d’avoine avant Vlhiver dans les plaines et dans les vallées, et au printemps dans les montagnes. Les cultivateurs de quelques climats tempérés sèment de l’avoine au printemps et même en automne, quoiqu’elle y géle quelquefois l’hiver suivant; mais ils ont calculé que les années où elle ne geloit pas les dédommageoient amplement à cause de la beauté du grain, trés-estimé. En Bretagne, on la recherche pour la fabricae tion du gruau. Dans la plus grande partie des pays tempérés, dans tous ceux qui sont froids, dans les montagnes couvertes de neige en hiver, et dans les cantons sujets à être inondés dans cette saison, ce n’est qu’au printemps qu'onsème l’avoine.
Cette plante se plaît dans un terrain substantiel qui conserve un peu d'humidité. Lorsqu'on défriche du saïnfoin, du trèfle et de la luzerne, on l’ensemence, après une seule façon , en avoine, qui y vient en abondance. La Beauce est dans l’usage de semer de l’avoine dans les champs qui, l’année précédente, ‘ont produit du froment : on profite du fumier qui a été mis en terre pour le Fons et qui n’a pas été consommé en entier.
L’avoine que l’on veut semer doit être bien mûre, bien nettoyée, et par conséquent tres-pure et composée de grains tous propres à germer : il n’est pas nécessaire qu'ils soient gros et bien renflés. La quantité de semence qu’on doit répandre varie selon la saison et le terrain. On sème plus dru l’avoine d'hiver, parce que la gelée en fait toujours périr une partie : celle qu’on sème au printemps doit être semée clair dans les bonnes terres où elle peut taller.
On sème assez généralement l’avoine à la volée sur le guéret, et on recouvre la semence à la herse. On assure que dans quelques cantons des environs de.Compiègne, on plante l’avoine au lieu de la semer : abstraction faite des avantages qui peuvent être attachés à cette méthode, on peut dire En ’elle est impraticable en grand, surtout dan les pays où les bras sont rares.
Si le temps est doux aprés que l’avoine est semée, elle ne tarde pas à lever. Dés qu’elle a acquis trois ou quatre pouces de hauteur , on passe dessus un gros rouleau de boïs, ou le dos de la herse ; cette pratique rechausse le pied des grains et écrase les mottes, ce qui rend le terrain uni et commode pour les faucheurs : l’avoine alors n’a plus besoin que de sarclages, qui se font à la main dans les champs où on l’a semée à la volée. Des femmes les parcourent et; sans demander de salaire, arrachent les mauvaises herbes pour les donner à leurs vaches : on doit cesser de leur accorder cette permission quand l’avoine a pris de la force et immédiatement après la pluie, parce qu’en arrachant ces - herbes elles cassent ou font courber des tiges d’avoine , qui ne peuvent plus se relever.
L'avoine semée en Février ou en Mars, époque la plus ordinaire dans les provinces de France, montre ses épis
at.
au mois de Juin : alors elle n’a que huit ou dix pouces de
hauteur ; si le temps devient favorable, elle en acquiert bientôt autant, et monte à proportion de la bonté du terrain. De serrés qu'étoient les épis dans leur fourreau ou enveloppe, ils deviennent libres et s'épanouissent. Quand le grain est formé , l’avoine n’a presque plus à croître. IL faut, pour que cette plante donne une bonne récolte, qu’il pleuve peu de temps aprés qu’elle à été semée, et dans le courant de l'été, surtout au mois de Juin ou au com- mencement de Juillet. On a remarqué qu’elle ne réussissoit jamais mieux que quand les mois d'Avril et de Mai étoient froids, Juin et une partie de Juillet pluvieux, la fin de Juillet trés-chaude, et Août sans grandes chaleurs.
Maturité et récolte de l’avoine.
L’avoine semée en automne est la premiére mère; elle l’est toujours de quinze jours plus tôt que celle du printemps : par la même raison, l’avoine semée en Février ou en Mars mürit avant celle qui ne l’est qu’en Avril Dans le climat de Paris, on coupe vers le 15 Juillet les avoines d'automne : à la fin de ce mois et au commencement d’Août, on coupe les premières semées au printemps, et à la fin d’Août, ou même au commencement de Septembre, les tardives. Le moment de couper l’avoine est indiqué par | le changement de couleur de la’ paille et des balles, qui jaunissent : on la coupe avant sa maturité parfaite ; sans cela, elle s’égraineroit aux champs et dans le transport.
On coupe l’avoine ou à la faux ou à la faucille : quand elle est haute de trois pieds on ne peut la couper qu’à la faucille ; il seroit trop fatigant d’employer la faux, et les coups de cet instrument pesant et dirigé avec force, élant trés-rudes, le grain mûr sortiroit de ses balles. Les mouvemens de la main armée d’une fauciile qui a peu de pertée, sont plus doux. L’art du faucheur consiste à disposer l’avoine qu’il coupe en bandes doubles si elle est épaisse; et en bandes simples si elle est claire. Le matin et le soir sont les momens les plus favorables pour cette opération, parce que les pailles de Favoine, humectées par la rosée, ne se cassent pas et se coupent mieux: cela s'accorde fort bien
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‘avec la santé du faucheur qui, ne travaillant presque pas au milieu du jour, n’éprouve pas les effets de la grande chaleur. Selon que l’avoine est coupée à la faucille ou à la faux, on la ramasse différemment. Si c’est à la faucille, on la met par tas ou par javelles; on en réunit plusieurs pour les lier ensemble et en former des gerbes : les épis alors se trouvent dans le même sens. Mais si on s’est servi de la faux , les épis ne sont dans le même sens qu’autant qu'on a one des sangles. On doit rentrer les avoines avant de les laisser mouiller : cependant il est bon qu’elles restent un jour ou deux, ou trois au plus, par terre, afin qu’elles séchent et que.les herbes qui seroient parmi elles se fanent.
L’avoine portée dans les granges , ou placée en dehors dans des gerbiers, n’exige aucun soin; on doit seulement avoir Vattention de rendre les granges inaccessibles aux rats et aux souris , et d’éloigner les gerbiers des habitations, lorsqu'on n’a pas le projet de battre promptement. Aussitôt que les gerbiers sont faits, il faut les couvrir de paille en forme de toit, pour les garantir des pluies.
On bat l’avoine au fléau, ou on la fait fouler par les pieds des animaux; on la vanne, on la crible pour la purifier de ses balles, des grains légers, de la poussiére et
des graines étrangères. De la grange ou de l'aire extérieure, elle passe dans les greniers, où on doit la remuer de temps en temps si elle n’est pas bien sèche, et si les greniers sont enduits de plâtre qui attire l’humidité, et la conserve, surtout dans les pays où il pleut souvent. La paille longue d'avoine , et les balles appelées menue paille, sont mises en réserve pour la nourriture des bestiaux.
Ennemis de l’avoine.
Pendant sa végétation , cette plante peut être attaquée par le gibier, qui la mange en herbe, par les oiseaux, qui en dévorent le grain, et d’une maniere plus fâcheuse par une chenille connue sous le nom de chenille d’avoine ; enfin il s’y mêle des plantes qui s'opposent à sa multiplication, l’étouflent, et, ajoutant leurs graines aux siennes, en diminuent la valeur et en altérent la qualité. Le papillon qui produit la chenille d'avoine dépase ses œufs principale-
ment sur le chaume des fromens que l’on vient de couper, sur les branches des plantes qui bordent ies champs; et ce qui est resté de chaume de blé dans les champs ayant été enterré légerement lorsqu'on a labouré la terre pour Y semer les ayoines , et la plupart des brins ayant été tirés dehors et couchés sur le terrain par la heïse, les petites chenilles qui sortent des grains se trouvent a portée des avoines. Le grain commençant à se hausser et à se nouer, ces insectes percent la maîtresse tige dans le pied, et sy nourrissent des sucs destinés à son accroissement. Plus la chenille ainsi logée grossit, plus sa tige se fane ; elle jaunit ensuite, tombe et périt. Quand la tige est tombée, la chenille attaque peu les feuilles : elle s’enfonce en terre après la mi-Juin , ou se place sous l'herbe des tiges qui restent 5 là elle se métamorphose en chrysalide.
On conçoit qu’un champ dépouillé de ses tiges principales et réduit à ses tiges secondaires, d'autant plus foibles que le pied à souffert plus d'altération, rapporte peu de chose. S'il se forme des drageons, à cause des sues destinés à la tige principale qui n'existe plus , ils ne müûrissent que quand le grain des tiges secondaires est déjà tombé ou prêt à tomber.
Les champs qui rapportent de l’avoine aprés avoir rapporté du seigle, sont moins mangés de chenilles que ceux qui viennent de produire du froment. Il n’y a pas de ces insectes dans les champs d'avoine qui succédent à un défrichement de sainfoin , de luzerne , de trèfie. Quand on brûle les chaumes de froment, quand on les arrache, ou qu'on‘. les coupe bas et très - exactement, les avoines alors sont exemptes de chenilles. Toutes ces observations doivent nécessairement conduire aux moyens de remédier à un fléau aussi destructeur : ces moyens sont de deux sortes; les uns ont pour objet de s'opposer aux effets du mal, éd autres de le prévenir.
Pour tirer quelque parti des champs dévastés par les chenilles , beaucoup de fermiers, dés que ces insectes ont disparu, font brouter les avoines par leurs moutons; s’il suryient des pluies après cette opération, les pieds reproduisent de nouvelles tiges, qui peuvent fournir quelquefois une
demi-récolte : mais il faut être assuré qu’il n’y a plus, ou qu’il reste très-peu de chenilles, parce que le mouton, qui pince de près, en avaleroit et en seroit incommodé. D’autres, pour ne pas courir ce risque, font faucher leurs avoines ; mais la faux, ne pouvant raser d’assez prés , ne touche pas à des tiges secondaires qui, en croissant, ne laiss sent guëres de ressources à de nouvelles tiges à la place de celles que la faux a coupées.
Les moyens préservatifs se réduisent à brûler, à arracher, ou à couper le chaume du froment.
Les plantes qui nuisent à l’avoine, soit en l’étouffant, soit en s’opposant à sa production, sont l’ivraie, le caucalis, le chardon hémorroïdal, lavron, la mille - feuille, le coquelicot, etc : il est important de les extirper quand cela est possible. L’'ivraie ne se distingue pas de l’avoine avant d’être épiée ; comme ces deux plantes épient en même temps et qu’elles acquièrent la même force, on ne peut arracher l'ivraie sans fouler l’avoine aux pieds : il n’y a d'autre moyen de s'en débarrasser que le criblage; la différence de conformation des grains d’ivraie et d’a- voine permet de les séparer dans cette opération.
Pour détruire le chardon hémorroïdal, la plus incommode des plantes nuisibles, parce qu’elle empêche de faire les gerbes et de les manier, on paie des ouvriers qui, armés d’un petit instrument, le coupent dans la saison con- ” venable,
Rien ne nuit plus à la récolte des avoines et autres graminées que l’ayron ou folle avoine, avena sterilis, L. Le premier inconvénient qu’elle présente est d’étouffer les grains utiles au milieu desquels elle croît, sa précocité lui donnant de l’avance sur eux. Quand elle s’est emparée d'un terrain, elle s’y perpétue et s’y multiplie aux dépens de tout ce qu’on y sème ; ce qui a fait dire que les blés se changeoïent en avron. Le second inconvénient consiste en ce que sa graine, mêlée avec de la bonne avoine, est désagréable aux chevaux, parce qu’elle est dure et que les poils qui environnent sa base leur causent de Migration au fond de la bouche.
. On détruit l’avron par plusieurs moyens : voici les prin-
cipaux et ceux qu'on doit préférer. On laisse reposer les terres qui en produisent beaucoup : on leur donne pendant ce temps, à des intervalles égaux, quatre ou cinq labours et autant de hersages. C'est ainsi qu’en tourmentant une partie des racines de l’avron et qu’en arrachant l'autre, on en est préservé pour plusieurs anrées. Il est également avantageux de semer dans ces terres de la vesce ou des pois, ou d’autres plantes annuelles ou vivaces, pour les couper en vert; l’avron ne produisant pas encore de graine à cette époque, ne se resème plus de long-temps.
- Pour purger d’avron les grains qu’on veut semer, on les fait passer dans des cribles dont les trous soient capables de laisser échapper le bon grain et de retenir l’avron. Cette séparation peut se faire facilement s’il s’agit du seigle et du froment, qui sont plus petits; mais l’orge et l’avoine ordinaire étant presque aussi gros, il faut plus d’attention. On ôte l’avron de l'orge en donnant au crible un mouvement léger et de côté ; les poils de l’avron l’empéchent de passer. Mais l’avron et l’avoine mêlés ensemble sent plus difliciles à séparer : je crois qu’on y parviendroit si le batteur enlevoit soigneusement l’avron, qui vient à la surface quand il donne des coups de genou au van, ou quand il fait tourner le crible dans ses deux mains.
À l’égard des autres plantes nuisibles aux récoltes de l'as voine , c’est par des sarclages à la main qu’on peut les dé. truire dans les pays où l’avoine est semée dru : dans ceux où elle est semée clair, il est possible d’y employer des instrumens, ; |
L’avoine est sujette à une maladie connue sous le nom de Cuamson. Voyez ce mot. (T.) |
AVOINE (Bot.) , Avena, Linn., genre de plantes de la Ba mille des graminées, dont de caractère générique consiste en une glume à deux valves renfermant plus de deux fleurs. La valve extérieure des fleurs est munie sur le dos d’une barbe tortillée. Il y a trois étamines et deux styles simples et velus. Le plus grand nombre de ces fleurs est disposé en une panicule plus ou moins étalée. Les semences sont oblongues, pointues à leurs deux extrémités, renfermées la plupart dans la balle florale, Ce genre contient environ
trente espèces, dont quelques-unes sont intéressantes pee ion usages économiques. Les principales sont :
° L’AVOINE CULTIVÉE, Avena saliva, Linn., Blackw. Her. t. 422. Ses tiges sont garnies de feuilles larges, un peu rudes ; ses fleurs sont disposées en une panicule étalée, quelquefois un peu unilatérale, composée d’épillets pendans sur leur pédoncule. Les semences restent adhérentes à la balle florale ; elles sont oblongues , aiguës dans l’avoine blanche, noires dans l’avoine noire, qui ne sont que des variétés de la même espèce, ainsi que l’avoine unilatérale. Cette plante est regardée comme originaire de l’île de Jean- Fernandez près du Chili, dans la mer du Sud.
2° AvVoinE Nu, Avena nuda, Linn., Moris. Hist. 3, $. 8,t. 7, s. 4 Cette espèce ne diffère de la précédente que par ses semences, qui ne restent point adhérentes aux valves florales. Le calice ne contient que trois fleurs, deux fertiles et une troisième intermédiaire , trés-petite et stérile. Cette plante s'élève moins que la crécéle te ; se perd ses barbes par la culture. “
Ces deux espéces sont employées assez indifféremment aux mêmes usages. Leur farine est nourrissante et mucilagineuse : on en fait dans plusieurs contrées du pain d'une médiocre qualité, un peu amer. Dans le département de V’Ille-et-Vilaine et ailleurs, on dépouille l’avoine de son écorce, et on la moud grossièrement ; elle porte en cet état le nom de gruau : on la fait cuire dans de l’eau, du bouillon ou du lait. Cette décoction est tres-bonne pour la poitrine ét pour la toux ; les Anglois ne donnent pas d’autres bouillons à leurs malades : ils passent facilement et fournissent une nourriture douce et légére. On fait encore avec ce même gruau une excellente bouillie, beaucoup plus saine que celle de farine de froment, et que l'on préfère au riz et à l'orge mondé. Les Polonois et les Anglois en font de la bière : on en retire aussi de l’eau - de - vie.
* Les semences de l’avoine forment la principale et la meilleure nourriture des chevaux : elles servent aussi à nourrir toutes sortes de volailles, et plusieurs âutres animaux auxquels cependant on ne doit la donner qu'avec prudence, en discernant le cas où il convient d’en aug-
AVO 349 menter ou d’en diminuer la quantité. C’est pour les moutons une trés-bonne nourriture pendant l'hiver ; une petite -poignée donnée chaque jour leur est trés-utile, surtout lorsqu'ils sont réduits à manger des fourrages secs. La gerbée d'avoine, ou autrement Li botte battue. dans laquelle on a | laissé du grain, leur convient mieux que toute autre, parce que la paille en est plus tendre. On assure que ces grains excitent les poules à pondre. |
Les semences de l’avoine conviennent dans les maladies ‘aiguës, dans les fièvres et le crachement de sang : elles sont aussi résolutives. On fait frire de l’avoine avec du vinaigre ; elle devient un trés-bon topique pour la colique et les douleurs de côté. Les ballés calicinales forment de très-bonnes paillasses pour coucher les enfans.
On préfère souvent l’avoine nue à l’avoine cultivée, quoique son grain soit plus petit, parce que l’on prétend. qu'il vaut mieux pour faire du gruau, et que d’ailleurs on fait cas de l'avantage qu'il a d’être dépouillé de sa balle.
3° L’Avorne FOLLE, Avena fatua, Linn. , Leers, Herb. #11, £. 4, vulgairement Avron. Quoique les chevaux, les moutons et les chèvres s’accommodent assez bien de cette graminée, elle est cependant trés-nuisible dans les champs où elle croît, parce qu'elle étouffe des plantes plus précieuses. On la détruit en y mettant le feu, en laissant reposer la terre, et en donnant un labour dés que cette plante à germé. ;
4° AVOINE STÉRILE, Avena sterilis, Linn., Pet. Gaz. t. 38,
f. 7. Cette espèce ne diffère de la précédente que par le nombre de ses fleurs qui sont au nombre de quatre à cinq. Elle croît dans les provinces méridionales et n’est pas moins nuisible que la précédente.
5.9 Avoine ÉLEVÉE, FROMENTAL, Avena elatior, Linn., Leers, Herb, t. 10, f. 4 Cette plante est trés - commune dans les prés ; elle s'élève fort haut. On en distingue une variété sous le nom d’avoine noueuse, dont les racines forment des espèces de bulbes arrondies, un peu comprimées latéralement.
6° AVOINE JAUNATRE , Avena flavescens, Linn., Leers, Herb. t. 10, f. 5. Ses tiges sont droites, menues, garnies
de feuilles , dont les inférieures'sont velues, particulièrement sur leur gaîne. La panicule est oblongue, Jaunâtre; bril- Jante ; les pédoncules filiformes, verticillés, à ramifications courtes, portant des fleurs petites et droites. On trouve cètte plante dans les prés secs; c'est un trés-bon fourrage pour les bestiaux.
7. AVOINE DES PRES, Avena pralensis, Linn., Leers , Herb. t. 9, f. 1. Ses tiges sont droites , glabres, presque nues dans leur partie supérieure, garnies de feuilles courtes ; sa panicule forme un épi médiocre, composé d'épillets de quatte a cinq fleurs teintes de pourpre et de violet, surtout à la base, membraneuses à LE sommet : on la rencontre dans les prés secs.
8° AVOINE FRAGILE, Avena fragilis, Linn., météo t. 905, f. 1, 2, 3. Cette plante a des tiges rameuses à lèur base et un peu genouillées aux premiéres articulations, garnies de feuilles molles et velues ; ses fleurs sont disposées en un épi long, étroit, comprimé, composé d’épillets séssiles, porté sur un rachis articulé, dont chaque nœud se détache de sa base après la maturité, et reste attaché à l’épillet, qu’il fait paroître pédiculé. Elle croît en Barbarié et dans les départemens méridionaux. ( Poir.)
AVOINE DES CHIENS. ( Bot.) Les créoles de la Guiané nomment ainsi le pharus lappulaceus , Aubl. 859. {J.)
AVOIRA DE GUINÉE (Bot.), Elais Guineensis, Jacq. Stirp. Americ. p. 280 , tab. 172, palmier très-élevé et trés-épineux, cultivé, en Afrique et èn Amérique, à causé de l'huile qu'on retire de ses fruits. Son tronc, simple , cylindrique, épais d'environ douzé pouces, et terminé en tout temps par un bourgeon entouré d’un faisceau de grandes feuilles aiïlées, dont les folioles inférieures ressemblent à de grosses épines crochues, les intermédiaires à de longues pointes acérées, ét lés supérieures à des lames d’épée, est entouré de toutes parts, dans touté sa longueur, par les bases de toutes les feuilles qui se Sont successivement desséchéés, et porte, entre les feuilles supériéures, des régimes de petites fleurs blanchàtres qui répandent une forte odeur d’anis. Les bases dés feuilles sont grosses et roides, assez courtes à la partie inférieure de Varbre et progressivement plus longues vers son sommet, Les
AVO 351 régimes, Subdivisés en ramifications ceintes de larges écailles terminées en bec, ne portent que des fleurs mâles sur un individu et femelles sur un autre. Les fleurs mâles ont deux calices, chacun à six divisions, et six étamines ; les femelles ont également deux calices, chacun à trois divisions, et un ovaire surmonté d’un style terminé par trois stigmates. Chäque ovaire devient un fruit, composé à l'extérieur d’une enveloppe coriace et huileuse, et à l’intérieur d’une amande contenue dans un noyau marqué de trois trous à la base. - Les fruits, colorés de brun, de jaune et de rouge, sont semblables à des olives et varient comme elles en grosseur. Ïis contiennent une si grande quantité d’huile qu'elle en découle lorsqu’on les presse entre les doigts. On la prépare comme celle d’olivés, et on l’emploie dans la cuisine, pour la lampe, ou comme reméde. Cette huile est contenue dans l’enveloppe du fruit. On extrait des amandes une espèce de beurre d’un très-bon goût, trés-adoucissant, et. dont on frotte avec succés les parties attaquées de rhumatisme. Ce beurre est appelé quioquio ou fhicthio par les Caraïbes, et porte en Europe le nom de beurre de Galaam; lhuile est connue sous celui d’huile de palme ou de palmier : l’un et l’autre nous sont apportés d'Afrique.
Aublet a fait mention de plusieurs palmiers d'Amérique sous le nom d’avoira, mais les descriptions qu’il en donne ne sont pas assez complètes pour décider à quel genre ces espèces appartiennent. Le palmier qu’il nomme avoira, ou aouara des Caraïbes, est celui dont il est ici questivn et dont Jacquin a fait le genre Eluis. (Mas.)
AVONG-AVONG ( Bot.), nom malgache d’un arbre remarquable de Madagascar, qui paroît être une espèce dé gastonia, Juss., de la famille des araliacées. Il est remarquable par son tronc presque simple à la maniere des palmiers, et par ses feuilles qui sont très - grandes et ailées avec impaire; mais chaque paire de folioles est redoublée, c'est-à-dire que des deux côtés il en part deux du même point. ( A. P.)
AVORTEMENT. (Phys. vés.) Dans les animaux toutes les fois qu’une femelie produitses petits avant terme, il y a avortement : mais ce n’est pas la le véritable sens de ce mot
En AVO
quand il s’agit des plantes ; on dit, en physiologie végétales qu'une partie est avortée lorsqu'elle n’a pas pris le développement qui lui est propre, et que cette altération, résultant d’une cause quelconque, s’oppose à ce qu’elle remplsse les fonctions auxquelles la nature l’avoit destinée. Quelques exemples vont éclaircir cette définition.
Les belles roses que l’on cultive dans les jardins ont une multitude de pétales; celles qui naïssent dans les haies et dans les bois n’en ont que cinq : les premières n’ont qu’un petit nombre d’étamines et quelquefois n’en ont aucune ; les secondes offrent au contraire une grande quantité d’étamines. Cette différence entre les roses cultivées et les roses sauvages est le résultat d’un avortement. Les soins du jardinier augmentent et dirigent les sucs qui nourrissent les plantes; de là, la multiplication des pétales des roses. Mais cette multiplication ne peut s’opérer qu'aux dépens des étamines; elles se dilatent, s’élargissent, se changent en pétales , et perdent, en embellissant la fleur, leur faculté génératrice : aussi les roses doubles sont-elles stériles. Le naturaliste qui les examine reconnoît, dans leurs riches parures des étamines avortées; il découvre quelquefois au sommet des pétales les vestiges des anthéres qui devoient verser sur les pistils la poussière fécondante, et souvent il trouve au fond du calice les pistils transformés de même en pétales.
Que l’on ouvre avec adresse l'ovaire d’une fleur d’abricotier ou de pêcher; on y voit deux petits ovules qui paroissent également bien conformés, et cependant il n’est pas rare de ne trouver qu’une graine dans le noyau d’une pêche ou d’un abricot mür. S'il en est ainsi, c'est que l’un des ovules absorbe toute la substance nutritive et remplit la cavité de la graine, tandis que l’autre ovule, privé de nourriture, et resserré contre la paroi du noyau, se flétrit et se dessèche : le naturaliste considère cette graine arrêtée dans son développement, comme un germe avorté. .
Les filets grêles et flexibles qui naïssent sur les rameaux de la vigne ét dont ce végétal se sert pour s’accrocher aux corps qui sont dans son voisinage, produisent quelquefois des tes auxquelles succédent des’ grains de raisin. Ce phé-