‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 27 sur 156 · BATT · texte numérisé non relu

BATT

Le principe suprême de tonte science, de tonte philosophie, est le principe d'identité logique on de contradiction, principe qni doit servir aussi de pierre de touche pour reconnaître la vérité d'une proposition quelconque. D'oii il suit deux choses : U première, qu'il n'y a que des vérités logiques, c'est-i-dire des vérités qui ne concernent que le rapport des idées entre elles, et non point le rapport des idées aux choses ; a moins toutefois que l'identité logique ne puisse être convertie en une identité réelle ou métaphysique. L'autre conséquence de ce principe, c'est que tout ce qni n'implique pas contradiction est vrai. Hais si l'identité logique n'est pas la même que l'identité ontologique ou réelle, l'absence de toute contradiction ne permettra de conclure qu'une vérité logique, et point du tout une vérité réelle. Or une vérité logique, par opposition à une vérité réelle, n'est pas autre chose qu'une pure possibilité, et même une possibilité subjective ou formelle, et non une possibilité intrinsèque on tenant de la nature même des choses, de leur essence la plus intime. Bardili a fort bien aperça la difficulté, et, comme il ne

Peut se résigner à reconnaître ^e des vérités de ordre logique, il applique aussi son principe aux vérités métaphysiques, et en déduit cet autre principe moins élevé, a savoir, (jue rien de ce qui implique contradiction n'existe, et que tout ce qui n'implique pas contradiction (tout ce qui est possible) existe réellement.

Il n'est pas nécessaire de relever ce qu'il y a d'erroné dans une semblable assertion. Hais nous ferons remarquer que cette erreur a son origine dans le point de départ purement logique de l'auteur, dans la prétention de faire du principe de contradiction le critérium de toute vérité.

Bardili a cm pouvoir s'élever de l'identité log:ique à l'identité métaphysique, en faisant consister toutes les fonctions de la pensée dans la conception du rapport qui unit les deux termes des jugements, et que nous exprimons par le verbe être. Il prouve bien que, considéré en luimême, ce rapport est constant, universel ; mais il conçoit en même temps que par lui seul il ne constitue pas la connaissance proprement dite, et que, d'un autre côté, admettre les termes du jugement parmi les données de l'intelligence, c'est tomber dans le variable, le contingent; c'est sortir de la ligne qu'on s était tracée en voulant faire dériver tonte la philosophie du principe d'identité. En deux mots, si Bardili reste fidèle à «on principe d'identité, il n'a qu'une forme vide, «ans réalité, et la théorie de la connatssanee est impossible; si, au contraire, il tient compte de la matière déterminée, diverse, ou des termes variables de nos jugements, il s'écarte de «on principe et des conséquences oui en découlent. C'est ce dernier parti que prend l'auteur, mais en faisant mille eflbrts pour dissimuler sa marche inconséquente. Cette doctrine n'est donc pas, comme le croyait Reinhold, qui s'y était laissé prendre, un rialUme rationnel, mais tout simplement un idéalisme qui dégénère, par inconséquence, en réalisme. Cette transition vicieuse s^est opérée au moyen d'une double confusion : • l'être logique a été converti en un être réel, et la matière de la pensée en une matière véritable. Celle-ci s'est ensuite déterminée en minéral, en plante, en animal en homme, en Dieu.

Bardili prétend prouver la réalité de l'espace et du temps, par la raison que les aninraux, dont «ans doute il suppose l'àme exempte de certaines lois de notre faculté perceptive, ont aussi les notions de temps et d'espace.

Les ouvrages laissés par Bardili sont • Époques

de* principale» idée* phUotophique* , in-8, 1" partie, Halle, 1788; — Sophylu», ou Moraliti et tuiture considérée* comme les fondements de la phitotophie, in-8. Stuttgart, 1794; — Philosophie pratique générale, in-8, Stuttgart, 1799 ; — des Lois de l'association des idées, Tubingue. 1796; — Origine des idées de l'immortalité et de la transmigration des âmes. Revue mensuelle de Berlin, 2* liv., 1792; — de l'Origine de l'idée du libre arbitre, in-8, Stuttgart, 1796; — Lettres sur l'origine de la métaphysique, in-8, Altona, 1798; — Phihsophie élémentaire, in-8, 2* cahier^ Landshut, 1802- 1806; — Considérations critiques tur Pétât actuel de la théorie de la raison, in-8, Landshut, 1803 ; — Correspondance de Bardili et de Beinhold sur Fobjet de la philosophie et sur ce qui est en dehors de la spéculation, in-8, Uunich, 1804. — Son principal ouvrage est V Esquisse de la logique première, purgée des erreurs qui l'ont généralement aé/lgurée jusqu'ici, particulièrement de celle* de la logique de Kant ; ouvrage exempt de toute critique^ mais qui renferme une Medicina mentis, iesUnée principalement à la philosophie critique de VÀllemàgne, in-8, Stuttgart, 1800. J. T.

BAROCO. Terme mnémonique de convention, par lequel les logiciens désignaient un des modes de la seconde figure du syllogisme. C'est de ce terme qu'a été formé vraisemblablement le mot baroque. Voy. la Logique de Port-Boyal, 3* partie, et l'article Syllogisme.

BABEDOW (J. Bernard), né à Hambourg en 1723, mort en 1790, philanthrope et pédagogue, auteur de plusieurs ouvrages dans lesquels il propose comme critérium pratique du vrai ou de la vraisemblance, le bonheur^ l'assentiment intérieur et l'analogie : Philaléthie ou noux>eUes considérations sur la vérité et la religion rationnelle jusqu'aux (tmt(«« de la révélation, Altona, 1764, in-8 ; — Système métaphysique de la saine raison, ibid., 1765, in-Sj — Philosophie pratique pour toutes les conditions de la société, Dessan, 1777, 2 vol. in-8. Tous ces ouvrages sont écrits en allemand.

BABTT.TDE. On connaît trois philosophes de ce nom : un épicurien, qui vécut vers la fin du m* siècle avant J. C. ; un stoïcien, contemporain de Dion Chrysostême et de Sénèqne; un gnostique d'Alexandrie, au n* siècle après J. C.

BA8SU8 AUI'IUIUB est un tphilosophe épicurien contemporain de Sénèqne, qui seul nous a transmis son nom dans une de ses lettres (epist. xxx), où il nous fait l'éloge le plus pompeux de sa patience et de son courage en présence de la mort. Quant aux opinions particulières de Bassus, si toutefois il a été autre chose qu'un philosophe pratique, elles nous sont totalement inconnnes.

BATTEUX (Charles), écrivain français, né en 1713, mort en 1780, est surtout connu par des ouvrages de rhétoric^e oui après avoir été en grand crédit sont aujourd'hui très-oubliés. Mais n a composé plusieurs traités qui touchent i la philosophie. Sans parler de la Morale d'Épicure tirée de ses propres écrits, Paris, 1758, on doit mentionner son Histoire des causes premières, exposé sommaire des pensées des philosophes sur le principe des êtres, Paris, 1769, et les Beaux-Arts réduits à un même principe, Paris, 1746. Ces deux écrits sans prétention ne sont pas absolument sans mérite. Dans le premier, l'abbé Batteux divise en trois époques toute l'aistoire de la philosophie, et se propose dans ses courtes notices de fournir « des espèces de précis on de résultats pour ceux qui veulent savoir i peu près. » Dans ces limites, on peut dire qu'il a

Page 1